Pondichéry un jour d'automne (13, à suivre) (09/11/2019)

Pondichéry un jour d'automne, Hank Vogel.jpgDe retour dans ma chambre d’hôtel, je plonge sur le lit, comme j’ai souvent l’habitude de faire, et je m’endors tout habillé presque aussitôt.

Quatorze heures plus tard, peut-être plus, je me réveille la gueule enfarinée.

Je me lève comme un zombie, me dirige vers la salle de bain en zigzaguant, pisse de justesse dans le lavabo, tire machinalement la chasse d’eau et j’allume la lumière pour m’assurer que je n’ai causé aucun dégât en m’écartant des principes d’hygiène si ancrés dans ma cervelle.

- El Pirata! je m’exclame en m’apercevant dans le miroir. Tu ne changeras jamais. Avec ou sans fric, tu resteras toujours le même voyou... Heureusement, tout semble parfait, tu n’as rien cassé mais tu as certainement l’intention de piquer quelque chose, non?

Je me secoue la tête.

- Que m’arrive-t-il? je murmure. Ai-je insulté malgré moi une divinité ultra sensible dans ce grandiose panthéon à la noix? Trop de dieux: trop de chemins contradictoires.

J’allume mon macbook, j’ouvre un fichier PDF intitulé La petit’esclave et autres touch’ et je lis:

Une petite fille
Assise sur une grosse pierre
Attend une montagne

Un serpent vert
Traverse la route
Rouge

Qui sommes-nous ?
Où allons-nous ?
Les loups se déguisent en brebis

J’ai soif
J’ai faim
Lave-toi les mains!

Le chemin de l’école
Passe par une rue
A sens unique

Lèvres pincées
Jambes serrées
Une maîtresse enfante à nouveau

Vieux livres
Trop sacrés
Ils sentent l’urine

Des mots, des mots
Congelés
Un iceberg vient de naître

Mains liées
On lui raconte des histoires
D’esclaves

Elle a mal
Aux mains surtout
On lui caresse ses petits seins

Malade au lit
On lui raconte des histoires
De théâtre

Elle fuit
Un prince la poursuit
Les prisons se vident

La nuit des noces
Elle remplace sa vieille chandelle
Par une lanterne, magique

Nue
Elle traverse la route
Infestée de serpents

Un livre ouvert
Les poings fermés
Elle relit son enfance

Elle regarde
Au loin une montagne
Blanche comme une mariée

...

08:29 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (4) |  Imprimer |  Facebook | | | |