L'espionne et moi (12, à suivre) (17/07/2022)

 L'espionne et moi Hank Vogel.jpgIl y a des villes, où les habitants ne se gênent pas pour balancier presque tout par les fenêtres et des villes, où ils n’osent pas jeter quoi que ce soit. Même pas un coup d’œil, comme à Genève.

 En sortant du tea-room, mon regard se fige spontanément sur la façade de l’immeuble d’en face et, après avoir cogité trois secondes dans le vide, je m’interroge à haute voix:

 - De quoi ont-ils peur, ces calvinistes par procuration? Il n’y a jamais personne sur les balcons... Des émissions de CO2?

 Louise me prend par le bras, nous déambulons, tel un vieux couple soudé pour l’éternité, et elle m’explique:

 - Les Genevois et les Genevoises n’ont la trouille ni de celles-ci ni de celles de la coke qui fait légion dans la cité. Ils et elles protègent tout simplement leur cachette. Car la Rome protestante est devenue un grand nid d’espions. Il est bourré d’agents secrets de toute espèce. Des vrais et des faux.

 - Quelle différence?

 - Les faux épient et mouchardent par jalousie, rage ou zèle civique pour le compte de la police et pour des clous. Les vrais, eux, espionnent, c’est tout comme, pour le compte de certaines multinationales, de certains organismes d’état ou privés ou leur propre pays qui ne se trouve jamais dans une situation certaine mais pour des liasses de billets de mille à la place des clous. Ou, dans les pires circonstances, des lingots d’or. 

 Le mot or fait aussitôt tilt dans ma cervelle. 

 Brusquement, je m’arrête de marcher et je me détache violemment de ma chère amie retrouvée.

 Ma réaction la laisse pantoise.

 - Non, merci! je crie... Te suivre serait contraire à tous mes principes...

 - Parle normalement! me supplie-t-elle... Ou chuchote si tu as l’intention de... Chut! On nous écoute, j’entends de la friture dans mes oreilles...

 - Vraiment? 

 - Filons vite d’ici!...

09:31 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (1) |  Imprimer |  Facebook | | | |