Un vide trop plein (12, à suivre) (25/06/2014)

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 L’automne, le véritable automne avec ses pluies et ses feuilles mortes collées au sol, est enfin là.  Je prends plaisir à regarder les passants marcher sous leur parapluie. La plupart de ces engins de protection sont noirs et esquintés. C’est la période où l’on apprécie les feux de cheminée. Je suis bien dans ma peau. Petite illusion passagère. J’écrase involontairement les petits et grands soucis. Également petite illusion passagère.

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 J’entre dans une église. Elle est pleine de saints et Dieu est absent. C’est mon sentiment. Je m’éloigne de ce lieu hostile à ma béatitude. La rue est un miroir gris. Il reflète bien mon état d’âme. Je vagabonde. Je bourre ma pipe. Je l’allume avec un briquet que j’ai dû ramasser sur une table d’un bistrot... Au bout d’une heure, j’arrive chez moi. Je pense à l’inconnue de la page 73. Je fouille dans mes papiers, dans mes vieilles notes d’il y a dix ans ou plus. Je découvre, entre autres, des adresses et des numéros de téléphone. Que sont-ils devenus? Que sont-elles devenues? Qui sont-elles? Qui sont-ils? À quel jeu suis-je en train de jouer? Parmi ces fameuses notes, un texte sort  du lot: L’analyse de Codo est un baiser d’amour. Jamais personne ne m’a fait une telle offrande. Un jour je tomberai amoureux de Codo. Au bon moment. Que les anges fassent leur travail. Je me souviens de Codo. Mieux de son âme que de son corps. Je me souviens qu’elle était mince, un peu fragile. Mais je ne me souviens pas très bien de son visage. Je m'installe dans mon fauteuil. Je me frotte le front. Je me croise les bras. Je les décroise. Je me lève. Je fais les cent pas. Les idées vont et viennent. Les Et si? arrivent au galop. C’est trop idiot, trop absurde. Je change de décor... à suivre

07:00 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | | | |