Un maral nommé Vova (16, à suivre) (27/07/2018)

Un maral nommé Vova, Hank Vogel.jpg- Tu n’es pas d’ici, toi. N’est-ce pas?

- Oui et non.

- Ce n’est pas une réponse.

- Oui et non.

- Tu cherches à me faire rire ou quoi?

- Peut-être.

- Tu es un drôle de type... Vraiment un drôle de type... Je m’appelle Alia Gennadievna Emile et toi?

- Håkon Ødegård, je suis norvégien.

- Cela explique tout.

- C’est faux! Cela n’explique rien.

- Et pourquoi donc?

- Parce que je suis né ici.

- Mais l’essence même de ton esprit vient d’ailleurs.

- Et ton nom de famille alors? Emile, c’est bien français ou belge, non?

- C’est à cause de Napoléon. Mon arrière-arrière-arrière grand-père, fantassin de fortune, n’avait jamais pu rentrer chez lui...

- En somme, toi aussi, tu as quelque chose d’ailleurs. Les Russes pur sang n’existent plus. On est russe de cœur ou on ne l’est pas.

- Sur ça, je suis de ton avis.

- C’est comme avec ton maral.

- Vova? Mais il n’est pas à moi! Quel rapport?

- C’est toi qui l’a nommé ainsi?

- Non, les gens de la ferme, ceux qui scient les cornes des cerfs...

- Vova, c’est bien le diminutif de Vladimir, non?

- Jusqu’au jugement dernier, paraît-il!

- Qui nomme compare, juge, limite, anéantit et se rassure. L’autre, rapidement rangé, hâtivement classé, aussi divin fût-il, n’est plus qu'un objet mort ou un être sans avenir.

Alia se gratte la tête puis elle me dit:...

13:06 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (42) |  Imprimer |  Facebook | | | |