Un vide trop plein (4, à suivre) (17/06/2014)

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 Il n’y a rien d'excitant dans les yeux d’une religieuse. Il n’y a ni Dieu ni diable. Il n’y a que des larmes acides séchées par le soleil noir et brûlant des hommes. Je dis cela parce que Genève sent la nonne. Elle sent tantôt le savon de Marseille et tantôt la moisissure et la poussière d’un vieux château. Et tout cela me paralyse. J’ai l’impression d’être un archéologue face à un monument historique. Je rêve avec le passé. Je rêve avec la mort.

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 - De quel signe êtes-vous?

 - Ce n’est pas sérieux.

 - Ça peut l’être.

 - Vous voulez dire: ça dépend comme on présente la chose.

 - C’est exactement ça. Un bon orateur est capable d’envoûter qui il veut quand il veut.

 - Et un poète?

 - Encore plus facilement mais malgré lui. Il convainc sans le savoir, sans le vouloir.

 - Je préfère cela.

 - Moi aussi.

 Sur certains points, nous nous rejoignons. Forcément. L’autre n’est jamais aux antipodes du comportement humain. L’autre n’est jamais totalement différent. L’autre n’a que quelque chose en plus ou quelque en moins qui nous paraît plus ou inversement.

  - J’ai le cœur et l’esprit fatigués.

 - À cause?

 - Je me suis trop investi.

 - J’ai trop donné et j’ai trop cherché à recevoir.

 - L’erreur est humaine.

 - Trop de mauvais choix.

 - Et maintenant?

 - Eh bien, je contemple l’océan. Et je refuse de m’y baigner.

 - Êtes-vous certain?

 - Si seulement!... à suivre

07:00 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (1) |  Imprimer |  Facebook | | | |