El Pirata (28, à suivre) (04/10/2019)

El Pirata, Hank Vogel.jpgDans l’après-midi, lors de notre pause habituelle, moment unique de la journée où nous cherchons à mieux nous connaître comme partout ailleurs et, forcément à ressusciter ainsi nos qualités intellectuelles, culturelles et sociales mortifiées pendant les tristes et insupportables heures de boulot, surtout quand il est terriblement chiant, Micmac me dit en servant le thé:

- Désolé, j’ai oublié d’acheter votre pain au sucre.

- Est-ce l’exception qui confirme la règle ou la règle qui confirme l’exception? je lui demande, un peu confus et déçu.

- Le mot charabia... ça vient de l’espagnol ou des Arabes? rétorque-t-il présomptueusement.

- Laissez vos cousins tranquilles! Ne les accablez pas davantage...

- Vous n’avez pas répondu à ma question...

- Et vous à la mienne.

- Vous d’abord. Je suis votre supérieur à bien des échelons...

- D’après les dernières nouvelles, ça viendrait du marquis de Saluces, un rital au service du roi de France François the first.

- Un traitre à la patrie de plus!

- A vous maintenant...

- Tout crime mérite châtiment.

- Eh bien! vous n’y allez pas de main morte. Rien ne justifie une telle décision. Je vous croyez au-dessus de ça...

- C’était l’occasion de lancer la discussion sur la punition.

- A d’autres!... Demain, j’achèterai moi-même ma petite brioche.

Micmac me foudroie du regard puis il m’avoue, en me tutoyant:

- Tu as raison, j’ai réagi par pure colère. Il fallait bien que je trouve un coupable. Et le plus probable c’était toi... J’ai pensé que la frustration, c’était le meilleur moyen pour...

- Spot! je crie... C’est minable de votre part. Et tout ça pour quelques kilos de crème ratée!

- C’est tout de même une sacrée perte d’argent...

- A la vente seulement! Pas à la fabrication.

- Tu fouilles dans mes documents maintenant, affreux pirate?

Trop, c’est trop!

Sali comme jamais, je bondis alors de ma chaise, j’enlève ma blouse blanche et lui crie dessus en la lui jetant à la figure:

- Trouve-toi un autre bouc émissaire, espèce d’esclavagiste britannique.

Et, forcément, je quitte le laboratoire en courant, l’esprit quasi perdu dans les ténèbres...

16:25 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (5) |  Imprimer |  Facebook | | | |