Black & White (2, à suivre) (17/08/2013)

 Les heures passent...
 
 Dans un parc, White, assis sur un banc, est en train de donner à manger aux pigeons.

 Un clochard, un vieux journal sous le bras, s’approche de White et lui dit:

 - Pour l'affaire Smith, les carottes sont cuites.
 
 - Assieds-toi, imbécile! Et parle-moi en lisant le journal, dit White en grinçant des dents.

 Le clochard s’exécute.

 - Smith était déjà mort lorsque nous sommes arrivés: crise cardiaque, explique-t-il, ses yeux fixant le journal.

 - Un boulot de moins à payer.

 - Mais nous savons tout de même pris des risques, dit le clochard nerveusement.

 - N' insiste pas, dit White sèchement. C’est moi qui décide et tu le sais bien... Autre chose. As-tu entendu parler de l’affaire Black?

 - Le jeune professeur?

 - Oui, c’est ça.

 - Ce n 'est pas moi qui à...

 - Je sais bien que ce n’est pas toi, coupe White... Il faudrait que tu ailles rendre visite chez Madame Black.

 - Rendre visite à Madame Black! s’exclame le clochard.

 - J’ai dit: rendre visite chez et non pas à. Tu saisis la nuance?

 - J'ai compris. Mais...

 - Mais?

 - Et si on me chope et que la police locale me fout dedans?

 - Eh bien, on te sortira, comme d’habitude, imbécile!

 - C'est que...

 - Je ne veux rien savoir, dit sèchement White.

 Le clochard baisse son journal .

 - Et qu' est-ce que je dois faire chez Madame Black? demande-t-il énervé.

 - Le maximum de renseignements... Madame Black semble être une femme silencieuse, donc pas besoin de brancher quoi que ce soit à son téléphone. Nous l’avons déjà mise sur écoute. Aucun résultat. Madame Black semble ne se douter de rien, mais nous aimerions en avoir la certitude. Compris?

 - Compris.

 - Tu peux partir.

 - Et l’enveloppe?

 - La prochaine fois .

 - La prochaine fois, la prochaine fois!

 - A jeudi prochain! dit Whit en haussant  la voix.

 Le clochard se lève nonchalamment et quitte le parc sans jeter le moindre regard vers White .

 Des tableaux un peu partout contre les murs. Une bibliothèque pleine de livres. Des romans, des plaquettes de poésie et des traités de psychanalyse. Une lampe à abat-jour et un bon canapé pour y passer des soirées entières à lire et à rêver, loin de la cohue et de l'hypocrisie des hommes.Tel est le salon d’India Black.

 India baisse son livre, elle est en train de lire un roman policier.

 - Inconscients, murmure-t-elle.

 Elle se replonge dans le livre puis le rebaisse aussitôt... à suivre

09:42 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | | | |