Black & White (3, à suivre) (18/08/2013)

 Ils ont dû le tuer, se dit-elle. Ses idées, je les connaissais, elles n’étaient pas mauvaises.

 Et dans sa tête apparaît une scène.

 ... Art se jette dans ses bras et lui dit:

 - Demain, il n’y aura plus de frontière et la terre toute entière sera un paradis...

 India Black ferme le livre, le range soigneusement dans la bibliothèque et elle va se coucher.

 Une semaine plus tard. Les pigeons sont là et acceptent volontiers les graines que leur jette White. Le clochard, lui aussi est là mais à l'autre bout du banc, comme d’habitude.

 - Des livres, des livres, rien que des livres, dit le clochard.

 - As-tu bien regardé? demande White.

 - Oui, j'ai bien regardé. Des livres et quelques albums de photos... des souvenirs de vacances.

 - Aucune personnalité suspecte sur ces photos?

 - Aucune

 - Pas de lettres?

 - Aucune lettre.

 - Et parmi les livres?

 - Romans, poésies et des livres de psy...

 - Pas de livres politiques?

 - Aucun.

 - Pourtant.

 - Pourtant?

 - Art Black adhérait à un parti politique.

 - Quel parti?

 - C’est sans importance, dit White d'un air un peu absent.

 - Et mon enveloppe? demande subitement le clochard.

 - Ta mission n'est pas terminée, répond sèchement White.

 - Qu'est-ce que je dois encore faire?

 - Surveiller Madame Black.

 - Jusqu’à quand?

 - Jusqu’à la semaine prochaine.

 - Et mon enveloppe?

 - La semaine prochaine. Tu peux partir maintenant...

 India Black entre dans un café et commande un thé citron.

 Elle vient de retirer de l’argent de sa banque, juste de quoi vivre un mois, sainement et sans luxe. India ne travaille pas, car à la mort de son mari, grâce à l'assurance que celui-ci avait contracté, elle a touché une petite fortune, assez pour vivre sans travailler jusqu’à l'âge de la retraite. Pourquoi donc travaillerait-elle? Lorsqu'on est intelligente, on sait toujours occuper son temps, sans avoir besoin de le consacrer à un quelconque imbécile de patron qui, comme la plupart des patrons, ignore tout de la vraie valeur de la vie. C'est son avis.

 India Black boit un gorgé de thé.
 
 Puis elle sort un livre de son sac, Paradis perdu d’Ernest Hemingway, et elle se met à lire.

 Cinq minutes plus tard, ses yeux quittent  le livre et son regard se perd à l'infini... à suive

12:16 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | | | |