Brouillard (12, à suivre) (23/05/2017)

Hank Vogel, Brouillard.jpg- Il raisonne décidément comme un épicier universitaire, murmure-t-il en regardant le ciel.

Et, comme si de rien n’était, nous continuons à déambuler à travers la taïga.

Après avoir parcouru paisiblement deux ou trois centaines de mètres, trépignant de temps en temps un magnifique et souple tapis d’épines de sapin et caressant par ci par là de belles fougères dont raffolent particulièrement les Sibériens, je me demande:

A quand cette surprise annoncée par ce singe travesti en saint?

Pas de réponse, forcément. Trop quémander engendre le mensonge.

A quand la raison de ma présence ici, déguisé en épouvantail?

Heureusement, ce lieu me paraît hostile aux oiseaux. Le ciel semble si lointain. Si dur à atteindre. Et les arbres trop chargés de branches.

Où étais-je avant de m’endormir hier soir?

Hier soir ou un autre jour. Car, en plus de n’avoir ni chaud, ni froid, ni peur, ni faim, ni soif, ni envie de pisser, ni quoi que ce soit d’autre, j’ai l’impression de jouer à cache-cache avec le temps et l’espace.

Je me souviens maintenant: j’étais allongé sur mon lit. Non, sur un lit...

10:00 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (3) |  Imprimer |  Facebook | | | |