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  • Regards (extraits, 7)

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     Regards Hank Vogel.jpgLes Français ont beaucoup de chance. Pour vivre heureux et plus ou moins en bonne santé, ils ont la montagne, la mer, l'océan, les îles, les bons fromages, les excellents vins et une république qui adore le tango.

     Quant aux Suisses, ils ont probablement moins de chance que leurs voisins. Pour vivre heureux et plus ou moins en bonne santé, ils doivent se contenter de la montagne, des lacs, des délicieux chocolats, des montres précises et d'une démocratie qui stagne à droite.

    ...

     Je préfère un roi (tel le roi de Norvège, par exemple) qui va tous les jours à la pêche qu'un président qui pèche toutes les semaines.

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  • Regards (extraits, 6)

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     Après le mariage pour tous, quand voterons-nous pour le mariage multiple ou le vrai mariage pour tous? Et ce afin d'assurer en toute égalité une libido parfaite et transparente à tous les habitants mûrs de la terre. C'est-à-dire: au même titre que les monogames, les adeptes de la bigamie, de la polygamie et de la polyandrie.

     Voici la liste des pays où l'on pratique déjà la polygamie:

     Afghanistan, Algérie, Bahreïn, Bangladesh, Bénin, Birmanie, Burkina Faso, Cameroun, République Centrafricaine, Comores, Congo, Djibouti, Égypte, Émirats Arabes Unis, Gabon, Gambie, Inde, Indonésie, Irak, Iran, Jordanie, Koweït, Liban, Liberia, Libye, Malaisie, Mali, Maroc, Mauritanie, Niger, Nigeria, Oman, Ouganda, Pakistan, Qatar, Sénégal, Sierra Leone, Somalie, Soudan, Syrie, Tanzanie, Tchad, Tunisie (jusqu'en 1957), Togo, Yémen, Zaïre et Zambie.

     Et voici celle des pays où l'on pratique déjà la polyandrie, parfois d'une façon surprenante:

     Chine (tribu des Moso), Népal (tribu des Tre-Bas), Paraguay (tribu Arche), République Démocratique du Congo (tribu des Bashilélé) et Venezuela (tribu des Bari).  En somme, que dans ces tribus!

     Quelle  mauvaise surprise! crierait une féministe pure et dure.

     Mais!

     Ce qui m'oblige à croire aussi que l'égalité entre les hommes et les femmes bat tous les records de médiocrité dans le monde.

    800px-Mosuo_woman_near_Lugu_Lake.jpg

    Femme Moso (pour plus d'infos, cliquez sur la photo)

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  • Regards (extraits, 5)

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     Regards Hank Vogel.jpgTous les jours ou presque, je suis un autre homme mais qui se comporte toujours comme un singe. L'inverse me conviendrait peut-être mieux.

    ...

     Nous adorons tous donner des leçons de morales mais nous détestons en recevoir.

     Avons-nous lu trop de livres saints croyant qu'ils étaient tous vraiment sains?

    ...

     Une petite fessée évoque chez moi une remontrance, non physique forcément, que l'on adresse à un enfant maladroit ou impoli, malgré lui souvent.

    Par contre, la fessée toute nue, permettez-moi cette expression, m'évoque le viol et une grande lâcheté.

    La fessée, comme la lapidation, est un crime que seul un esprit dérangé est capable de commettre...

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  • Regards (extraits, 4)

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     Regards Hank Vogel.jpgNous sommes tous un étranger, voire un extraterrestre, pour quelqu'un.

     Il n'y a pas si longtemps, un fillette russe, m'entendant parler en français, demanda à ma chère épouse de quelle planète je venais. Cela m'a énormément fait sourire.

    ...

     Hier, en Égypte, je parlais l'italien avec ma mère, le français avec mon père et l'arabe avec ma petite copine, la fille du portier, ainsi qu'avec les femmes de ménage. Et, souvent, je jonglais maladroitement d'une langue à l'autre.

     Aujourd'hui, en Russie, je parle sereinement le français avec ma tendre épouse mais très confusément le russe avec ma belle-famille et les gens de la rue.

     Demain, dans l'Au-delà, parlerai-je parfaitement la langue des esprits et ce sans devoir me demander chaque fois à quel démon je m'adresse?

    ...

     A méditer:

     Quand les dictateurs en herbe et les apprentis sorciers jouent ensemble à saute-mouton, tout va de travers dans les pays dits démocratiques à l'ère du numérique.

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  • Regards (extraits, 3)

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     Regards Hank Vogel.jpgJ'ai l'impression que grâce à l'art l'homme s'approche divinement de la femme et à cause de la religion il s'en éloigne diaboliquement.

     Pour preuve: les lieux où l'on peint et les lieux où l'on prie, pas tous bien entendu. Dans les premiers, la femme est souvent mise sur un piédestal; dans les seconds, l'homme et la femme sont honteusement séparés. Pas tous bien entendu! Désolé pour la redondance.

    ...

     J'ai entendu, dans un film, une femme africaine dire des hommes africains:

    - Ils ont tous leur cerveau au bout de leur queue.

     Dans la réalité, je serais intervenu en lui demandant:

    - Et que diriez des Européens, chère Madame? Croyez-vous vraiment qu'ils raisonnent autrement?

    ...

     Avant de devenir un mari presque parfait, je fus un jeune homme trahi par son premier amour, un coureur de jupons sans gène et un époux infidèle sans pitié.

    En somme, j'étais une bête blessée et blessante avant de devenir un homme...

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  • Regards (extraits, 2)

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     Regards Hank Vogel.jpgLes sommets et  les conférences, dits historiques, coûtent souvent très cher aux gens de la rue.

     Le sommet de Biden-Poutine, à Genève en juin 2021, aurait couté plus de cinq millions de francs au peuple helvétique. Une bagatelle pour les politiciens.

     La conférence de Yalta, en février 1945, avec Joseph Staline, Winston Churchill et Franklin Roosevelt, (Charles de Gaule: absent ou plutôt évincé par l'amerloque; le Grand Charles se vengera plus tard en faisant bannir le whisky des buffets de l’Elysée.) a couté plus de quarante années de répression communiste aux populations de l'Europe de l'Est.

     Inquiétants ces conciliabules entre chefs, non?...

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  • On nous observe! (27, à suivre)

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     On nous observe, Hank Vogel.jpgZita entre en coup de vent dans ma chambre, d’hôpital évidemment, et me jette mes vêtements à la figure en me criant dessus:

     - Debout révolutionnaire de mes deux,  enfile vite tes fringues de pédé!

     - Eh! Oh! Tu n’as pas remarqué que j’étais en train lire? je lui demande, choqué par son comportement ordinaire et brutale mais également surpris par sa promptitude.

     - Et alors?... Tu pensais pas que je n’arriverais pas de sitôt, n’est-ce pas?

     - En effet, peut-être...

     - Allons, oust! Hors du lit! Un taxi nous attend.

     - Pour aller où?

     - Au tribunal.

     - Que s’est-il passé? Vraiment, au tribunal?

     - Mais non, chez toi, imbécile! Tes vieux t’attendent.

     - Merde alors! 

     Dans le taxi, curieusement, Zita se serre contre moi et me dit d’un air convaincu et convaincant:

     - Ton manque  de respect voire d’affection envers tes parents, je comprends ça. Surtout ta petite haine à l’égard de ton paternel.  

     - Ça se voit autant que ça? je lui demande, fort étonné de son assurance et sa franchise.

     Elle ne donne pas suite à ma question,  elle poursuit sa critique comme de rien n’était:

     - Je sais, c’est quelqu’un de très à cheval sur les principes, pour ceux qui n’ont pas les yeux en face des trous, mais prêt à tout pour satisfaire son ego et sa libido.

     - Et toi?  

     Elle sourit puis elle me répond avec une mélancolie teintée d’ironie:

     - A l’opposé de lui, l’être le plus cher au monde m’a appris les vraies bonnes manières et m’a fait découvrir tant de belles choses. Malheureusement, il est mort trop tôt, à la guerre, pour une patrie fantôme. Mais, avant d’aller vérifier si le paradis existe toujours, il a eu le temps de me livrer son plus grand secret: comment appréhender l’enfer ici-bas sans devoir en subir les conséquences.

     - C’est-à-dire?

     - L’art d’observer!

     - Comment?

     - Il n’ y a point de comment ni de pourquoi lorsque l’observateur et l’être ou l’objet observé ne font qu’un. Dans l’absolu, la réalité est toute autre. Claire, Limpide, sans aucune dualité. Mais dans celle où nous vivotons quotidiennement, nous nous observons constamment sans chercher à mettre fin réellement à nos mutuels conflits. Je t’observe, tu m’observes, ils s’observent l’un l’autre, les uns les autres... avant... avant...

     - Avant quoi?

     - De nous entre-tuer ou de coucher ensemble. Au propre comme au figuré.

     - Pas forcément.

     - Comment ça?... Si tu as une déclaration à me faire...

     Mais à cet instant, fatidique ou pas, comme dans un film à l’eau de rose et à suspens, la voiture s’arrête soudainement et le chauffeur, sourd et muet durant tout le trajet, jubile en criant presque:

     - Nous sommes arrivés, les amoureux!...

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  • On nous observe! (26, à suivre)

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     On nous observe, Hank Vogel.jpgEnfin L’homme de Skardou en ligne droite, je rumine, soulagé tel un séminariste de longue date qui croit découvrir les évangiles pour la première fois.

     Bizarrement, les livres saints, même peu chargés de charité et de bonté divine, ont tendance à nous transformer en de petits agneaux avec une très faible mémoire.

     Je sonne à la porte. La porte s’ouvre. Une femme est là. Je la connais, forcément. Non, heureusement, je la reconnais. Car quelqu’un d’autre aurait pu être à sa place. Avec le temps... Après toutes ces années. Loin d’elle. Sans elle. La femme est donc là mais ce n’est plus la même. Forcément, avec le temps, elle a beaucoup  changé. Elle a vieilli. Ses cheveux tout gris... Ses rides aussi... Nous avons rendez-vous? me demande-t-elle. Je ne crois pas. Non, excusez-moi, nous n’avons pas rendez. Alors, je suis désolée... Elle pousse la porte en ma direction. Pour la fermer. Je retiens la porte. Si, nous avons rendez-vous. Quel est votre nom? Je suis l’homme de Skardou. Je ne connais pas. Si, vous connaissez. Je ne pense pas. C’est urgent? C’est important. Très important. Elle me laisse entrer. Le décor, par contre lui, n’a pas du tout changé. Ou à peine. Un tableau en plus ou en moins. Peut-être. Je m’installe...  

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  • On nous observe! (25, à suivre)

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     On nous observe, Hank Vogel.jpgMais changeons brusquement de genre de discours! Passons du descriptif au narratif. Plus agréable à la lecture et à l’écriture. A mon avis. Les vérités se dévoilent d’elles-mêmes. Car elles transpirent de justice. Forcément. Non, probablement. 

     Encore un mot sur ma démarche d’écrivain:

     Le descriptif me plonge dans le gouffre des justifications. Par contre, le narratif, lui, me propulse loin de toute misère. Le voyage s’annonce fabuleux. Il a toutes les chances de l’être. Ou de le devenir. 

     Alors... Alors?...

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  • Regards (extraits, 1)

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     Regards Hank Vogel.jpgTout regard porte un jugement, de faible ou de forte intensité. Qu’on le veuille ou non! C’est phylo et ontogénétique.

     Essayer d’atteindre les sommets de la neutralité est une démarche bien illusoire. Seuls l’indifférent, le lâche et l’hypocrite peuvent prétendre qu’ils sont neutres.

     La Suisse n’a pas choisi la neutralité, on lui a imposé ce terrible fardeau, d’après les historiens. En d’autres termes, bien entendu. Ce qui arrange doublement les marchands de canons et la droite sournoise.

     ***

     Vivre en harmonie avec sa mère et sa compagne ou survivre avec sa mère et son père alcoolique et violent, que choisirait l’enfant?

     La génitrice sensée et courageuse a déjà décidé à sa place, lui assurant ainsi un avenir beaucoup plus sûr voir glorieux.

     Le parcours de Sanna Marin, plus jeune premier(e) ministre de la Finlande, en est un parfait exemple.

    Sanna Marin.jpg

    Sanna Marin (pour plus d'infos, cliquez sur la photo)

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  • On nous observe! (24, à suivre)

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     On nous observe, Hank Vogel.jpgToute vérité n’est pas bonne à dire. Voilà une vérité vieille comme le monde qui a gardé toute sa vérité. C’est pour cela que j’hésite parfois à dire clairement les choses.  A dévoiler tous mes secrets. Les vraies raisons de mes visites chez la vieille taupe de ma psyché, par exemple. Psychiatre diplômée par le plus diabolique des systèmes organisationnels: l’institution. Où les chefs ne cessent de se jeter la pierre. Amalgame de reproches et de haines inconscientes qui finira un jour par se transformer en un tas de... Que Dieu me pardonne pour mes sous-estimations! J’en veux à mort à bien des personnes. A tous ceux que j’estime être mes bourreaux. Ou avoir été mes bourreaux. Et ils sont nombreux. Trop nombreux pour une si petite planète. Réfléchissons! Qu’est-ce qu’un bourreau tout d’abord? Un bourreau, c’est un individu qui exécute de sang froid toute créature jugée indésirable par un ensemble d’individus, dont le bourreau ont fait partie forcément, qui partagent les mêmes idées et qui au nom de ces idées ont décidé une fois pour toutes d’anéantir tout porteur d’autres idées. Ensuite: ...    

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  • On nous observe! (23, à suivre)

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     On nous observe, Hank Vogel.jpgMes vieux traversent impunément mon esprit. Tels de jeunes amoureux qui visitent en coup de vent un moulin désaffecté et interdit au public pour cause de crime.

     Je me pince les lèvres. 

     Mais la fiction s’impose à mes frictions:

     J’aurais bien voulu vous dire aussi: vieille  taupe des ruines de ma psyché, lave ton cul pourri avant de te préoccuper de mon âme. Il est sale cet organe qui élimine les douceurs de l’existence si monstrueusement détruites par ton estomac. Qui es-tu pour te permettre de me dire qui je suis et qui je ne  suis pas. Dieu n’est pas foutu de le savoir et voilà que toi avec ta science engendrée par la folie et le désespoir tu prétends posséder les clés de tous mes mécanismes. Même ceux qui échappent au registre de la raison. Tu es folle, ma vieille taupe. Car tu te prends pour Dieu-le-Père dans un univers de fantômes et d’illusions. Sais-tu au moins les vraies raisons de mes visites? Non, tu n’en  sais rien. Tu crois tout savoir mais tu ne sais rien.Tu imagines. Tu rêves. Sais-tu au moins que je travaille dans le cinéma? Dans ce monde fait d’images et de sons. Où  la ou les réalités n’existent que quand fonctionne le projecteur. Projecteur! Bien sûr que ça te dit... comme tant d’autres mots que les sciences psychologiques et de l’éducation ont volé au septième art. Comme scénario, synopsis, séquence, acteur, image, film... 

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  • On nous observe! (22, à suivre)

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     On nous observe, Hank Vogel.jpgNon, un, une en particulier!

     Bonjour, Madame. J’aurais bien voulu vous dire: salut à toi, vieille taupe des ruines de mon âme ou de ma psyché...

     Du coup, je pense à rat et, de fil en aiguille, à ces souris humaines qui s’exhibent sur la toile pour satisfaire la libido des excités tels que moi. Soit à: Aubrey, Blue, Carla, Elisa, Joslyn, Lina, Molly, Monica, Natalie, Nikita, Riley, Silvia, Sophie, Taissi, Tiffany, Tracy, Vitoria... 

     Et, par crainte de souiller une fois de plus des draps étrangers et stérilisés, je replonge aussitôt dans ma lecture, autre perception des êtres et des choses:

     Je viens vers vous ou vers toi pour te faire cracher le morceau de mensonge que tu as au fond de ton estomac pourri, pourri par un système si délicatement mis en place par une bourgeoisie née aux sources de l’hypocrisie et de la peur... 

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  • On nous observe! (21, à suivre)

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     On nous observe, Hank Vogel.jpgJe pousse une porte, j’entre, c’est le paradis. Mon paradis. Fabriqué de toutes pièces. Par mon esprit. Et par le Grand Barbu, bien entendu. Vais-je pouvoir rire, rire un peu? Qui lira rira! Je l’espère. Je l’espère sincèrement.

     Il y a dans ce lieu, si généreusement étiqueté par mes soins, des hommes et des femmes de toutes les couleurs et de tous les formats. C’est-a-dire: de grands noirs et de grands blonds, de petits noirauds et de petits châtains, de grandes blondes et de grandes frisées, de petites rousses et de petites nées dans la brousse, des sveltes et des lents, des gros et des grosses, des convaincus et des vaincus...

     Il y a dans ce lieu, si généreusement étiqueté par mes soins, des hommes et des femmes de toutes les couleurs et de tous les formats. Je décide donc d’en prendre deux ou trois, au hasard, et de leur faire voir de toutes les couleurs. Comme le fait si souvent le Grand Barbu quand il décide, lui, de jouer au diable et au Bon Dieu. Deux ou trois individus comme vous et moi. C’est-à-dire: ni beaux, ni laids. Ni trop intelligents, ni trop stupides...

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  • On nous observe! (20, à suivre)

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     On nous observe, Hank Vogel.jpgLe lendemain matin, après le petit déjeuner, lors du colloque, le professeur, responsable du service auquel on m’a affecté dont j’ignore totalement ses objectifs et sa véritable utilité, faute de tout et de rien, me conseille à plusieurs reprises d’aller voir ailleurs si deux fois deux font toujours quatre, en des termes plus savants bien entendu.

     A force de répéter, on finit par se répéter... Il a chopé le tic du vieux pion, le clinicien pistonné, me dis-je, après sa charmante visite.  

     Rassuré par son état mental, plus catastrophique que le mien, et fou de joie, tel un condamné à mort gracié à la dernière seconde, je téléphone à Zita et lui demande gentiment de bien vouloir me ramener mes habits, lavés ou encore sales, afin que je puisse rentrer chez moi.

     Chose dite chose faite... non, en route! Car avec elle rien n'est certain.

     Alors, en attendant que ma concierge adorée veuille bien se pointer à l’horizon, je plonge dans les fabulations du sieur de l’Himalaya. Exactement, à partir de la page 17...

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  • On nous observe! (19, à suivre)

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     On nous observe, Hank Vogel.jpgMais comme la donzelle refuse phylogénétiquement de se considérer le jouet personnel de qui que ce soit et encore moins de l’un de ces trois enfants gâtés et impolis qui se croient tout permis, dont je fais partie, elle jette le journal éponyme de L’homme de Skardou par terre, et ce avec un flagrant mépris, et quitte la chambre en marmonnant des mots en latin et en grec ancien.

     - Les études pour devenir doctoresse obsèdent parfois les faibles en langue, ricane l’ Asiatique.

     - Je pensais qu’elle était tout sauf ça, dis-je.

     - Trop bas ou trop haut, l’estimation est plus qu’un art, plaisante l’Africain ou l’Australien pur jus.

     - Errare humanum est!

     Et tel un écolier humilié par sa maîtresse devant ses camarades de classe, je saute du lit, je ramasse rapidement mon folio non répertorié et bafoué et je me mets aussitôt à le feuilleter dans tous les sens et dans un délire hors de mes habitudes.

     - Tu cherches quoi, son numéro de téléphone? me demande mon voisin de droite.

     - Non, la clé de l’énigme, je lui réponds. Et...

     - Et?

     - Je suis sérieux. 

     - Tu t’y prends mal.

     - Comment ça?

     - Tu t’excites trop.

     - Je cherche des indices, des traces, des empreintes, une preuve, la preuve!...   

     - Serais-tu flic?

     - Jamais de la vie!

     - Pourtant tu réagis pareil... exactement comme eux.

     - Qu’est-ce qui te fait dire ça?

     - Il y a un instant, tu voulais que ta pièce à conviction soit mise au chaud et maintenant tu t’acharnes sur elle tel un commissaire revenu de vacances poussé au cul par  son supérieur...

     - Ton imagination est malsaine, chanceux rescapé! Ce n’est pas une pièce à conviction mais ma pierre de Rosette qui cache bien des secrets familiaux...

     - C’est l’hôpital qui se moque de la charité...

     - Tu persistes, vieux rabat-joie! Fais un saut dans le futur au lieu de stagner dans ta grotte, telle une stalactite qui suinte par rancune!

     - Que de sublimes compliments! Et quoi d’autre, pendant que tu y es?

     - Je ne trouve rien... La salope de Zita m’a raconté des salades.

     - Celle qui t’a fauché tous tes fringues... pour soi-disant les laver?

     - Une salope n’est forcément une voleuse. Pourquoi tu vois le mal partout? 

     - Et toi, pourquoi tu soupçonnes ton père de tromper ta mère?

     - D’où tu sors ça?

     - De sa grotte forcément, m’explique mon voisin de gauche, en souriant mi-figue mi-raisin... Sais-tu que tu parles entre deux ronflements?... Avec toi, la flicaille n’aurait pas besoin d’utiliser de sérum de vérité, une bonne sieste au mitard et le lendemain tu serais déjà cuit et farci comme un canard, prétentieux connard!...

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  • On nous observe! (18, à suivre)

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     On nous observe, Hank Vogel.jpgJe me réveille. Grâce à mes expériences sensorielles, je constate avec exactitude et un faible affolement que je me trouve presque à poil, le sexe en plein courant d’air, allongé sur un lit dans une chambre d’une clinique, des Hôpitaux Universitaires de Genève certainement. En effet, tout laisse à croire. Soit: la chemise blanche que je porte sur moi, le décor typique visité à maintes reprises et cette odeur particulière qui me rappelle à la fois le chloroforme et l’eau de Cologne. Aussitôt, je pense à une séquence d’un film ou plutôt à une scène d’un livre que je viens de lire. La même situation, les mêmes mots. Encore un coup du déjà-vécu?

     Toutes les réponses sont bonnes à avaler, en cas de soif extrême. C’est pourquoi, mieux vaut éviter d’arriver à ce stade-là.

     Je regarde à gauche: un Chinois, un Coréen ou un Japonais, un Asiatique en tout cas, dort comme une loir. Il est peut-être en train d’agoniser, qui sait! 

     Je me retourne et je regarde à droite: un Africain ou un aborigène, vu sa figure terriblement amochée, me sourit béatement.

     - Tu veux ma photo? je lui demande sèchement.

     - Pourquoi pas, si tu en a une de trop? me répond-t-il avec peine. Comme ça, je pourrais mieux parler à mes gosses du gars qui a fait rire tout le personnel hospitalier hier soir. 

     - Impossible, j’étais totalement dans les vapes ou proche des portes du paradis...

     - Pas toi mais ton nom!

     - Sûrement des anglophiles mal éduqués...

     - C’est vrai que tu t’appelles Fuck... qui veut dire merde en anglais?

     - Quelle découverte!... Baiser, niquer et  foutre aussi!...

     - Comment est-ce possible?

     - Rien n'est impossible au royaume des bourriques!... C’est à cause d’un ancêtre norvégien qui hésitait souvent entre la pêche et la chasse.

     - Tu es Scandinave?

     - Et toi, pourquoi parles-tu avec difficulté?

     - Les flics m’ont esquinté la mâchoire et défiguré comme du peux le constater.

     - Constater, constater! Je ne fais que ça depuis que je suis né.

     - Alors cesse d’observer, vieux singe!...

     - Je croyais qu’en Suisse et en France voisine, pour ne citer qu’elles, les policiers n’ont  pas le droit de frapper quelqu’un. Même quand ils ont affaire au pire des criminels de guerre et de nos jours ils sont légion...   

     - Dans les séries télévisées seulement... Où les rôles sont préfabriqués.

     - C’est-à-dire? 

     - L’état, par le biais de ces arabesques audiovisuelles,  espère influencer le public et montrer à la face du monde qu’il est à la droite du Seigneur...

     - Qui, le petit cachottier, aurait tendance à virer vers la gauche.

     - Tu as tout compris, mon frère!

     Une infirmière ou aide-soignante ou agente de nettoyage entre, un bouquin à la main.

     - A qui appartient ça? crie-t-elle en levant les bras au ciel.

     - Trop haut et trop loin pour un esclave battu et enchaîné, plaisante le présumé délinquant africain. 

     - A moi, si c’est L’homme de Skardou, j’ explique à la jeune femme. Mais je préfère   qu’on me le garde au chaud pour le moment...

     - Au chaud?

     - Qu’on le fourre délicatement dans la poche intérieure de mon blouson. 

     - Où ça?

     - Dans mon cassier, pardi!

     - Il n’y a pas de blouson dans votre casier.

     - Eh bien dans une des poches de mon pantalon. 
     
    - Il n’y pas de pantalon non plus.

     - ...

     - Il n’y a que vos basquettes et vos affaires personnelles...
     
     - Mais alors... j’ai débarqué en tenue d’Ève  dans ce bordel?

     - Soyez poli envers la charité, Monsieur!

     - Où sont donc mes vêtements?

     - Celle qui vous a sauvé du pire les aurait pris pour les laver. Une certaine Madame Zita... désolée, j’ai oublié le reste...

     - Ça alors! Elle m’en bouche un coin...

     - Je fais quoi avec finalement? m’interroge la grande jeannette en pleine action, avec un tantinet d’ironie. Je le pose froidement  près de vos chaussures ou je le glisse chaudement dans l’une d’elles?

     - Là où tu veux, ma nénette! lui répond le bridé tout énervé, en sortant brusquement de son profond sommeil... Quelle bande de bavards, ces nez longs!..

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  • On nous observe! (17, à suivre)

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     On nous observe, Hank Vogel.jpgJe suis assis tout nu sur un banc dans le vestiaire d’une école. Sans doute celui de mon collège. Mon prof de littérature et d’histoire, rabat ou bavette au cou, un pédophile patenté mais protégé, m’a demandé de sortir de la classe et je suis sorti. J’ai obéi sans la moindre objection. Par peur d’aggraver mon cas. Qu’ai-je donc fait pour mériter cela?

     Mystère et boule de gomme, me dis-je pour me rassurer.

     A un moment donné, au-delà des casiers, j’entends mes camarades réciter en cœur:

     - J’observe, tu observes, il observe, nous observons, vous observez, ils observent...

     - Le silence, j’ajoute en murmurant. Ou l’autre, les autres...

     Et ils enchainent presque aussitôt:

     - Guetter, surveiller, épier, dénoncer, fliquer, filer, ficher...

     - Filer, ficher! C’est ça la vraie raison pour laquelle on m’appelle souvent Fiti, je conclus sur le champ.

     Étrangement, depuis que j’ai lu L'interprétation des rêves de Sigmund Freud, dans ma jeune jeunesse, j’ai l’impression d’analyser mes propres songes, fruits de mes angoisses, quand je suis dans les bras de Morphée. Certainement hâtivement et maintes fois maladroitement ou faussement. Qu’importe! Le but est de soulager ma psyché vite fait sur le gaz et sans frais... 

    Sigmund_Freud,_by_Max_Halberstadt_(cropped).jpg

    Sigmund Freud (cliquez sur la photo pour des infos sur L'interprétation des rêves)

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  • On nous observe! (16, à suivre)

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     On nous observe, Hank Vogel.jpgPuis, la sérénité revenue, aléatoirement, elle se lève d’un bond et elle me lit à haute voix, en tournant les pages du fameux ouvrage, qu’elle m’a chipé et qu’elle tient dans ses mains forcément:

     - Nous sommes tous des artistes face à l’inconnu, excepté ceux qui stagnent dans leur caverne... Un âne qui brait n’arrête pas un cheval en pleine course... L’avantage d’être con, c’est que l’on ne sent pas venir les choses... Les scientifiques ont inventé les mathématiques, certes, mais il ont volé l’imagination aux poètes... On a souvent tendance à confondre méfiance et préjugé... L’amour est un jeu chargé de règles, malheureusement plus on est amoureux plus on désobéit aux règles... Au-delà des mots, il y a des maux que, ni vous ni moi, sommes capables de décrire... Si vous mettez une idée trop intelligente dans la tête d’un crétin, il y a de fortes chances que ce dernier devienne un terroriste... Jeune on est courageux mais mal informé,  vieux on est mieux informé mais le courage est parti en fumée... Adhérer à une religion, c’est   d’accepter d’avoir une épine dans le pied sans le savoir, à un mouvement politique un furoncle aux fesses... Je suis devenu intelligent non pas en lisant mais en écrivant... Denisa Bojová... Denyse Bigarrow... Que des Denise et des DB...

     - Merde alors! je m’exclame.

    - Toutes mes excuses, j'ai omis de citer la phrase que tu connais déjà, me semble-t-il!

     - D’où sors-tu tout ça?

     - D’ici et de nulle part ailleurs... C’était des annotations que j’ai effacées et bien effacés pour le compte de l’homme des bois.  

     - Qui ça?

     - Ton papounet.

     - Et tu... tu t’en souviens...

     - J’ai une mémoire d’éléphant.

     Elle me balance le bouquin à la figure et elle se rassied. 

     Je le rattrape tant bien que mal et je bafouille, en clair:

     - Cela mérite une sérieuse vérification.

     - C’est ça, c’est ça! s’énerve-t-elle. Vérifie donc!... Et quoi d’autre? Si l’amant de ces folles a aussi caressé ma petite chatte en chaleur, peut-être?

     Tout à coup, je vois flou, j’imagine des ombres cerise, pistache, azur et...

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  • On nous observe! (15, à suivre)

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     On nous observe, Hank Vogel.jpgNous nous asseyons. L’un en face l’autre, bien entendu. A côté l’un de l’autre serait prématuré, forcément. 

     Que de fantasmes lors d’un entretien! me dis-je. Sans doute la véritable nourriture spirituelle afin que nous survivions à notre médiocre quotidienneté. Hélas, trop souvent de fausses sensations nous conduisent droit au mur.

     - Ohé! s’exclame Zita. Un caméléon ne ferait pas mieux!

     - Pardon, j’étais ailleurs, dis-je. De quoi s’agit-il?

     - Des caméléonidés.

     - Vous en possédez plusieurs?

     - Un seul mais je ne le possède pas encore.

     - Je ne vous suis pas du tout.

     - Il s’agit de vous... de toi, jeune homme! Un comportementaliste animalier te dirait que tu sautes facilement du coq à l’âne. Mentalement.

     - Je...

     - Tu me suis maintenant?

     - En somme, selon vous...

     - Selon toi!

     - Selon toi, pour ne pas salir tes propos, j’ai  tendance à pirouetter. N’est-ce pas?

     - En effet. C’est ça, si l’on veut.

     L’adrénaline monte, le ton également.

     - Mais tu ne connais pas vraiment! je riposte à haute voix. A part mon nom de famille gravé sur la porte de mes tarés.

     - Alors décline ton identité! gronde-elle. Toute ton identité! Afin que je puisse mieux te capter sur mon détecteur inné. Car le prénom a souvent une forte influence sur nos faits et gestes...

     - Foutaise!... On se croirait dans un poste de police occupé par des zouaves...

     - Pourquoi pas! Ce serait amusant, non? J’adore jouer au gendarme et au voleur.

     - Tu es sérieuse?

     - Ai-je l’air de ne pas l’être?

     - Non... Vous me faites peur...

     - Tu!

     - Tu... tu...

     - Alors accouche!

     Alors, alors, alors... plus pour rire qu’autre chose, j’exécute l'ordre de ma gendarmette, sans arme ni bretelles:

     - Farouk Fusk, en chair et en os. Né le huit du huit mil neuf cent quatre-vingt-huit à Genève. Mes parents sont suisses de père en fils et de mère en fille. Mais probablement d’origine scandinave... En effet, effectivement, réellement, véritablement, assurément, de fait, car, par le fait, vraiment, en réalité, parce que Fusk vient de fugl et fisk. Oiseau et poison en norvégien et en danois. Quant à Farouk: la racine de ce prénom viendrait de l’arabe. Il signifierait: celui qui distingue le vrai du faux. Mais... men min kjære husmor og min kjære far på jobb, eller på fransk... mais ma chère mère au foyer et mon cher père au travail  préfèrent m’appeler Fafa, Fifi ou Fufu. Ils ne pensaient pas que, à part le couscous et la harissa, les enfants de Calvin détestent la gomme arabique et ceux qui s’en servent à profusion.

     - Si ce n’était que ça! riote-t-elle... Excellent présentation de ta personne, qui se termine en nous menant en plein dans le sujet.

     - Je fonctionne comme toi.

     - C’est-à-dire comment?

     - Gomme arabique pour gomme tout court et profusion pour de nombreuses traces.

     - Comme clarinette pour clair et net?

     - Exactement!

     Paradoxe des paradoxes! Je suis à deux doigts de lui sauter dessus pour l’égorger mais j' opte pour lui demander à toute vitesse, sans la moindre émotion apparente: 

     - Qui est donc cette DB? Mon père a des  maîtresses? Ou un harem et tu en fais partie? 

     Zita éclate de rire...

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