La Nubienne (11, à suivre) (14/05/2019)

La Nubienne, Hank Vogel.jpgChacune sa chambre. Quasi identiques. Rien ne traine par terre. Ni contre les murs, façon de dire. Les parois sont totalement blanches. Pas une tache, pas la moindre trace d’un clou. Immaculées. C’est la nudité et l’ordre parfait. On se croirait presque dans un hôtel nordique ou dans une auberge monastique.

Pareille impression pour la cuisine, la salle de bain et les toilettes?

Pourtant!

Mais où sont-ils les livres et les cahiers? je m’inquiète. Suis-je tombé dans un piège? Sont-elles bien des étudiantes ces deux-là? Ou plutôt des femelles en quête d’un pigeon de mon espèce? Vont-elles chercher à me séduire puis crier au secours par les fenêtres en m’accusant de les avoir violées, les salopes?...

La peur est là! Vulgaire, sans retenue, imaginative. Elle tourne en rond dans ma cervelle, semblable aux hélices d’un avion en perdition.

Nous nous installons au salon. Dépourvu de toute décoration inutile et superflue, lui aussi. Un canapé, deux fauteuils, en velours gris tourterelle, et une petite table transparente au milieu. Le sol est recouvert d’une moquette gris souris.

Tout est gris. Harmonieusement gris.

Cela je me rassure aussitôt.

Heureusement pas de tableaux légendaires, me dis-je. Ni de statuettes archéologiques. Par-ci, par là et partout. Comme chez mes parents où les visiteurs curieux et timides tels que moi finissent toujours par attraper un torticolis.

- C’est sympa chez vous... très reposant, je marmonne, un peu songeur... C’est ici que vous vivez?...

17:17 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (10) |  Imprimer |  Facebook | | | |