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  • Deux mille vingt-deux (6, à suivre)

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     Deux mille vingt-deux de Hank Vogel.jpgElle disparait de ma vue un sacré bout de temps. Ce qui me pousse à croire qu’elle n’a rien à foutre de sa clientèle car elle serait là en tant que remplaçante non volontaire. Et de penser de moi que je me laisse facilement emporter par mon imagination débordante.

     Puis elle réapparait toute souriante une bouteille de vodka dans une main et deux petits verres dans l’autre.

     - Les lois ont-elles subitement et miraculeusement changé? je lui demande... Vu  que votre cher président adore en promulguer au moins une tous les jours.

     - Il fait ça tous les matins quand il fait caca, me répond-t-elle, en posant le tout sur la table. 

     - Vous ne l’aimez pas, n’est-ce pas?

     - Et vous?

     - Ce n’est pas le mieux.

     - Votre réponse est typique de ces politiques qui se déclarent neutres, comme si le diable n’avait aucune chance de bouffer leurs couilles en forme de grappe de noisette, réplique-t-elle en remplissant les godets en cristal réservés sans doute pour les grandes occasions... D’accord ou pas d’accord?

     Je grimace.

     Elle s’assied en face de moi et me propose en levant son verre:

     - Buvons à notre jeunesse et à la liberté.

     Et nous trinquons. Cul sec comme veut la tradition.

     Et je grimace de nouveau. Mais pour une toute autre raison, bien entendu.

     - J’en ai la preuve maintenant, me dit-elle.

     - Quelle preuve? je m’inquiète.

     - A chacun son tour.

     - Plaît-il?...

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  • Deux mille vingt-deux (entracte 2)

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    Il y a toujours quelqu'un ou une chose qui nous pousse à croire ou à imaginer...

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  • Deux mille vingt-deux (5, à suivre)

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     Deux mille vingt-deux de Hank Vogel.jpgJe rentre dans un bistro. Il n’y a pas un chat. A part la patronne ou une serveuse, forcément. 

     Debout derrière son comptoir, totalement obnubilée par l’actualité sans doute, elle est en train de zapper en regardant la télévision.

     Je tousse exprès pour signaler ma présence et je me m’installe à une table. 

     - J’ai vu, j’ai entendu! crie-t-elle en éteignant aussitôt le téléviseur. Je ne suis ni sourde ni aveugle.

     - Que cherchiez-vous, un être sincère et intelligent parmi tous ces milliers de branleurs de drapeaux? je lui demande d’un ton amusé afin d’apaiser son agacement.

     Elle s’approche de moi, me toise un bref instant puis elle me dit:

     - Ça m’étonnerait qu’un mec pareil puisse s’intéresser aux funérailles d’une reine accro aux horreurs, de la retraite d’un tennisman chouchouté par des marques de luxe ou des menaces d’un président piqué aux hormones sur la sellette. A moins qu’il soit un journaliste bas de gamme et encore! Non, Monsieur, je cherchais une chose que seul mon ange gardien est capable de devenez... Une bière sans alcool ou un café noir? Et rien d’autre.

     Je souris.

     - Désolée, poursuit-elle, c’est la loi. Y compris pour les étrangers.

     Je fronce les sourcils.

     - Vous n’êtes pas d’ici, j’espère! s’inquiète-t-elle.

     Puis avec insistance et crainte, elle me demande:

     - Vous êtes bien d’ailleurs et non pas un flic déguisé en touriste ou en agent secret endimanché envoyé par la capitale? N’est-ce pas?

     Je me gratte le bout du nez et je lui réponds:

     - L’habit ne fait pas le moine, dit-on. Et l’accent encore moins.

     - Vous me faites peur!

     - Soyez rassurée, chère demoiselle, je suis citoyen d’un pays lointain, à bien des points de vue du vôtre, mais je passe toutes mes vacances d’été dans cette région, chaque année. Depuis mon enfance. Et ce pour faire plaisir à mes parents. Car mon vieux travaille ici comme... comme...

     - Comme?

     - Apportez-moi d’abord votre jus arabiscoté...    

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  • Deux mille vingt-deux (entracte)

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    L'âme: petite définition en images, avec mon deuxième stylo...

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  • Deux mille vingt-deux (4, à suivre)

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     Deux mille vingt-deux de Hank Vogel.jpgLa famille c'est très important quand on y croit, lourd à supporter quand on a un esprit libre voire libertin comme le mien.

     Le prêtre du village où je réside n'est pas de cet avis, pas du tout d'accord avec ma définition. Mais il est incapable d'en formuler une autre de peur d'offenser Dieu. Ce qui ne l'empêche pas de soutenir les idées bellicistes de son copain de jeunesse devenu chef de guerre.

     A se demander si ce religieux, pourtant adoré des bigotes, ne préfère le loup au bon berger, bien qu'un tantinet olé olé, afin de s'apprivoiser en quelque sorte et en temps voulu tous les moutons esquintés ou à moitié crevés.

     C'est pourquoi, chaque fois que je passe devant son église, je fais le doigt d'honneur en pensant à lui. Rien qu'à lui, bien entendu!...

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  • Deux mille vingt-deux (3, à suivre)

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     Deux mille vingt-deux de Hank Vogel.jpgEn résumé: je suis en règle avec ma société et, de ce fait, avec la société en général. Mais elle ne l'est pas avec moi. Car elle ne cesse pas de me décevoir. Elle facilite la vie aux riches et la rend encore plus difficile aux pauvres, aux plus démunis... Physiquement ou moralement. Ou les deux à la fois. A l'Est, à l'Ouest, au Sud comme au Nord.

     Les gens du Nord semblent s'améliorer à bien des points de vue mais pas assez pour influencer involontairement les autres... N'oublions jamais que nous sommes tous plus imitateurs que créateurs. Voire trop. D'où la mode, les rassemblements, la foule, les bagarres, les tueries et tout ce qui suis.

     Dans le monde, d'après ce que je viens de lire en zappant sur mon ordi, il y aurait plusieurs millions d'apatrides. Et je trouve cela scandaleux. Archi monstrueux.

      Alors, par rage, folie ou solidarité vis-à-vis de ces êtres déracinés, malgré que je séjourne actuellement à l'étranger chez mes vieux, je jette spontanément mon passeport dans la cheminée, qui est en pleine activité, en jurant à haute voix:

     - Nom de Dieu! Eh bien ma découverte, ils pourront se la carrer dans l'oignon...

    images.jpg

    Les apatrides dans le monde (pour plus d'info... cliquez sur l'image)

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  • Deux mille vingt-deux (2, à suivre)

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     Deux mille vingt-deux de Hank Vogel.jpgGrâce à mes parents, quelques enseignants et de nombreux bouquins, j'ai acquis une certaine instruction. Qui n'a rien à voir avec mon intelligence. Cette dernière, qui est peut-être un don que  j'ai reçu du Ciel ou un des fruits engendrés par le mariage de deux ADN très compatibles de mes parents, m'a permis d'être ce que je suis aujourd'hui et serai demain. Une sorte d'enregistreur mental archi prudent, capable de juger, cataloguer toute information qui se dandine, s'exhibe ou se prosterne devant le portail de ma mémoire afin que celle-ci la range dans l'un de ses multiples tiroirs secrets.

     En d'autres termes ou d'une façon plus crue et plus directe:

     J'ai mûri à un tel point, depuis ma plus tendre enfance, que, contrairement à ces hommes et femmes qui, par conviction, naïveté ou conditionnement, font totalement confiance à leur chef d'état, leur chef de tribu, leur chef de famille, leur chef spirituel, leur chef de projet, leur chef de secteur, leur chef de service, leur chef  de rayon, leur chef d'équipe, leur chef de cuisine ou leur chef tout court, je me méfie de tout le monde. Surtout de ceux qui se pavanent devant leurs trophées.

     Ainsi, libre dans mes pensées et mes choix, j'ai suivi un parcours universitaire très chaotique qui, à force de contrarier les plus éminents de mes professeurs et de rater de ce fait à deux reprises mes examens de fin d'études, m'a toutefois permis de faire une découverte primordiale pour l'humanité, ou contre elle, et in facto, on m'a décerné le diplôme de chimiste...  

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  • Deux mille vingt-deux (1, à suivre)

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    Deux mille vingt-deux de Hank Vogel.jpg  Je m'appelle Ulysse Fos. J'ai vingt-quatre ans et j'ai liquidé mes dettes vis-à-vis de l'état et de la société. Bien que ces deux entités artificielles, difficiles voire impossibles à cerner, ne cesseront jamais de me coller aux fesses et ce jusqu'à la fin de mes jours sur terre. J'en suis persuadé.

     - État et société, quelle différence selon vous? me demanderiez-vous.

     Et je vous répondrais:

     - Antoine Lavoisier a tant donné à la société française et l'état français l'a guillotiné.

     Bande de salauds!...

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  • L'espionne et moi (32, fin)

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    L'espionne et moi Hank Vogel.jpeg  Je reviens à moi et je réalise avec stupéfaction, sans doute à cause de l'ampleur de ce coup nullement mérité, que je suis allongé sur une chaise longue en face de la mer.

    - Enfin de retour parmi nous! s'exclame ma femme, assise à côté de moi sur le sable... A plusieurs reprises, j'ai essayé de te réveiller mais en vain. On dirait que tu pourchassais un zèbre en pleine brousse, tellement tes jambes s'agitaient. Malheureusement, ils viennent de partir. Dommage, tu as tout loupé. Je suis sûre que tu aurais ramené ta fraise...

    - Mais de quoi parles-tu? je lui demande tout étonné.

    - D'un trio belge, français ou suisse romand, m'explique-t-elle... Ils se sont arrêtés à cinq mètres de notre parasol pour se sécher et, tout en se frottant comme des frileux, ils se sont mis à critiquer à fond l'Albanie. Aucun respect envers un pays hôte...

    - Que l'Albanie?

    - Non, également la Russie, Berne avec ses lingots d'or sous le Palais fédéral, Genève avec ses espions... et, je n'ai pas bien compris, ils ont rigolé au sujet d'un maltais qui croyait encore à la cigogne.

    - Alors c'était des Genevois. Et contestataires pardessus le marché. J'en suis convaincu.

    - Qu'est-ce qui te fait dire ça?

    - La blague de la cigogne... Heureusement que les bras de Morphée m'ont retenu de toutes leurs forces.

    - Pourquoi?

    - Parce que.

    - Parce que quoi?

    - Parc que j'aurais terriblement bâclé mon rêve. Et ce que j'ai rêvé était quasi un roman accompli. Grâce aux critiques de ces zigotos.

    - Je ne te suis pas.

    - Les romans sont souvent les fruits qu'une parfaite communication entre le monde réel et un monde rêvé. Ou plus simplement: entre le rêve et la réalité lorsque l'âme est à l'écoute.

                                                                                                                Kavajë, le 5 septembre 2022.

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  • L'espionne et moi (31, à suivre)

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    L'espionne et moi Hank Vogel.jpg- A tirer les vers du nez avec ma caméra?

     - Pas directement.

     - Elle n’est ni un scalpel ni un cure dent.

     - Je sais tout ça.

     - Ton smartphone avec son application vidéo ferait largement l’affaire.

     - Je n’ai pas le droit d’en posséder un.

     - Pourquoi?

     - Pour ne pas être localisée.

     - Mais c’est une simple question de réglage.

     - C’est ce que les fabricants prétendent... L’ennemi est partout, même dans une puce électronique.

     - Alors comment tu fais pour tous tes rendez-vous?

     - Tout passe par le standard téléphonique de l’hôtel.

     - Tu as au moins un ordinateur?

     - Pourquoi faire?

     - Pour voir ce qui se passe dans le monde et recevoir des emails...

     - Il m’est également interdit de recevoir et d’envoyer ces types de massage. La moindre trace écrite ou enregistrée quel que soit le support pourrait compromettre mes opérations... Tu trouves cela inquiétant, abusif de la part de ceux pour qui je travaille?

     - Pas forcément. Ça me rappelle la triste époque où les filles ne pouvaient pas aller en pantalon à l’école et les femmes de se bronzer les seins nus à la plage.

     - Tu trouves que c’est mieux maintenant?

     - Pour elles et pour toi: sûrement. Pour moi: nullement.

     - Qu’est-ce qui te fait dire ça?

     - La peur que l’on m’accuse un jour de voyeurisme aggravé, à tort.

     - Si c’est à tort, tu ne risque rien.

     - La  justice est rarement de cet avis. Ou plutôt: les juges et les avocats, qui se prennent presque tous pour des dieux sur terre, sont si souvent compliqués intellectuellement, voire tordus, qu’ils rendent les situations simples à leur image qu’un coupable a plus de chance de s’en sortir qu’un innocent d'un tel imbroglio...

     - Alors?... Veux-tu me seconder pour changer le système?

     - Notre société n’a plus aucune chance de s’améliorer. Car elle va droit dans le mur à la vitesse grand V. Surtout depuis que les espions de ton genre rodent partout avec la  bénédiction des autorités. 

     Louise se caresse la joue gauche. Puis elle  m’apprend avec un sourire narquois:

     - Sauf peut-être à Rhodes où ta chère maman, agent double malgré elle, soupçonnait son beau-frère maltais de vendre des chars d’assaut aux arabes et non pas des tracteurs comme il prétendait, n’est-ce pas?

     Et elle me balance une magistrale gifle qui me fait perdre connaissance...

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  • L'espionne et moi (30, à suivre)

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     L'espionne et moi Hank Vogel.jpgMême si j’ai écrit dans ma jeunesse le mensonge est une vérité dans un monde inconnu, j’attends de Louise qu’elle crache toute la vérité, rien que la vérité.

     Mon ancienne amante d’une seule nuit d’été archi torride, peut-être d’avantage si l’on compte la ou les prolongations dans une ambiance moins insolite, me fixe puis me déballe la mine abattue:

     - A seize ans, mes parents m’ont chassé de chez eux, de chez moi, d’où j’ai toujours vécu. Soi-disant pour que j’apprenne à vivre, parce que je n’en foutais pas une, selon eux! J’étais totalement perdue. Déboussolée, déphasée, anéantie... Heureusement et malheureusement, un restaurateur m’a accueillie dans son auberge... Mais! Du matin au soir, je travaillais comme serveuse. Et les jours de congé et toutes les nuits, il me sautais rapidos en me promettant qu’il allait quitter sa bobonne pour m’épouser. Cela a duré de trop nombreuses années... Un beau jour, comme mon visage a tendance à ressembler souvent à un livre ouvert, un client très observateur s’est rendu compte de ce manège et m’a conseillé de faire la pute pour mon propre compte et plus allègrement. C’est-à-dire: sans devoir suer la journée pour un patron esclavagiste, mythomane et menteur, et subir après minuit ses assauts terrifiants en guise de cadeaux ou de surprises. C’est ce que j’ai fait. Puis, lors d’un voyage touristique à Moscou, au Café Pouchkine exactement, un Russe au regard ténébreux m’accosta... et.... et... de fil en aiguille, en passant par sa balalaïka et sa kalachnikov, finit par me proposer de bosser pour un service d’état dont le directeur est jusqu’à aujourd’hui un véritable mystère et tant mieux pour moi. Et pour mes chefs! Car moins tu sais, mieux tu te portes dans la vie. Si tous les soldats en savaient trop sur leurs capitaines, il n’y aurait plus personne sur les champs de bataille et les bistrots seraient remplis de déserteurs à moitié saouls. Quelle aubaine pour les bistroquiers mais quelle catastrophe pour les marchands d'armes auxquels je suis sensée tirer les vers du nez, entre autres! Car sans ces affairistes, je serais partiellement au chômage. Youri est mon agent de liaison, à Genève. C’est lui qui me donne les ordres et je tâche de les exécuter à la lettre. Sauf quand je soupçonne un vrai client d’être un client. Capiche?

     - Donc un espion, je chuchote.

     - C’est ça... Veux-tu m’aider?

     - A tirer les vers du nez avec ma caméra?...

    Café Pouchkine à Moscou.jpg

    Café Pouchkine à Moscou (pour plus d'infos... cliquez sur l'image)

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  • L'espionne et moi (29, à suivre)

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     L'espionne et moi Hank Vogel.jpgElle pose le tout sur une petite table d’appoint qui se trouve au milieu de la pièce, s’assied à l’envers sur une chaise face à moi, croisse ses bras et me dit d’un air irrité:

     - A toi de faire le reste. Car j’en ai assez bavé dans ma vie avec les maniaques de la mousse. 

     - Et? je chevrote.

     - Lève ton cul et sers-toi! A quarante-cinq degrés. Écart géométrique entre la bibine et la chopine. Bien que la géométrie n’a jamais été mon fort à l’école. 

     - Et l’algèbre?

     - Quelle rapport?

     - Comment as-tu réussi à berner tant d’inconnus?

     - Je ne comprends pas... Explique!

     - Laisse tomber, c’était une blague... de mauvais goût...

     - Tu attends quoi? Que je la boive à ta place?

     - Pourquoi pas?

     - Je préfère le vin.

     - Es-tu certaine qu’elle n’est pas empoisonnée? 

     - Qui aurait fait ça?

     - Youri, son compatriote ou le Pékinois de Taïwan ou son contraire...

     - D’où tu connais mes clients?

     - Tes clients?

     - Pas vraiment. Client est un terme générique dans notre jargon.

     - Jargon de qui?

     - Bois d’abord!

     Choqué par cet ordre, à cheval entre le maternel et le médical, je jaillis du lit, je cours comme un cinglé vers la salle de bain, j’ouvre à fond le robinet de l’eau froide du lavabo, je me désaltère tant bien que mal et je trottine vers elle en chantonnant d’une voix folâtre:

     - De l’eau, de l’eau! Rien que ça! Merci mon Messie! Car sans cela, je serais déjà un ramassis de vieux os.

     Puis je lui déclare d’un ton sérieux:

     - Sans transparence, il ne peut y avoir de véritable confiance. Donc dès à présent parlons franchement. Simplement. Sans chichi ni détour. Disons-nous ou redisons-nous tout depuis le commencement, même si nous avons déjà deviné certaines choses. A toi l’honneur, en premier!...

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  • L'espionne et moi (28, à suivre)

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     L'espionne et moi Hank Vogel.jpgJe tourne sept fois ma langue sèche dans ma bouche encore plus sèche et je lui dis:

     - Une Mort subite de Théophile Vossen ferait également l’affaire. Mais un verre d’eau me suffira largement. Du robinet, je précise. Car je me méfie terriblement des eaux en bouteille. Elles sont bourrées de microparticules de plastique et d’autres produits chimiques et de synthèse.

     - A ce point-là? s’inquiète-t-elle.

     - Eh oui, ma chère! L’industrie des boissons soi-disant naturelles se moque éperdument des petits snobinards qui ne boivent jamais au robinet...  

     - Pourtant, je croyais que tu n’aimais pas la bière.

     - Tu as raison. Quelle mémoire!... Mais je ne la déteste pas. Surtout quand la soif est en train de me rendre fou.

     - Tu as soif?

     - Non, je crève de soif.

     - Ça se voit que tu n’es pas un vrai écologiste.

     - Comment ça?

     - Un vrai économise même sa salive et se sert lui-même pour empêcher que ses sembles ne gaspillent pas leur l’énergie pour rien, souvent pour rien.

     - ...

     - Bon, j’ai compris! 

     Elle part toute énervée et elle revient toute souriante avec une chope et une gueuze glacée sur un plateau d’argent...  

    Mort-Subite-Gueuze_1.jpg

    Cliquez sur la bouteille avant de la déguster!

    (Qui connais à fond sa nourriture digère en parfaite posture.)

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  • L'espionne et moi (27, à suivre)

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     L'espionne et moi Hank Vogel.jpgUne quinzaine de minutes plus tard. Peut-être plus, peut-être moins

     Louise, à ma gauche, est couchée côté cœur. Moi: sur le dos, les mains derrière la tête.

     Brusquement, elle se retourne vers moi et, consciemment ou inconsciemment, elle pose sa main sur ma braguette.

     Étrangement, je reste de glace et, tel un auteur de romans policiers agame, frigide ou en panne d’inspiration, je m’interroge:

     Qu’a-t-elle l’intention de fabriquer? Que cherche-t-elle? Les clés du coffre-fort qu’elle croit que je possède ou tout simplement mon canif suisse pour débouchonner une bouteille? Mais quelle bouteille?  

      Hélas, ces moments suspendus dans les airs, surréalistes ne durent qu’un trop bref instant. Car les images les plus osées, les plus crades du passé collées aux fesses de la culpabilité ne tardent jamais à refoutre la pagaille au sein d’un mental en train de planer.

     Mais heureusement, le dieu des paumés et des naufragés tous azimuts, toujours à l’affût des situations lamentables, secoue Louise. La fausse ingénue se réveille ou fait semblant de se réveiller et me demande aussitôt en caressant du bout des doigts l’unique fermeture éclair de mon pantalon:

     - Je te plais autant que ça ou tu caches un pistolet dans ta poche?

     - Non, c’est ma caméra, je lui réponds d’un air désolé.

     - Dommage! Je suis déçue.

     - Et moi donc! 

     Du coup, elle se lève d’un bond en s’exclament:

     - Ça tombe à pic!

     Et, toute excitée, elle réitère son offre mais en des termes plus polis et plus évocateurs. Soit:

      - Bosse pour moi et tu seras rémunéré comme un pape... Filmer pour toi, ce n’est la mer à boire, n’est-ce pas? Je dirais même que c’est un jeu d’enfant. Non?... Non?...

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  • L'espionne et moi (26, à suivre)

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      L'espionne et moi Hank Vogel.jpgNous nous déchaussons et nous nous allongeons sur le lit, tout habillés forcément. 

     Forcément: par négligence, prudence ou pudeur. Bien que cette dernière notion ne se réveille chez elle que dès qu’un obsédé sexuel lui propose de jouer le rôle de la poule qui ose déféquer sur son coq. Quelle merdique pulsion! Bref, mieux vaut ça que de jouir en bouffant tout cru ou presque sa petite amie comme au Japon.

     Tout individu à ses propres fantasmes. Les mieux, je préfère les garder secrets pour préserver ma personnalité et, surtout, afin que les hystériques ne prennent pas d’assaut ma chambre à coucher.

     Mais! 

     Ma générosité ou ma bavardise littéraire risque de me trahir.

     Soit:

     Louise s’endort. Moi, je fais semblant. Car  je ne suis pas fatigué comme elle. Au contraire, je flirte avec la pleine forme. Excité sans doute par les beaux draps dans lesquels je me suis mis. Alors, je mate ses pieds et je me formule:

     - Panard rime avec paniquard, partouzard et peinard. Et plus encore! C’est la partie cachée de l’iceberg humain. A l’air libre, nu, à la portée de tout regard, en couple ou en solo, qu’il soit égyptien, grec, romain, carré ou je ne sais quoi encore, il  dévoile à celui qui veut bien l’observer le caractère de son propriétaire. Paraît-il! Mais, étant perfectionniste, pour arriver à la première place du piédestal de la connaissance suprapédieuse et soutenir ainsi cette fascinante théorie, il me faudrait des décennies voire des siècles d’observation. C’est pourquoi, je me contente de n’admirer que ceux qui appartiennent aux belles rêveuses. Pieds fins pareils à ceux de Nefertiti, la plus élégante des reines. Celle qui hante mes nuits lunaires...


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  • L'espionne et moi (25, à suivre)

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     L'espionne et moi Hank Vogel.jpgA peine le temps de cette réflexion, voilà que la porte s’ouvre et Louise entre en grognant:

     - Qu’ont-elles toutes à venir renifler dans ma piaule, ces chiennes?

     Brusquement, elle me toise, longuement, puis elle me demande sèchement:

     - Elle a fait quoi, elle t’a raconté quoi, la pétasse de rousse?

     - Rien qui puisse nuire à ta santé mentale et physique, je lui réponds d’un ton mi-figue mi-raisin. Pourquoi? C’est aussi une espionne?

     - On ne sait jamais!

     - Un être aussi candide?

     - Détrompe-toi, tout n’est que miroir aux alouettes chez ces gens-là.

     - Et toi alors?

     - Moi quoi?

     - Tu fais bien partie de cette bande, non?

     - Pas du tout. Tu cherches à m’insulter?...

     - Alors pourquoi tu m’as dit que tu collabores souvent avec ou pour les services secrets?

     - Je n’ai jamais dit ça. Ni avec, ni pour, ni avec d’autres termes... Tu sais, l’imagination déborde facilement de ses plates-bandes...

     - Et tes fameuses couilles en or, elles débordent d’où? Des jardins du Vatican, maybe my baby?...

     - Okay, okay, calmons-nous!... Je suis prête à tout te dévoiler. Mais avant cela, il faut que je me repose une demi-heure, car il m’a crevée, le zigoto... Acceptes-tu de faire une sieste avec moi, comme de vieux copains?

     Je guigne ma montre-bracelet et je hoche la tête en signe d'assentiment...

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  • L'espionne et moi (24, à suivre)

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     L'espionne et moi Hank Vogel.jpgUn claquement de porte me fait sursauter. Je rouvre aussitôt les yeux et j’épie par le trou de la serrure. 

     Réflexe conditionné du parfait voyeur prêt à passer les examens pour devenir barbouze, me dis-je.

     Et que vois-je? Une jeune fille rousse d’une grande beauté tenant un plumeau et un smartphone dans ses mains.

     Une femme de chambre, je suppose, vu sa blouse noire, son tablier blanc et l’ustensile le plus amusant pour chasser la poussière, la déplacer surtout.

     En deux temps trois mouvements, tel un soldat abandonné par sa troupe, je décampe de ma tranchée insolite, j’accoure vers la divine enfant en chancelant et je bêle presque: 

     - Maaa Louise... que lui est-il arrivé... à Madame Louise?

     Sidérée, à la limite de tomber en pâmoison, la présumée camériste bafouille:

     - J’sais pas... c’qui?

     - C’est la charmante dame qui loge ici, je lui explique en souriant afin qu’elle sorte  in-extenso de sa torpeur. 

     - La charmante dame qui loge ici, répète-t-elle d’un air navré, ou niais, eh bien... eh bien...

     - Eh bien quoi?

     - Elle n’est pas là.

     - Je sais bien qu’elle n’est pas là...

     - Plus là, je crois... Et vous, qui êtes-vous monsieur? Son mari ou son père?

     - Dieu merci, ni l’un l’autre!... Un ami qui l’attend.

     Elle respire profondément.

      Instinctivement, je baisse mon regard et je remarque ainsi qu’elle arbore sur sa poitrine une petite médaille dont le ruban, orange et jaune, est en forme de papillon.

     - C’est une décoration du travail? je lui demande en pointant du doigt l’objet concerné.

     - Non, ce sont les armoiries de ma famille,  me répond-t-elle avec joie et fierté.

     - Sans indiscrétion, quel est votre nom?

     - Je m’appelle Henriette comme la plus fameuse de mes ancêtres dont la générosité  fit naître la légende de la fée Tante Arie.

     - Je connais la caméra Arri, Arriflex pour les non-professionnels du 35 et du 16, mais pas de fée Arie. C’est qui cette généreuse personne?

     - La comtesse de Montbéliard.

     - Henriette d'Orbe-Montfaucon, celle qui... 

      Tout à coup, un SMS sonne sur son portable, me coupant ainsi la parole.  

     La belle demoiselle lève aussitôt son plumeau, tel un gendarme de la circulation son bâton blanc pour m’interdire toute action, lit le message en grimaçant et, avec une mine embarrassée, elle m’avoue:

     - Je me suis trompée de chambre.

     Et elle prend la poudre d’escampette. 

      Avec toutes ses économies, ajouterais ma concierge ukrainienne, par les temps qui courent.

     - Merde! je murmure. C’est peut-être une Nassau et une Wurtemberg comme moi...

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    Tante Arie (pour plus d'info... cliquez sur l'image)

    L'espionne et moi... Hank Vogel.jpg

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  • L'espionne et moi (23, à suivre)

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    L'espionne et moi Hank Vogel.jpg... Être un descendant direct d’Englebert Ier de Nassau-Dillenbourg et appartenir ainsi, en quelque sorte, à la Maison de Nassau qui donna des rois à l’Angleterre, à l’Écosse et aux Pays-Bas, j’accepte volontiers cela mais je ne cautionne nullement les crimes que certains membres de cette grande famille européenne ont commis au nom de la religion. Sûrement incités par des prêtres catholiques et des prédicateurs protestants. Des enfoirés de première!.. Au risque de déplaire à tous mes cousins, proches et éloignés, très attachés aux étiquettes, je reproche à toutes les royautés du passé d’avoir gouverné en pensant trop à leurs quéquettes et à celles d’aujourd’hui de ne pas gouverner du tout mais en se faisant toujours des couilles en or. Heureusement grâce à la démocratie, jaillie des entrailles du Grec Solon en Égypte, les présidents et les premiers ministres ont pris la relève. Quelle chance et quel changement! Vraiment? Pour eux: sans aucun doute. Pour le peuple: c’est à y réfléchir. Qu’a-t-elle apporté de fabuleux à l’humanité, cette gent de privilégiés, mâles et femelles? Les cachots, les geôliers, les bourreaux, la flicaille et les espions sont toujours là. Et au pays de Calvin, le tortionnaire de Michel Servet et de bien d’autres innocents, ces émissaires venus de l’est comme de l’ouest brillent par leur présence. Surtout les agents doubles, dirait ma concierge pleine d’humour. En somme, il n’y a rien d’épatamment nouveau sous le soleil à part le big bang que l’on cherche à nous faire gober à tout bout de champ à la place de la trinité ou du néant. Homo homini lupus est! Non, l’homme n’est pas un loup pour l’homme mais un sangsue. Car la publicité n’existait pas encore à l’époque de Plaute, Titus Maccius Plautus pour les latinistes...

    L'espionne et moi de Hank Vogel.png

    Englebert Ier de Nassau-Dillenbourg (pour plus d'info... cliquez sur l'image)

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  • L'espionne et moi (22, à suivre)

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     L'espionne et moi Hank Vogel.jpgPlié en quatre, plus au sens propre qu’au figuré, dans cet antre d’intello méfiant mais trop curieux que je me suis fabriqué, je décide d’imiter l’aïeule du russekovitch. C’est-à-dire: attendre tout bonnement que la vérité se dévoile d’elle-même. Exercice dont le résultat est certainement certain mais lent à venir.

     Car le vite fait sur le gaz, c’est bon pour le journalisme bas de gamme mais pas pour l’histoire telle que je la conçois.

     Faut dire que de nos jours le moindre pet de recherche coûte une fortune. Tout dépend du fric. Sans lui, seuls les petits enfants et  les nonnes imberbes et chastes nous apporteraient de la joie de vivre.

     Ainsi, en espérant que les amants d’un jour ou de toujours ne tardent pas trop à réapparaître dans le champ de ma vision, réelle mais limitée par une serrure dorée et lustrée à l’excès, je ferme les yeux et je m’interroge:

     A quoi servent les services secrets dans une société qui se veut totalement transparente? Plus à poil qu’à poil, c’est se mutiler, pense l’hétéro contrairement au transgenre. Non, je n’entre pas dans les détailles sur ce sujet. Que chacun polisse sa bosse à sa façon!... Notre civilisation, s’améliore-t-elle ou s’empire-t-elle? Où va-t-on?... Où sont-ils allés, le zèbre et ma gazelle de cette savane à l’apparence faussement paisible, officiellement nommée Genève? Faire une sieste cocasse à Soral après avoir bouffé une longeole du père Longeot à l’abbaye de Pomier? Pourtant le Jardin anglais est à deux pas d’ici et c’est là où tout se passe. Documents secrets, drogue et caresses osées sous les nez de Calame, Diday et Rodo...

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    La longeole, ma saucisse préférée! (pour plus d'info... cliquer sur l'image)

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