Un maral nommé Vova (14, à suivre) (20/07/2018)

Un maral nommé Vova, Hank Vogel.jpgLe serpent qui est en elle se transforme illico presto en licorne, pareil à tout individu sensible à la minute de silence, et elle ajoute avec complaisance:

- Cessons de nous comporter comme ces ignobles soldats drogués au paracétamol qui, pour une minuscule égratignure au genou, exigent qu’on leur badigeonne la jambe toute entière au mercuribromfluorescéine de potassium ou à peu près cela.

Je n’en crois pas mes oreilles!

- M... q... qui... qui es-tu? je bégaye.

- Une rescapée de l’enfer, me répond-t-elle.

- C’est-à-dire?

- J’ai fui... j'ai quitté ma caserne où je passais mon temps à soigner les petits bobos.

- Tu es infirmière?

- Non, médecin, médecin-officier... J’étais!

- Et.... et...

- Oui, j’ai osé foutre le camp... d’où l’on ne parle que de cul, de guerre et de chasse... Mais ce sont surtout leurs histoires de chasse qui m’ont donné la nausée.

- A ce point-là?

- Je ne sais ce qui m’a pris de m’engager dans l’armée. J’ai sans doute trop écouté ma famille, mes amis...

- Tu es une désertrice, tu risques la prison...

- Non, j’ai déserté pour une bonne cause.

- Tous les déserteurs racontent ça.

- Pourquoi... tu en connais beaucoup?

- Aucun mais d’après la presse...

- Quelle presse? Quels journaux? Ceux qui soutiennent le gouvernement actuel ou les indépendants, les vrais?... Sais-tu combien de soi-disant traîtres à la patrie rodent dans nos forêts?...

11:53 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (15) |  Imprimer |  Facebook | | | |