Tarbouche (9, fin) (10/05/2020)

Tarbouche, Hank Vogel.jpgJe suis sur mon balcon. Je contemple le ciel. Les nuages qui obéissent aux caprices du vent et les oiseaux qui volent, voyagent en toute liberté. Aucune protestation, aucune manifestation. C’est normal, c’est l’ordre des choses, c’est la vie qui obéit à ses propres règles depuis que les anges ont cédé leur place à des reptiles volants. Et peut-être avant, avant... Mais après!... Aucun élément de la nature n’est aussi perturbateur que l’homme. Il détruit tout sur son passage. Tel un montre assoiffé de feu et de sang. Au nom d’un Dieu imaginaire, d’un bien-être hypothétique, d’une vertu sans queue ni tête ou d’une future société soi-disant meilleure ou parfaite.

- A quoi tu penses? me demande ma chère épouse.

- A rien de particulier, je lui réponds d’un air vaseux.

- Tu es souffrant?

- Non. Peut-être insatisfait.

- Insatisfait de quoi?

- D’avoir imaginé et écrit des scènes surréalistes voire absurdes.

- Et alors? C’est un peu ta spécialité, non?

- Probablement.

- Tu aurais voulu quoi?

- Voir surgir la vérité du fond des ténèbres.

- Tu sais très bien que c’est impossible.

- Je sais!

- Pense plutôt au mois de juin. Nous pourrons bientôt nous promener librement avec nos petits-enfants dans les parcs et prendre le métro sans la moindre angoisse. Demain plus personne ne parlera de ce virus chinois ou multinational, de cet étrange confinement imposé et semi-obligatoire et encore moins de ces douteuses statistiques plus rapides que jamais...

- Je doute fort... On fête encore 39-45.

Je ferme les yeux, je m’endors et je rêve d’une infinité de murs sur les lesquels on a peint mon portait, avec un tarbouche forcément.

- Je suis célèbre maintenant, je murmure. La vérité a certainement dû s’échapper de ma tête de Turc.

11:01 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (2) |  Imprimer |  Facebook | | | |