Le dieu helvète (4, à suivre) (21/02/2013)

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 Quelques jours plus tard. Ma femme avait été mise au courant de ma décision le soir-même, après que nous avions avalé les éternelles salades du service des actualités télévisées

 Je n'ai pas peur de pratiquer mon nouveau métier d’écrivain, pensai-je. Seule ma femme a peur car, pour l’instant, ça ne rapporte rien. Heureusement, j'ai quelques économies à la banque. Mais je crois qu’elles vont vite s’envoler.

 Mon patron m’avait accordé un congé exceptionnel de trois mois, à mes frais bien entendu. Ce n'était pas un mauvais type après tout.

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 Et au bout de  dix jours seulement.

 L'Homme, mérite-t-il que l'on vienne à son secours? me demandai-je.

 Je repris donc bêtement mon travail. Je m’arrangeai avec mon patron... moins bien avec mon directeur et très mal avec mon chef. Question de jalousie sûrement: j’étais bien vu du patron. Oh! Il ne me fit pas de cadeau. Les jours de mon escapade furent déduits de mes trois semaines de vacances.

 On devient vite esclave d’une habitude, me dis-je. La plupart des hommes sont morts avant de mourir.

 Et je dis à ma femme que je renonçais à ce projet d'écrire un livre-bombe. Mais que je renonçais pas à écrire pour autant.
 
 Bella, mon épouse, me répondit que j’avais enfin mis ma tête en place et que c’était mieux ainsi, car j'aurais eu les pires ennemis du monde à mes trousses pour rien du tout...



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 - Les rues étaient... j'aimerais bien parler des rues de mon enfance, de mon adolescence mais mon esprit est préoccupé par des problèmes universels. C’est-à-dire: le bonheur de l’homme... Mais tous les imbéciles de la terre se sont mis d'accord pour classer mes bonnes intentions dans la catégorie des rêves insensés et naïfs... Je sais, je rêve souvent. Je rêve d’une planète paradisiaque où l’homme pourrait s’éclore dans toute sa nudité. Mais! Les esprit sombres font de tout pour qu’un tel rêve ne puisse pas se réaliser...

 -Votre récit est très poétique, me dit le psy.

 Je redressai ma tête.

 - Non, non, restez couché! m’ordonna-t-il. Parlez-moi tout de même des rues.

- Mais pourquoi? demandai-je au psy, qui commençait à m'agacer sérieusement.

 -Les rues ont une signification bien précises, m’expliqua-t-il. Parlez-moi d’une  rue qui vous a profondément marqué .

 - Une rue qui m’a profondément marqué? Je vois... Je commence à voir... Je vois une rue dorée. C'est le matin, tout est beau, tout respire la joie de vivre. Subitement, je vois la même rue... violette, c’est presque le soir. Des chauves-souris, des hommes étranges, des êtres...

 - Que font-ils?

 - Ils passent comme des être mystérieux...

 - C'est-à-dire?

 - C'est-à-dire: sans laisser la moindre trace. Personne ne sait qui ils sont, pourquoi ils passent par là et où ils vont...

 - C’est bien! C’est assez pour aujourd’hui... à suivre

08:00 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | | | |