Brouillard (13, à suivre) (24/05/2017)

Hank Vogel, Brouillard.jpgJe me souviens maintenant: j’étais allongé sur mon lit. Non, sur un lit... d’hôpital.

Oui, d’hôpital. Car les draps étaient blancs. Chez moi, ils sont soit bleu ciel, soit roses, soit jaunes, soit gris. Et ça sentait la naphtaline, le chloroforme ou la teinture d’iode.

Je grelottais de froid, me semble-t-il.

Une jeune femme aux cheveux roux me prit la main gauche et me la réchauffa dans les siennes.

Comme était belle!

Ses yeux brillaient. Ils étaient bleu turquoise. Ou plutôt émeraude. Difficile de préciser. J’étais un peu subjugué par sa beauté. Un peu? Peut-être davantage.

La beauté attire et paralyse à la fois...

Déjà blessé, malade ou mourant, il fallait en plus que je me batte contre ce phénomène.

A l’avenir, je conseillerai à ceux qui sont chargés de l’engagement du personnel hospitalier de n’embaucher que des soignantes moches au sourire effacé.

Mais qui était-elle? Une infirmière? Une doctoresse? Ou un aumônière?

Une pasteure, certainement. Les autres n’ont rien à foutre d’un moribond. Pour elles, c’est la vie qui compte pas la mort, cette grande salope qui pète en fauchant, à faire vomir même les rats.

Tire-toi de là, mère des pourritures! L’heure est encore au combat.

Place à la présumée prêtresse des temps libérés!

Mais que me chuchotait-elle?

Je devine... je perçois... je distingue... je reconnais... je saisis:...

15:26 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (3) |  Imprimer |  Facebook | | | |