Mes voisines concubines (16, à suivre) (07/03/2018)

Mes voisines concubines, Hank Vogel.jpg- Petite Pierre, sur toi je bâtirai ma première liberté.

- Chut! Pas d’ironie ni de blasphème, l’heure est l’amour. Voici donc notre histoire: nos parents se fréquentaient quand ils étaient jeunes. Ils se voyaient souvent à la Société des amis de l’Égypte, une sorte club privé où tous les admirateurs et adorateurs de Champollion, Lord Carnarvon, Toutânkhamon, Néfertiti, Cléopâtre et de falafels se réussissaient une fois par mois pour manger à l’égyptienne, sans couteau ni fourchette, avec les doigts et non pas avec les mains, des plats pimentés à faire pleurer l’ange Gabriel... et participer aux palabres des éminents professeurs d’histoire et d’archéologie de passage. Un soir, ivres de discours et de pinot noir assurément, après une de ces conférences interminables sur la fameuse pierre de Rosette découverte par le camarade Jean-François, mes futures géniteurs promirent à leurs amis fidèles de nommer leur premier enfant Pierre ou Pierrette...

- Et dans le délire général, poursuit sa copine, les miens promirent à leur tour de baptiser leur prochaine progéniture Rosette ou Ross.

- Et nous naquîmes, nues et dépourvues de tout hymne! reprend la blonde, gaiement. A quarante-deux jours et six heures d’écart. Moi d’abord. Et, bien entendu, nos adorables lascars à toute épreuve tinrent leur promesse. Mais, juste après la naissance de Rosetta, ils se perdirent malheureusement de vue... Mais, comme les malheurs, les mais n’arrivent pas obligatoirement pour conclure définitivement tout, seize années plus tard, toujours aussi fans des pharaons et de leur momie, pendant que nous étions certainement en train de rêvasser en écoutant des chansons de Brenda Lee, Del Shannon ou Ricky Nelson, émises par Radio Veronika, nos chers cocos se croisèrent par hasard aux musée des antiquités et, de fil en aiguille, de plaisanterie ahurissante en déclaration pompeuse, de oui mais en non si et vice versa, finirent par décider de passer des vacances ensemble, au bord de la mer méditerranée. En Égypte naturellement. Entre parenthèses, nos paternels, contrairement aux élus de notre merdeuse république, n’attendent pas des siècles avant d’accomplir leurs rêves, aussi fous soient-ils. Ce sont de vrais mecs, eux! Pas des couilles molles! L’été qui suivit donc cette rencontre hasardeuse, pour des raisons de calendrier, ma famille partit la première...

- Et c’est à l’aéroport d’Alexandrie que notre vie amoureuse débuta! avoue Rosetta, avec fierté et joie. Par de petits regards malicieux... N’est-ce pas, Pierrot?

Cette narration vaut plus qu’un pétard, me dis-je...

13:22 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (6) |  Imprimer |  Facebook | | | |