14/03/2017

Jørgensen et la belle Isis (17, à suivre)

Hank Vogel, Jørgensen et la belle Isis.jpg- Si j’ai bien pressenti le culot de votre pensée, vous préconisez à toute personne qui désire devenir un bon flic de faire de sérieuses études en psychiatrie ou en psychanalyse, non?

- En quelque sorte... Mais revenons à vous. A vos désirs, vos fantasmes, vos jugements... Parlez-moi de la femme, des femmes ou de votre femme.

- Par quoi ou par qui, voulez-vous que je commence?

- Bonne réponse interrogative!

- Pardon?

- Non rien, continuez.

- ...

- Dites ce qui vous vient...

- A mon humble avis, les plus perverses sexuellement se sont les intellectuelles.

- Précisez!

- Je n’ose pas.

- Essayez tout de même.

- Par expérience, j’ai constaté que les créatrices, les metteuses en scène et en image excellent dans le domaine de la pornographie. Également et surtout les écrivaines!

- C’est correct?

- Quoi donc?

- Le mot écrivaine. C’est plutôt du canadien, du belge ou du suisse ça, non?

- Il n’y a que les chnoques qui condamnent ce terme depuis que... depuis que...

- Depuis que?

- Depuis qu’en littérature, la femme est plus à l’aise avec la queue de l’homme que l’homme lui-même.

- Excellent! Je vous approuve totalement... Mais...

Je me bouche aussitôt les oreilles...

07:59 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (4) |  Imprimer |  Facebook | | | |

13/03/2017

Jørgensen et la belle Isis (16, à suivre)

Hank Vogel, Jørgensen et la belle Isis.jpg- Terroriste moi? Pourquoi pas un bâtard du Pape pendant que vous y êtes? je hurle de rage.

- Calmos, calmos! Ce n’était qu’un test, me rassure le fonctionnaire policier... Cris et gémissements par leurs styles reflètent le fond de l’âme. Seulement, les hurlements ne figurent pas tous parmi les preuves d’innocence. Car il y a hurlements et hurlements. Les spontanés et les prémédités. Les vrais et les faux. Et vous êtes une personnalité à part, une sorte de démon des icebergs qui rend de glace, ou glaciale pour les puristes, la moindre analyse superficielle, c’est pourquoi je serais ravi que vous me parliez de votre vie affective, nombril ou point de fuite de tout acte guerrier ou pacifique, vu que, en tant que soldat de l’ordre combattant le désordre, il m’est malheureusement formellement interdit de pratiquer l’hypnose.

- Sommes-nous par hasard à l'hôpital de la Salpêtrière à l’époque de Chariot?

- Vous ne manquez pas d’humour... ni d’instruction d’ailleurs. Mais les terroristes, eux aussi...

- Si j’ai bien pressenti le culot de votre pensée, vous préconisez à toute personne qui désire devenir un bon flic de faire de sérieuses études en psychiatrie ou en psychanalyse, non?...

09:46 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (5) |  Imprimer |  Facebook | | | |

11/03/2017

Jørgensen et la belle Isis (15, à suivre)

Hank Vogel, Jørgensen et la belle Isis.jpg- Merde alors, il parle le norvégien! je m’exclame.

Il sourit avec fierté et m’explique:

- Les négros ne sont pas aussi négros qu’on le pense, cher blanc-bec. Peut-être pas tous. Faut-il aussi se mettre d’accord sur la connotation de négro. Le trucmuche n’est point une rigolade, je vous l’accorderais, un Français né au Congo ne raisonne pas de la même façon, avec la même intensité qu’un Français d’origine espagnole, pour lequel ce terme ne reflète que sa couleur...

- Minute, minute, s’il vous plaît! j’interviens précipitamment... Je sais que vous savez que je sais que les nuances des couleurs et en particulier celles du noir faisaient partie de mes activités de colorimétricien, ou plus vulgairement d’étalonneur, dans un laboratoire cinématographique mais je ne souhaite nullement replonger dans le passé...

- Pourquoi vous n’aimez pas ce terme?

- Quel terme?

- Étalonneur.

- Parce qu’ il fait plus songer à un étalon, cheval destiné à la reproduction entre parenthèses, qu’aux couleurs.

- Et alors?

- Il faut interroger les réalisatrices et les directrices photo qui ont eu envie de coucher avec moi...

- Eu envie seulement?

- Eu envie et couché.

- C’était où? A Oslo, à Paris ou ailleurs?

- Ailleurs.

- Où ça?

- En Suisse... Mais pourquoi toutes ces questions stupides puisque vous savez tout sur moi? On dirait que vous m’espionner à l’américaine... par mon téléviseur.

- Certainement, vous avez dû lire Mon voisin de Hank Vogel.

- Oui, je l’ai lu et alors?

- Ça m’étonnerait pas que ce con travaille pour la CIA. Ou du moins, il lui a donné quelques idées.

- Comme tous les poètes, malgré eux.

- Pouet pouet!... Mais revenons à vos expertes du trou noir.

- Ma parole, vous séjournez la nuit dans ma télé!

- Non, camarade, cette boîte à délires n’est pas assez confortable pour moi. Dans le maraboutisme, il y a plus d’espace. Bref! J’aimerais vous connaître un peu plus avant de vous relâcher ou de vous faire incarcérer subito presto en tant que terroriste potentiel...

- Terroriste moi? Pourquoi pas un bâtard du Pape pendant que vous y êtes? je hurle de rage...

16:10 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (3) |  Imprimer |  Facebook | | | |

10/03/2017

Jørgensen et la belle Isis (14, à suivre)

Hank Vogel, Jørgensen et la belle Isis.jpgIl s’ écroule dans son fauteuil.

Suite à une stupeur ou à une crampe? Quelle importance! Le soldat blessé n’a strictement aucune considération pour son pire ennemi.

Ni l’inspecteur, ni moi ne réagissons.

- Qu’ il aille bouffer ses bananes avec les Pygmées! plaisante silencieusement l’inspecteur qui a de la peine à se tenir sur ses deux jambes.

- Vous voulez vous asseoir sur ma chaise? je lui propose.

- Non merci, vous êtes sympa...

- Quelle bande d’hypocrites! lance le commissaire... La flatterie entre flic et voyou, on ne trouve ça qu’en France.

- Liberté, égalité, fraternité! je chantonne.

- Asseyez-vous, m’ordonne-t-il sèchement.

J’obéis.

Quelle autre absurdité va-t-il me vomir encore en pleine gueule, ce pistonné des îles?

- Vos pensées raisonnent dans mes oreilles, vous savez, me dit-il. J’ai pris du galon grâce à mes compétences et non pas grâce à du copinage. Et! Que l’on soit dans l’Hexagone ou à Gwadloup, une blanche vaut deux noires. Donc, j’en vaux quatre. Forstår du?

- Merde alors, il parle le norvégien! je m’exclame.

Il sourit avec fierté et m’explique:...

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09/03/2017

Jørgensen et la belle Isis (13, à suivre)

Hank Vogel, Jørgensen et la belle Isis.jpgIl se lève à son tour, tout énervé, et me déclare:

- Vu la situation actuelle, c’est grave!

- Tout est dans le souvenir et la plénitude. Les amours enfantines font l’homme, les suivantes font le mâle. Au féminin: la femme et la femelle.

- Justement! Qui se ressemble s’assemble.

- Soyez plus explicite, cher divisionnaire!

- Je constate que vous êtes redevenu raisonnable.

- Pareil pour vous.

- Courtoisie française oblige!

- Alors?

- Alors quoi?

- Pourquoi c’est grave?

- Parce celui qui a trempé son biscuit dans le chocolat pour la première fois et a trouvé cela sublime, répétera cette opération une infinité de fois et ce jusqu'à sa dernière extase. Vous comprenez?

- Pas tout à fait.

- C’est... c’est comme celui qui a bu l’eau du Nil, il... il...

- Il attrapera incontestablement une amibiase intestinale...

- Mais non! Il devra revenir à nouveau en Égypte. Il s’agit du.. d’un dicton!

- Similaire à: si tu as osé poser tes fesses sur les genoux d’Isis et qu’elle a trouvé cela très excitant et courageux de ta part, la déesse et toi, vous serez unis pour l’éternité, c’est ça?

Soudainement, je remarque que le commissaire n’est plus ébène mais gris taupe.

- Vous êtes tout pâle, que vous arrive-t-il? je lui demande, ébahi et effrayé...

11:57 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (4) |  Imprimer |  Facebook | | | |

08/03/2017

Jørgensen et la belle Isis (12, à suivre)

Hank Vogel, Jørgensen et la belle Isis.jpg- Et demain ça sera autre chose!

- Quoi par exemple?

- Le mariage entre humains et animaux. Madame et son toutou, par exemple. Ou Monsieur et sa chèvre. Ou encore le mariage inter-règne.

- C’est quoi ça pour une invention?

- L’union sacrée entre un bonhomme ou une bonne femme et la plante la plus vibrante de son jardin.

- Tu te fous de moi? Oui, tu te fous de moi, Blanche Neige.

- Vous ne tutoyez et vous m’insultez maintenant?

- Oui et il y a longtemps que j’aurais dû le faire. Car je suis persuadé que tu me prends pour un chimpanzé qui saute sur tout ce qui bouge.

- Oui, Cheeta.

- Tu vois que j’ai raison, tête de nœud...

- Je ne connais pas votre nom, comment dois-je vous appeler autrement?

- ...

- Vous ne vous êtes pas présenté.

- Si... Commissaire est largement suffisant. Question de sécurité nationale.

Automatiquement, un rictus se dessine sur mon visage.

Il me foudroie à nouveau du regard. Et m’accuse de raciste patenté.

Je me lève brutalement et lui crache à la figure:

- C’est toi le raciste qui n’aime pas les blancs. Moi j’aime les noirs et de toute nuance. Car celle qui m’a torché durant toute ma petite enfance était noir de carbone et la première fille avec qui j’ai joué à touche-pipi était noir d’encre et la deuxième noir de fumée ou noir de Jais, je ne m'en rappelle plus très bien.

Il se lève à son tour, tout énervé, et me déclare:

09:28 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (8) |  Imprimer |  Facebook | | | |

07/03/2017

Jørgensen et la belle Isis (11, à suivre)

Hank Vogel, Jørgensen et la belle Isis.jpgIl se redresse et, comme si de rien n’était, il me demande presque à haute voix:

- Pour la deuxième fois, êtes-vous... prenez tout votre temps avant de vous mettre à nu, c’est très important... êtes-vous raciste? Ou xénophobe, si vous préférez? Ou ethnocentriste?

- Lequel de ces trois qualificatifs me nuirez le moins, je me parle à moi-même.

- Détestez-vous les noirs, les sémites, les patrons ou la flicaille?

- C’est quoi la flicaille?

- Un bon point pour vous. Et le reste?

- Difficile à dire.

- C’est problématique.

- Le devrais-je?

- C’est encore plus problématique.

- Concernant les patrons, c’est totalement hors de question.

- Pourquoi?

- Parce que j’en suis un.

- Un deuxième bon point...

- Mais êtes-vous certain que les boss, les manitous, les gérants, les propriétaires, les tenanciers, les négriers... constituent à eux seuls une race bien distingue?

- Interrogez vos employés et vous aurez la réponse... Et ceux qui figurent au bas de votre échelle des valeurs?

- Je ne vous suis pas.

- Ceux que vous estime le moins.

- Eh bien?

- Que pensez-vous deux?

- Il est interdit ou est-ce un mal de sous-estimer quelqu’un?

- Quelqu’un non mais plusieurs d’individus à la fois oui.

- J’ai compris votre raisonnement. Si je hais un noir, je ne suis qu’ un simple petit connard. Par contre, si je hais en plus sa famille et tout son village, je suis un grand con de raciste. Même si ces derniers m’ont tiré des flèches dans le cul...

- Halte là! Johnny Weissmuller est mort depuis plus de dix ans.

- Pourquoi, il était raciste?

- Lui non mais les films dans lesquels il jouait l’étaient. Les histoires, les scénarios, les dialogues, les personnage... tout était conçu pour dénigrer les Africains.

- Mais ce n’est que du cinéma!

- Cinéma ou pas, on a tout de même balancé la purée. Ce qui a engendré au moins deux générations de ségrégationnistes.

- C’était une époque! Les temps changent. Aujourd’hui, on privilège bien l’homosexualité dans les festivals et à la télévision, sans pour autant inciter le spectateur à devenir un pédé.

- C’est vous qui le dites.

- Et demain ça sera autre chose!

- Quoi par exemple?...

13:42 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (5) |  Imprimer |  Facebook | | | |

06/03/2017

Jørgensen et la belle Isis (10, à suivre)

Hank Vogel, Jørgensen et la belle Isis.jpgLe commissaire me fait un clin d’œil et me chuchote:

- C’est la guerre. Tout le monde soupçonne tout le monde. Même au sein de notre institution. J’ai l’impression que mon subordonné me surveille. Heureusement qu’il est sourd d’une oreille, à cause d’un coup de feu.

Il se penche vers moi, cache sa bouche avec sa main gauche et poursuit:

Malheureusement, il sait lire sur les lèvres. Cet expert du service de dépistage a étudié la lecture labiale chez un orthophoniste de réputation mondiale, dont le nom reste secret pour des raisons de sécurité. On l’envoie souvent en prison, déguisé en taulard, afin qu’il démasque les présumés comploteurs qui parlent dans leur barbe lorsqu’ils prient. Ce n’est pas une gymnastique facile, surtout chez les islamistes, j’en conviens, mais je ne suis pas pour. Car on est en train d’enfreindre la loi sur la protection de la vie privée et ce à forte dose. Même si l’on est persuadé que ces balbutiements religieux ou autres sont des messages codés pour des éventuels attentats.

Il se redresse et, comme si de rien n’était, il me demande presque à haute voix:...

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05/03/2017

Jørgensen et la belle Isis (9, à suivre)

Hank Vogel, Jørgensen et la belle Isis.jpgLe commissaire me foudroie des yeux et, après une longue hésitation, me traite:

- Vous êtes un mouchard et un traître! Vous n’avez pas honte de poignarder votre meilleur ami dans le dos?

- Drittsekk! je hurle.

Le commissaire bondit en arrière avec son fauteuil et son visage passe subitement du noir ébène au noir bleu et vis versa en trois secondes.

Je trouve cela si comique que je ne peux pas m’empêcher d’éclater de rire.

Alors le policier se lève, me pointe du doigt et me menace:

- J’exige de vous une explication ou c’est la garde à vue!

- Quelle explication? je lui demande, jouant au naïf.

- Qu’est-ce qui vous a mis dans cet état?

Je me croise les mains et je lui dis avec gravité et satisfaction:

- Enfin, grâce à vous, je sais maintenant ce que c’est la peur bleue.

- La peur bleue, répète-il en se rasseyant, avec étonnement... Qu’est-ce cette forte émotion vient faire ici?

- Pourtant, elle était en face de moi. Visible à l’œil nu. En flagrant délit...

- Vous renversez les rôles, Jørgen Jørgensen...

- Tel un bizarre arc-en-ciel où seul le bleu, surtout le bleu, l’indigo et le violet étaient présents. Si vous étiez blanc, vous auriez rougi de colère et je n’aurais pas rigolé.

- En êtes-vous certain?

- J’ai dit peut-être?

- Non, vous n’avez pas dit peut-être.

- Non?

- Non.

- Désolé, c’est un lapsus alors.

- Non, Monsieur, ce n’est pas un lapsus linguae. Ni un lapsus calami, ni lapsus manus...

- Et vous, en êtes-vous certain de ce que vous avancez?

- Parfaitement! Car quand j’étais étudiant en criminologie, j’ai eu vingt sur vingt aux examens sur la question des lapsus.

- C’est quoi alors?

- Un oubli volontaire...

Le pauvre inspecteur, fatigué d’être resté debout tout ce temps-là, réagit en miaulant:

- Chef! Que l’on passe à l’essentiel, j’en ai marre d’attendre, planté là comme un garde pontifical forcé à écouter votre conciliabule.

Le commissaire me fait un clin d’œil et me chuchote:...

12:46 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (2) |  Imprimer |  Facebook | | | |

04/03/2017

Jørgensen et la belle Isis (8, à suivre)

Hank Vogel, Jørgensen et la belle Isis.jpg- Quand le hasard dure, ce n’est plus le hasard. Cherchez bien dans votre cervelle.

J’ai l’impression qu’il me prend pour un bahut, ce pingouin des savanes. Si j’étais Tarzan, il oserait à peine me parler. Ou grand et fort comme Føgel.

Subitement, il me vient une idée géniale, selon moi:

- Madame X a certainement dû me confondre avec mon voisin qui, malgré la sérieuse différence de taille, me ressemble comme une goûte d’eau, dis-je... Les Suisses ont peut-être le sens de la ponctualité mais n’ont nullement le sens de la mesure, ni de la folie des grandeurs, d’ailleurs. Car, si c’était le cas, avec tout l’or qu’ils ont sous leur coupole bernoise, il y a longtemps qu’ils auraient proposé aux Égyptiens de leur construire une quatrième grande pyramide. Parce que des petites et des mastabas, il y en a à gogo au pays des pharaons. Et puis, cette espiègle et voyeuse genevoise... sa tocante est peut-être suisse mais ses jumelles doivent être chinetoques...

- Vous confondez tout, Jørgensen! crie-t-il.

Puis avec sérénité:

- C’est vous le ponctuel, jeune homme, pas elle. Vous mélangez tout. Une vraie machine à salades russes! Seriez-vous originaire du comté de Finnmark qui fait frontière avec la Russie?

Je ne réponds pas.

- Hein?

Je rumine, je me gratte le nez et je balance tout décontracté:

- C’est Hans Føgel qui adore aller aux putes depuis que sa femme l’a quitté. Pas moi. Et celles qu’il préfère se trouvent à la rue Saint-Denis. Vous savez, il en a rien à foutre de payer une amende de cinq-cents euros à la République pour avoir été le client d’une prostituée. Totalement. Les principes moraux de cette société, gérée par des hypocrites et des connards, il s’en moque éperdument. Interdire le partage entre personnes consentantes, de quelque nature que ce soit, est acte fasciste, un crime d’état, un frein au bon fonctionnement de la démocratie. Selon lui. Vous comprenez? Mais attention! C’est un Viking, lui. Un vrai! Un poulet armé jusqu’aux dents, prêt à affronter les martiens, il est capable de l’écraser comme une vieille merde, par pure distraction.

Le commissaire me foudroie des yeux...

 

12:11 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (6) |  Imprimer |  Facebook | | | |

03/03/2017

Jørgensen et la belle Isis (7, à suivre)

Hank Vogel, Jørgensen et la belle Isis.jpg- Vous paniquez, Monsieur le Norvégien?

Je sens une présence derrière mon dos, je me retourne aussitôt.

- Je croyais que vous aviez disparu, dis-je à l’inspecteur Pays-Bas.

- Il panique, confirme-t-il à son supérieur.

- Mais à quoi vous jouez tous les deux? je demande calmement. Je suis bien dans ma tête et en parfaite santé physique. Parfois même trop.

- C’est exact, confirme le Watusi.

Après un long silence, les yeux fixés sur l’écran de son ordinateur, il m’explique en lisant à moitié:

- Voyons, voyons!... D’après Madame X, une Suissesse qui aurait fui Genève pour divers raisons, sociales ou politiques probablement, tous les jours à vingt heures précises, vous quittez votre logement de la rue René Boulanger, dans le dixième arrondissement, pour vous rendre à la rue Saint-Denis, en passant toujours par le boulevard et la rue Saint-Martin et jamais par la rue de Turbigo ni par le boulevard de Sébastopol. Pourquoi?

 - Jeg vet ikke, je marmonne.

- Pardon? Vous m’insultez?

- Non, j’ai répondu je ne sais pas en norvégien.

- On parle le français ici, la langue de Victor et Hugo. Vous connaissez au moins l’un des deux?

- Personnellement, je ne connais ni la Suissesse ni Victor Hugo.

- Ce n’était pas ça ma question, bref!... Pourquoi quittez-vous votre domicile à huit heures du soir précises?

- Précises? Ça m’étonne, c’est impossible.

- D’après Madame X, qui porte constamment sur elle une watch made in Switzerland et non pas une vulgaire montre belge, c’est plus que possible.

- C’est le pur hasard.

- Quand le hasard dure, ce n’est plus le hasard. Cherchez bien dans votre cervelle...

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02/03/2017

Jørgensen et la belle Isis (6, à suivre)

Hank Vogel, Jørgensen et la belle Isis.jpgTout d’un coup, on me libère de mon masque forcé et me voici, à ma plus grande stupéfaction, face à une chose, excusez-moi du terme, totalement inattendue.

Soit: un Watusi d’une beauté et d’une noirceur inégalées. Au premier sens concernant la couleur, bien entendu.

- A ce tarif-là, dans un siècle ou deux les Français n’auront plus besoin d’aller à la plage pour se bronzer, dis-je machinalement.

- Seriez-vous raciste? me demande sévèrement l’homme, assis confortablement derrière son bureau.

Et, ne me laissant pas le temps de me justifier, il poursuit:

- Je suis français de mère et de père. Arrière-arrière-arrière-petit-fils d’esclave, j’en conviens mais français tout de même. Pouvez-vous en dire autant, blanc-bec?

- Non... ou plutôt, oui mais, Monsieur, je réponds en dépit des conseils de mon beauf Hans.

- Commissaire, corrige-il... C’est quoi ce non-oui-mais?

Je monte aussitôt sur mes grands chevaux:

- Moi, je suis norvégien de Norvège, le pays le pacifique de la planète...

- Malgré cet infâme connard qui a tiré des coups de feu sur plus de deux cents personnes?

- C’est l’exception qui confirme la règle.

Il sourit de toutes ses dents blanches.

- Un drôle de personnage, ce monsieur Jørgen Jørgensen, murmure-t-il en tapant sur son ordinateur géant.

- Merde alors! je lance.

- Plaît-il?

- Non rien.

- Si. A quoi pensiez-vous?

- A deux trucs à la fois.

- A quoi?

- A votre mac dernier cri et au fait que nom soit là-dedans... et que vous me connaissez.

- Cela fait trois.

- Trois quoi?

- Vous paniquez, Monsieur le Norvégien?...

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01/03/2017

Jørgensen et la belle Isis (5, à suivre)

Hank Vogel, Jørgensen et la belle Isis.jpgEt menottes aux poignets et cagoule noire sur la tête, on m’emmène en voiture quelque part.

Où? Niet! Secret d’état oblige! paraît-il.

Il y a vraiment des tonnes de coups de pied au cul qui se perdent dans la vie, me dis-je. L’argent du contribuable vaut moins que des miettes pour ces gens-là, hypocrites et cachottiers consommateurs de chit ou de coc qui se protègent entre eux. Je le sens, j’ai le feeling.

On me sort du véhicule par la nuque, on me tire par le bras, on me pousse, on me tourne et retourne trois fois vers la gauche, quatre fois vers la droite, on me retient et on me force à m’asseoir en exerçant une lourde et réelle pression sur mes deux épaules. Qui donc? Un ou plusieurs individus invisibles.

J’ai la folle impression d’être dans la peau d’un colis postal.

Tout d’un coup, on me libère de mon masque forcé et me voici, à ma plus grande stupéfaction, face à une chose, excusez du terme, totalement inattendue. Soit:...

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28/02/2017

Jørgensen et la belle Isis (4, à suivre)

Hank Vogel, Jørgensen et la belle Isis.jpg- Alors cherchez-les ou on fout votre appart en l’air.

- Allez-y, vous adorez ça et je ferai appel à un sans-papiers pour le remettre en ordre.

- Justement.

- Justement quoi?

- Vous auriez tendance à flirter avec le terrorisme.

- Je ne comprends pas.

- Plus clairement, vous avez engagé des sans-papiers dont quelques uns auraient participé à des attentats.

- C’est possible.

- Vous reconnaissez les faits?

- Je ne reconnais rien du tout. J’ai dit c’est possible. Quand j’engage occasionnellement un individu, je n’ai ni le temps ni l’intérêt de lui demander d’où il vient, ce qu' il a l’intention de fabriquer à l'avenir... si... s’il est chrétien, juif, musulman, végane ou djihadiste. Tout ce je lui demande, c’est ce qu’il sait faire.

- C’est grave Monsieur.

- Pourquoi donc?

- Vous faites trop confiance aux inconnus.

- Est-ce un crime?

- Non, mais ça pourrait le devenir vue la situation actuelle.

- Et l’intuition dans tout ça?

- Plaît-il?

- J’ai le nez fin, vous savez.

- En tant que cuistot, je n’en doute pas...

- Je suis restaurateur et non cuisinier...

- Nous le savons, pour nous c’est du pareil au même...

- Puisque vous le savez, alors pourquoi voulez-vous voir mes papiers?

- C’est la règle... Où sont-ils?

- Où sont-ils, où sont-ils! Ça fait un bout de temps que je n’ai pas quitté la capitale... Ils sont sûrement quelque part...

- Cherchez-les!...

- Ici ou ailleurs.

- Ailleurs? Où ça?

- Où ça, ou ça! Au resto peut-être...

- François! Tu ne vois pas qu’il est en train de se foutre de ta gueule? demande la poularde à son chef.

- Tu as raison, Julie, lui répond l’inspecteur... Embarquons-le, ce fils de pute!...

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27/02/2017

Jørgensen et la belle Isis (3, à suivre)

Hank Vogel, Jørgensen et la belle Isis.jpgChut! On frappe à la porte.

J’ouvre: trois personnes sont là. Deux hommes et une femme. Le visage blafard et crispé.

On dirait qu’ils sortent tout droit d’un interrogatoire de police, raté mais du bon côté de la table. De mauvais flics certainement, me dis-je par instinct d’ancien soldat de la paix.

Le plus mal habillé d’entre eux, me tend une carte barrée d’une bande tricolore et me déclare hautainement d’une voix rauque:

- Sécurité nationale, contrôle d’identité!

Je souris, fier d’avoir encore du flair. Bien qu’un poulet sans uniforme, même à poil, ce n’est dur à détecter lorsqu’on le sens de l’observation. Car c’est le métier le plus déformant de la planète. Les gestes et le regard, surtout, en prennent un sacré coup. La méfiance, par exemple, a tendance à s’évaporer par les oreilles.

Ils entrent sans gène en me bousculant.

- Et la courtoisie française, c’est de l’histoire ancienne? dis-je, offusqué.

Le mal fringué se présente aussitôt:

- François Pays-Bas, inspecteur à la brigade franco-suisse. Vos papiers...

- Qu’est-ce la Suisse vient foutre ici? je lui demande, tout étonné... Vraiment, ils ne savent plus comment gaspiller leur fric, ces cons-là...

- Un peu de respect encore un pays ami!

- Quand ça vous arrange.

- Passeport ou carte d’identité!

- Je ne sais plus où ils sont.

- Alors cherchez-les ou on fout votre appart en l’air.

- Allez-y, vous adorez ça et je ferai appel à un sans-papiers pour le remettre en ordre.

- Justement.

- Justement quoi?...

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26/02/2017

Jørgensen et la belle Isis (2, à suivre)

Hank Vogel, Jørgensen et la belle Isis.jpgMais?

D’après mon compatriote, compagnon de bataillon, voisin de palier, associé et beau-frère de vieille date, Hans Føgel, je serais accro à cette conjonction de coordination qui, d’après lui encore, pue l’opposition et l’objection.

Et, pour ma santé mentale, d’après lui toujours, dès que cette adversative me vient à l’esprit, il faudrait que je la commute immédiatement, que je la substitue par la copulative. En de termes plus simples: dès que je pense mais, je devrais aussitôt m’apprêter à dire et.

Car il déteste quand quelqu’un lui dit, surtout le vendredi soir avant d’aller au bordel:

- Oui bien sûr, mon cher Monsieur, c’est bien joli tout ça mais... vous comprenez?

Un mais suivi d’un silence suivi ou pas d’une interrogation, c’est hors de question pour lui. Totalement inadmissible.

Que voulez-vous, c’est un enfant de Thor. Toujours le marteau à la main, prêt à enfoncer le moindre clou. Il a horreur de tout ce qui est vacillant, instable et flou. A l’inverse de moi.

Les seules choses que nous avons en commun et qui nous tiennent vraiment à cœur, pour ne pas être trop méchant, aussi bien à lui qu’à moi, ce sont le o barré obliquement dans notre nom de famille, preuve irréfutable que nous sommes norvégiens, danois, féringiens ou camerounais, nos ex épouses, des jumelles, des parigotes, que nous avons connues dans un café bourré de touristes, de soldats et de prostituées, à la place des Canons à Beyrouth, quand nous étions casques bleus, et qui nous ont presque forcés à nous installer en France, une fois enceintes, de nous probablement, et notre petit restaurant parisien «Den Isfjell». Traduction: «L’Iceberg».

C’est pourquoi, contrairement à certains surexcités de la planète, je dis souvent à mes clients.

- Paris, c’est Pampeluche avec toutes ses peluches et ses paluches.

Et, j’ajoute à contre-cœur quand les populistes sont là:

- Malheureusement, elle commence à ressembler de plus en plus à Beyrouth.

C’est-à-dire: le nombre de musulmans ne cesse d’augmenter et le nombre de chrétiens ne cesse de diminuer.

Et les Juifs?...

Chut! On frappe à la porte.

11:44 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (4) |  Imprimer |  Facebook | | | |

25/02/2017

Jørgensen et la belle Isis (1, à suivre)

Hank Vogel, Jørgensen et la belle Isis.jpgRumeurs et préjugés! Ainsi naissent les légendes.

Chacun tire la couverture de son côté. Non pas pour que l’autre ait moins chaud en été mais pour que lui soit à l’abri du froid en hiver. Ainsi naissent également les légendes.

De nos jours, on parle beaucoup de mondialisation, philosophiquement parlant. Mais cette banalisation des goûts et coutumes a commencé depuis de belles lurettes. Pour simplifier les choses, je dirais: depuis que Marco Polo a ramené de Chine les raviolis et les spaghettis, les nouilles plus exactement, et que les Italiens ont en fait leurs spécialités culinaires nationales. Avec la pizza piquée aux Turco-mongols. Mais ça c’est une autre histoire.

On parle beaucoup aussi de réchauffement climatique et de pollution. Mais cette détérioration des saisons, des airs et des eaux, si face à Dieu j’ai le droit de qualifier et présumer cela ainsi, a déjà débuté au premier printemps de l’an de grâce zéro moins quelques millénaires, lorsque les mammouths ont attrapé la première grippe intestinale de la préhistoire et qu’ ils se sont mis à déféquer et à péter à tire larigot, plus haut que leur cul. Merci Pagnol! Marcel pour les intimes.

Non, soyons sérieux! Je m’appelle Jørgen Jørgensen. C’est-à-dire en français: Georges fils de Georges. Je suis Norvégien. De mère islandaise. Fier d’être scandinave et fils de pêcheur. Mais!

Mais?...

08:28 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (6) |  Imprimer |  Facebook | | | |

24/02/2017

L'avaleuse de livres (86, fin)

Hank Vogel, L'avaleuse de livres.jpgSamedi! Comme promis, on me fête. Quelle sensation de joie et de timidité à la fois! Par manque d’expérience sans doute. Que voulez-vous, mes anniversaires n’ont jamais fait l’objet d’une quelconque manifestation. Car ma date de naissance inscrite sur mon passeport n’est que pure fantaisie, administrative. Pour ceux qui m’ont ramassé dans la rue ou retiré d’une poubelle, je suis né un certain jour d’une certaine semaine d’un certain mois d’une certaine année un peu mois incertaine. Mais je suis né tout de même! Et ça, c’est l’essentiel pour moi. Surtout quand j’entends battre mon cœur. Et en ce moment, il bat très fort.

Tous mes collègues de travail et tous mes amis sont là. Soit: Irina Guennadievna, les cinq Tatiana, les trois Natacha, les deux Elena, les deux Svetlana, les maris, les éventuels amants, les marmots, les marmottes, Monsieur et Madame Hofmann. Et Lilit, forcément. Toute ma famille en quelque sorte. Vue du ciel, bien entendu.

Il y a à boire et à manger. Au sens propre comme au figuré, selon les goûts et les coutumes. Pour un bataillon de soldats affamés, à mon avis.

C’est-à-dire: de la vodka de Sibérie, du cognac d’Arménie, du vin de Géorgie, le saperavi, du morse pour les mioches et les abstinents, des cornichons et des tomates salés, du pain noir, des tartines au saumon fumé, des blinis au caviar rouge, des goloubiettes (feuilles de chou farcies), des dolmas, des pelmini, des vareniki, des salades et des fruits.

On mange, on boit, on parle de tout et de rien. Les assiettes bien fournies et les verres aussitôt vides aussitôt pleins.

Vers vingt-trois heures, plus ou moins, Madame Smirnova, légèrement saoule, lève son godet personnel, rempli d’une mixture de plusieurs alcools, et déclare à haute voix:

- Bienvenu parmi nous, très cher camarade Ivan Korkunov. Tu es des nôtres maintenant... J’espère que tu nous oublieras pas quand tu deviendra un grand écrivain. Bonne chance à toi et à toute la Russie!

Et tout le monde répète après elle, en gesticulant dans tous les sens:

- Bonne chance à toi et à toute la Russie.

C’est comme ça que j’aime mon pays, me dis-je. Dans l’allégresse, l’abondance et le partage!

*

Épilogue. Dix ans plus tard. Le temps passe, le vent souffle mais ne détruit que rarement tout.

Je suis marié et père de deux enfants. Un garçon et une fille. Un blond, pareil à moi, et une rousse, pareille à sa mère.

Comme ma femme et moi, nous sommes fascinés par la vie des écrivains et qu’elle ne peut pas s’empêcher de lire et moi d’écrire, nous avons acheté un logement de deux étages à Saint-Pétersbourg, non loin de la maison-musée de Fiodor Dostoïevski. Au premier, il y a notre appartement, privé. Et au rez-de-chaussée, notre librairie, publique. Que nous avons baptisée: «L’avaleuse de livres».

16:01 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (3) |  Imprimer |  Facebook | | | |

23/02/2017

L'avaleuse de livres (85, à suivre)

Hank Vogel, L'avaleuse de livres.jpgElle me fixe pendant une dizaine de minutes, avec une extrême concentration, puis, toute décontractée, elle me dit:

- Les analphabètes ont bien réussi leur coup. Ils t’ont moulu à leur image, à la perfection. Même plus que parfait. Au point de croire qu’ils t’ont presque transformé en mollusque.

Analphabète, moulu, mollusque? Pourquoi cherche-t-elle à m’insulter? A me rabaisser?

Mais l’arrivée de la serveuse, avec tout son bastringue, m’empêche de contre-attaquer. A la place, je propose donc, gaillardement:

- Mangeons et buvons en silence comme un vieux couple et crachons-nous au visage comme des malfrats à la fin de cet honorable dîner.

A la fin du repas, entre le cognac et le thé, après avoir déballé nos plus ridicules et risibles secrets, Lilit m’avoue avec beaucoup de sérieux:

- Je ne suis pas Denisa mais je suis bel et bien Lilit. Orpheline également. Ta petite copine est morte d’un cancer, il y a une année à peu près. Aux États-Unis. À New York exactement. J’ai lu ça sur un site américain... Elle rêvait de devenir un écrivain et de vivre de sa plume. Avant de mourir, elle a tout de même réussi à publier un petit bouquin, que j’ai télécharger sur Internet... un ouvrage poignant où elle raconte son enfance, sa maladie et ses nombreux combats... En particulier celui, chargé d’entraves, qui consistait à retrouver celui qu’elle avait surnommé Chocolat Blond, mon frère et mon poète...

Mes yeux se mettent à couler comme des fontaines.

- C’est moi, je murmure en sanglotant.

Lilit se met à pleurer également.

- Je te demande pardon, me dit-elle... Je n’aurais jamais dû m’identifier à elle.

- En plus de mentir, tu as volé ses rêves, je lui reproche.

- Je te demande pardon, répète-t-elle... C’était plus fort que moi. La lecture est envoûtante, terrifiante parfois. La lecture et le hasard aussi. Grâce aux livres, j’ai survécu au pire. A cause d’eux, vais-je perdre maintenant l’essentiel?... Je t’aime, Ivan.

- Je t’aime aussi, Lilit... Pourquoi ai-je atterri ici, à Guelendjik?

- Et moi donc?

- Est-ce par pure coïncidence? Ou sommes-nous pareilles à deux saumons, de retour de l’océan, coincés dans la même rivière?

- Les orphelins ne le saurons jamais mais peuvent toujours essayer de pondre des œufs.

Et, par nervosité ou pour échapper à un éventuelle explosion relationnelle, nous éclatons de rire.

Un mariage sans rires ni larmes n’est qu'un respectable et vulgaire contrat entre deux boutiquiers, me vient alors à l’esprit à cet instant...

13:28 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (1) |  Imprimer |  Facebook | | | |

22/02/2017

L'avaleuse de livres (84, à suivre)

Hank Vogel, L'avaleuse de livres.jpgDès que le réveil sonne, encore à moitié endormi, le caféinomane se jette sur sa machine à café, le fumeur sur son paquet de cigarettes et le téléphomane sur son portable ou sa tablette.

Et forcément, Litit, pareille à ces gens-là, recommande, en ma présence, sa fameuse fondue aux herbes et son vin blanc préféré.

- Dois-je languir encore longtemps avant d’entendre ce conte de fée? je lui demande... À moins que ce n’était d’une simple ruse afin que je me décide à effacer mon ardoise... la dette que j’ai envers toi?...

- Quelle ardoise? Quelle dette? Nous ne sommes plus à l’orphelinat et pas encore au palais de justice, me répond-t-elle d’un air amusé... Quand j’offre, je ne n’attends rien en retour.

- Mais... mais...

- Mais quoi?

- Non, rien.

- Si! Vas au bout de ta pensée!

- C’est une question de fierté masculine.

Elle me fixe pendant une dizaine de minutes, avec une extrême concentration, puis, toute décontractée, elle me dit:

14:51 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (6) |  Imprimer |  Facebook | | | |