L'espionne et moi (16, à suivre) (30/07/2022)

 L'espionne et moi Hank Vogel.jpgJ’attends que son hilarité cesse de m’agacer puis je lui demande:

 - C’était quoi... un poison ou un médicament?

 Elle hausse les sourcils.

 - Un calmant ou un excitant? je poursuis.

 - Devine, me chuchote-t-elle à l’oreille.

 - Non merci! je m’exclame. Je ne récidive jamais dans la même voie. Tu m’as bien eu, certes, mais contentes-en-toi. Si tu as encore envie de pigeonner, trouves-toi un pigeon qui adore jouer à ça.

 - ...

 - En parlant de jouer, sais-tu que tu joues la comédien mieux qu’une star de Hollywood? A mon avis, tu devrais faire du théâtre ou du cinéma...

 - Jamais de la vie! réagit-elle avec mépris. Il y a trop de jaloux et de prétentieux dans le milieu du spectacle. Et je passe outre tous les nombreux connards qui ne valent rien mais qui profitent de tout...

 - Et dans le tien?

 - Quel mien?

 - Le tien!... Le tien!...

 - Précise!...

 J’hésite, je réfléchis, je m’interroge:

 Certains sujets ne faudrait-il pas les prendre par les pincettes avant qu’ils nous explosent en pleine gueule?

 Elle est plus rapide, plus subtile que moi, elle me devance, en me proposant:

 - Tu veux que l’on se caresse un peu ou beaucoup avant que l’on se fasse des confidences, comme veut la tradition?

 - J’emmerde cette tradition et toutes les autres! je grommelle en remuant mes jambes.

 Elle se lève brusquement en rouspétant:

 - Pourtant jadis tu supportais facilement mes fesses... Qu’y a-t-il, ma chochotte? Je ne te reconnais plus. C’est dommage!

 - Pas pour tout le monde.

 - Parce que tu es marié?

 - Entre autres.

 - Je ne comprends pas.

 - Trop long et trop compliqué à expliquer.

 - C’est quoi le mariage pour toi?

 - Une sorte de no man's land entouré de fils barbelés... Ce que tu me demandes de faire, c’est de franchir les zones minées pour les beaux yeux de la princesse. Au... au...

 - Ô?

 - Non, au risque de me retrouver tout seul comme un zèbre égaré au milieu de nulle part...

 - Tu n’as pas confiance en moi?

 - Je n’ai confiance en personne.

 - Ni en ta chère épouse?

 - Laisse ma femme loin de tout ça!

 - Pourquoi?

 - C’est une sainte.

 - Merde alors!... Tu t’entends parler parfois? Tu es aussi tordu que les Calabrais.

 - Je le suis mais à moitié... Pardon, Milanais.

 - Dois-je rire ou pleurer?

 - Je plaisante! je hurle.

 Elle retombe sur le cul. Cette fois-ci pour de vrai.

 - Tu es aussi doué que moi pour truffer les dindons, m’avoue-t-elle.

 - Pire que toi, je confesse. Je suis prêt à souffler dans le cul du diable pour le voir rougir davantage.

 Et nous rions aux larmes...

13:36 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (2) |  Imprimer |  Facebook | | | |