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  • Ma Mère, cette Italienne (28, fin)

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     Ma Mère cette Italienne, Hank Vogel.jpg7 mai 1945: à Reims, au SHAEF, le quartier général des forces alliées en Europe nord-occidentale, le général Alfred Jordi capitule au nom de toute l’armée allemande, nazie. 

     C’est la fin de la Deuxième Guerre mondiale.

     Parmi les gagnants et les indemnes: on chante, on danse, on boit et on fait l’amour.

     Parmi les perdants et les blessés: on se soigne, on espère, on fuit et on se suicide.

     Cette plaisanterie diabolique aurait anéanti 15% de la population polonaise, dont trois millions de Juifs (polonais), 10% de la population russe... Au total, au niveau mondial: entre 40 et 60 millions d’individus, militaires et civils confondus.

    - La mort d’un homme est un tragédie, celle d’un million d’hommes est une statistique, a ou aurait dit un jour Joseph Staline.

     Et j’aurais rajouté:

     - Ce qui me pousse à croire que les personnes qui ne pleurent jamais lors d’un enterrement sont ou feraient de parfaits statisticiens.

    ....

    10 mars 1946: Boris Vian, écrivain, poète, traducteur, parolier, chanteur, trompettiste,   scénariste, acteur, peintre et ingénieur, fête son vingt-sixième anniversaire, avec son épouse Michelle, au Tabou à Paris. Ou ailleurs. Et Antoinette Vogel, à Alexandrie, met au monde pour la troisième fois un garçon aux yeux bleus mais blond cette fois-ci: Hans Christian Erik. 

     Qui choisira plus tard le prénom artistique de Hank pour rendre hommage à la reine  Nefertiti  qui portait souvent la croix de la vie, l’Ânkh. C’est-à-dire: moi, l’auteur de cette mini biographie.

     Quatre heures quarante-cinq du matin, j’affrontai l’inconnu tel la moitie d’un obus de la Grande Guerre, soit fabriqué de trois kilos et sept cents grammes de chair fraîche, tiré par un canon qui n’était autre que ma mère. 

     Évidemment, avec un poids aussi minable mais dans les normes, je n’explosai pas mais je poussai un cri... De peur ou de colère? Difficile d’y répondre? Le Bon Dieu avait certainement désamorcé la bombe. Toutes les bombes, pour un certain temps. Mais jusqu’à quand?

     Quel évènement!

     Quand j’ouvris à fond mes mirettes, par curiosité ou stupéfaction, je vis une petite foule d’étrangers qui me regardaient curieusement. Certains, les plus courbés, en me reniflant, les autres en ricanant ou en me souriant prudemment. Mais, heureusement, tous semblaient  rassasiés et désaltérés par l’eau du Nil que j’avais hâte de goûter. Ils étaient originaires  des quatre coins du monde. D’Angleterre, d’Australie, de Chypre, de Grèce, de Croatie, de France, d’Italie, du Liban, de Malte, de Prusse, de Suisse, de Syrie, de Turquie et d’Amérique à l’état latent. Au cœur de ce mini public, hétéroclite mais soudé en apparence, se trouvait évidemment la cause essentielle de cette manifestation: la rassembleuse, celle qui me serrait fortement dans ses bras,  ma Mère cette Italienne.

    100072758_max.jpg

    Ânkh (pour plus d'infos... cliquez sur la croix)

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  • Ma Mère, cette Italienne (27, à suivre)

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     Ma Mère cette Italienne, Hank Vogel.jpg28-29 avril 1945: à Dongo, les partisans italiens reconnaissent Benito Mussolini et sa maîtresse Clara Petacci, lui déguisé en soldat de la Wehrmacht, elle en religieuse, en fuite vers la Suisse, et les exécutent. Ils traînent leurs dépouilles jusqu’à Milan et les exposent avec celles de trois autres fascistes à la Piazzale Loreto, en les pendant par les pieds. (Version hard.)

     Edgar éteignit la radio et dit à Antoinette, après avoir émis quelques onomatopées hors du commun:

     - Romains ou Milanais, c’est du pareil au même. Aucune dignité, aucune moralité!

     - A quoi pensais-tu en évoquant cela? lui demanda-t-elle.

     - L’apôtre Pierre a été crucifié la tête en bas par les Romains et ton cher Benito, pendu la tête en bas par tes chers Milanais.

     - Concernant Saint Pierre, les bonnes sœurs m’ont raconté une histoire plus satanique, bref! Mais pour une fois, je suis entièrement d’accord avec toi. Sauf pour le qualificatif cher. Au singulier et au pluriel...

     - Pourtant, tu étais de son côté... Tu as déjà oublié  la Faccetta nera, cette chanson que tu chantait souvent à Freddy?  

     - Pas du  tout! Mais c’était avant que ces imbéciles ne larguent cette maudite bombe  presque au-dessus de notre toit. Et toi alors, avec ton Fritz?

     - Idem aussi... mais c’était surtout pour faire plaisir à ma mère... qui a du sang prussien.

     - Et une bonne dose de sang français.

     - Merci de me l’avoir rappelé!... Mais plus maintenant...

     - Depuis que le fils prodige a ouvert grand les yeux et a fini par soutenir les maquisards, certainement! s’exclama-t-elle. 

     - N’exagère pas et parle moins fort, chuchota-t-il. Personne ne doit être au courant de mes activités souterraines... ou, avec plus de précision, de nos activités privées et secrètes,  passées et futures.

     - Avec le vent qui tourne sans cesse, on  ne sait jamais. Pourvu que je ne finisse pas comme elle.   

     - Elle qui?

     - Clareta, la maîtresse de Benito... Son prénom ne lui a pas porté chance.

     - Ni à lui ni aux Italiens.

     - Grâce et à cause de lui, nous avons conquis des territoires et perdus toutes  nos colonies. Il ne nous reste plus que les macaronis et les spaghettis... 

     - Importés de Chine par Marco Polo!... Tant mieux pour les Africains!

     - En tant que Suisse, tu n’as rien à dire car tu n’en sais rien. Les Helvètes ne possèdent aucun colonie.

     - Il ne manquerait plus que ça!... Déjà qu’ils ont du mal à descendre de leurs montagnes.

      - Tu t’entends parler?

     - Non et toi?

     - Alors changeons de disque! La guerre est finie.

     - Presque finie!...

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    Clara Petacci ( pour plus d'infos... cliquez sur la photo)


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  • Ma Mère, cette Italienne (26, à suivre)

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     Ma Mère cette Italienne, Hank Vogel.jpg9 décembre 1944: le Vatican reconnait le Gouvernement provisoire de la République française, présidé par le Général Charles de Gaule.  Et Antoinette Vogel accouche d’un bébé noiraud aux yeux bleus: Ulrich Friedrich Hans.

     Deux jours plus tard, au déjeuner, le capitaine français de bonne famille félicita son comptable-trésorier pour l’heureux événement qu’il venait d’encaisser et d’enrichir ainsi, ou d’alourdir, son rôle de père de famille. 

     Puis, entre la poire et le fromage, il lui demanda:

     - Et pour Madame, tout s’est bien passé? 

     - Oui et non, répondit Edgardon, l’air un peu perdu dans ses pensées.

     - Désolé!...

     - Rien de grave, à court terme!... Mais les Italiennes s’en sortent toujours à la longue... Et les Italiens s’en sortiront aussi, je l’espère.

     - Je ne vous suis pas.

     - Excusez-moi, je confondais la guerre et la maternité. Le feu et le lait... Mon épouse n’arrive pas à allaiter suffisamment  le petit. Probablement pas du tout.  Mais heureusement sa compagne de chambre, une Juive, est venue à son secours... Mon fils adore son lait, paraît-il. Il est aux anges! 

     - ...

     - C’est la Louve d’Israël a crié une infirmière en apercevant cette femme en train de nourrir deux nourrissons à la fois.

     - Que Dieu la bénisse!

     - Oui... même si l’on est athée. 

     Et au moment précieux du digestif, le téméraire loup des mers dit au prudent renard des montagnes, avec beaucoup de regret:

     - Dans trois semaines, le navire devra quitter définitivement sa soi-disant inséparable cale sèche et le port d’Alexandrie. Destination: New York. C’est une décision du Haut commandement de l’armée des États-Unis dont je dépends. Et vous également, indirectement en quelque sorte... Il estime que nous avons trop abusé de la terre ferme... Si vous acceptez  de participer à ce long voyage, vous aurez droit à la  nationalité  américaine illico presto en guise d’une décoration. Pour vous et les vôtres...

     - Les sous-marins allemands sillonnent encore la méditerranée? demanda le père inquiet.

     - Encore... et ailleurs. Mais ce sont les mines marines que nous craignons le plus.

     - Je refuse, alors!

     - Ce n’était pas un ordre mais une proposition... une décision à prendre, un choix à faire avec Madame...

     - Je sais mais je refuse quand même.

     - J’ai bien noté... Espérons que vous avez  fait le bon choix pour vous.

     En effet, c’était le bon. 

     Car, un mois plus tard, la Royal Navy informa Georges Syriani, grâce à ses nombreuses relations tous azimuts, que le fameux bateau espion qui naviguait sous pavillon panaméen avait explosé en pleine mer près des côtes maltaises. Aucun survivant!

     Et aucune autre information? 

     Aucune! Secret militaire, au nom de sa Majesté!...

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  • Ma Mère, cette Italienne (25, à suivre)

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     Ma Mère cette Italienne, Hank Vogel.jpgEt le soir, avant la quasi obligatoire partie de poker à la lueur des bougies due au black-out et pendant que la Milanaise jusqu'aux os et l'Alépine d'adoption  papotaient à la cuisine à la lueur de la lune, le rescapé de la bataille d’Alep dit à l’évadé des Alpes glaronaises, avec des mots contraires à ses habitudes:

     - Tu verras, vu tes performances commerciales, ton niveau intellectuel, ton côté aristo et ton calme parfois pathétique, tout ira à merveille, j’en suis persuadé. Oui mais... bien que....

     - Plaît-il?

     - Bien que l’équipage soit composé de têtes  brûlées et d’anciens bagnards repentis mais toujours assoiffés de sang et accros à la violence surtout lorsqu’elle est bien ciblée envers les copains et les petits copains d’Adolf et de Benito, le capitaine est un Français de bonne famille qui adore la cuisine et la littérature française, forcément.

     - C’est parfait!

     - Maintenant que j’ai enfoncé un peu plus le clou, acceptes-tu de mettre en sourdine ta neutralité infantile et de participer ainsi à cette glorieuse aventure?

      - Si Noussy t’a clairement dit oui, comment pourrais-je m’opposer à sa décision?

     - Mais... mais... qui de vous deux porte le pantalon? 

     - Personne mais elle me connait mieux que sa poche.

     - Vraiment? A ce point-là?

      - Que veux-tu, dans chaque Italienne sommeille une louve qui se réveille chaque fois qu’un romulus ou un rémus est en danger. Tu n’as pas remarqué ça, toi? 

     Ignorant tout de la mythologie romaine,  le docker ne répondit pas mais grimaça bizarrement et proposa aussitôt à son beau-frère:

     - Après la guerre, nous pourrions faire des affaires ensemble... dans l’immobilier par exemple. Qu’en penses-tu?

     Edgar fonça les sourcils.

     - C’est ça! s’inquiéta le Syrien. Ta as peur que je te fasse une entourloupette, n’est-ce pas?

     - Il ne s’agit pas ça, expliqua le Glaronais avec un sourire mitigé. Les locataires ne sont des sources faciles à gérer. Et j’en la preuve flagrante avec cette maison que je possède...

     - C’est normal en ces temps si chaotiques! Les gens ont moins d’argent, leurs petites économies et les fortunes fondent comme neige au soleil...

     - Sans aucun doute. Sauf pour ceux qui font du marché noir et ceux qui vendent des armes comme...

     - Comme?

     - Le mari de ma nièce qui a le même âge que moi.

     - Non!

     - D’après Noussy.

     - Ta femme a beaucoup d’imagination... elle devrait écrire des romans policiers.

     - Malheureusement, elle n’a pas ni la patience ni la passion pour ça.

     - Dommage... Et toi?

     - Moi non plus.

     - Alors?

     - Alors quoi?

     - On s’associe après la guerre?

     - Certainement, pourquoi pas. Mais avant cela il faudra que j'aille explorer le cœur de l’Afrique avec mon petit frère Charly. C'est une promesse...

     - Dans quel but? Pour y planter du café?...

     - Chut! Nos épouses se pointent...

    Edgar Vogel en Afrique (2 juin1949).jpg

    2 juin 1949, au Congo belge, Edgar a tenu sa promesse...

    Edgar Vogel en Afrique.jpg

       Charly à gauche et Edgar à droite du Père Blanc.

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  • Ma Mère, cette Italienne (24, à suivre)

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     Ma Mère cette Italienne, Hank Vogel.jpgDans l’après-midi, l’Italienne révoltée se décida enfin à rendre visite à son ancien directeur, aux moustaches roussies par la cigarette.

     Il me trouvera sûrement une occupation parmi toutes celles qui opèrent dans l’ombre, se dit-elle.

     En descendant de la calèche, arabéya en égyptien, elle tomba nez à nez sur le mari de sa sœur Natalina, son beau-frère Georges Syriani.

     - Mais qu’est-ce que tu complotes là toute seule, dans cet endroit non sécurisé et malfamé? s’étonna le Syrien apatride d’un air soupçonneux. Ou l’apatride d’origine syrienne dont le nom de famille n’intriguait plus la belle famille, vu ses penchants quasi surnaturels pour l’Amérique. 

     - C’était mon quartier quand j’étais jeune fille, rétorqua-t-elle sans la moindre hésitation. Il a probablement beaucoup changé depuis... mais les Arabes me font moins peur que tes copains les Turcs...

     - Les Ottomans! corrigea-t-il aussitôt... C’est à cause d’eux que j’ai fui Alep et tu le sais bien. Tu appelles ça des copains, toi? 

     - Non, bien entendu.

     - Alors?

     - C’était pour te faire réagir. 

     - Pour quelle raison et dans quel but?

     - Depuis que cette cette bombe a explosé près de chez nous, je tremble comme une feuille après chaque alerte. Au moins pendant une heure. Bombardements ou pas.

     - Quel rapport?   

     - Je dois, tu dois, nous devons tous faire quelque chose afin qu’elle cesse, cette guerre crée par une bande de crétins et de fous furieux. 

     - Je fais déjà quelque chose... et toi?

     - C’est pour cela que je suis ici. J’espère trouver...

     - Je sais auprès de qui tu cherches. Malheureusement, le fumeur de players n’a rien en ce moment. Surtout pour les Italiens et les Italiennes qui on craché sur leur propre pays.

     - C’est faux! Comment peut-on cracher sur une nation que l’on ne reconnaît plus? Et puis, je possède maintenant le bon passeport, le vrai... le rouge à croix blanche...

     - Il n’a rien, je te répète! Mais moi, j’aurais une tâche fort bien rémunérée pour ton époux.

     - Vraiment?

     - Vraiment!

     - Parce qu’il est suisse et neutre?

     - Non, parce qu’il est honnête et sérieux.

     - Alors, accouche Georges!

     - Il s’agirait de tenir la comptabilité d’un  bateau espion qui navigue sous pavillon panaméen et qui transporte de la nitroglycérine pour les alliés, actuellement amarré non loin de mon quai...

     - Amarré,  arrimé, accosté ou amariné?

     - A quoi tu joues, Noussy? Tu as l’intention  de me réapprendre le vocabulaire maritime, à moi qui suis le chef des dockers pour l’Amercican Export Lines?

     - Oh pardon!

     - C’est une proposition sérieuse, donc j’exige une réponse rapide et sérieuse de la part de ton cher et tendre. Avant notre traditionnelle partie de cartes de ce soir. OK?

     - OK, saint Georges!...

    Natalina et Georges Syriani, Hank Vogel.jpg

    Nataliana et Georges Syriani.

    American Exxport Line, Hank Vogel.jpg

    Américan Export Lines

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  • À Esined et aux autres... (extraits, 3 à suivre)

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      Эсинеду и другим, Хaнк Вогель.jpgLes femmes qui ont cru en moi ont vite été désillusionnées. Mais celles en qui j'ai cru ont toutes fait un bout de chemin avec moi.

     Moralité, pour une femme: il est plus certain de croire en Dieu qu'en l'homme.

     Moralité, pour un homme: il est plus certain de croire en la femme qu'en Dieu.

    ...

     La femme est le plus sacré des temples où, malheureusement, les cultes et les prières sont quasi inexistants.

     L'être humain, donne-t-il plus d'importance à des dieux imaginaires qu'au berceau de l'humanité?

    ***

     Женщины, которые верили в меня, вскоре разочаровались. Но те, в кого я верил, прошли со мной долгий путь.

      Мораль, для женщины: верить в Бога вернее, чем в мужчину.

      Мораль для мужчины: верить в женщин вернее, чем в Бога.

    ...

     Женщины это самый священный из храмов, где, к сожалению, поклонение и молитва практически отсутствуют.

     Неужели люди придают большее значение воображаемым богам, чем колыбели человечества?

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  • À Esined et aux autres... (extrait, 2 à suivre)

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     À Esined et aux autres, Hank Vogel.jpgIl n'y a que deux catégories d'hommes sur terre, je pensais, hier dans ma jeunesse. La première: ceux qui aiment les femmes, parfois trop. La seconde: ceux qui les respectent,  souvent plus ou moins.

     Aujourd'hui dans ma vieillesse, à tête reposée, j'estime qu'il serait très difficile et arbitraire d'élaborer la moindre classification sur la gent masculine vu l'arrivée sur le marché des robots, capables du pire comme du meilleur, et du troisième sexe, à cheval entre le mâle et la femelle.

     Mais, par faiblesse ou nostalgie, je songe quelque fois à la première (catégorie), à laquelle je crois appartenir, et ce afin de rassurer ma conscience ou d'apaiser ma culpabilité passagère.

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  • À Esined et aux autres... (extrait, 1 à suivre)

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     À Esined et aux autres, Hank Vogel.jpgIl y a fort longtemps, je me rendis chez un psy et lui demandai:

     - Docteur, j'ai toujours adoré le désert, les îles et les Suédoises... pourriez-vous me l'expliquer?

     - Tout s'explique avec le temps, mon cher patient, me répondit-il. Sauf peut-être le pourquoi d'une comète qui traverse notre ciel, comme une folle et sans laisser la moindre trace, la moindre adresse. Et encore!...

     - Mais j'aime aussi les Nubiennes.

     - Pourquoi selon vous?

     - Parce qu'elles me font penser à des Suédoises peintes en noir.

     Le psychiatre me dévisagea bizarrement pendant une bonne minute puis il me conseilla:

     - Allez voir plutôt: soit un autre spécialiste moins pressé que moi, soit un éditeur qui se la coule douce. L'un des deux trouva sûrement le moyen pour vous rendre heureux.

     Jamais de la vie! me dis-je sur le moment. Je n' irai ni chez l'un, ni chez l'autre. Car tous les deux se font du fric grâce ou à cause des histoires des autres.

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  • On nous observe (38, fin)

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     On nous observe, Hank Vogel.jpgC’est le grand soir! Non, ce n’est pas un copier-coller de celui issu de la fameuse mythologie libertaire où bien des rêves furent avortés mais l’original d’un départ pour un mode de vie tout nouveau.

     J’ai convié Zita, chez maman et papa. Au souper, pour les faux imitateurs de Tell; au dîner pour les vrais enfants de la révolution française. Une révolution chaotique et sanglante qui dura, à mon avis, jusqu’au 10 septembre 1977,  jour où l’on décida de jeter la guillotine, inventée avec l’aide du diable par Joseph-Ignace Guillotin, à la poubelle, crée proprement par Eugène René Poubelle, après avoir guillotiné Hamida Djandoubi, Tunisien, unijambiste, proxénète, tortionnaire et meurtrier. 

     Mes parents n’y comprennent plus rien! Ils sont comme paralysés. Forcément, une concierge à leur ma table, ça fait désordre, archi désordre, quasi anticonstitutionnel. 

     Après les nombreuses tentatives afin de dissiper la lourde atmosphère, de part et d’autre, et les longs silences qui n’ont rien à voir avec ceux que j’adore mais qui ont plutôt tout à voir avec des bombes à retardements non minutées, plus prêtes à échouer qu’à exploser, bourgeoise oblige, je décide de prendre le taureau par les cornes.

     Ainsi:

     Au moment du café arrosé, je frappe du poing sur la table et j’annonce à mes procréateurs:

     - Zita et moi, nous allons nous marier.  A la mairie seulement. Dans la stricte intimité. Pas de cravate ni de robe particulière.  Donc: point de buffet pour les pique-assiettes et les mauvaises langues qui courent les rues dans cette ville calviniste... Afin d’effacer à jamais vos inquiétudes quasi tatouées sur vos visages, concernant l’éducation et le sang qui coule dans les veines de ma bien aimée, en voici les remèdes miracles!

     Zita prend le relai:

     - Merci Faroukini, mon tendre amour... Je suis veuve. Feu mon mari est mort d’une balle perdue, en Afghanistan. Désormais, historiquement, il fait partie des 53 soldats italiens qui ont perdu la vie chez les Talibans, laissant derrières eux femmes et enfants. Et maîtresses, connaissant bien la mentalité de ma race. Et ce au nom d’une démocratie tant souhaitée par les marchands d’armes. Bref, passant du cauchemar au rêve idyllique! Mon arrière-grand-mère, séparée de moi de nombreuses générations hélas, était une mécène très instruite qui a servi de modèle au plus grand génie de histoire de l’humanité: Leonardo da Vinci.

     - Je croyais que c’était Albert, s’exclame ma mère.

     - Tu avais tort, réplique furieusement mon père... Mileva est passée inaperçue comme Anna au profit de Lech... combien de fois encore faut-il te le répéter?

     - Ça va, ça va!...

     - Eh bien! Tu me surprends, Papa, dis-je avec un sourire moqueur. Depuis quand prends-tu la défense des femmes oubliées et battues?...

     Zita me coupe la parole en poursuivant:

     - Ô Cecilia Gallerani!...  On a brodé sur sa vie sentimentale plein de petites saloperies mais heureusement pas autant que sur celle de la Grande Catherine. J’ai même entendu des choses étranges sur la Mère Theresa, que je préfère ne garder que pour moi. Ceci dit, en guise de prélude, je vous signale,  mes chers futurs beaux-parents, qu’à partir d’aujourd’hui, Farouk et moi, nous ne révélerons plus jamais à qui que ce soit le moindre indice de vérité trouvé au fond d’un tiroir, sur l'étagère d'une bibliothèque ou entre les  lignes d’une œuvre littéraire.

     - Ça signifie quoi tout ça? chuchote ma mère à mon père.

     - C’est une façon plus élégante de justifier leur désir de liberté, explique en sourdine le vieux à sa vieille.

     - Mais! j’interviens... Oui, mais! A la seule condition que l’héritage qui m’est destiné nous soit versé à la veille de notre mariage.

     - Quel héritage? s’étonne ma mère. Nous ne sommes pas riches, nous vivons sobrement.

     - En apparence, j’ajoute... Le coffre bancaire de Papa est bourré de liasses de billets de mille. Qui risquent de disparaître à jamais en cas d’un sérieux bouleversement politique...

     - C’est vrai ça? demande ma mère à mon père, à deux doigts de tomber en syncope.

     L’homme d’affaires bancaires, douteuses mais légales vu les lois helvétiques en vigueur, hoche la tête en signe d’affirmation puis il s’adresse à moi, d’un ton totalement inclassable:

     - OK! Je suis prêt de te céder aujourd’hui même, de vous céder pardon, pour votre avenir et pour celui de mes futurs petits-enfants, les deux tiers de mes économies... mais avant tout, cher fiston, réponds-moi franchement, honnêtement, dans la mesure du possible bien entendu, par qui ou par quel moyen as-tu pris connaissance de ma fortune et comment vas-tu gérer la part qui te sera remise:

     Je respire un bon coup et je me lance:

     - Si je divulgue ma source de renseignements, j’en perds le contrôle. Mais sache, mon cher Papa, quoi qu’il en soit, nous sommes tous espionnés du matin au soir et du soir au matin. On nous observe! Qui? Dieu, les anges, l’église, les amis, les voisins, les collègues, la police, l’état, les partis politiques, les fabricants de produits pharmaceutiques, cosmétiques et ménagers, les commerçants tous azimuts... de biais, de face, par derrière, via les caméras cachées, l’ordinateur et le portable. Et bientôt via une puce électronique injectée lors d’une vaccination. Le monde est devenu fou et afin qu’il ne le devienne pas davantage, j’ai décidé de ne plus jamais perdre mon temps  à chercher un boulot exceptionnel, ni de bosser pour quelqu’un à prix d’or, mais, pour ne pas rester toute la journée les bras croisés, je veux bien créer ma propre entreprise: une télé-école ou école à distance, par exemple, gratuite ou semi-gratuite. Pour deux raisons. La première, c’est pour ne plus devoir croiser, quotidiennement  sur mon chemin, les gueules de travers et ceux qui portent Soeur Tristesse sur leurs épaules. La deuxième, pour éviter de polluer davantage la planète. Car le travailleur avant le consommateur est un pollueur par excellence. Il pollue dès le matin en prenant sa moto, sa voiture ou l’autobus pour se rendre à son lieu de travail... Oui, les transports, publics et privés, à essence et à gaz, les centrales électriques, les usines et les vaches polluent énormément. C’est pourquoi, si la Suisse veut faire un remarquable geste et un véritable pas en avant du point de vue écologique, il faudrait qu’elle remplace la race bovine par celle des moutons. Passant ainsi de la bouse qui pollue l’air à la pétole qui enrichit le sol.  A prouver scientifiquement, bien entendu!

     Et je bêle. 

     On rit, on applaudit et on s’embrasse.

     ***

     La nuit, avant de nous endormir, Zita me demande, un peu gênée:

     - C’est quoi, c’est qui cette source qui te renseigne?

     - Ce n’est personne, c’était du bluff, comme dans une partie de poker, je lui réponds avec le sourire.  Ou peut-êtes...

     - Peut-être?

     - Mon père a dû se souvenir que j’avais joué avec ses premières liasses de mille, à la banque, quand j’avais deux ou trois ans. C’était notre unique secret. Mais il a dû penser aussi que j’avais effacé de ma mémoire cet épisode hors du commun de mon enfance. D’où sa question détournée. Non sans risque, j’en conviens. Pour me tester, probablement. Suis-je un être loyal ou un tartuffe?... Tu sais, les Fuck se comportent souvent de manière non conventionnelle entre eux. On dirait que notre nom de famille a une influence merdique sur notre mental.  Alors vivement que j'endosse le tien! Déjà pour ça et pour affronter, la tête haute, les Amerloques, les Anglouzes, les anglophones et les snobinards d’anglophiles...

     - On peut faire ça au pays des conservateurs?

     - Bien sûr! Le contraire serait une insulte à la femme... Le temps du patriarcat est mort et enterré, ma toute belle!

    Mileva Maric-Einstein.jpg

    Mileva Einstein (cliquez sur la photo)

    Anna Walentynowicz.jpg

    Anna Walentynowicz (cloquez sur la photo)

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  • On nous obserse (37, à suivre)

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     On nous observe, Hank Vogel.jpgQuoi agencer, quoi bouleverser ou quoi inventer afin que mon père cesse de prendre sa vilaine vessie pour une splendide lanterne magique, faiseuse de miracles? je me demande plusieurs fois, dans l’ordre et le désordre... Déjà, le vieux zèbre, à force de galoper comme une gazelle, a fini par se faire repérer par la première lionne de sa mainmise et de l’empire britannique. Vraie ou fausse, ma demi-sœur et sa mère ne me faucheront pas le pactole qui m’est destiné!

     Ne trouvant aucune solution, sans virgule ni point d’interrogation, soit parfaitement concluante, à ce problème, je cours chez Zita et j’étale tout sur le tapis. Je lui dévoile toutes mes préoccupations et tous les secrets des Fuck, ma propre famille.

     Et, après m’avoir écouté avec beaucoup d’attention, la belle Lucquoise me dit:

     - Sois inventif au plus haut degré! 

     - Tu me l’as déjà suggéré dans les escaliers, je lui fais remarquer... C’est facile à dire.

     - Qui veut vraiment peut vraiment?

     - Comment?

     - Ton cher paternel ne garde-t-il pas dans son coffre quelques anciennes peintures florentines ou d’ailleurs et ne porte-t-il pas une affection toute particulière pour Leonardo da Vinci?

     - Oui, effectivement... Quel rapport?... 

     - Alors raconte-lui que ta promise n’est autre qu’une descendante de Cecilia Gallerani et il ne se sentira plus pisser. Puisqu’il tient  tellement à sa vessie... 

     - Cecilia, la Dame à l'hermine? 

     - Parfaitement.

     - Mais... mais... il voudra la connaître.

     - Aucun problème.

     - Tu la connais?

     - En chair et en os.

     - Et si... et si... non, je ne peux pas faire ça à celle que j’aime.

     - Je la connais?

     - En chair et en os.

     - C’est qui?

     Sur-le-champ, je savoure à nouveau cette réflexion:

     J’adore ces moments où rien ne se passe ou presque. Mais où tout se prépare. Pour attaquer ou déguerpir.

     Et un ange, imaginaire ou réel, me chuchote à l’oreille, la gauche, moins bouchée que la droite:

     - Maintenant ou jamais. 

     - C’est qui? répète Zita.

      - C’est toi.

     - Vraiment?

     - En chair et en os.

     - Alors la descendante de Cécilia, c’est également moi.

     Ainsi, ainsi... ainsi soit-il! Toutes les étoiles du firmament ne sont pas assez nombreuses pour rivaliser avec la joie qui brille dans mes yeux...

    Cecilia Gallerani.jpg

    Cecilia Gallerani (pour plus d'informations, cliquez sur l'image)

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  • On nous observe (36, à suivre)

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     On nous observe, Hank Vogel.jpg- Pour m’annoncer en plus une étrange nouvelle...

     Mais, séance tenante, le visage de mon père se fige. Pour un bon moment. Tel un arrêt sur image, enrichirait avec exaltation un obsédé du cinéma. De trois secondes, pour rester dans son style. 

     Un parent qui dévoile droit dans les yeux  et la tête froide sa vie amoureuse à ses enfants relève de la science-fiction ou du miracle, me dis-je. Soit il s’est drogué soit on l’a drogué, le vieil infidèle.

     Le narrateur malgré lui, bloqué par la complexité de son récit, vraisemblablement, revient à lui et me déclare tout sèchement:

     - Tu as une sœur!

     Et, par réflexe de fils unique, convaincu et gâté, je conteste:

     - Impossible!... Et Maman est au courant de ça?

     Un inhabituel oui s’échappe rapidement de sa bouche. Ressemblant étrangement à la fois à un miaulement et à un aboiement.

      Subitement, j'ai la désagréable impression d’avoir conversé avec à un bizarre inconnu.

     Et, du coup, une pensée farfelue embrouille davantage mon esprit. Soit:

     L’homme aurait-il une âme proche du chien et de la chatte et la femme, de la chienne et du chat?

     - Alors pourquoi j’ai dû fermer la porte? je lui demande.

     - Bonne question, me répond-t-il tout décontracté. 

     - Donc?

     - Donc quoi?

     - Ouvre-la!

     Et voilà que le renard sort de sa tanière et m’explique avec un profond sérieux, digne d’un professeur universitaire, d’une faculté sans faille encore mieux:

     - Chez moi, tout signifie, ne représente que l’essentiel. Les détailles ne concernent  nullement ceux et celles qui ont tendance à en fabriquer des montages. Et ta mère, comme toutes les personnes de son genre, trop sensibles voire naïves, est une spécialise de ce type d’exercice, d’évaluation...   En quelque sorte, pareil à l’information destinée au grand public. Pourquoi réveiller un volcan quand il dort si bien! Et puis... ai-je le droit de compromettre les bases de mes biens sentimentaux afin que l’on puisse enfin mettre au net une page brouillon de mes années de jeunesse? Non, non et non! Ceci dit, passant aux choses sérieuses... Veux-tu savoir qui sait? Ou préfères-tu attendre les résultats des tests ADN, grâce à un cheveu blond, t’appartenant sans aucun doute, et à un autre cheveux d’une couleur bizarroïde, appartenant à ta présumée sœur probablement, trouvés sur ton éternel blouson le même jour?... 

     - C’est quoi encore ça? je m’inquiète... Zita serait ma sœur?

     - Bien sûr que non, fiston! s’exclame-t-il en riant à moitié. Comment peux-tu confondre les torchons avec les serviettes?...

     - Et si je te disais... non, rien... chaque chose en temps. Et rira bien qui rira le dernier. Bref! Alors, c’est qui ou éventuellement qui?

     - Ta psy.

     Je me tords de rire.

     Puis, je me lève prudemment et, en partant tout chargé de courbatures, je conseille à mon père:

     - Cesse de regarder la télé, surtout les séries de retrouvailles, ça rendrait les téléspectateurs plus réels que réels, paraît-il.

     - C-à-d?

     - Supraréalistes ou surréalistes à l’excès...

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  • Regards (extraits, 18 à suivre)

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     Regards Hank Vogel.jpgUne information non vérifiée n'est qu'une rumeur de commère.

     Et les ragots pullulent dans la presse. Surtout quand cette dernière est accro aux premières. Et je passe outre les journaux et les sites journalistiques qui sont sous tutelle!

    ...

     Je n'ai jamais porté le moindre regard critique sur un pays où je n'ai jamais mis les pieds. Sauf certaines nuits quand le diable s'était faufile dans mes rêves.

     Ainsi, malgré moi et en dépit d'elle, la Suisse a souvent servi de paillasson à mes souliers crottés. Ne dit-on pas avec désinvolture qui aime bien châtie bien?

    ...

     Telle une police corrompue et fière d'elle-même qui, faute de preuves, s'acharne sur un bouc émissaire, l'homme de la rue crache sur les vitrines des magasins destinés aux bien lotis.

     La rage, engendrée par un excès certain d'injustice ou d'impuissance, nous pousse souvent à commettre des actes monstrueux voire parfois totalement illogiques.

     Mais cette rage, ne serait-elle pas la face cachée de la peur où tous les démons de notre âme réunis ont désigné leur champion, leur héros?

    ...

     Le citoyen du monde existe-t-il? Non, il n'y a que des pékins sur cette terre, à Pékin comme à Rome.

     Si Dieu créa l'homme à son image, donc libre et maître de lui-même, alors la société ne s'est pas gênée pour le rendre esclave. Ou, avec un zeste de tolérance, l'a forgé à ses propres principes. (Société: parents, famille, école, religion, régime...)

    Et les sociétés sont si nombreuses et contradictoires que le voyageur infatigable perd souvent le nord.

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  • On nous observe (35, à suivre)

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     On nous observe, Hank Vogel.jpg- C’est de l’histoire ancienne tout cela... J’en étais où? Avec ton goût prononcé pour la critique, j’ai perdu le fil... Ah oui! Il a su si bien mettre en valeur sa petite chérie que j’en suis follement tombé amoureux, d’elle bien entendu.

     - Si moi, j’ai un goût prononcé pour la critique alors lui, il a ou il avait un fort appétit pour la transparence.

     - Je ne te le fais pas dire! 

     - Est-ce un bien ou un mal, selon toi?

     - A mon avis, la transparence ne doit jamais mettre à nu la vie privée des gens.

     - Pourtant, tu en as chichement profité, non?

     - Si... et lui, il a tout perdu.

     - Tu regrettes?

     - A cause de lui, je suis entré dans une histoire pas possible.

     - Sois clair! Tu viens de sous-entendre le contraire.

     - C’est compliqué... Quand Denyse habitait encore chez ses parents et moi chez mémé et pépé, notre relation amoureuse allait pour le mieux mais trois jours après que nous avions emménagé ensemble et que j’avais eu sans doute la stupide idée de me moquer de lui, son ex jules, tout est parti en vrille... Et un beau soir, en rentrant du boulot, je me suis trouvé tout seul comme un con dans un immense appartement à moitié vide à devoir m’occuper de sa chienne, son chat et ses perruches... Quel choc! Ses affaires n’étaient plus là, à part ses bestioles en guise de remerciements probablement... La princesse s’était volatilisée. A jamais! Pas un mot d’adieu sur un quelconque morceau de papier, ni la moindre trace, rien...

     - Une jeune fille éduquée à l’anglaise ne pouvait pas filer autrement qu’à l’anglaise, je précise ironiquement. 

      - Et voici que quarante années plus tard, poursuit-il, absolument indifférent à ma plaisanterie mais totalement absorbé par son souvenir envoûtant, elle se pointe toute exaltée à ma pause de midi, à la cantine de mon entreprise, pendant que j’étais en train de lire tranquillement ton soi-disant bréviaire... elle me l’arrache des mains, le feuillette brièvement et part en courant et en criant comme une folle: je te le rendrai dans une semaine, même endroit, même heure... Je n’ai jamais vécu un tel spectacle. Tu t’imagines les tronches de mes collègues?...

     - Les annotations, c’était donc elle?

     - Qui d’autre!

     - Et?... Elle a tenu sa promesse? 

     - Oui mais... Oui mais!...

     - Oui mais?

     - Pour m’annoncer en plus une étrange nouvelle...   

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  • Regards (extraits, 17 à suivre)

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     Regards Hank Vogel.jpgUn médecin qui préfère écouter d'abord la pharmacienne du coin ensuite son patient n'est pas un médecin mais un sorcier qui flirte avec une marchande de drogues.

    ...

     Un médecin qui fume comme un pompier et qui boit comme trou est un médecin suicidaire. Heureusement, je n'en ai connu que deux dans ma vie.

    ...

     Lors de ma première visite chez un médecin débutant, pourtant ami d'adolescence et fils de pasteur, j'ai raconté à mon éventuel sauveur que chaque fois que je vais chez le coiffeur et qui me coupe les cheveux un peu trop court, mes yeux se mettent à gonfler une heure plus tard;  le bougre m'a aussitôt ri au nez.

     Alors, en sortant de son cabinet, je me suis demandé: le jour de mon dernier soupir, me sourira-t-il aussi comme un benêt? Et je ne suis plus jamais retourné chez lui. Ni chez le coiffeur, d'ailleurs.

     Mais, heureusement, sur le chemin de la providence, j'ai croisé une Sibérienne, à moitié sorcière, qui n'avait pas froid aux yeux... et qui n'avait pas un poil dans la main.

    ...

     Là où je séjourne actuellement, mon médecin et sa remplaçante m'ont fortement déconseillé de me faire vacciner. Car ils doutent sérieusement de l'efficacité du vaccin fabriqué par une société proche du pouvoir.

     Que faire? Retourner en Suisse, pays soi-disant incorruptible, et sonner à la porte du fils du pasteur ou à celle du rigolo qui lèche les bottes de la pharmacienne du coin?

     Ou me rende tout simplement au premier poste de police, également en Suisse, et de supplier les cervelles-en-béton présentes de me mettre en taule avant qu'un tribunal  arbitraire ne me juge de criminel de guerre bactériologique et ne m'exécute sur le champ?

     Le monde est devenu si fou que même la morale et la liberté ne savent plus sur quel pied danser.

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  • Regards (extraits, 16 à suivre)

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     Regards Hank Vogel.jpgAprès tête de Turc, née au XIX siècle, voici qu'une nouvelle expression vient de voir le jour dans la bible des expressions: cervelle-en-béton, pour désigner une personne ou une autorité politique manquant totalement de psychologie.

    Origine: en l'an de disgrâce 2021, à Zermatt, en Suisse,  suite au refus d'un restaurateur de réclamer systématiquement à ses clients, tel un gendarme ou un douanier, le certificat Covid-19, la police valaisanne déposa des blocs en béton devant son auberge afin d'en bloquer l'accès.

     Hygiène oblige! A vérifier en l'an de grâce...

     Une légende fabuleuse risque de se pointer à l'horizon!

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  • On nous observe (34, à suivre)

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     Regards Hank Vogel.jpgMon père se frotte le front, hésite un instant puis m’avoue:

     - DB, Denyse Bigarrow, c’était sa petite copine, son premier amour je crois. Il m’a si bien et tellement parlé d’elle que j’ai eu envie de la séduire et... et... et...

     - Et comme tous les salauds et les salopes du monde, tu as détruit un couple pour satisfaire ta jalousie qui te rongeait l’esprit, je conclus furieusement, en frappant des mains les accoudoirs de la chaise.  

     - Attends! Ne t’en va pas, je n’ai pas fini...

     - J’espère bien! 

     - C’est que... c’est que...

     - Tu as aussi l’intention de piquer ma future femme?

     - Ne sois pas ridicule!

     - Alors quoi?

     - Avec toi, je m’attends à tout. Tu es pire que les Anglais mais heureusement plus démonstratif  qu’eux.

     - C’est normal, je ne suis pas un sujet de Sa Majesté... Au vingtième-et-unième siècle! Il faut être british ou taré pour croire encore à de pareilles choses... Ah! Je commence à comprendre... Oui, c’est ça...

     - Comprendre quoi?

     - Denyse était anglouze.

     - Sois respectueux envers les Anglais.

     - Et eux, l’ont-ils toujours été avec les autres? Ils ont asservi des populations entières sans le moindre scrupule, au nom de leur empire qui refusait de se coucher...      

     - C’est de l’histoire ancienne tout cela...

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  • On nous observe (33, à suivre)

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     On nous observe, Hank Vogel.jpg- Que veux-tu savoir, fiston? me demande-t-il, le regard de chien battu ou plutôt, plus humainement, l’attention d’un Viking qui a échoué chez les Helvètes après une sacrée bastonnade chez les Celtes.

     - Tout.

     - Sur quoi?

     - Sur tout.

     - Je ne suis ni  Bor, ni Odin, ni Thor...

     - Laisse les dieux de la mythologie nordique là où ils sont. Ils ont fait leur temps comme le feront ceux que l’on ne cesse pas d’implorer de nos jours.

     - Serais-tu devenu athée?

     - Ne serpente pas, papa! 

     - C’est-dire?

     - Tu ne changeras jamais... Tenter constamment de dévier la conversation, c’est vraiment ta spécialité. Pourquoi tu ne t’es jamais inscrit sur une liste électorale? Tu as pourtant tout du parfait élu que le peuple réclame mais qui se trompe chaque fois...

     - Et toi maintenant? Tu tartines avec du beurre ou avec de la margarine?

     - En effet! Je te demande pardon...

     - Que veux-tu savoir exactement? Pourquoi et à qui j’ai prêté ton bouquin sans t’en demander l’autorisation?

     - Oui!

     - DB, les annotations et tout le reste?

     - S’il te plaît!

     - Parfait!... Tout d’abord, ferme la porte et installe-toi derrière mon bureau et je ferai les cents pas au cas où... 

     J’exécute rapidement ses ordres, sans la moindre hésitation, tel un soldat fou de Dieu prêt à se jeter dans les flammes de l’enfer afin d’accéder au paradis.

     Le Suisse par procuration tourne sept fois sa langue dans sa bouche et me dit:

     - D’après un ami journaliste, l’homme de Skardou aurait l’intention de se venger. 

     - Je n’y crois pas! je m’exclame. Pour régler ses comptes ou mettre les pendules à l’heure, peut-être...

     -  En publiant sa dernière croute littéraire en français et en russe.

     - Quel est son titre?

     - Sœur Molly, mon âme sœur... ou l’inverse.

     - Et alors? Cela ne prouve rien.

     - Si... au contraire.

     - Se venger de qui, à cause de quoi?  

     - Dans notre jeunesse, nous avons connu une jeune fille pas comme les autres qui, du jour au lendemain, passa tu trottoir au couvent. Probablement trop déçue par nous.

     - Qui nous?

     - Eh bien... moi, les autres... ainsi que l’auteur de ton bouquin. 

     - Putain! j’explose...

    Soeur Molly, Hank Vogel.jpg

    Sœur Molly, mon âme sœur... à lire de préférence la tête froide et les pieds au chaud.

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  • Regards (extraits, 15)

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     Regards Hank Vogel.jpgLes personnes âgées, qui n'ont jamais manifesté ou voulu manifester durant toute leur vie, ont sans doute vieilli trop vite. En quelque sorte, elles ont sapé la plus libératrice étape de leur existence, leur propre jeunesse.

    ...

     Manifester est un droit fondamental que seul le dictateur ne reconnait pas. Et ses sbires et la populace, forcément.

    ...

     La manifestation! On peut parfois être contre son fond mais on ne doit jamais être contre sa forme. Car c'est un lieu, quasi sacré, propice aux rencontres et aux échanges.

     Bien que pouvoir et devoir sont les mamelles de notre raisonnement et chacun raisonne à sa façon.

    ...

     Odin, Thor et tous les autres dieux antiques ont fait leur temps comme le feront ceux que l'on implore de nos jours.

     En somme, tout change ou presque, seules les illusions demeurent.

    ...

     Dieu est mon casse-tête préféré, la religion mon pire casse-pied.

    ...

     L'homme dit standard, ou hétéro, est d'abord attiré par la féminité ensuite par la femelle... et en tout dernier par la femme dans toute sa globalité.

     C'est pourquoi courir derrière une femme me fait souvent penser à la course de haies. Il faut arriver le premier et ne rater aucun obstacle si l'on veut se trouver sur la plus haute marche du podium.

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  • Regards (extraits, 14)

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     Regards Hank Vogel.jpgParole d'un éternel voyageur:

     La terre est tellement ronde que j'ai de la peine à trouver un coin (idéal) pour m'y installer.

     Ceux qui pensent que la planète bleue est plate sont sans doute munis d'un cerveau qui exhale trop d'idées carrées. Ou, par malchance, ils n'ont jamais eu l'occasion d'observer l'horizon en pleine mer.

    ...

     Les voyages forme la jeunesse, dit-on. Certes! Mais à condition qu'elle ne passe pas tout son temps à fumer de l'herbe ou à chercher chaussure à son pied, même dans les régions les plus paradisiaques.

    ...

     C'est la nuit qu'apparaissent les étoiles tels de magnifiques brillants, non?

     Une Suisse sans électricité permettra certainement à quelques illuminés de se faire remarquer, qui sait!

    ...

     Le fait seul de vouloir que les juges fédéraux soient élus par tirage au sort prouve bien que la justice est trop mal considérée... ou manque tout simplement de jugeote.

     Les juges ont souvent la parole facile mais le langage compliqué, pour le commun des mortels bien entendu.

     Chaque pays a ses propres lois, ses propres juges et ses propres prisons, propres ou sales. Donc, il n'y point de pays parfait.

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  • On nous observe! (32, à suivre)

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     On nous observe, Hank Vogel.jpgHier, il y a si longtemps, pendant que la femelle humaine s’occupait de sa progéniture, du feu et de la bouffe, le mâle humain allait à la chasse, en risquant parfois sa vie en affrontant des bêtes féroces.

     Hier encore, mais il n’y pas si longtemps, pendant que la femme s’occupait des enfants, du ménage et des repas, l’homme se consacrait quasi entièrement à son travail voire à son patron, en risquant parfois sa vie en faisant trop d’heures supplémentaires.

     Aujourd’hui, dans de nombreuses régions du monde, dites civilisées ou démocratiques, ou les deux à fois, le couple se tue au boulot pour des multinationales, de plus en plus anonymes tous azimuts. Et la crèche et les services sociaux se préoccupent de leur(s) enfant(s). Pendant que d’autres, les patrons et les actionnaires, font du ski ou se bronzent au soleil, à condition que l’obnubilation du fric n’ait pas trop détérioré leurs petites et mesquines cervelles, bien entendu.

     Malheureusement, la marche arrière n’est possible que mécaniquement, dans le domaine de l’automobile.

     Donc: quoi inventer pour s’évader de ce bourbier?

     Donc, donc, donc... ma mère est son four et mon père à son moulin, plus proche du moulin à prières que celui du meunier.

     Je suis debout face de mon far dans son boudoir. C’est-à-dire: face à la gueule enfariné qui a essayé de me reproduire en mieux, mais en vain vu son l’âge, lors de la deuxième partie de sa dernière sieste coupée d’un entracte soit de tout à l’heure.

     Et je lui dis:

     - Nå eller aldri. (Maintenant ou jamais en norvégien.) ...

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