Les pommes et l'arbalète (3, à suivre) (26/11/2015)

Hank Vogel, les pommes et l'arbalète .jpg

Nous entrons les mains dans les poches dans ce lieu de perdition. Selon les adeptes des eaux gazeuses et autres boissons, artificiellement colorées, qui font roter. Mais philosophiquement pensant, nous nous y engouffrons les yeux aux aguets et les mains sur nos colts, prêts à dégainer au moindre geste malintentionné. Comme dans les westerns à la sauce bolognaise. C’est-à-dire: une marre de coulis de tomate pour un misérable morceau de viande et hachée par-dessus le marché. C’est-à-dire aussi: une sérénade de pif paf pouf pour trois fois rien. Et nous nous installons au bout du comptoir.

Désemparé par les nombreuses affiches étrangères collées aux murs, Roby me dit:

- J’ai l’impression de vivre un cauchemar. Je crois que je vais commander une aspirine et un verre d’eau.

- Et en quelle langue vas-tu t’adresser au garçon ou à la barmaid? je lui demande.

- Quelle question! Mais en français comme d’habitude...

- Alors ferme ta gueule! Car ici, on ne parle que l’anglais. Par habitude, tradition et forcément par obligation. L’une ne va jamais sans l’autre.

- Mais c’est scandaleux! On n’est plus chez nous!

- C’est pour cela que nous sommes ici. Mais pour l'instant: pas un mot in french ni en javanais. D’accord?

- Motus et bouche cousue!...

*

Bonus!

11:34 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (2) |  Imprimer |  Facebook | | | |