El Pirata (33, fin) (11/10/2019)

El Pirata, Hank Vogel.jpgSix mois plus tard. L’héritage de mon Grand-père m’a terriblement transformé. Je ne suis plus le même homme. Je souris tous les matins en me levant et j’éclate de rire tous les soirs en me couchant. Jamais la moindre goutte d’alcool fort ou de trace de drogue dure dans mon sang!

Mes parents et ma soeur Julie se sont installés à New York. Mon frère Georges, son épouse Annita et leur fille Astrid, récemment née en Suisse lors d’un séjour touristique, à Stockholm. Et moi, sur une des îles des Caraïbes. Laquelle? Désolé, toute précision mettrait ma sécurité en danger!

J’écris, j’ai décidé de devenir écrivain.

Quand tu est plein aux as, presque tous les éditeurs te trouvent intéressant, imaginatif ou intelligent excepté les bons qui n’osent à peine te regarder en face, m’a-t-on prévenu.

Alors, après de troublantes constations et de vives réflexions, j’ai opté pour l’auto-édition. Donc: aucun contrat, aucun diktat, aucune pression, aucune préméditation... mais la liberté littéraire dans toute sa splendeur!

Je suis sur le balcon de ma petite villa. J’admire la mer. A l’horizon: un voilier. Je m’imagine en pirate. Qui suis-je ou vais-je? Un récit est en gestation...

Soudainement, mon téléphone mobile se met à vibrer.

Je le sors de ma poche tel un pistolet de flibustier... et je réponds sans trop tarder:

- Rath de Sainte-Pie le dernier vous écoute. Vous désirez?

- C’est moi?

- Vous qui?

- Mickael Macdonald, votre ancien patron.

- Micmac!

- Pardon?

- Non, rien... Vous êtes dans le coin?

- Non, dans mon labo.

- Que voulez-vous?

- Puis-je vous poser une question? Malgré que nous nous sommes...

- Posez, posez! Le passé est dernier nous...

- Avez-vous fait le fameux test ADN?

- Pas encore. Pourquoi?

- Parce que j’aurais un petite Sarah à vous présenter.

- Je vois. C’est sans aucun doute une fille juive dont les parents souhaitent qu’elle épouse un jeune homme juif, n’est-ce pas?

- Vous avez tout compris.

- Désolé, je préfère vivre comme un moine pour l’instant...

- Vous n’avez l’intention de changer de bord? Avec tous les beaux négros qu’il y a sur votre île...

- Comment savez-vous que je suis sur une île?

- Votre ami vous a localisé grâce à votre portable...

- Quel ami?

- Adolf Hiller.

- Comment le connaissez-vous?

- Il travaille maintenant pour moi.

- Mais c’est un flic pur sang!

- Un ancien flic. Les guignoles l’on foutu dehors. Il était trop doué pour eux.

- Cela ne m’étonne pas.

- Il aimerait vous appeler mais il n’ose pas. Il se sens un peu coupable.

- Dites-lui de ma part que c’est un con et que je suis prêt à lui envoyer un billet d’avion en gage d’amitié. Ainsi qu’à Carla.

- Carla? Quelle Carla?

- Madame Carla Amélia de Carvalho, sa copine, mon ex concierge...

- Merde alors! Il se tape ma maîtresse.

Et il met fin à la communication.

On n’a pas besoin d’inventer des histoires, ce sont elles qui nous inventent, me dis-je.

10:48 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (16) |  Imprimer |  Facebook | | | |