Le dieu helvète (3, à suivre) (20/02/2013)

5


 - La guerre est inévitable dans ces pays.
 
 - Alors à quoi ça sert, les organisations internationales?
 
 - A remplir les salles de conférence.

 - Mais c'est absurde!

 - Je ne te le fais pas dire.
 
- On peut tout de même essayer de faire quelque chose.

 - Quoi?

 - Agir.

 -On peut... mais le monde restera monde.

 - Moi, j'ai une idée.

 - Quelle idée?

 - Écrire un livre.

 Maurice éclata de rire puis il me dit:

 - Mais des milliers de types ont eu cette idée avant toi, Glarus... Et le monde est resté monde.

 - Je suis d' accord avec toi, dis-je. Mais moi, j’écrirai un livre unique, explosif. Une vraie bombe!

 -Tu est un grand naïf, Glarus, me dit Maurice. Écris plutôt un livre pornographique, si tu as envie d'écrire...

 - Non, Maurice, la pornographie ne m'intéresse pas. On la croise à chaque coin de rue. Il n'y a qu'à regarder le visage des gens.

6


 Les églises sont pleines de saints, pleines de dieux et le monde est toujours monde. Qu’est-ce que 1’on pourrait faire contre ça, bon Dieu? On tue au nom d’une religion, au nom de tout et de rien. On tue sans cesse les bons et les mauvais. On tue! Les gouvernements donnent l'exemple de tuer: ils tuent ceux qui ont tué. Et la société ne change pas pour autant. Alors à quoi servent les exemples? Cesserons-nous un jour de tuer? Les églises sont pleines d’hypocrites.

7


 Le soir, je rentrai chez moi comme les autres jours après le travail.

 Après s' être lavée les mains comme  d'habitude, la famille se mit à table. Ma femme avait préparé une bonne soupe aux légumes.

 - Je ne veux pas la soupe, dit ma fille.

 - Tu dois manger la soupe, elle est pleine de vitamines, lui dit sa mère.

 - Je n’ai pas envie, insista ma fille.
 
 - Tu dois la manger tout de même, dis-je avec sévérité.

 - Le ne l’aime pas.

 -Tu l'as goûtée au moins?

 - Non, mais je ne l'aime pas.

 - Goutte-la!

 - Je ne l'aime pas.

 - Goutte-la au moins, bon sang!

 Ma fille goutta la soupe et la cracha aussitôt.

 L'idée! me dis-je, plus tard en pensant à ma fille, en fumant un cigare allongé sur le divan du salon. L'idée: fabrication curieuse de l’esprit. Elle nous empêche souvent de voir clair, de voir les beautés de la vie  telles quelles... L' idée: source de plaisir et de souffrance, la mort avant la mort... à suivre

08:00 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | | | |