Saïouda, la fille du portier (18, à suivre) (31/12/2015)

Hank Vogel, Saïouda, la fille du portier.jpgLes jours passent, les semaines passent... Rafad, le meilleur copain de mon grand frère Freddy, un photographe qui a figé sur du papier glacé, pour l'éternité j'espère, les larmes et les grimaces les plus tendres de mon enfance, meurt d’une péritonite.

- Pourquoi, il est mort, je demande à mon père.

- Parce qu’il est arrivée trop tard à l’hôpital, me répond-t-il tristement, d’une tristesse pareille à celle d’un père qui vient de perdre un fils.

- Et pourquoi, il est arrivée trop tard à l'hôpital?

- Parce qu’ il a préféré aller s’acheter un appareil de photo au lieu de se rendre tout de suite chez le médecin, nous ont dit ses parents.

- Je ne le verrai donc plus? Plus jamais?

- Quand tu seras très très vieux, peut-être.

- Comme toi?

- Beaucoup plus vieux que moi. Le jour où tu seras mort toi aussi.

- C’est dans très longtemps alors?

- Des dizaines et des dizaines d’années...

- Et je le verrai où? En enfer ou au paradis?

- Au paradis.

- Il me reconnaîtra après tout ce temps?

- Les gens qui s’aiment se reconnaissent toujours... C’est probablement lui qui t'accueillera là-haut.

- Avec son appareil de photo?

- Malheureusement sans.

- Pourquoi, c’est interdit...

- Non, mais... Au fait qui t’a parlé de l’enfer?

- Zia...

- Qui?

- Je ne me souviens plus.

- Tu ne t’en souviens plus ou tu ne veux pas me le dire?

- Un secret est un secret.

Ma mère, toute affolée, se pointe à ce moment et dit à mon père:

- Pataud a disparu... Tu l’as vu quelque part?

Et mon père d’un air digne d’une mage, lui répond:

- La fidélité d’un chien est pharaonique. Rafad aimait Pataud plus que nous tous. Alors, l’animal a suivi son meilleur ami jusqu’aux portes des ténèbres.

Et personne ne pourra jamais prouver le contraire...

08:00 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (6) |  Imprimer |  Facebook | | | |