Un vide trop plein (16, à suivre) (30/06/2014)

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 - Qui êtes-vous exactement? me demande Codo.

 - Je suis un auteur en quête de justice, je lui réponds. Ou un philosophe. Ou un chercheur. Je cherche la vérité. Ou un rêveur. Mes rêves sont nombreux. Ou un poète. Mes poèmes inachevés se ramassent à la pelle. J’ai écrit un millier de poèmes mais je ne me sens pas poète pour autant. Et pourtant... et pourtant une voix intérieure me dit... On me chuchote des mots qui ne sont pas des mots. On me pousse à imaginer, à agir... Dans quel but? Mystère. Je suis un cas psychologique intéressant. Pour les médecins inexpérimentés. Pour l’étudiant adepte de Freud et compagnie.

 - Vous souffrez.

 - Si au moins. Si seulement... Non, je ne souffre pas.

 - Vous devriez alors remercier le ciel.

 - Le ciel, le ciel! Une masse de vide qui s’étend à l’infini... Vous êtes croyante?

 - Question difficile.

 - Les jeunes scientifiques se refusent de croire à l’existence de Dieu. Ils ont tort.

 - Et vous, à quoi ou à qui croyez-vous?

 - Aux anges. À mon ange. Mon bien-aimé ange. Mon conducteur. Mon conseiller nocturne.

 - Que cherchez-vous exactement?

 - Exactement?... Vous. Vous dans le trou noir de mon subconscient. Je vous ai aimé il y a deux ou trois mille ans. En ce temps-là vous vous appeliez Néfertiti.

 Codo sourit.

 - Il ne faut pas sourire, c’est la vérité, dis-je. Votre cou ressemble au sien...

 - Vous croyez à la réincarnation? me demande-t-elle.

 - Je suis obligé.

 - Comment ça obligé?

 - C’est une certitude. Une vague certitude, une incertaine certitude.

 - En somme, vous n’y croyez pas... pas plus que de moi.

 - Je n’en sais rien.

 Et la conversation, plus un  monologue que d’un dialogue, se poursuit dans tous les sens. Tantôt  dans l’abstrait. Tant dans le concret. Avec des interrogations. Avec des sourires. Avec des soupirs. Je parle, je parle. Codo m’écoute, attentivement. Arriverai-je à la séduire avec mes mots, avec  mes théories hors du commun ou avec mes histoires d’outre-tombe? J’aimerais crier victoire. Oui, j’aimerais... à suivre

07:00 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | | | |