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  • On nous observe! (31, à suivre)

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     On nous observe, Hank Vogel.jpgUn silence.

     J’adore ces moments où rien ne se passe ou presque. Mais où tout se prépare. Pour attaquer ou déguerpir. 

     La vérité, présumée réelle, fait parfois mal aux yeux. Ou au cul,  penserait Zita, mais le vieux singe est blindé jusqu’au trognon. Il fonce dans la foule comme les taureaux dans les rues de Pampelune. Et qui s’y frotte, risque fort de se faire encorner.

      - Tu ne te reposais pas, tu lisais, m’accuse mon père. Du porno, je suppose.

     - Exactement! j’ironise... Ou plutôt la pièce à conviction qui a foutu le bordel dans ton boudoir et ta vie privée.

     Et je lève triomphalement L’homme de Skardou.

     - Tu arrives à lire le titre ou il te faut une grosse loupe? je lui demande avec un sourire narquois. 

     - M... m...

     - Une bonne gomme t’aurait mieux protégé. Mais voilà! Celui qui est trop souvent râpe finit toujours par payer les conséquences de son avarice... A qui l’as-tu prêté, ce bréviaire? Et dans quel but?... 

     - Faut tout de même pas exagérer! Ce n’est qu’un triste récit, les balbutiements d’un explorateur à la dérive...

     - Ne change pas de conversation!... C’est qui DB?

     Il rougit. Cela me choque, c’est la première je le vois ainsi.

     - Une ex ou une maîtresse? je crie.

     - Mais de qui parlez-vous? miaule ma mère, tel une chatte effrayée, en se pointant brusquement.

     Mon paternel sursaute.

     - Tu m’as fait peur, reproche-il à sa épouse, gentiment... Tu sais bien que j’ai le cœur fragile...

     - Pardon, mon chéri...

     - Nous parlions de mes ex copines, j’explique aussitôt à ma maternel, pour brouiller les pistes.

     Car, en mon âme et conscience, je pense:

     Mieux vaut mentir en préservant ainsi la paix que de déclencher une guerre en divulguant des vérités pas encore vérifiées. Et puis les histoires extraconjugales ne regardent que les couples concernés.

     - Et de qui d’autre? nasille-t-elle.

     - Va vite te mettre des gouttes dans le nez! ordonne le vieux rusé à sa vieille. Je crois que tu as attrapé un rhume.

     Et je suis à deux doigts de pouffer...

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  • Regards (extraits, 13)

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     On nous observe, Hank Vogel.jpgLe système policier est toujours du côté des autorités, des bien installés forcément.

     Dès que vous dites haut et fort ce qui ne va dans votre société ou, pour être plus précis et par exemple, que vous criez sur tous les toits que votre président est un parfait incompétent, il et leurs flagorneurs, une certaine presse maladroite comprise, vous considèrent déjà comme un révolutionnaire qui divulgue des propos haineux.

     Ces braves gens confondent souvent liberté d'expression et violence verbale.

    ...

     Un gendarme qui traine tout seul dans la rue, c'est ni plus ni moins un individu comme vous et moi qui marche en pensant.

     Deux gendarmes qui patrouillent, c'est un couple de policiers qui partagent les mêmes idées donc qui ne pensent qu'à moitié.

     Trois gendarmes qui foncent dans une foule, c'est déjà une armée qui ne pense plus du tout.

    ...

     Certains hauts fonctionnaires se sucrent tellement la journée qu'ils se sentent obligés de passer des soirées salées.

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  • On nous observe! (30, à suivre)

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    On nous observe, Hank Vogel.jpg- Explicite! Implicite! Subjectif! Objectif! La vie a-t-elle un meilleur sens avec ces mots-là? 

     Pauvre psy perdue dans le labyrinthe de son savoir! 

     - Dans l’Himalaya, il n’y a rien de tout ça. Il n’y a que des montagnes. Avec leurs neiges éternelles. Qui cachent bien des secrets. Car Dieu n’écrit pas sur ce qui est blanc. Il préfère le bleu. Le bleu ciel. C’est dans le bleu du ciel qu’il écrit parfois. Quand ça lui prend. Et ça lui prend quand un illuminé regarde le ciel.

     - Soyez clair, corrige-t-elle. Comme si je n’avais pas compris.

     Tant mieux! On craint moins un ignorant. Paraît-il.

     - J’ai perdu ma plus belle perle en jouant aux billes, ça vous dit quelque chose? je demande à la psy.

     - Non, cela ne me dit rien, me répond-t-elle.

      Bien entendu! Dans cette société, on dit, on dit et rien m’a été dit. Car il ne faut pas seulement dire mais il faut aussi expliquer. Expliquer de A à Z. Tout expliquer. Même l’inexplicable.  On dirait que l’on a ça dans le sang. Que ça coule dans nos veines, jour et nuit. Constamment. Sans le moindre repos. La moindre pause. Ça coule comme l’Indus coule dans l’Himalaya. Séparant le Karakorum du toit du monde. 

     - J’ai perdu ma plus belle perle en jouant aux billes, je reviens à la charge. Si j’avais su j’aurais pu la garder. L’avoir entre mes mains. La regarder. L’admirer. La sentir... Mais voilà que je vous ai écouté et j’ai continué à jouer aux billes. Et à faire en sorte que tout parte en éclats. A cause de vous. Ou grâce à vous. Tout dépend où l’on se place... Oui, tout est parti en éclats et je suis parti. Loin de la folie. Loin de toute civilisation. Qui engendre bourreau sur bourreau.

     - Vous avez bien dit bourreau(x)? s’étonne la professionnelle de la psyché.

     Elle entend mal. Elle est devenu sourde. A l’époque, c’était moi qui entendais mal. Et qui croyais entendre des voix célestes. Mais ce n’était que des bruits venant de mon oreille interne. Un nuit, j’ai tout compris. En respirant profondément. En contemplant le plafond de ma chambre. Bêtement. Oui, j’ai tout compris parce que je me posais un tas de questions. Sur tout et sur rien. Comprendre! Mais c’était un autre comprendre. Comprendre n’est peut-être pas le mot. Mais cela n’a aucune importance. Les interrogations s’éteignent d’elles-mêmes. D’un seul coup. Subitement. Tel un flash. Un flash et tout est autre. On passe subitement de l’obscurité à la lumière. Brusquement. Le coeur se met à battre très fort.  Très très fort. Terriblement fort. Comme si... non...

     - Oui, bourreau(x). Ils sont nombreux sur cette terre. Sur cette planète qui tourne autour du soleil comme une folle pour maintenir un certain équilibre. Un équilibre enrichissant. Profitable à tout le monde. Mais les bourreaux, c’est tout le contraire. Ils stagnent. Dans l’obéissance la plus totale. La plus stérile. Au nom d’une vérité hypothétique, ils condamnent, ils empêchent, ils anéantissent...

     - Soyez plus concret, me conseille-t-elle.

     - Concret? Je ne comprends pas. Si... mais ce n’est pas évident...

     - Ou plus précis, me propose-t-elle.

     - Précis? C’est encore moins évident. Je viens d’un endroit qui échappe à toute règle. Proche du vide. Où l’éternité est à chaque seconde partie remise ou remise en question. Là-bas, j’ai appris à mourir. Mourir et renaître. Mourir sans cesse. Renaître sans cesse. Pas à tout. Presque à tout. Malheureusement. Si c’était à tout, je ne serais pas là maintenant. Avec une idée bien précise dans la tête. 

     - Laquelle?

     Je souris.

     Elle esquisse une grimace.

     - Non, rien au sujet de cette idée précise, pour l’instant. Ce serait trop facile. Absurde.  Tout tournerait autour d’elle.  Et votre victoire serait assurée.

     - Ah, victoire! s’exclame-t-elle et aussitôt, elle en prend note. Comme à l’époque où j’étais un petit fonctionnaire maltraité par de grands imbéciles chargés de décorations. Des fils à papa propulsés par la politique ou le copinage. 

     Elle prend des notes pour en faire quoi après? je m’interroge. Je croyais que les gens sains d’esprit avaient une bonne mémoire. Une mémoire d’éléphant. A moins que... elle a été conditionnée par la culture universitaire. Par cette  culture de la prise en notes. Où l’on ne note que ce l’on a compris. Et où l’on dessine bizarrement l’incompréhensible.  Ce qui est ennuyeux. Non? Oui? C’est ainsi que les choses se passent, d’après moi. L’homme singe l’homme pour s’approcher du singe. Pour vivre enfin heureux sur son arbre isolé. Mais cet enfin ne vient jamais. Car les singeries ne mènent pas au bonheur.  Comme la simplicité ne vient pas en simplifiant.

     - Le mot victoire ne vous a pas laissé de glace, je souligne à la psy... Il fait vibrer, n’est-ce pas? Ou trembler. Les êtres trop sensibles. Trop fragiles. Ceux qui préfèrent vivre loin des cités. Loin de ces hommes aux discours dominateurs. Qui ont le coeur bien dans leur poche. Bien sûr, vous me comprenez. Même fort bien. L’opposition serait un signe de méconnaissance de soi.

     Elles foncent le sourcils.

     - Je n’accuse personne, je temporise. Les gens se reconnaissent à travers les autres. Par leurs gestes. Par leurs mots. Et surtout grâce à une insulte. Ou à une accusation. Implicite ou explicite, comme vous dites si bien. Si souvent... Malheureusement, ils refusent d’admettre. Admettre! Et ils finissent par venir vous voir.  Pour vous cracher  tout ce qu’ils ont mal digéré. Ils vomissent, vomissent et vous trillez, trillez. Dans quel but? Pour leur suggérer d’avaler à nouveau une bonne partie de ce qu’ils ont craché. Telle une mère qui force son enfant à gober la purée d’épinards. A coup de cuillère. A coup de sourire. A coup de chanson. A coup de promesse. A coup de ceci ou de cela.  Car...

     Soudain, mon père entre dans ma chambre sans frapper et me gueule dessus:

     - Pourquoi ma bibliothèque est en état de choc?

     Illico presto, je baisse mon bouquin afin qu’il ne puisse pas le reconnaître.

     - État de choc? dis-je en ricanant.  Confondre les êtres et le choses, c’est le sommet du matérialisme...

     - Je voulais...

     - J’ai l’impression que les vacances ne te conviennent pas...

     - Désolé, vraiment désolé...

     - De quoi?

     - Nous avions l’intention... mais l’hôpital...

     - Laisse tomber! Zita a fait le travail à votre place.

     - Zita? C’est qui?

     - Mais c’est notre concierge, bon sang!

     - C’est vrai, c’est vrai... mais où donc ai-je la tête?

     Un silence...

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  • Regards (extraits, 12)

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     Regards Hank Vogel.jpgHier (mais pas avant-hier), l'esclavage était autorisé et l'homosexualité condamnable ou très mal vue. Aujourd'hui, c'est l'inverse.

     La liberté d'expression a-t-elle encore un avenir devant elle?

     ...

     De nos jours, la liberté de penser est la seule liberté qui permet à quiconque de dormir sur ses deux oreilles.

     Toutes les autres sont si chargées de limites, de barrières que seul les juges et les avocats peuvent en tirer profit.

     ...

     Quand un moralisateur ne sait plus sur quel pied danser, il adhère à un parti politique ou il change tout simplement de parti.

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  • Regards (extraits, 11)

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     Regards Hank Vogel.jpgGrâce à mes dix années passées au sommet d'un école, bien que privée, je peux vous garantir sans vergogne qu'il y a autant de salauds parmi les enseignants que chez les étudiants. Soit par vengeance soit par vice.

     Les premiers sont à blâmer, vue qu'ils pataugent toujours dans la boue. Les seconds à plaindre, vue qu'ils ne savent pas où ils mettent les pieds.

    ...

     Le métier d'enseignant est probablement le plus beau métier du monde. A condition qu'il soit pratiqué avec beaucoup de complaisance voir de charité.

     Face à des êtres plus proches des anges que des démons, bien entendu.

    ....

    Demander à un président de gouverner à merveille son pays, c'est comme demander à  un coq de faire en sorte que son poulailler soit un havre de paix. Les poules ne cessent jamais de glousser.

     La nuit, peut-être? Mais la nuit tout le monde dort! Sauf ceux qui préparent une révolution.

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  • On nous observe! (29, à suivre)

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     On nous observe, Hank Vogel.jpgMaman propose mais l’enfant rebelle n’en fait qu’à sa tête! 

     Qu’à moitié à vrai dire, je raisonne, juste pour garder bonne conscience. Un petit cadeau pour elle. Telle une mince tranche de mon gâteau préféré.

     Papa recevra sa part plus tard, certainement.

     Ainsi, je dégaine L’homme de Skardou de la poche revolver de mon jeans, je l’ouvre à la dernière page cornée, je plonge sur mon lit et je me  laisse séduire à nouveau par les phrases de son auteur:

     Je m’installe. Elle s’installe. Elle, derrière son bureau. Moi, face à lui. Face à elle. Comme il y a si longtemps. De nombreuses années. De trop nombreuses années pour elle. Car son temps n’est pas le mien. Le mien s’est arrêté à un moment donné. Un jour quand j’étais dans l’Himalaya. A Skardou. Elle, elle n’a jamais connu ça. Ni l’Himalaya, ni le temps qui s’arrête. Forcément, elle n’a jamais quitté son cabinet de psychiatre. Elle ne l’a quitté que pour prendre des vacances. Et encore! Elle l’emportait et l’emporte toujours avec elle sans doute. Dans sa tête. Avec toutes ses notes. Et toutes ses fausses notes.

     - Voilà, je vous écoute, me dit-elle.

     Tic, tac, tic, tac... Le temps compte ici. Pas là-bas. Le temps, c’est de l’argent. Pas là-bas. Là-bas seules les vieilles pierres comptent. Celles qui se brisent. Celles qui se séparent d’un rocher. Ou du sommet d’une montagne... La pierre tue là-bas. Et ça laisse des traces. Dans le cœur des hommes. Surtout dans celui des femmes. De nombreuses mères souffrent là-bas. A cause de ça. A cause d’une pierre... Ça, ça compte dans la vie d’un homme. Pas le temps que l’on facture sans vergogne.

     - Je vous écoute, répète-t-elle.

     Forcément. J’étais ailleurs. C’est grave? Non, mais c’est important. Oui, c’est vrai, c’est important.

     - Je vous écoute, dit-elle pour la troisième fois.

     - C’est difficile à expliquer. Comme à faire. Surtout quand c’est pour la première fois. Ou plus exactement: ça sera la première fois que... non, c’est encore trop tôt...

     - Soyez plus explicite, me dit-elle.

     Voici le mot que j’attendais!...

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  • Regards (extraits, 10)

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     Regards Hank Vogel.jpgCelui qui a soif de vérité trouve toujours quelqu'un de plus assoiffé que lui, prêt à le saouler.

     Donc: boire en Suisse est sans doute le meilleur moyen pour garder au chaud ses propres illusions.

    ...

     L'ancien et pauvre roi d'Espagne ne pense qu'à sauver ses misérables économies, cadeaux de son peuple bien aimé. Le petit Nicolas espère que Saint Nicolas et/ou le Père Noël fassent disparaître l'ombre de son bracelet électronique, croyant que les Français ont la mémoire courte ou guillotinée à jamais. Et les Chinois chinoisent toujours, à se demander quel autre poison ont-ils jeté dans le ciel de Taïwan... 

     L'actualité: farce-attrape au quotidien?

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  • Regards (extraits, 9)

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     Regards Hank Vogel.jpgAssurances maladies: réduction de 0,3 %.

    L' Abbé défroqué de la santé prend vraiment le peuple suisse pour une tribu de singes!

    Et voilà que la presse partisane en fait tout un tas de tartines au beurre de cacahuète.

    ...

     Dès que l'on se trouve au somment de la pyramide, il est plus facile de s'envoler que de redescendre sans faire rire les copains.

     Ce qui explique pourquoi les politiciens, de gauche comme de droite, après avoir reçu une belle promotion, réclament souvent des bakchichs. 

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  • Regards (extraits, 8)

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    Regards Hank Vogel.jpg Le mariage pour tous!

     Les gens changent, les sociétés se transforment. Grâce aux votes entre autres...  Et certains s'en prennent toujours plein la gueule.

     Mais rien n'est à jamais perdu pour eux! Car la morale est plus proche de l'accordéon que des trompètes de Jéricho.

     Moralité: la morale n'a aucune morale.

    ...

     Bien sûr que je crois à la réincarnation!

     Un seule vie ne suffit pas pour épouser toutes celles qui ont fortement vibré en moi, ne serait-ce que quelques secondes.

    ...

     Trop de mariages c'est comme trop d'informations, on finit par ne plus croire en rien.

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  • On nous observe! (28, à suivre)

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     On nous observe, Hank Vogel.jpgDans les escaliers, un peu gêné, je dis à Zita:

     - Ce n’est de ma faute si le chauffeur de taxi à la con n’a pas voulu accepter ma carte de crédit...

     - Tu n’as pas besoin de te justifier ni d’être vulgaire d’ailleurs, grogne-t-elle.

     - Je te rembourserai, c’est sûr.

     - J’y compte bien... mais autrement.

     - C’est-à-dire?

     - A toi de voir!

     - Comment? 

     - Pour une fois dans ta vie, sois inventif au plus haut degré. Trouve quelque chose à ne pas faire chier la caque, dirait un Jurassien du même calibre que toi... Cherche mais cherche bien, camarade!

     Elle rentre chez elle, moi chez moi. Elle: souriante et décontractée. Moi: la gueule de travers et la tête chargée d’un tas d’histoires à devoir raconter et inventer.

     Hier, dans mon ma triste jeunesse, certains de mes maîtres d’école et professeurs de  collège cherchaient à me faire la morale ou à me saper le moral en me répétant comme des perroquets les proverbes suivant:

     Il n'est pire aveugle que celui qui ne veut pas voir.

     Et:

     Il n'est pire sourd que celui qui ne veut pas entendre.

     Aujourd’hui, c’est donc à moi de rendre la monnaie à ces bourges qui ont soutenu ces bourriques de première classe. Comme penserait ma concierge bien aimée!

     Alors, en franchissant le seuil du salon, je déclare haut et fort à mes parents avachis dans leur canapé convertible made in Ikea, réservé pour des amis qui ne viendront jamais: 

     - Il n’est pire bourgeois que celui qui refuse de le reconnaître. Ainsi, j’ai décidé de m’embourgeoiser davantage, je vais me marier.

     Aussitôt, mes créateurs se lèvent d’un bond, telles deux marionnettes mal ficelées ou plutôt tirées par des ficelles embrouillées, et mon père me demande d’un air fort étonné et inquiet:

     - Avec un homme ou avec une femme?

     - Bravo, Papa! Ta réaction, ton attitude est digne d’un homme du vingt-et-unième siècle.

     - Mâle ou femelle?

     - Je choisirai un mec seulement après mon troisième divorce.

     - Dieu soit loué!... C’est qui?

     - Surprise! Je ne la connais pas encore... pas encore trop bien. Mais elle si!...

     - Ce qui veut dire aussi que tu as trouvé un boulot, n’est-ce pas?

     - Là, c’est flop, huée ou sifflet, mon cher père! Ton attitude n’est plus digne d’un homme du vingt-et-unième siècle. Retour au temps des patrons et des esclaves!

     - A quoi joues-tu fiston?

     Pour calmer le jeu, avant qu’il ne parte en éclats, ma mère s’approche de moi, m’embrasse sur le front et me dit:

     - Va te reposer dans ton chambre, mon chéri, tu sembles si fatigué. Nous parlerons de tout ça plus tard. Après la sieste. D’accord?

     - O.K.

     Et j’ajoute sourdement, en m’éloignant d’elle:

     - Tu as raison ma bernardine, ton despote de pape m’épuise.

     Ainsi que:

     Mieux vaut tout rendre en dérision que d’en faire tout un fromage pour trois fois rien, pimente ma cervelle... 

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  • Regards (extraits, 7)

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     Regards Hank Vogel.jpgLes Français ont beaucoup de chance. Pour vivre heureux et plus ou moins en bonne santé, ils ont la montagne, la mer, l'océan, les îles, les bons fromages, les excellents vins et une république qui adore le tango.

     Quant aux Suisses, ils ont probablement moins de chance que leurs voisins. Pour vivre heureux et plus ou moins en bonne santé, ils doivent se contenter de la montagne, des lacs, des délicieux chocolats, des montres précises et d'une démocratie qui stagne à droite.

    ...

     Je préfère un roi (tel le roi de Norvège, par exemple) qui va tous les jours à la pêche qu'un président qui pèche toutes les semaines.

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  • Regards (extraits, 6)

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     Après le mariage pour tous, quand voterons-nous pour le mariage multiple ou le vrai mariage pour tous? Et ce afin d'assurer en toute égalité une libido parfaite et transparente à tous les habitants mûrs de la terre. C'est-à-dire: au même titre que les monogames, les adeptes de la bigamie, de la polygamie et de la polyandrie.

     Voici la liste des pays où l'on pratique déjà la polygamie:

     Afghanistan, Algérie, Bahreïn, Bangladesh, Bénin, Birmanie, Burkina Faso, Cameroun, République Centrafricaine, Comores, Congo, Djibouti, Égypte, Émirats Arabes Unis, Gabon, Gambie, Inde, Indonésie, Irak, Iran, Jordanie, Koweït, Liban, Liberia, Libye, Malaisie, Mali, Maroc, Mauritanie, Niger, Nigeria, Oman, Ouganda, Pakistan, Qatar, Sénégal, Sierra Leone, Somalie, Soudan, Syrie, Tanzanie, Tchad, Tunisie (jusqu'en 1957), Togo, Yémen, Zaïre et Zambie.

     Et voici celle des pays où l'on pratique déjà la polyandrie, parfois d'une façon surprenante:

     Chine (tribu des Moso), Népal (tribu des Tre-Bas), Paraguay (tribu Arche), République Démocratique du Congo (tribu des Bashilélé) et Venezuela (tribu des Bari).  En somme, que dans ces tribus!

     Quelle  mauvaise surprise! crierait une féministe pure et dure.

     Mais!

     Ce qui m'oblige à croire aussi que l'égalité entre les hommes et les femmes bat tous les records de médiocrité dans le monde.

    800px-Mosuo_woman_near_Lugu_Lake.jpg

    Femme Moso (pour plus d'infos, cliquez sur la photo)

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  • Regards (extraits, 5)

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     Regards Hank Vogel.jpgTous les jours ou presque, je suis un autre homme mais qui se comporte toujours comme un singe. L'inverse me conviendrait peut-être mieux.

    ...

     Nous adorons tous donner des leçons de morales mais nous détestons en recevoir.

     Avons-nous lu trop de livres saints croyant qu'ils étaient tous vraiment sains?

    ...

     Une petite fessée évoque chez moi une remontrance, non physique forcément, que l'on adresse à un enfant maladroit ou impoli, malgré lui souvent.

    Par contre, la fessée toute nue, permettez-moi cette expression, m'évoque le viol et une grande lâcheté.

    La fessée, comme la lapidation, est un crime que seul un esprit dérangé est capable de commettre...

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  • Regards (extraits, 4)

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     Regards Hank Vogel.jpgNous sommes tous un étranger, voire un extraterrestre, pour quelqu'un.

     Il n'y a pas si longtemps, un fillette russe, m'entendant parler en français, demanda à ma chère épouse de quelle planète je venais. Cela m'a énormément fait sourire.

    ...

     Hier, en Égypte, je parlais l'italien avec ma mère, le français avec mon père et l'arabe avec ma petite copine, la fille du portier, ainsi qu'avec les femmes de ménage. Et, souvent, je jonglais maladroitement d'une langue à l'autre.

     Aujourd'hui, en Russie, je parle sereinement le français avec ma tendre épouse mais très confusément le russe avec ma belle-famille et les gens de la rue.

     Demain, dans l'Au-delà, parlerai-je parfaitement la langue des esprits et ce sans devoir me demander chaque fois à quel démon je m'adresse?

    ...

     A méditer:

     Quand les dictateurs en herbe et les apprentis sorciers jouent ensemble à saute-mouton, tout va de travers dans les pays dits démocratiques à l'ère du numérique.

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  • Regards (extraits, 3)

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     Regards Hank Vogel.jpgJ'ai l'impression que grâce à l'art l'homme s'approche divinement de la femme et à cause de la religion il s'en éloigne diaboliquement.

     Pour preuve: les lieux où l'on peint et les lieux où l'on prie, pas tous bien entendu. Dans les premiers, la femme est souvent mise sur un piédestal; dans les seconds, l'homme et la femme sont honteusement séparés. Pas tous bien entendu! Désolé pour la redondance.

    ...

     J'ai entendu, dans un film, une femme africaine dire des hommes africains:

    - Ils ont tous leur cerveau au bout de leur queue.

     Dans la réalité, je serais intervenu en lui demandant:

    - Et que diriez des Européens, chère Madame? Croyez-vous vraiment qu'ils raisonnent autrement?

    ...

     Avant de devenir un mari presque parfait, je fus un jeune homme trahi par son premier amour, un coureur de jupons sans gène et un époux infidèle sans pitié.

    En somme, j'étais une bête blessée et blessante avant de devenir un homme...

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  • Regards (extraits, 2)

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     Regards Hank Vogel.jpgLes sommets et  les conférences, dits historiques, coûtent souvent très cher aux gens de la rue.

     Le sommet de Biden-Poutine, à Genève en juin 2021, aurait couté plus de cinq millions de francs au peuple helvétique. Une bagatelle pour les politiciens.

     La conférence de Yalta, en février 1945, avec Joseph Staline, Winston Churchill et Franklin Roosevelt, (Charles de Gaule: absent ou plutôt évincé par l'amerloque; le Grand Charles se vengera plus tard en faisant bannir le whisky des buffets de l’Elysée.) a couté plus de quarante années de répression communiste aux populations de l'Europe de l'Est.

     Inquiétants ces conciliabules entre chefs, non?...

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  • On nous observe! (27, à suivre)

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     On nous observe, Hank Vogel.jpgZita entre en coup de vent dans ma chambre, d’hôpital évidemment, et me jette mes vêtements à la figure en me criant dessus:

     - Debout révolutionnaire de mes deux,  enfile vite tes fringues de pédé!

     - Eh! Oh! Tu n’as pas remarqué que j’étais en train lire? je lui demande, choqué par son comportement ordinaire et brutale mais également surpris par sa promptitude.

     - Et alors?... Tu pensais pas que je n’arriverais pas de sitôt, n’est-ce pas?

     - En effet, peut-être...

     - Allons, oust! Hors du lit! Un taxi nous attend.

     - Pour aller où?

     - Au tribunal.

     - Que s’est-il passé? Vraiment, au tribunal?

     - Mais non, chez toi, imbécile! Tes vieux t’attendent.

     - Merde alors! 

     Dans le taxi, curieusement, Zita se serre contre moi et me dit d’un air convaincu et convaincant:

     - Ton manque  de respect voire d’affection envers tes parents, je comprends ça. Surtout ta petite haine à l’égard de ton paternel.  

     - Ça se voit autant que ça? je lui demande, fort étonné de son assurance et sa franchise.

     Elle ne donne pas suite à ma question,  elle poursuit sa critique comme de rien n’était:

     - Je sais, c’est quelqu’un de très à cheval sur les principes, pour ceux qui n’ont pas les yeux en face des trous, mais prêt à tout pour satisfaire son ego et sa libido.

     - Et toi?  

     Elle sourit puis elle me répond avec une mélancolie teintée d’ironie:

     - A l’opposé de lui, l’être le plus cher au monde m’a appris les vraies bonnes manières et m’a fait découvrir tant de belles choses. Malheureusement, il est mort trop tôt, à la guerre, pour une patrie fantôme. Mais, avant d’aller vérifier si le paradis existe toujours, il a eu le temps de me livrer son plus grand secret: comment appréhender l’enfer ici-bas sans devoir en subir les conséquences.

     - C’est-à-dire?

     - L’art d’observer!

     - Comment?

     - Il n’ y a point de comment ni de pourquoi lorsque l’observateur et l’être ou l’objet observé ne font qu’un. Dans l’absolu, la réalité est toute autre. Claire, Limpide, sans aucune dualité. Mais dans celle où nous vivotons quotidiennement, nous nous observons constamment sans chercher à mettre fin réellement à nos mutuels conflits. Je t’observe, tu m’observes, ils s’observent l’un l’autre, les uns les autres... avant... avant...

     - Avant quoi?

     - De nous entre-tuer ou de coucher ensemble. Au propre comme au figuré.

     - Pas forcément.

     - Comment ça?... Si tu as une déclaration à me faire...

     Mais à cet instant, fatidique ou pas, comme dans un film à l’eau de rose et à suspens, la voiture s’arrête soudainement et le chauffeur, sourd et muet durant tout le trajet, jubile en criant presque:

     - Nous sommes arrivés, les amoureux!...

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  • On nous observe! (26, à suivre)

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     On nous observe, Hank Vogel.jpgEnfin L’homme de Skardou en ligne droite, je rumine, soulagé tel un séminariste de longue date qui croit découvrir les évangiles pour la première fois.

     Bizarrement, les livres saints, même peu chargés de charité et de bonté divine, ont tendance à nous transformer en de petits agneaux avec une très faible mémoire.

     Je sonne à la porte. La porte s’ouvre. Une femme est là. Je la connais, forcément. Non, heureusement, je la reconnais. Car quelqu’un d’autre aurait pu être à sa place. Avec le temps... Après toutes ces années. Loin d’elle. Sans elle. La femme est donc là mais ce n’est plus la même. Forcément, avec le temps, elle a beaucoup  changé. Elle a vieilli. Ses cheveux tout gris... Ses rides aussi... Nous avons rendez-vous? me demande-t-elle. Je ne crois pas. Non, excusez-moi, nous n’avons pas rendez. Alors, je suis désolée... Elle pousse la porte en ma direction. Pour la fermer. Je retiens la porte. Si, nous avons rendez-vous. Quel est votre nom? Je suis l’homme de Skardou. Je ne connais pas. Si, vous connaissez. Je ne pense pas. C’est urgent? C’est important. Très important. Elle me laisse entrer. Le décor, par contre lui, n’a pas du tout changé. Ou à peine. Un tableau en plus ou en moins. Peut-être. Je m’installe...  

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  • On nous observe! (25, à suivre)

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     On nous observe, Hank Vogel.jpgMais changeons brusquement de genre de discours! Passons du descriptif au narratif. Plus agréable à la lecture et à l’écriture. A mon avis. Les vérités se dévoilent d’elles-mêmes. Car elles transpirent de justice. Forcément. Non, probablement. 

     Encore un mot sur ma démarche d’écrivain:

     Le descriptif me plonge dans le gouffre des justifications. Par contre, le narratif, lui, me propulse loin de toute misère. Le voyage s’annonce fabuleux. Il a toutes les chances de l’être. Ou de le devenir. 

     Alors... Alors?...

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  • Regards (extraits, 1)

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     Regards Hank Vogel.jpgTout regard porte un jugement, de faible ou de forte intensité. Qu’on le veuille ou non! C’est phylo et ontogénétique.

     Essayer d’atteindre les sommets de la neutralité est une démarche bien illusoire. Seuls l’indifférent, le lâche et l’hypocrite peuvent prétendre qu’ils sont neutres.

     La Suisse n’a pas choisi la neutralité, on lui a imposé ce terrible fardeau, d’après les historiens. En d’autres termes, bien entendu. Ce qui arrange doublement les marchands de canons et la droite sournoise.

     ***

     Vivre en harmonie avec sa mère et sa compagne ou survivre avec sa mère et son père alcoolique et violent, que choisirait l’enfant?

     La génitrice sensée et courageuse a déjà décidé à sa place, lui assurant ainsi un avenir beaucoup plus sûr voir glorieux.

     Le parcours de Sanna Marin, plus jeune premier(e) ministre de la Finlande, en est un parfait exemple.

    Sanna Marin.jpg

    Sanna Marin (pour plus d'infos, cliquez sur la photo)

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