Mes voisines concubines (27, à suivre) (29/03/2018)

Mes voisines concubines, Hank Vogel.jpgLa serveuse, toute tremblante, court vers moi et me glisse à l’oreille:

- Sortez d’ici et appelez la police. Ils vont s’entre-tuer comme des pédés.

Craignant d’être mêlé à un scandale policier inaccoutumé et de me trouver entre les griffes d’une justice corrompue pour des décennies, je ne suis qu’à moitié les recommandations de la jeune femme.

Qu’ils aillent se faire frire en enfer, ces deux branleurs de poulets, me dis-je, une fois dehors. L’humanité n’a nullement besoin de cette race-là pour survivre.

Et ni une ni deux, j’enfourche mon petit cheval à moteur et à fond les gaz.

La ville est belle à regarder à trente à l’heure. Tout paraît plus propre. Tout coule de source.

Les mégots, les crachats, les chewing-gums et les crottes de chien, ce n’est pas pour moi mais pour les piétons.

Je roule, je circule, je vole presque.

Voler et voler. Qui des deux a volé le premier?

Hors contexte, la langue cause souvent des problèmes voire de cruels quiproquos.

Je roule, je circule, je me balade en toute liberté. Tantôt en respectant tant en bravant les règles de la circulation.

Je roule en sifflant, en chantonnant...

En pensant à Denise, à Rosetta, à Pierrette, à ma concierge, à la pute du coin...

A leurs mains, leurs bras, leurs jambes, leurs pieds, leurs seins...

Soudain, j’entends un bruit sourd, je vois des étoiles de toutes les couleurs... puis plus rien...

18:02 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (8) |  Imprimer |  Facebook | | | |