Jørgensen et la belle Isis (61, fin) (09/05/2017)

Hank Vogel, Jørgensen et la belle Isis.jpg- Et si on passait à autre chose! je lance bêtement pour adoucir l’atmosphère.

Et le visage de la belle se met à rayonner d’une joie sereine. Le temps d’une très brève réflexion.

A-t-elle deviné ce que j’attends d’elle?

Isis croise ses mains et m’avoue avec une profonde désolation:

- Je regrette d’avoir participé à cette mascarade insensée.

Puis elle change brusquement de tactique:

- Mais sans elle que serais-je maintenant?... Ton comportement et ta sincérité à la norvégienne m’ont fondu le cœur. Vous autres Norvégiens, à part Hans Føgel qui est devenu pire que le plus minables des Français, vous êtes le flambeau de l’humanité de demain. Vous avez le sens de l’écoute, du partage et du pardon. C’est pourquoi j’aimerais que tu m’épouses...

- Et...

- La mascarade? J’y viens. J’y suis presque... Il n’y a pas plus pire ennemi qu’un proche lorsqu’il est terriblement jaloux ou méprisant... Entre les peuples et leurs dirigeants, c’est cheval blanc et blanc cheval. En utilisant des combines inspirées des saloperies étatiques, ton compatriote, compagnon de bataillon, voisin de palier, associé et beau-frère de vieille date, cherche à te déstabiliser, à te rendre la vie impossible.

- Dans quel but?

- Afin que tu te décides à foutre le camp de Paris et, par la même occasion, à lui céder ta part du restaurant.

- Le salaud!... Donc François Pays-Bas, le Watusi, la Genevoise, Mahmoud et tous les autres...

- Et moi en partie...

- C’était du bidon?

- Non, des comédiens au chômage.

- Merde alors! Ce n’est pas vrai?

Alors Isis sort de son sac à main un petit cahier d’écolier, l’ouvre à la troisième page et me dit en me montrant un dessin chargé de notes:

- C’est la vérité, la preuve!... La déesse Isis, c’est moi. Et toi, c’est le capitaine sur son bateau... Toutes mes actions y figurent...

- Sauf celles d’aujourd’hui, corrige Charlotte.

Je dévisage la soi-disant terroriste copte et lui demande le sourire aux lèvres:

- On fait quoi maintenant? Je cours chez Hans et je le balance par la fenêtre? Ainsi que sa télé, son ordinateur et son portable? Ou on fonce tout droit à la mairie?

- C’est toi le capitaine! me répond-elle toute rassurée, enfin presque.

- Soit! Toutes voiles au vent et changeons de cap! Il finira bien par comprendre en regardant «L’arroseur arrosé».

12:54 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (3) |  Imprimer |  Facebook | | | |