14/02/2017

L'avaleuse de livres (76, à suivre)

Hank Vogel, L'avaleuse de livres.jpg- Oui, trois!... Les castratrices, les aspiratrices et les admiratrices.

- Argumente!...

- Mille excuses, j’ai oublié les hors compétition... les lesbiennes et les nonnes.

- Argumente!

- Tu n’aurais pas un verbe plus adéquat à me cracher sans cesse à la figure? Parce que cette thèse n’est pas mienne...

- Alors ergote! Si cela ne t’irrite pas trop...

- Pour éclairer ta rudimentaire lanterne de boy-scout des cavernes: la castratrice anéantit le mâle, l’aspiratrice l’épuise à mort, l’admiratrice le fait jubiler et les autres l’excitent.

- Et toi comment vois-tu la femme ou les femmes?

Monsieur Hofmann se gratte la tête, me sourit malicieusement et me demande:

- La femme, les femmes ou ma femme?...

08:42 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (3) |  Imprimer |  Facebook | | | |

13/02/2017

L'avaleuse de livres (75, à suivre)

Hank Vogel, L'avaleuse de livres.jpg- Mais qu’est-ce que tu racontes?

- Je rumine sur les femmes. Ça t’intéresse?

- Toutes les idées m’intéressent surtout lorsqu’elles proviennent d’un érudit comme toi qui a énormément voyagé et qui s’est marié plusieurs fois...

- Deux fois seulement!

- Pour moi, deux fois c’est beaucoup voire trop.

- Et trois?

- C’est pathologique... Un premier mariage raté, je comprends mais à partir d’un deuxième ou d’un troisième... c’est comme prendre plaisir à trébucher.

- Je constate que tu es terriblement jeune et que tu ignores tout de la psychologie féminine... Combien de types de femmes y-a-t-il d’après toi, beau puceau fana de l'onanisme?

- Comment le saurais-je avec une si nulle expérience selon toi?

- Eh bien, d’après un autre branleur de ton espèce, un psychiatre zoroastrien vivant au pays de Heidi et Peter, il y en aurait trois.

- Trois?

- Oui, trois!... Les castratrices, les aspiratrices et les admiratrices.

- Argumente!...

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12/02/2017

L'avaleuse de livres (74, à suivre)

Hank Vogel, L'avaleuse de livres.jpgPuis il me regarde drôlement et m’avoue:

- Désolé! Fâcheusement, nous ne pourrons pas nous pavaner sur le même podium lors de la prochaine révolution. Moi, je suis incapable de me rappeler le moindre discours que j’ai rédigé, la moindre ligne que j’ai allongée sur le papier. Et pourtant dans ma jeunesse, j’ ai pondu des centaines et des centaines de poèmes. Surtout quand j’étais amoureux. Comme toi aujourd’hui.

- Comment tu vois ça? je lui demande naïvement.

- Tu marches comme une épave. Ou plutôt comme un chien perdu sans collier.

- Le chien perdu sans collier, je le suis depuis mon enfance.

- Désolé de nouveau, je te demande pardon.

- Pardon accordé.

- Merci vodka!... Les unes ont des ailes, les autres des fourches. Néanmoins, comme nous les adeptes inconditionnels de l’effarouchement et de la balourdise, elles passeront toutes, de toute façon, la porte de leur chapelle les pieds en avant et le cul flétri...

- Mais qu’est-ce que tu racontes?...

10:43 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (5) |  Imprimer |  Facebook | | | |

11/02/2017

L'avaleuse de livres (73, à suivre)

Hank Vogel, L'avaleuse de livres.jpgEt me voici embarqué pour une surprise-partie à deux, spiritueuse forcément mais non démunie de toute spiritualité, si vous permettez cette expression.

Après le premier cul sec, mon hôte lâche:

- Pas cons, ces Tatares!

Après le deuxième:

- Ils sont musulmans et pourtant ils fabriquent et boivent de la gnôle.

Et après le troisième:

- Ce qui prouve que le fanatisme est synonyme d’intolérance... Tu as déjà eu l’occasion de feuilleter les Rubaïyat d’...

- Omar Khayam?

- Eh bien!

- N’oublie pas que je suis libraire!

Et je précise:

- Il est Perse.

- Tu me prends pour un ignare?

- Non bien sûr, mais quel rapport avec les Tatares?

- La même méfiance, la même distance avec l’islam orthodoxe.

Je récite alors:

- Allah est grand!... Ce cri du muezzin ressemble à une immense plainte. Cinq fois par jour, est-ce la terre qui gémit vers son créateur indifférent?... Signé: Omar la terreur, pour les mollahs.

- Eh bien, eh bien! répète-t-il... Tu as appris tous ses quatrains par cœur?

- Tu es fou! Quelques-uns seulement... C’est le métier qui l’exige.

- C’est déjà trop pour moi.

Puis il me regarde drôlement et m’avoue:

09:35 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (4) |  Imprimer |  Facebook | | | |

10/02/2017

L'avaleuse de livres (72, à suivre)

Hank Vogel, L'avaleuse de livres.jpg- Enfin de retour! s’exclame Monsieur Hofmann.

- Mais je ne suis jamais parti, je rétorque.

- Alors quelle discrétion!

- Pas du tout, c’est une simple question d’horaires.

- Tu m’épates tout de même...

- Les matinaux et les vespéraux ont parfois du mal à se croiser...

- Êtes-vous amoureux, Ivan?

- Je croyais que l’on se tutoyait.

- Vraiment?

- Il me semble.

- Alors la vodka a dû opérer dans le bon sens. Justement, j’en ai une hors du commun. On dirait qu’elle a été créée spécialement pour moi.

- Ah bon?

- La Khanskaya! La bibine à Hans! Mais d’excellente qualité. Vous... tu connais?

- Je ne suis pas expert en la matière.

- Ça viendra en vieillissant... Viens! Allons à cuisine, il faut absolument que tu goûtes ça...

11:16 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (5) |  Imprimer |  Facebook | | | |

09/02/2017

L'avaleuse de livres (71, à suivre)

Hank Vogel, L'avaleuse de livres.jpg- Les Arméniens ou les Juifs ne se marient qu’entre eux, dit-on, pourquoi pas les orphelins? Mêmes racines et aucune racine apparente, c’est presque le même bidule, non?

Pas d’objection. Pas d’affirmation. Rien.

Lilit ouvre un bouquin qui se trouve sur une chaise près d’elle, se penche et lit à voix basse:

- Pour comprendre certaines choses, il faut revenir sur les lieux du passé et ainsi on se rend compte que nous ne sommes pas grand-chose et que nos idées, nos projets, toutes ces images qui passent par notre petite cervelle, n'ont véritablement aucun sens devant les beautés du présent... J'ai tué Lola, mes préjugés l’ont tuée?... Sais tu pourquoi je n’ai jamais voulu épouser Lola? Fred: parce que tu ne l’aimais pas. Edwin, avec violence: non, mon ami, à cause de mes préjugés...

- Je m’en vais, dis-je.

C’est l’indifférence dans toute sa gloire! A mon égard, bien entendu. Elle est totalement absorbée par les dialogues du récit. Comme si l’écrit avait vaincu à jamais le verbal.

Addio malata del libro! J’espère que les anges de la simplicité viennent rapidement alléger tes nombreux poids...

10:14 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (3) |  Imprimer |  Facebook | | | |

08/02/2017

L'avaleuse de livres (70, à suivre)

Hank Vogel, L'avaleuse de livres.jpg- À l’autre?

- A mon autre copain.

Je m’éloigne d’elle par réaction.

Elle riposte:

- Serais-tu jaloux?

Je mens, par ruse ou par fierté:

- Non, irrité, contrarié, emmerdé...

- Pourquoi?

- Parce que j’étais à deux doigts de te dégoiser tout un roman.

- C’est-à-dire?

- C’est raté.

- Pas question! Je veux savoir.

L’homme est souvent bavard mais la femme est éternellement curieuse. Si Dieu créa l’humain mâle à son image, il créa la femelle multiple. Pareille à des poupées russes. L’une cache l’autre. Quasi à l’infini.

Multiple et secrète. Toujours plus secrète.

Lilit se lèche les lèvres. Impatiente de dévorer mes paroles, certainement.

Je m’abandonne à ma sincérité:

- Les Arméniens ou les Juifs ne se marient qu’entre eux, dit-on, pourquoi pas les orphelins? Mêmes racines et aucune racine apparente, c’est presque la même chose, non?

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07/02/2017

L'avaleuse de livres (69, à suivre)

Hank Vogel, L'avaleuse de livres.jpgLes philosophes, les sociologues, les psychologues, les psychiatres et autres prétendus connaisseurs des comportements humains sont cloués à leurs dogmes comme des papillons tout juste épinglés dans une boite entomologique vitrée. En nous poussant à nous envoler vers de plus lumineux horizons, il tentent ainsi de sauver leurs propres ailes.

- J’aimerais tellement être sûre que mon traumatologue ne me raconte pas des bobards? s’interroge Lilit.

- Quel traumatologue, quels bobards? je lui demande tout surpris.

- Je ne t’ai jamais mis au courant de ça?

- Jamais.

- Comment est-ce possible?

- Nos relations sont encore si fraîches.

- Oui, c’est vrai, où ai-je la tête? C’est peut-être à l’autre.

- À l’autre?...

07:14 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (4) |  Imprimer |  Facebook | | | |

06/02/2017

L'avaleuse de livres (68, à suivre)

Hank Vogel, L'avaleuse de livres.jpg- C’était quand?

- A quoi bon compter les jours, les mois, les années quand on sait qu’ils ne reviendront pas? Mais ma tête est souvent en guerre. Le présent ne cesse de contrarier le passé, avec une telle violence par moment, que parfois j’ai comme la certitude que cet évènement n’a jamais eu lieu.

Je prends sa main dans la mienne et lui demande:

- C’est pour cela que tu m’as menti?

- Entre autres, me répond-t-elle le regard lointain.

Puis elle marmonne:

- Je suis riche, follement riche. Une croix de plus à porter.

- Une croix?

- Oui, la richesse... l’argent est un lourd fardeau.

- Alors débarrasse-toi de lui.

- Facile à dire... Pour me retrouver dans la misère? Non, merci!

Elle hausse de nouveau les épaules.

Pauvre avaleuse de livres! Je l’imagine écrasée par des caisses chargées d’or et de bouquins.

L’abondance de fric et la surcharge de connaissances rendent-elles l’homme incontrôlable, accablé de contradictions? Qui peut répondre véritablement à cette question?...

07:00 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (3) |  Imprimer |  Facebook | | | |

04/02/2017

L'avaleuse de livres (67, à suivre)

Hank Vogel, L'avaleuse de livres.jpg- Tu te trompes, Ivan. Mon père et ma mère ne me parlent plus.

- A cause de quoi?

Lilit hausse les épaules et débite d’un air effaré:

- L’Europe, la Suisse, le Valais, les belles montagnes, les neiges éternelles et artificielles, des vacances de rêve, les restaurants, la fondue, les bons vins, le ski, la luge, le chalet, les feux de cheminée, le confort, les sentiers poétiques, les routes presque parfaites mais la glace... et badaboum!

Puis elle relate avec tristesse:

- Mes parents étaient devant. Moi derrière. Nous parlions de mes études. Ils étaient si généreux, si affectueux avec moi. Mon père conduisait. Comme d’habitude. Prudemment. Tout à coup, j’entends un bruit fracassant, je vois des étoiles de toutes les couleurs et... c’est le noir total. Trois jours plus tard, je sors du coma sans séquelles heureusement mais malheureusement, je me retrouve orpheline pour la deuxième fois... C’est un cas d’accident de la route sans tiers identifié, verbalisera la police locale...

- C’était quand?...

13:58 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (4) |  Imprimer |  Facebook | | | |

03/02/2017

L'avaleuse de livres (66, à suivre)

Hank Vogel, L'avaleuse de livres.jpgElle éclate de rire.

- Un sentiment profond échappe à toutes les traditions, j’argumente avec gravité... Autrement, ce n’est qu’un désir superficiel, un caprice d’enfant gâté, de minable bourgeois assis confortablement sur son petit cul bordé de nouilles.

- Pourquoi tu es si dur avec moi? pleurniche-t-elle presque.

- Serais-tu devenue plus conformiste que les conformistes? As-tu pu effacer les traces de tes douloureux pas sur cette terre infernale?... Que nous le voulions ou pas, nous n’oublierons jamais que nous sommes des enfants du désastre. Des produits de la discorde, de la misère ou de la guerre. Sauvés de justesse grâce à Dieu. Miraculeusement par nous-mêmes... Moi, je n’ai personne à qui me confier, mis à part mon carnet de notes qui ne fait que répéter ce que je lui raconte. Toi, tu as plus de chance que moi, tu as au moins des parents adoptifs qui t’écoutent et te conseillent.

- Tu te trompes, Ivan. Mon père et ma mère ne me parlent plus.

- A cause de quoi?...

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02/02/2017

L'avaleuse de livres (65, à suivre)

Hank Vogel, L'avaleuse de livres.jpg- Cherches-tu un moyen pour t’esquiver?

- Pas du tout.

- Alors pourquoi tu brodes?

- Parce que le pommier donne des pommes et non des poires? Je suis comme je suis et je ne n’inquiète guère de ce que les gens pensent de moi. Désolé de pas avoir été moulé selon tes goûts et tes normes pour te rassurer.

- Toutes mes excuses. Je t’ai vexé, n’est-ce pas?

- Non, je brodes comme tu dis si bien... Pourquoi tourner autour pot, au lieu d’aller droit au but? Qui sème des mots suspects récolte des discours confus. Cela aurait été plus direct et plus simple de me demander de t’épouser.

- Mais je suis une femme, Ivan!

- Dommage!

Elle éclate de rire...

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01/02/2017

L'avaleuse de livres (64, à suivre)

Hank Vogel, L'avaleuse de livres.jpgA son réveil, Lilit me demande:

- Qu’est-ce que tu penses du mariage?

Quand une donzelle pose cette question à son petit copain, c’est qu’elle a sérieusement envie de se caser, de préférence avec lui. A moins qu’elle ne soit en train d’élaborer une thèse sur cette indestructible institution qui s’oriente de plus en plus vers le monde des affaires et de la propriété privée en particulier. Ou... Ou...

- Encore sur son mystérieux planétoïde! lance-t-elle.

Je secoue la tête et je lui réponds:

- Était-ce un ultimatum ou un piège?

- C’était juste pour savoir.

- Juste pour ça? Mon œil! La femme ne pose jamais de question, elle interroge. Comme un flic. Avec plus de finesse et subtilité que lui, certes, mais elle interroge tout de même. Car elle n’attend que des aveux de la part de son partenaire, toujours coupable d'après elle quoi qu’il en soit.

- Tu intellectualises trop la gent féminine.

- Tu trouves?

- Cherches-tu un moyen pour t’esquiver?

- Pas du tout.

- Alors pourquoi tu brodes?...

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31/01/2017

L'avaleuse de livres (63, à suivre)

Hank Vogel, L'avaleuse de livres.jpgLa vie n’a de secret pour personne. Il suffit pour cela d’observer attentivement tout ce qui se passe autour de nous et en nous. Nous grandissons et viellions comme tout être, tout objet. Et la jeunesse n’est qu’ une singulière étape qu’il faut savourer à pleines dents. Le corps d’une femme à cette période limitée, malheureusement, de l’existence, pour celui ou celle qui s’extasie devant lui, est un chef-d’œuvre artistique inégalé. Mais combien s’y perdent et ne prenne pas le temps de l’admirer. L’homme est souvent trop absorbé par l’idée de la jouissance et n’aspire qu’à son aboutissement. L’animal règne dans l’humain. La nudité est pourtant belle à regarder.

Lilit dort. Sur son dos. Les bras écartés. Les jambes serrées. Allongée toute nue au milieu de ses livres. La littérature fait désordre. Elle semble à la dérive. Les mots ne seront jamais la chose. Seul la chose peut dominer les mots.

Je contemple ma belle. Je me transforme en caméscope. Je la capte, je filme ses pieds, ses genoux, les poils de son sexe, son nombril, ses seins, son cou, sa bouche, son nez, l’oreille gauche puis la droite, ses cheveux... Aucun adjectif n’ose se prononcer. Par pure pureté. Je recule et je réalise une prise de vue d’ensemble.

- Merde! je murmure... Popol est de retour...

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30/01/2017

L'avaleuse de livres (62, à suivre)

Hank Vogel, L'avaleuse de livres.jpgJe la dévisage et je lui déclare tout décontracté:

- Je te trouve admirable, sublime, transcendante et croquante, dans le bon sens, à la fois... et j’ai une envie folle...

Mais Dionysos commence à semer sa zizanie.

- De me baiser, avance-t-elle.

- Non, de faire l’amour avec toi, je corrige... Au ralenti si possible. Ce serait plus divin. Car je te respecte et je t’aime corps et âme.

L’avaleuse de livres se met à pleurer. Se souvient-elle d’un extrait de ses lectures, similaire à ma fantaisie romantique et romanesque?

Je m’approche d’elle et je la serre contre moi.

A quoi bon attendre demain pour comprendre que hier était plus proche de l’éternité qu’aujourd’hui?

Nos bouches s’unissent méprisant ainsi toute précaution, toute pensée, aussi géniale soit-elle.

Et nous voici partis tout feu tout flamme pour le plus merveilleux des voyages. Disposés à passer par Sodome et Gomorrhe si nécessaire...

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29/01/2017

L'avaleuse de livres (61, à suivre)

Hank Vogel, L'avaleuse de livres.jpg- Je t’ai menti.

Je connais ça, le mensonge. Tantôt bouclier, épée ou fuite. Tantôt gratuité, imprudence ou vice. Nous sommes si multiples, si mal avertis.

Elle sort une bouteille de vodka du réfrigérateur, la pose sur la table de la cuisine et me répète sereinement en prenant deux petits verres d’une étagère:

- Je t’ai menti.

Puis elle ajoute:

- Par modestie et prudence... A toi l’honneur!

Je sers à boire.

Nous trinquons et nous grignotons comme deux lurons.

- Et la suite, elle ne t’intéresse pas? me demande-t-elle à un moment donné, avec inquiétude.

L’alcool me rend souvent joyeux, insouciant, volage voire totalement consentant à bien des interdits moraux.

- On dirait que tu t’en fous complètement, dit-elle agacée.

Je la dévisage et je lui déclare tout décontracté:...

 

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28/01/2017

L'avaleuse de livres (60, à suivre)

Hank Vogel, L'avaleuse de livres.jpgOn s’habitue plus facilement au luxe qu’à la pauvreté. Incontestablement. Le contraire ne serait que pure perversion intellectuelle. Paradoxalement un luxe masochiste. Tout individu normalement constitué aspire à l’aisance. A la facilité. D’être et avoir.

- Tu n’est pas fatigué d’être toujours ailleurs? me demande gentiment Lilit en coupant en rondelles son fameux saucisson d’ours.

- Cet ailleurs, comme tu dis si bien, n’est autre que la cause de ce qui est ici-bas, je lui réponds en panotant comme une caméra tout autour de moi.

- Tu habiterais facilement ici?

- Seul: non.

- Et avec moi?

- Tu es vraiment drôle, tu me reproches d’être souvent dans la lune et que fais-tu là, tu m’incites à ce que je me propulse sur mars.

- Rigolo!... Mais tout est possible.

- Je sais, tout est possible sauf l’impossible. Car cet appart n’est ni le tien ni le mien et tu n’es là que provisoirement...

- Je t’ai menti...

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27/01/2017

L'avaleuse de livres (59, à suivre)

Hank Vogel, L'avaleuse de livres.jpg- Tu as faim? me demande Lilit.

- Pas vraiment, je réponds vaguement.

- Moi, je crève la dalle, on se paye un resto?

- Je sais que je te dois ça mais je n’ai un kopeck sur moi...

- Tu me dois rien. Ce qui est offert est offert.

- Apparemment mais l’autre attend toujours le retour de la monnaie.

- Je ne comprends pas.

- Excuse-moi, je me suis mal exprimé. Je voulais dire...

- Allons chez moi, j’ai du saucisson d’ours. Ça te dit?

- Quelle cruauté!

- Pourquoi, serais-tu végétarien ou écolo?

- Cela dépend des jours. Mais je veux bien en goûter. Car celui qui goûte à tout saura répondre à Dieu...

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25/01/2017

L'avaleuse de livres (58, à suivre)

Hank Vogel, L'avaleuse de livres.jpgSoudainement, je sens le poids d’une main sur mon épaule gauche. Je me retourne aussitôt et... qui vois-je, le sourire aux lèvres?

Madame Smirnova accompagnée de Lilit. La vieille et la jeune. Soyons plus charitables, la mûre et la verte. Presque collées l’une à l’autre comme deux inséparables fautrices.

Seraient-elles lesbiennes et complices de quelque chose? traverse mon esprit.

- Mademoiselle vous cherchait, m’explique-t-elle, ma cheffe forcément, en retirant sa main de mon épaule.

Elle remue les sourcils et poursuit:

- Exceptionnellement, je vous autorise à passer le reste de la journée avec elle car elle a de sérieuses révélations à vous faire.

Quel choc! J’ai l’impression de vivre dans un film. Romantique, fatalement. En héros, décidément. Juste avant le dénouement final. Je crains tout même le pire...

13:29 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (6) |  Imprimer |  Facebook | | | |

24/01/2017

L'avaleuse de livres (57, à suivre)

Hank Vogel, L'avaleuse de livres.jpgC’est l’heure de la pause. A chacune la sienne. A chacun. Vu que je suis là maintenant. Pas tous ensemble. Par équipe de deux, de trois ou de quatre seulement. Ça se comprend avec tous les filous qui rodent partout dans ce pays!

Les dépendantes du tabac se dépêchent de sortir pour vite fumer une cigarette et les tributaires du sucre courent à la cantine pour s’empiffrer de bonbons ou de petites pâtisseries.

Quant à moi, je m’isole dans un coin, je sors un calepin et un crayon de mes poches et j’attends que le diable et le Bon Dieu veuillent bien s’affronter honorablement, en toute impunité.

Je cherche à comprendre... Pourquoi faut-il que... Il était une fois... M’aime-t-elle?... Sincèrement?... Foutaise!... Écrire, c’est aller à confesse... Qu’ils aillent tous se faire foutre... Ordre et désordre... Amour et haine... Rêves et réalités... Je suis le roi des cons...

Soudainement, je sens le poids d’une main sur mon épaule gauche. Je me retourne aussitôt et... qui vois-je, le sourire aux lèvres?...

11:38 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (3) |  Imprimer |  Facebook | | | |