Un maral nommé Vova (10, à suivre) (11/07/2018)

Un maral nommé Vova, Hank Vogel.jpgLe raisonnement n’est qu'une forme d’ivresse. Les choses arrivent parce qu’elles doivent arriver, un point c’est tout! Et nul n’est sensé les prévenir ni les expliquer.

Le pôle sud rejoindra le pôle nord un jour peut-être, qui sait! Comme deux amants séparés par la guerre depuis trop longtemps. La terre sera alors toute plate et les ignorants auront enfin droit au chapitre.

Mais qu’est-ce que je raconte-là?

La solitude, la solitude! Toujours elle!

Les montagnes de l’Altaï sont belles à regarder. Mais elles me saoulent parfois. Non, souvent. Telle une pimbêche frigide qui rêve d’entrer dans les ordres et qui ruminent à longueur de journée des prières à dormir debout.

- La ferme! je murmure entre les dents.

Et je poursuis mon chemin. Vers nulle part car personne ne m’attend.

Miracle!

Au bout d’une demi-heure de marche à travers bois, je me trouve nez à nez avec un maral.

- Que fais-tu là dans ces parages? je lui demande instinctivement, le cœur secoué forcément. Tu n’as peur que les chasseurs du coin te fassent la peau?

- Vova n’a peur que du loup, manifeste une jeune femme, en sortant brusquement d’un buisson.

- Désolé de...

- Pas grave, je pissais uniquement.

- Vova, c’est lui?

- Non, sa sœur.

Malgré ses vêtements en lambeaux et son langage peu soigné voire brutal, la belle indigène me fait étrangement penser à un ange...

07:53 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (11) |  Imprimer |  Facebook | | | |