La Nubienne (17, à suivre) (04/06/2019)

La Nubienne, Hank Vogel.jpgJe me lève au ralenti, j’enjambe prudemment le corps de Néfertiti, jambes et bras écartés, et, sur la pointe des pieds, je pars à la recherche de la cuisine ou des latrines.

J’ai la trouille. De la demi obscurité, des ombres, des fantômes, de tout et de rien.

J’ai vraiment le trouillomètre à zéro.

J’avance à petits pas.

Je frisonne, je tremblote, je palpite, je vibre, je tremble comme jamais dans ma vie.

Peur égale pensée égale peur, me dis-je pour me rassurer.

Que dalle! Aucun effet. Quand le monstre ne cesse de s’infiltrer dans nos entrailles, il est très difficile de le déloger.

Que faire alors?

- Pète un bon coup! me conseillerait ma bonne soudanaise. L’odeur de ta merde te replongera dans la réalité.

- Je veux bien mais je ne peux pas, je lui répondrais.

- Pourquoi?

- Question d’éducation.

- Quelle éducation?

- On ne vesse pas chez les autres... surtout dans un corridor. Du moins, pour le respect du lieu d’accueil.

Elle rirait aux éclats en m’interrogeant:

- Crois-tu vraiment que le Président des États-Unies n’a jamais loufé dans le Cross Hall?

- Où ça?

- A la Maison-Blanche, inculte!... Hein?

Mais à cet instant sublime de pure introspection, la lumière s’allume.

Évidemment, je bondis presque au plafond et, instinctivement, je me retourne afin de protéger mes arrières. Au sens propre comme au figuré, si cela vous permet de mieux comprendre ma terrible anxiété.

Et qui vois-je à ma plus grande stupéfaction?...

13:38 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (12) |  Imprimer |  Facebook | | | |