Soyons Net - Page 4

  • El Pirata (30, à suivre)

    Imprimer

    El Pirata, Hank Vogel.jpgEn attendant dimanche, je passe le reste de la semaine à végéter.

    Soit: croupir, languir, m’encroûter, stagner, traîner, vivoter, survivre...

    - Tu fais quoi exactement quand tu végètes? me demanderait Carla... Végéter, ça vient de végétation?

    Et maintenant que je suis fier d’avoir osé lui coller mes mains aux fesses, je lui répondrais:

    - Je lis, je rêvasse, je crayonne, je griffonne, je ponds des textes personnels, impersonnels et asexués, je regarde des films pornos sur internet, des vidéos de lesbiennes de préférence, je me masturbe, je me promets de ne plus m’amuser à ce jeu-là, en vain, et... et...

    - Et?

    - Je recommence.

    - C’est tout?

    - Non! Bien sûr que non! Quand j’ai du fric à jeter par les fenêtres, je fais la tournée des bars et je me paye une pute. Ou l’inverse. C’est moins décevant. Mieux vaut tirer un coup les poches encore pleines à craquer qu’à moitié vides... aussi bien au sens propre qu’au figuré, n’est-ce pas?...

    Lien permanent 4 commentaires
  • El Pirata (29, à suivre)

    Imprimer

    El Pirata, Hank Vogel.jpg

    Dans la rue, je reçois un message sur mon téléphone mobile, de la part de ma sœur cadette Julie:

    slt dim pointe ton pif chez Ma Pa sera là ça urge il faut que je te parle il y aura de la bragiole à la salsa pour te consoler :-*

    Bientôt, nous serons obligés de décrocher un doctorat en égyptologie pour nous comprendre ou du moins pour déchiffrer certaines abréviations, me dis-je. Dieu soit loué! Heureusement, la frangine n’en abuse pas trop. Pour être franc, uniquement lorsque elle s’adresse à moi vu que j’ai tendance à ironiser toute nouveauté. Suis-je né vieux?...

    Lien permanent 2 commentaires
  • El Pirata (28, à suivre)

    Imprimer

    El Pirata, Hank Vogel.jpgDans l’après-midi, lors de notre pause habituelle, moment unique de la journée où nous cherchons à mieux nous connaître comme partout ailleurs et, forcément à ressusciter ainsi nos qualités intellectuelles, culturelles et sociales mortifiées pendant les tristes et insupportables heures de boulot, surtout quand il est terriblement chiant, Micmac me dit en servant le thé:

    - Désolé, j’ai oublié d’acheter votre pain au sucre.

    - Est-ce l’exception qui confirme la règle ou la règle qui confirme l’exception? je lui demande, un peu confus et déçu.

    - Le mot charabia... ça vient de l’espagnol ou des Arabes? rétorque-t-il présomptueusement.

    - Laissez vos cousins tranquilles! Ne les accablez pas davantage...

    - Vous n’avez pas répondu à ma question...

    - Et vous à la mienne.

    - Vous d’abord. Je suis votre supérieur à bien des échelons...

    - D’après les dernières nouvelles, ça viendrait du marquis de Saluces, un rital au service du roi de France François the first.

    - Un traitre à la patrie de plus!

    - A vous maintenant...

    - Tout crime mérite châtiment.

    - Eh bien! vous n’y allez pas de main morte. Rien ne justifie une telle décision. Je vous croyez au-dessus de ça...

    - C’était l’occasion de lancer la discussion sur la punition.

    - A d’autres!... Demain, j’achèterai moi-même ma petite brioche.

    Micmac me foudroie du regard puis il m’avoue, en me tutoyant:

    - Tu as raison, j’ai réagi par pure colère. Il fallait bien que je trouve un coupable. Et le plus probable c’était toi... J’ai pensé que la frustration, c’était le meilleur moyen pour...

    - Spot! je crie... C’est minable de votre part. Et tout ça pour quelques kilos de crème ratée!

    - C’est tout de même une sacrée perte d’argent...

    - A la vente seulement! Pas à la fabrication.

    - Tu fouilles dans mes documents maintenant, affreux pirate?

    Trop, c’est trop!

    Sali comme jamais, je bondis alors de ma chaise, j’enlève ma blouse blanche et lui crie dessus en la lui jetant à la figure:

    - Trouve-toi un autre bouc émissaire, espèce d’esclavagiste britannique.

    Et, forcément, je quitte le laboratoire en courant, l’esprit quasi perdu dans les ténèbres...

    Lien permanent 5 commentaires
  • El Pirata (27, à suivre)

    Imprimer

    El Pirata, Hank Vogel.jpgCertaines personnes ont le sens, inné et profond, du commerce et des économies. C’est plus fort qu’elles.

    - C’est héréditaire ou congénital, dirait Carla à haute voix.

    Monsieur Mickael Macdonald fait partie de ces gens-là. Pour preuve: le chimiste n’a qu’un seul employé qui doit tout faire ou presque, ma pomme, et n’a aucun scrupule à acheter régulièrement un litre l’huile d’arachide pour des cacahuètes, chez l’épicier minable d’en face, pour le revendre ensuite, au prix d’un saladier en cristal, aux fofolles de l’institut de beauté de sa chère épouse.

    Après que j’ai légèrement parfumé et minutieusement transvasé le produit dans de petits flacons joliment étiquetés, il y va de soi!

    - Tant qu’il y aura des moches et des têtes de nœud sur terre, les marchés de la cosmétique et de la guerre auront de beaux jours devant eux, me répète souvent Micmac. Quant à moi, étant pacifiste, je préfère verser de l’huile dans de l’eau que de jeter de l’huile sur le feu.

    Petite parenthèse, pour ceux qui ignorent tout de la fabrication des produits de soin:

    Une crème, chère ou à deux balles, qui sent bon ou intrigue les narines, colorée ou pas, c’est le résultat d’un vulgaire brassage de flotte, d’huile, de paraffine la plus part du temps, et d’un émulsifiant. Dans lequel on a ajouté, secrètement vu la concurrence, des particules soi-disant miraculeuses.

    En effleurant l’univers des secrets, je profite de vous signaler sans vergogne que mon patron anticonformiste, farouche adorateur de la lune par période, pourtant diplômé de l’université de Saint Andrews en Écosse, cache discrètement ses formules dans les toilettes de son labo, derrière la bride de rinçage. Tous les soirs, avant de rentrer chez lui.

    Mais voilà, il y a des jours où l’astre sacré des sorcières a tendance à déboussoler ses adeptes les plus savants.

    - Vous n’avez pas vu mon cahier? me demande l’alchimiste occasionnel, tout affolé.

    Je ne réponds pas. Je plane dans les airs avec Leeloo.

    Il poursuit, tout énervé:

    - Vous avez bien lavé et rincé plusieurs fois l’évier, les béchers, les erlenmeyers et les éprouvettes? N’est-ce pas?

    - Comme d’habitude, je lui réponds.

    - C’est-à-dire?

    - Deux ou trois fois.

    - Ce n’est pas une réponse scientifique.

    - Alors quatre fois, si ma mémoire est bonne.

    - Je ne vous crois pas.

    - Pourquoi?

    - La chantilly refuse de monter.

    - Quelle chantilly?

    - C’est notre jargon, à ma femme et moi.

    - Je ne vous suis pas.

    - La lotion anti-âge est ratée.

    - A cause de quoi?

    - Une infime trace de détergent due à un mauvais rinçage...

    - Ou à un oubli de votre part.

    - J’aurais oublié quoi selon vous?

    - L’émulsifiant peut-être.

    - Impossible!

    - Impossible n’est pas scientifique.

    - Vous avez raison.

    Et il disparaît de ma vue...

    Lien permanent 6 commentaires
  • El Pirata (26, à suivre)

    Imprimer

    El Pirata, Hank Vogel.jpgCassure, fracture, rupture, séparation, divorce, changement de cap... Quand le mur tombe, toutes les fenêtres s’ouvrent. La vue est belle. Les espaces sont immenses. On galope déjà vers l’avenir.

    Il suffit parfois qu’une seule de nos cellules cérébrales, sage ou rebelle, se mette à vibrer autrement que ses consœurs pour que notre cerveau se libère aussitôt de la lourdeur de son passé.

    Une cellule seulement! Telle une étoile nouvelle, flamboyante, jamais observée dans le firmament.

    Tout se passe en un laps de temps et ne dure qu’une fraction de seconde. L’illumination! Ou un moment infime de silence, de vide et d’éternité.

    Je regarde Madame Carla Amélia de Carvalho et Monsieur Adolf Hiller. Je regarde Carla et Adolf. Je regarde ma concierge et mon nouvel ami le flic. Je regarde une femme et un homme. Mon regard n’est jamais le même, il est multiple. Il est influencé par mon jugement qui, lui aussi, varie selon mon humeur, mon humour ou mes préjugés du moment.

    Rien n’est stable dans la cervelle, tout vacille. Telles des barques sur un océan agité, nos pensées s’orientent vers une mer d’huile. En vain!

    Dieu est-il cruel? La réaction est très personnelle. Malheureusement préméditée, souvent conditionnée depuis l’enfance.

    Malgré son inhumanité voulue, selon moi, comme seul et parfait remède, le Seigneur des seigneurs et des vauriens, nous a pourtant permis d’espérer. L’espérance! Source de toute croyance, toute religion quand nous manquons de rames. Soit d’idées créatrices.

    Je souris et, tel un voyeur assouvi et rassuré de ne pas s’être fait repéré, je referme la fenêtre en marmonnant:

    - Que la culpabilité ne vous anéantisse pas trop, petits voyous.

    Retour au texte que j’ai recopié. Je le relis très attentivement, puis, les yeux dans le vague, je déchire la feuille en me disant:

    C’est bien joli tout ça, très envoûtant mais mon ADN ne m’autorise pas tout...

    Lien permanent 4 commentaires
  • El Pirata (25, à suivre)

    Imprimer

    El Pirata, Hank Vogel.jpgSans le moindre scrupule, soigneusement, je recopie cette déclaration sur une nouvelle feuille de papier, filigrané Clairefontaine haut de gamme de teinte ivoire, et...

    - Zut, zut! je ronchonne. Je n’ai ni timbre, ni enveloppe. Et encore moins son adresse.

    Non, c’est faux, j’exagère, je divague, j’ignore seulement le numéro postale de la région où elle habite.

    Un silence. C’est le vide total. L’absence de tout. Je me sens perdu au milieu de nulle part. J’ai peur. Je m’affole. La folie me guette à l’horizon. Avec ses absurdes réponses. Sans tête ni queue. Ou plutôt sans queue ni tête, dans mon cas où... où quoi?

    Je m’essuies le front avec ma main, il est en sueur.

    Que se passe-t-il? Qu’ai-je fait au Bon Dieu pour en arriver là? Qui pioche trop dans ses pensées creuse-t-il sa tombe malgré lui?

    Vite un verre d’eau, la douche ou un grand bol d’air!

    Fainéant comme je suis, j’ouvre vite la fenêtre qui se trouve juste en face de moi.

    Et qui vois-je en bas dans la cour? Madame Carla Amélia de Carvalho en train de flirter avec Monsieur Adolf Hiller.

    Illico presto, toutes mes interrogations n'ont plus aucune raison d'être. Mais d'autres points de fuite se mettent à se multiplier à la vitesse grand V. C’est la cata, la confusion ne fait que de changer de peau. Manque de pot!...

    Lien permanent 4 commentaires
  • El Pirata (24, à suivre)

    Imprimer

    El Pirata, Hank Vogel.jpgChère Leeloo,

    Bien que je n’ai pas le courage patriotique d’un Eli Cohen ni l’audace décomplexée d’un Toru Muranishi, je tâcherai de t’aimer à la folie et de te protéger de tout danger, tout ennemi au péril de ma vie. Je suis donc prêt à me soumettre aux pires disciplines soit les plus contraignantes afin que notre couple puisse fonctionner en parfaite harmonie.

    - Et... et puis, je susurre.

    C’est ridicule tout ça, me dis-je.

    Soudainement, la Lettre d’amour d’un écrivain, un texte écrit par mon grand-père, se met à onduler dans ma cervelle.

    Je bondis alors de mon siège, je cours vers ma bibliothèque et, tel un inspecteur de police surexcité mais très chanceux, je fouille et je trouve le recueil où figure l’œuvre en question. Je l’ouvre, tourne quelques pages, délicatement, comme si c’était une pièce à conviction, et, après un long soupir, je lis à voix basse:

    - Il y a... Cela n'a aucune importance. Un jour, j'ai allongé des mots sur le papier. Puis des phrases. Puis de petits textes. Puis de grands textes. Puis les textes sont devenus des nouvelles, des pièces et des romans. En allongeant les mots, j'ai rencontré de petits personnages. Puis ces petits personnages sont devenus grands. Et en grandissant, ils sont devenus riches, pauvres, savants, idiots, sages ou indifférents. J'ai aussi rencontré de nombreuses femmes. Des belles, des laides, des désirables, des intouchables. Au fil des pages, certaines perdirent leur charme, leur jeunesse ou mon attachement. Que de larmes, que de joies, que de rêves, que de bavardages, que d'explications, que de mots pour arriver au mot fin! J'ai écrit avec de l'encre noire, bleue, verte, rouge, violette et maintenant avec de l'encre bordeaux. J'ai écrit pour tout le monde et pour personne à la fois. J'ai écrit la plupart du temps en buvant du café et de l'eau. Rarement de l'alcool. J'ai écrit le matin très tôt, le soir très tard, la journée, en plein soleil, en plein désert, à l'ombre, à l'abri du vent, à l'abri du froid. J'ai énormément écrit dans les cafés et j'ai pu ainsi observer le monde avec ses contradictions et son éternelle solitude. Au-delà de mon papier blanc et de mes mots, j'ai vu l'amour et la haine. Que j'ai aussitôt transformés en mots. J'ai aussi vu le plaisir et la souffrance que j'ai aussi aussitôt transformés en mots. Dans chaque ville où j'étais de passage, j'ai acheté des cahiers pour les charger de mots. Des mots et des mots! J'ai aussi acheté de nombreux stylos. Que de marques! Que de becs différents! Toujours pour allonger des mots. Que de ratures! Que de mots arrachés à mon passé! Que de mots faux! Que de mots corrigés! Que de mots barrés! Que de mots sans le savoir! Et maintenant que je découvre le merveilleux, j'hésite d'écrire... J'ai peur. J'ai peur d'inventer un faux personnage. J'ai peur d'allonger des mots peu convaincants. Mais j'ai surtout peur de tuer le silence, la tendresse et le souvenir d'un si beau sourire, le tien...

    Lien permanent 17 commentaires
  • El Pirata (23, à suivre)

    Imprimer

    El Pirata, Hank Vogel.jpgFions-nous de nouveau à notre chère montre, les amis! A elle seule. Car les aiguilles de notre horloge biologique ont souvent tendance à tourner dans le vide et à se prendre parfois pour celle d’une boussole capricieuse.

    Me revoici donc sur les sentiers palpitants mais incertains qui devraient me mener au mariage. Que d’arrangements et de concessions m’attendent pourtant au bout du chemin!

    Marié, je ne serai plus moi-même, un homme à part entière mais... une terre à moitié occupée. Que Dieu me préserve de l’esclavage matrimonial!

    Après Joslyn, passons à la suivante. Qui ça? Kenzie, Leeloo ou Ella?

    Ces temps-ci, je fantasme sur les rousses.

    - Mais elles sont toutes rouquines tes femelles de prédilection! s’exclamerait Madame Carla Amélia de Carvalho, l’oeil de Moscou du quartier et la lorgnette de l’immeuble pour ceux qui ignorent tout de notre relation... Serais-tu en train de devenir amnésique, mon coquelet sauvage?

    Elle aurait raison. Elle a toujours raison, la marginalisée, l’écartée de ma liste. Je commence à perdre la tête.

    Qui sera ma prochaine douce victime?

    Comme c’est le deuxième jour de pleine lune, bien que cet évènement ne dure qu’un bref instant, j’opte pour Leeloo.

    - Leeloo... L... Lune, je murmure pour me rassurer de ma décision paranormale.

    Coup de fil ou visite surprise? Non. J’ai une meilleure idée, une excellente idée, à l’opposé du plus sublime des textos que n’importe quel abruti surexcité peut composer et envoyer de nos jours, en tremblant comme une feuille: la missive amoureuse. Les fillettes ne rêvent que de ça. Les mots priment sur les actes. Et dans chaque femme, bien ou mal dans ses baskets, propres ou sales, il y a une petite fille qui sommeille.

    Alors, alors, alors...

    Ni une, ni deux, pressé comme un lavement, je m’installe confortablement à mon bureau en me dandinant comme un babouin sur la chaise, j’ouvre le tiroir à fournitures, j’arrache mon stylo préféré, un Montblanc acheté à un drogué pour trois fois rien, de son long isolement non mérité à cause mon prétentieux ordinateur, je le décalotte, je pointe son bec sur une feuille de papier vierge qui se trouve là par hasard, miraculeusement, et je crache le morceau:...

    Lien permanent 2 commentaires
  • El Pirata (22, à suivre)

    Imprimer

    El Pirata, Hank Vogel.jpg- Ça vient ou merde?

    Tante Wanda, la sœur cadette de mon paternel, la personne la plus dévergondée de toute la famille, m’a souvent soufflé aux oreilles dans mon adolescence, en me caressant le bas-ventre:

    - Face à une situation diabolique, il n’y que deux possibilités pour t’en sortir, mon chéri. Soit tu fuis, soit tu te comportes divinement en improvisant un plan de bataille.

    Ce conseil répété avec beaucoup de panache et de volupté a finalement marqué d’un fer rouge ma mémoire.

    Alors, en pensant à cette préconiseuse de bon aloi et au plus Grand Incitateur à la formication de tous les temps, celui qui a poussé sans vergogne les enfants du jardin d’Éden à se multiplier à tire larigot, je me déshabille en toute hâte et, une fois totalement nu, sans la moindre hésitation, je saute sur Carla, tel un crapaud qui plonge dans sa mare natale et qui ne songe qu’à faire des brasses.

    Sa robe et sa culotte jaillissent au plafond.

    - Oui, oui! Non, non! Mais si, mais si! gémit la belle Portugaise, les jambes en l’air et les bras au ciel... Ne t’inquiète pas, El, je déteste les longs préliminaires et les interminables discours. Tu as fait le bon choix... Brûle-moi de tes ailes ardentes, fils du démon! Dévore-moi!... J’adore les pirates, les motards, les tatoués, les voyous, ceux qui ne... ceux qui ne...

    - Ceux qui n’ont rien dans le crâne mais tout dans le sexe, je poursuis à sa place en nasillant, mon visage enfoui entre ses seins.

    - Dieu que c’est bon! Continue ton manège, amant d’une nuit de pleine lune. Que c’est merveilleux! La bouffe c’est du pipi de chameau à côté de ça...

    Tout-à-coup, au bout d’une demi-heure d’ébats amoureux et de débats tous azimuts, ma concierge si dévouée me repousse violemment, se met debout et me demande:

    - Tu n’as pas faim, toi?...

    Lien permanent 10 commentaires
  • El Pirata (21, à suivre)

    Imprimer

    El Pirata, Hank Vogel.jpgElle balance ses jambes. Ses pieds sont nus. Une incontrôlable excitation me monte au ciboulot. J’ai une forte attirance pour ces parties du corps, que voulez-vous. Elle remarque cela. Sans doute à cause de mes yeux qui semblent pisser du sang.

    - Ils sont sales, n’est-ce pas? me demande-t-elle, un peu embarrassée... Eh bien sachez... non sache... ton comportement pervers me déstabilise. Cesse de zieuter mes panards! Ils sont moches...
    - C’est tout le contraire, je lui réponds en relevant la tête. Ils sont propres et beaux... Eh?

    - Et quoi?

    - Non, eh bien sachez ou sache... quoi?

    - Ça?

    - Oui, ça!

    - J’ai oublié.

    - Vous mentez!

    - D’accord, je mens mais arrête de me vouvoyer.

    - Je t’écoute.

    Et Madame de Carvalho ou Mademoiselle Carla Amélia, ne sachant pas si elle est mariée ou pas, me déclare en toute sérénité:

    - Eh bien sache, mon cher ami, que l’on ne m’achète pas avec deux sourires et trois compliments. Et encore moins avec de l’argent. Je ne suis et ne serais jamais la proie de quelqu’un, aussi sublime soit-il ou aussi divin puisse-t-il devenir. Mais je suis prête à jouer au jeu des extases les plus extrêmes avec le dernier des cons, si l’occasion et l’envie se présentent. Tu me suis?

    - Je te suis.

    Et elle poursuit quasi avec rage:

    - Les concierges portugaises ne sont pas toutes des ramasseuses de merdes et des ôte vite ta gaine que je dégaine. Il y a en beaucoup, comme moi, qui ont fait des études. Mais voilà, pour le connard souillé de préjugés, elles sont toutes sorties du cul de l’enfer...

    Lien permanent 6 commentaires
  • El Pirata (20, à suivre)

    Imprimer

    El Pirata, Hank Vogel.jpgNous nous installons au salon. Elle sur son éternel divan, vu l’usure du velours. Moi dans un des deux fauteuils qui se trouvent face à elle.

    Le Japonais moyen ou non fortuné en serait terriblement jaloux. Espace et simplicité. Je me crois presque dans une salle d’attente d’un musée.

    - C’est vraiment très beau chez vous, je lui dis en panotant du regard.

    Pas de tapis. Très peu d’objets, forcément. Deux immenses vases en porcelaine de Satsuma ou de Chine et trois sculptures africaines à hauteur d’un Pygmée, à faire fuir le plus blasé des chats. Et au milieu, au millimètre près, de la parois centrale, posé à l’équerre: le portrait d’un bel homme moustachu, à l’huile certainement, entouré d’une superbe corniche dorée. Ni plus ni moins.

    - C’est vraiment très beau chez vous, je répète.

    - Vous ne trouvez pas que c’est tout de même un peu trop... trop misérable tout ça? réagit-elle, toute irritée.

    - Misérable? je m’étonne. Je ne vous comprends pas.

    Elle se lève et, comme si de rien n’était, me propose:

    - Porto, vodka, russe, finlandaise ou tout simplement un petit verre de schnaps pour ne pas vous différencier de vos amis du coin?

    - Non merci, les alcools forts ce n’est pas dans mes habitudes, je lui réponds en prenant un air dégoûté.

    - Pas nécessaire de faire une tête pareille!

    - Désolé mais c’est plus fort que moi.

    - Tant pis pour toi! Malheureusement, je n’ai que ça. Le coca fait grossir et la bière fait gonfler le ventre.

    Et elle se rassied.

    Lien permanent 0 commentaire
  • El Pirata (19, à suivre)

    Imprimer

    El Pirata, Hank Vogel.jpgDe fil en aiguille. Ou plutôt: de questions confuses en réponses absurdes. Ou encore: de tentations inquiétantes en désirs brûlants. Que voulez-vous, une situation frisant la folie, déstabilise forcément le sens du raisonnement et les organes les plus performants voire les plus intimes.

    Trois minutes avant l’heure, conformément à ce qui a été dit et promis, je sonne à la porte de Madame ma concierge. Honorabilité oblige!

    Dring pouette! Dring pouette! Dring pouette-pouette!

    En effet, un quatrième coup aurait été de trop, me dis-je en souriant. Humour et modernité, la vieille!

    La porte s’ouvre sur-le-champ.

    - Bonsoir Madame Cavallo, je gémis presque.

    - Carvalho, corrige-t-elle. Carla Amélia de Carvalho pour ne rien te cacher... Tu refuses mon invitation?

    - Non, au contraire!

    - Chez moi bonsoir c’est au revoir.

    - Non, je voulais juste vous...

    - Entre alors!...

    Lien permanent 10 commentaires
  • El Pirata (18, à suivre)

    Imprimer

    El Pirata, Hank Vogel.jpgL’affaire est close. Pour lui. Pour moi: peut-être. Tout déprendra de celle qui voudra obstinément vivre avec moi. Juive, chrétienne, musulmane ou de n’importe quelle autre confession, aussi sophistiquée!

    Il ne se prend pas pour la queue d’une poire, le tartuffe, ajouterait ma concierge portugaise, en pensant à moi forcément.

    Bref!

    Nous nous apprêtons à passer à mon avenir...

    Micmac aurait-il une nièce à placer, lui le marié tardif sans progéniture? je m’interroge.

    Ma parole, c’est une obsession chez ce Mec-là! s’énerverait intérieurement la pauvre rescapée du Mozambique.

    Il faut donc que je vous parle d’elle. C’est plus fort que moi, elle est entrée dans mes pensées par la porte du sexe.

    Je m’explique, je me justifie, je m’expose...

    - Dites la vérité, toute la vérité, rien que la vérité!

    - Oui, Madame la Juge. Mais une fois à poil, vous aurez sûrement envie de coucher avec moi.

    - El, El! L’équilibre de votre prénom ne vaut pas celui d’une paire d’ailes. Vous vous envolez facilement pour trois fois rien en risquant ainsi de vous disperser et de vous perdre dans les sphères du temps. Revenez su terre! Soyez terre-à-terre! Presque à terre comme un cabot. Et personne n’osera vous arracher le moindre poil.

    - C’est encore à voir! Mais pour vous satisfaire intellectuellement, je vous obéis à la lettre.

    Donc:

    Comme mon passé visite constamment mon présent, chatouillé régulièrement par mon futur, l’actualité mérite la primauté.

    Re donc:

    Un après-midi d’automne, la Libérienne, fort libertine aux heures creuses, en train de laver à quatre pattes les escaliers du quatrième étage, se redresse brusquement et me balance à la figure:

    - Sale obsédé du troisième! Tu as fini de mater mes fesses ou tu préfères que je te fasse sentir la vraie chaleur de l’été indien?

    - Je... je... j’admirais... votre labeur, je bafouille.

    - Labeur, labeur! On ne me tartine pas avec du beurre, moi! Si ton machin n’a aucune difficulté à se mettre au garde à vous, alors tu n’as qu’à te pointer chez moi ce soir, vers neuf heures. Trois coups de sonnette, ni plus ni moins. Compris?

    - Con... compris!...

    Lien permanent 0 commentaire
  • El Pirata (17, à suivre)

    Imprimer

    El Pirata, Hank Vogel.jpg- Cessez de ramer, El! m’ordonne gaiement Monsieur Mickael Macdonald... Même les galériens méritent de temps à autre une petite pause.

    Depuis que j’ai arrêté mes études d’architecture, je travaille occasionnellement comme aide-chimiste dans un laboratoire de produits cosmétiques dont le patron est un Juif écossais ou un Écossais juif. Tout dépend de la dernière histoire que l’on vient d’entendre.

    On dit que les Écossais sont près de leurs sous et les Juifs avares. Ou l’inverse. Ou pire. Alors vous vous imaginez dans quelle galère je me trouve? Et pour quel monstre je transpire?

    Eh bien, non! Car tous les après-midi, vers quatre heures, mon boss, que j’ai surnommé Micmac, m’offre une brioche et m’invite à prendre le thé avec lui.

    Nos conversations sont brèves mais enrichissantes, passionnantes ou troublantes, jamais sans lendemain. Pour moi en tout cas. D’ailleurs un jour, il m’a dit:

    - Tout est option et rien n’est sans conséquence. Qu’on le veuille ou non...

    Mais revenons dans le présent.

    Après avoir rempli ma tasse en porcelaine fine de Limoges de son breuvage préféré, l’alchimiste de ces dames, autre pseudonyme, me demande chaleureusement:

    - Avez-vous mal dormi cette nuit, cher collaborateur?... Quelque chose ne va pas?

    - Rien ne va plus, les jeux sont faits! j’ironise.

    - Alors ce n’est pas si grave.

    - Non, en effet. On se prend parfois la tête pour des clopinettes.

    - Petit problème d’argent?

    - Non, de femme.

    - Une de perdue dix de retrouvées!

    - C’est ce qu’on raconte.

    - Même votre... la bible en fait mention.

    - Je l’ignorais. Je ne suis pas un fan de récits religieux.

    - Athée?

    - Agnostique.

    - Moi aussi. Mais il m’arrive de lire l’ancien et le nouveau testament. Jésus était juif après tout! Comme vous peut-être.

    - Comment ça? Ma mère est catholique et mon père libre-penseur...

    - Je pensais que vous étiez juif.

    - C’est à cause de mon nez légèrement courbé?

    - Et les Peaux-Rouges alors? Ce critère est raciste et provocateur, il a été inventé au Moyen-Âge. Non, c’est une intuition. Ou plutôt, c’était vu votre réaction. Mais à votre place, je ferais tout de même des recherches...

    Lien permanent 14 commentaires
  • El Pirata (16, à suivre)

    Imprimer

    El Pirata, Hank Vogel.jpgSubitement, Joslyn me foudroie du regard. A-t-elle l’intention de me gifler? Comme lors de notre tout premier rendez-vous. Aussitôt, mon cœur se met à battre la chamade.

    Instinctivement, je pose ma main sur ma poitrine en murmurant:

    - Miseria negra.

    Curieuse de nature ou terrifiée de voir la mort agir devant elle, sans vergogne ni tact, la belle rousse se penche vers moi et me supplie presque, en caressant mon bras droit:

    - Pas maintenant El, pas maintenant, s’il te plaît! Tu ne mérites pas ça maintenant... Tu jures aussi en espagnol maintenant?

    - Tu n’en as pas marre de ton instant présent? je lui reproche en la repoussant gentiment. On dirait que tu as la trouille du lendemain.

    - Je ne saisis pas mais cela n’a aucune importance. Réponds-moi honnêtement, franchement, sans détour...

    - Vas-y, vas-y!

    - Tu as deux passeport, n’est-ce pas?

    - Bientôt trois.

    - Laissons tomber ton troisième! Ton père était espagnole avant de devenir suisse ou le contraire?

    - Le contraire... Cela te dérange?

    - Pas du tout... mais je trouve cela inhabituel.

    - Pour le moment... Tout change dans la vie. Les riches deviennent pauvres et les pauvres riches...

    - Ou les riches encore plus riches et les pauvres plus misérables.

    - Jusqu’au jour où ça pète! Pouet pouet!

    Les mots imbéciles aident parfois les constipés à se soulager.

    - Alors Joslyn? C’est oui ou merde?

    - Tout dépendra de ma petite enquête. Parabellum ou pas parabellum?

    - Je vois.

    En réalité, je ne vois rien, je ne la comprends pas. Je ne reconnaît plus en elle la fille que j’ai connue. Un peu frêle mais terriblement spontanée. Prête à tout et à n’importe quoi. Au nom du risque et de l’aventure. Hélas! La tendresse, la souplesse de certaines personnes se transforme rapidement en dureté, en inflexibilité. Telles les tiges d’un arbre. Pour résister aux tempêtes du temps. Désormais, sa vie de femme déprendra, probablement, d’une affirmation, d’une assurance, d’une constatation, d’une preuve, d’un témoignage... vrai ou faux...

    Lien permanent 6 commentaires
  • El Pirata (15, à suivre)

    Imprimer

    El Pirata, Hank Vogel.jpg- Alors accouche finalement ce qui bouillonne dans ton ventre.

    Sans la moindre hésitation, je lui demande prestement:

    - Veux-tu m’épouser?

    Joslyn me regarde fixement, étrangement, un sacré bout de temps, dans l’espoir que je change d’avis peut-être ou que je reformule la question autrement. Mais comment? Puis elle me déclare ironiquement:

    - C’est certainement la meilleure plaisanterie que j’ai entendue ces deux dernières années... voire trois, voire quatre, voire cinq... Monsieur me baise à fond, me viole presque, à l’aube de mes seize ans, me laisse tomber comme une vieille, sale et puante chaussette... Pas un coup de fil! Pas une lettre! Pas une carte postale! Ni le moindre signe de la part de son meilleur ami! Rien! Strictement rien. Tout le monde avait disparu. Et voilà qu’il se pointe au crépuscule de mes espérances matrimoniales, la queue entre les jambes, et me propose le summum des arrangements... Les souvenirs et toi, vous ne devez pas être très copains, hein? Tu te souviens au moins de l’endroit où tu m’as dépucelée quasi de force? Non, bien sûr!...

    - Si, je conteste. C’était dans la chambre de tes vieux. Dans la grosse armoire où tu te cachais souvent quand tu était toute gamine... Et puis c’est faux, tu fabules, Joslyn, je ne t’ai pas défloré brutalement mais, au contraire, avec beaucoup de douceur et de précaution. Quant au reste... si tu n’as plus eu de mes nouvelles, ce n’est pas de ma faute mais de celle de ton cher père.

    - Qu’est-ce mon père vient faire dans notre histoire? Tu ne l’as rencontré qu’une seule fois.

    - Deux fois. La deuxième: j’étais seul avec lui. Il m’a menacé. Avec un pistolet.

    - Quel pistolet? C’est impossible.

    - C’était pourtant un parabellum.

    - Je te répète: c’est impossible! Mon père déteste les armes à feu...

    - Sauf le parabellum de ton grand-père... Je te répète à mon tour: ton père m’a menacé avec un pistolet...

    - J’ai de la peine à te croire.

    - Alors fouille dans son bureau. A fond. Avec un peu de chance, tu finiras bien par trouver la pièce à conviction.

    - On se croirait dans un film policier.

    - Si au moins!

    - Que veux-tu insinuer?

    - Tout est plus concluant au cinéma.

    - Tu as raison... archi raison...

    Subitement, Joslyn me foudroie du regard. A-t-elle l’intention de me gifler? Comme lors de notre tout premier rendez-vous. Aussitôt, mon cœur se met à battre la chamade.

    Instinctivement, je pose ma main sur ma poitrine en murmurant:...

    Lien permanent 6 commentaires
  • El Pirata (14, à suivre)

    Imprimer

    El Pirata, Hank Vogel.jpg- Tiens! C’est gentil de me rendre visite, après si longtemps et à l’improviste, me lance-elle froidement. Tu as certainement quelque chose à me quémander, non?

    - Pire, je lui réponds avec un sourire au bout des lèvres.

    - C’est quoi pour une drôle de grimace? A quoi tu joues, El Pirata?

    - Au bourge pour une fois.

    - Au bourge, toi?

    - Tu n’as pas peur de mourir vierge? Moi, si.

    - Aurais-tu oublié tout ce que tu m’as fait subir ou es-tu devenu aussi carré que mon prof de philo? Le pauvre bougre n’a jamais accepté mes insinuations concernant la climatologie. Sans doute un peu exagérées ou surréalistes mais propices à la réflexion. Pour lui, tout doit être explicite dès le départ... L’enseignement des mathématiques lui conviendrait mieux.

    - A quoi veux-tu en venir?

    - A rien. C’était... un flash, juste un flash... Tu m’as bêtement fait penser à lui.

    - Je suis désolé!

    - Ça m’étonne.

    - Il me ressemble un peu?

    - Qui ça?

    - Ton oiseau de malheur.

    - De plus en plus avec les années, comme tous les autres d’ailleurs.

    - Donc, rien n’arrive bêtement.

    - En effet.

    - Tu l’as revu récemment?

    - Il y a quelques mois.

    - Tu as... tu as...

    - Non, je n’ai pas couché avec lui! Mais j’ai failli... failli...

    - Et?

    - C’est quoi pour un interrogatoire? Tu travailles à la police maintenant?

    - Je t’en prie, pour l'amour du ciel n’évoque jamais le diable en vain!

    - Alors accouche finalement ce qui bouillonne dans ton ventre...

    Lien permanent 9 commentaires
  • El Pirata (13, à suivre)

    Imprimer

    El Pirata, Hank Vogel.jpgJoslyn, Kenzie, Leeloo ou Elle? Elle ou Ella? Laquelle choisir pour enfin me décider à fonder une famille traditionnelle? Bien que je n’aime pas ça. L’adjectif pour commencer. Il m’irrite. Il me donne de l’urticaire au cerveau, me semble-t-il.

    Mais voilà! Si tu veux entrer dans la cour des grands, où le traditionalisme règne en maître absolu, il faut que tu fermes les yeux sur tes propres idéaux et faire preuve de réelle et profonde soumission, me répète souvent ma chère maman. Juste pour entrer, bien entendu! Après, après... tu remontes sur ton cheval d’assaut et... et non pas d’arçons comme le cheval des accros aux muscles raides.

    Mais un Pirata reste un Pirata jusqu’à son dernier soupir, nom d’une pipe!

    J’hésite souvent beaucoup sur tout et sur rien. Mais jamais de ma vie, je ne suivrai les conseils de ma mère, qui n’est autre que l’une des quatre bâtardes d’un jésuite dont ma mémoire a carrément refusé de retenir son nom. Le jour où on me l’a présenté pour la première fois, à l’anniversaire de mes onze ans.

    Du côté de ma génitrice, tout est caché, bien caché, secret voire mystérieux.

    Du côté de mon géniteur, mon vieux adoré ou Mon Vieux tout court, tout est transparent, clair et net. On prend les choses comme elles viennent.

    Par quel vent dois-je donc me laisser emporter pour choisir?

    Qui, qui, qui bon sang?

    Allons-y pour la première qui n’est venue à l’esprit!

    Joslyn est belle, grande et très intelligente. C’est une rousse sans complexe apparent qui a osé dire à son professeur de philosophie:

    - Actuellement, la climatologie c’est la dernière religion à la mode. Beaucoup de mensonges et peu de vérités. Comme pour n’importe quel dogme, on tombe dans le panneau ou pas...

    Lien permanent 7 commentaires
  • El Pirata (12, à suivre)

    Imprimer

    El Pirata, Hank Vogel.jpgAdolf Hiller se lève d’un bond, gesticule dans tous les sens, muettement, tel un robot en folie, et disparaît de ma vue. De ma vie, ce serait vraiment absurde!

    Je tombe des nues.

    Tant pis pour lui, tant mieux pour moi ou inversement! me dis-je. Qui sait! Le destin utilise parfois des ruses que le malin ignore.

    Dommage! Je me console en pensant:

    Un flic ne pardonne jamais, il obéit toujours aux ordres. C’est ce qui fait de lui un parfait serviteur du régime en place, quel qu’il soit. Pareil au prêtre de haut rang... Le jour où ce type d’individu soumis aux croyances établies se libérera du poids de sa lourde éducation, les barrières et les pancartes tomberont d’elles-mêmes. Ce jour-là aussi, le fils de Dieu pourra revenir sur terre et prêcher la vraie sainte parole en toute quiétude.

    Miracle! Que m’arrive-t-il?...

    Lien permanent 4 commentaires
  • El Pirata (11, à suivre)

    Imprimer

    El Pirata, Hank Vogel.jpg- Belle mais triste jeunesse?

    Je m’explique:

    - Belle comme un jardin au milieu du printemps et triste comme une cellule de prison en plein hiver... J’étais... non, mes copains aussi. Nous étions en quelque sorte à cheval entre deux saisons éloignées. La plus formidable nous passait systématiquement sous le nez. Nous rêvions beaucoup à cette époque. Mais on nous empêchait d’accomplir le moindre rêve personnel. Arbeiten, arbeiten! nous criaient aux oreilles nos chers protecteurs. Les instituteurs la journée et nos géniteurs le soir. Le plaisir, c’est pour demain, martelaient-ils. Soi-disant pour notre santé morale et physique, notre avenir...

    - Moi aussi, j’ai passé par là, glisse-t-il timidement.

    - Cela ne m’étonne pas de toi. C’est ton style dans tous les domaines... Le résultat n’est guère flatteur.

    - Concernant qui?

    - Toi évidemment!

    Adolf me fixe des yeux. Il semble m’en vouloir à mort. Ou presque.

    Je lui souris alors, d’un sourire crispé forcément, et lui propose:

    - Changeons de disque, veux-tu? Et cessons de nous lamentons comme deux retraités abusés par leurs anciens patrons et cocus par-dessus le marché. Nous sommes encore jeunes après tout...

    - Toi pas moi, conteste-il.

    - Comment ça?

    - Je suis flic, fils d’un flic et d’une fliquette. Et mon grand-père l’était aussi.

    Une fraction de seconde de silence, très intense, à la limite de devenir totalement sourd. Et j’éclate de rire...

    Lien permanent 14 commentaires