Mes voisines concubines (19, à suivre) (12/03/2018)

Mes voisines concubines, Hank Vogel.jpg- Hvorfor?

- Pardon?

- Hvorfor, c’est pourquoi en norvégien... Alors?

- Pour rien. Ou par pulsion ontogénétique, plausiblement... Ai-je l’air d’un iceberg pour toi?

- Ne psychanalyse pas tout, bon sang!

- Je ne peux pas m’en empêcher.

- Je te comprends. C’est le défaut de toute personne obsédée par sa profession. Le curé voit le mal partout, le banquier nulle part et le flic suspecte même son chef. C’est pour cela que je m’abandonne tantôt à l’écriture, tantôt à la peinture, en passant brièvement par la photographie et le cinéma. Pour n’être prisonnier qu’aucun art, d’aucun style...

- Tu peins aussi?

- Oui... A l'huile et à l’acrylique.

- Des nus surtout, je m’imagine. Non?

Soudainement, j’ai l’impression d’avoir déjà vécu ce moment-là. Ici, dans cette chambre mais il y a très longtemps.

- Prodigieux, je murmure.

Pierrette reprend le flambeau de leur étrange interrogatoire:

- Ce qualificatif exagéré concerne qui? Elle ou moi?

Je dodeline la tête comme un Indien.

Elle hausse les sourcils.

- Ni l’une, ni l’autre, je réponds finalement, en dodelinant de nouveau ma tirelire... Je viens d’avoir une sensation de déjà-vu. C’était vraiment prodigieux...

- Cela est dû à...

- Non merci! Je ne veux rien savoir. Comme dit souvent mon père, je préfère la lune du poète à la lune du scientifique...

12:53 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (9) |  Imprimer |  Facebook | | | |