Sven (12, à suivre) (12/01/2020)

Sven, Hank Vogel.jpgLe lendemain, je m’envole pour le pays de mes ancêtres. Enfin presque. Plus au sud. Là où la poste fuit les ténèbres mais où le luxe a tendance à les rejoindre, ironiserait ma concierge progressiste. Étrangère forcément.

Post tenebras lux! Jean Calvin! Le premier frontalier despote qui a su en toute quiétude asservir les Genevois et diaboliquement condamner à mort Micel Servet, médecin de génie et serviteur de la liberté de pensée.

A l’aéroport de Genève personne ne m’attend. Ni mon ex femme, miraculeusement désolée, ni mes enfants, ni ma maîtresse et complice de mon désastre familial, ni ma nouvelle tendre amie, ni mon plus fidèle vieux copain, strictement personne.

Mon divorce avec ma supposée éternelle moitié a fait de moi un célibataire socialement et mentalement déplumé. Pire qu’un coq prêt à passer au four. J’exagère! Bien entendu! Le coupable qui se repentit aussitôt avec beaucoup de sincérité surévalue souvent son crime.

Mon lourd paquetage d’explorateur en herbe sur le dos, je saute dans un bus, direction la place Neuve, je grimpe la rampe de la Treille, je m’assieds un bref instant sur le banc le plus long du monde où, lors de mon intrépide jeunesse, j’ai échangé des centaines de baisers avec de nombreuses belles rêveuses en quête de leur prince charmant et finalement, comme un chien la queue entre les jambes, je rentre chez moi au 15 bis de la rue Saint-Germain.

Et, et, et...

Que le Ciel me pardonne, je maudis celui ou celle qui a eu la stupide idée de créer l’homme à son image...

09:51 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (4) |  Imprimer |  Facebook | | | |