Saïouda, la fille du portier (10, à suivre) (11/08/2015)

 Saïouda, la fille du portier.jpgLa femme la plus belle de tous les temps, c’est Néfertiti. Encore vivante à mes yeux. Et non pas Cléopâtre comme certains historiens l’ont prétendu ou le prétendent encore. Car elle était mince, souple comme un roseau et avait un doux et long cou où, les jours de forte chaleur, la sueur de son labeur, de son moindre effort, se permettait de ruisseler avant de disparaître. Davantage que chez les autres reines. Et cela plaisait aux dieux de l’Égypte. Et ce qui plaît aux dieux plaît aux poètes et aux hommes de bonne volonté.

 - Un femme qui ne transpire pas en travaillant ne mérite pas que l’avenir prenne soin d’elle, me dit Saïouda.

 - Qui t'a dit ça? je lui demande.

 - Mon père.

 - Il est docteur?

 - Comme tous les hommes. Ou plutôt comme tous les portiers.

 - Tu l’aimes?

 - Qui ça?

 - Ton père.

 - Je le déteste.

 - Pourquoi?

 - Parce qu’il me frappe tous les jours.

 - Tous les jours?

 - Oui... et parfois plusieurs fois par jour...

20:40 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (2) |  Imprimer |  Facebook | | | |