Mariage blanc (3, à suivre) (06/05/2018)

Mariage blanc, Hank Vogel.jpgJ’entre dans un café et m’installe dans un coin discret.

L’établissement est à moitié plein. Ou à moitié vide, afficherait le pessimiste. Des hommes seuls et des couples. Pas de groupes d’amis ou d'amies. Les rassemblements sont-ils interdits?

On parle à voix basse. On chuchote presque. On dirait que les intervenants caressent leurs mots avec leur langue. Plus les verbes que les déterminatifs. Ou vice versa. Quelle étrange sensation! Auditive, bien entendu. Que je qualifierais volontiers de brouhaha religieux voire mystique.

Mais bon! Quelle importance! Je ne suis pas chez moi. Chez les miens. Je stagne chez les autres pareil à une stalactite dans une caverne glaciale qui risque de se briser à tout instant. Pas question donc de les secouer comme un prunier, ces mollusques humains, dociles patriotes et branleurs de drapeaux. Blancs, arc-en-ciel et aux couleurs nationales. Des jouets insignifiants pour adultes insignifiants. Bref! Leur soumission ne me regarde nullement. Et leur politique encore moins.

On m’observe, on me dévisage, on me toise, on me regarde du coin de l’œil... Certains ont même tendance à me dévorer des yeux. Pourtant, je n’ai pas l’allure ni d’une sucrerie ni d’une une star du porno.

Un individu blanc et blond s’approche de moi et me dit:...

17:32 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (9) |  Imprimer |  Facebook | | | |