Mes voisines concubines (23, à suivre) (21/03/2018)

Mes voisines concubines, Hank Vogel.jpgJe cadenasse mon quarante-neuf-centimètres-cubes, entre dans un bistro et m’installe tout gaiement dans un coin.

- Bière, rouge ou café? grogne la serveuse qui se trouve derrière le comptoir.

- Un ristrette avec deux crèmes et un verre d’eau, s’il vous plaît, je réponds calmement mais froidement.

- Croissant?

- ...

- Un, deux ou zéro?

- Beurre ou margarine?

- Il faut demander ça au boulanger.

- Alors rien.

- Comme bon te semble, ma chochotte.

Mais chochotte: à peine audible. Tout de même!

Mal assouvie ou mal réglée, me dis-je.

Trois minutes plus tard, en posant le tout sur la table, la rabat-joie me demande à mon grand étonnement:

- Vous aussi vous avez vécu avec les sauvages?

- Les sauvages? je m’exclame... Quels sauvages?

- Ces gens qui vivent à poil et des plumes dans le derrière... comme ceux de Monsieur Paul.

- Paul comment?

- Lambrusco, je crois... L’explorateur qui écrit parfois des pièces...

- C’est Paul Lambert.

- Oui, c’est ça, je me souviens maintenant...

- Il vient souvent ici?

- Pourquoi, vous voulez que je vous le présente?...

- Ah, je vois maintenant! Café et double crème, n’est-ce pas?

- Vous connaissez?

- Un peu, un peu plus mais pas trop... Nous nous sommes souvent rencontrés au Blues Bar. Chez Madame Scarlett, la maman de Bouby.

- Qui ça?

- Bernard Gugelmann, le batteur rock.

- Connais pas.

- Dommage.

- Et maintenant?

- Depuis que je n’habite plus chez mes vieux, je ne fréquente plus personne.

- Personne personne?

Finalement pas si gueuse que ça, je corrige mon jugement. Je me la ferais bien, cette rouquine...

- Personne personne? répète-t-elle.

Je me frotte les yeux et lui propose:

Fascinante Amazonie (1965).jpg

A la mémoire de Paul Lambert...

14:31 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (7) |  Imprimer |  Facebook | | | |