Lettre d'un confiné à un autre confiné (20/04/2020)

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Par @, forcément!

Cher Monsieur Vogel,

Je viens de passer quelques bons moments avec vous sur mon ordinateur confiné, et je vous en remercie. Tout ça pour une histoire de Pakol.

J’ai commencé ce matin par chercher mon couvre-chef favori avant de sortir au marché pour quelques légumes (photo ci-jointe). Une fois mon attestation de sortie réglementaire covid générée au clavier, par simple curiosité j’ai tapé pakol sur le clavier, puis laissé google ronronner son moteur.

D’images en articles divers, voilà que j’arrive sur une vidéo youtube d’un papi voyageur qui me raconte ses vêtements rapportés de voyages divers, foulard, chemise, et le fameux pakol, celui des Hunza et du Kashmir certes, mais aussi celui du Grand Alexandre de Macédoine.

J’avoue, ma première impression fut mélangée. Qui donc est cet inconnu papi farfelu à mémoire approximative qui raconte sa vie, ses voyages, face caméra, sans fioritures, lentement et sans précipitation, à l’inverse des productions vidéo survoltées qui nous inondent.

J’ai visionné votre clip 5 minutes 58 jusqu’au bout sans flancher. Il faut dire, les grands espaces d’Asie centrale ornaient les murs de ma chambre d’ado en 70, et mes grandes vacances de lycéen se passaient à Kaboul, via Istanbul et Ispahan. Les Baloutches, les Pachtounes, Bamyan et Band-i Amir étaient au programme de notre camionnette.

Voilà pourquoi votre vidéo Pakol a si bien résonné en moi. Et de fil en aiguille, j’ai cliqué sur le logo de votre chaîne, et découvert l’immensité de votre regard de vidéaste sur le monde. Et n’ai pas résisté à l’envie de butiner de clip en clip, remontant le fil des 10 années de vos publications. Je n’ai pas tout vu, impossible! Et j’ai enquêté, recherché sur la carte vos lieux de vie et de villégiature, Russie, Albanie, Suisse, Italie, Pays Bas, et tant d’autres.

J’ai aussi découvert votre activité publique littéraire et cinéaste. J’ai compris alors pourquoi je regarde vos vidéos avec appétit: le cadre est maîtrisé, la composition, les plans travaillés. À main levée l’image ne tremble pas. Parfois le souffle du cadreur, inspiré et concentré, rappelle votre présence. Ça pourrait ressembler à de la vidéo d’amateur débutant, mais non.
On y voit de tout, de l’intime, de la famille, des enfants, des adultes, des vacances, du quotidien, de la rêverie, de l’étranger, du temps long et de la curiosité bienveillante. Tout ça dans un style d’une simplicité déconcertante, très peu de commentaires, un agréable mélange de langues et de cultures, un regard sur le monde, le voisinage, la nature et l’humanité… De l’ascenseur bloqué, à la coupe de cheveux de gamin exigeant, de baragouinage en horizons marins…

Je suis non lecteur, il est fort probable que je ne lirai pas votre prose, fut-elle de qualité. Mais je suis addict à la belle lumière argentique et numérique de la photo et la vidéo, photo-vidéaste naturaliste amateur indécrottable, contemplatif très gourmand en histoires du monde.

J’aime votre écriture filmée. Voilà pourquoi je continuerai d’aller de temps en temps ouvrir une de vos fenêtres au fin fond de l’Altaï, Guelendjik ou Novokouznetsk, et me dépayser de vos témoignages lucides et imagés, toujours sincères.

Merci Monsieur Hank!

Quentin Spriet
Lille, France

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21:56 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (4) |  Imprimer |  Facebook | | | |