04/08/2018

Waterprof (1, à suivre)

Waterprof, Hank Vogel.jpgToute faute d’orthographe, comme toute autre faute ou lapsus, cache souvent une vérité plus profonde que celle que l’on aperçoit ou que l’on doit apercevoir.

Rien n’est totalement vrai. Rien n’est totalement faux. Notre esprit nage constamment dans des eaux troubles.

- Celui qui remarque trop vite une erreur raisonne tel un marchand de cacahuètes et non pas tel un bon penseur soucieux de son prochain, déclara un jour ma concierge à un locataire pédant.

Il y a donc fort longtemps ou dans un lointain avenir, une petite ville balnéaire où tout le monde aimerait vivre. Aussi bien ceux qui détestent la mer que ceux qui n’adorent que la montagne. Car cette cité, déclaré officiellement miraculeuse, donne des ailes aux déplumés et des certitudes aux songes-creux...

Lieu de l'intrigue:

Capture d’écran 2018-07-24 à 16.22.17.png

Akvatoria ou Zone d'eau...

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02/08/2018

Un maral nommé Vova (19, fin)

Un maral nommé Vova, Hank Vogel.jpgUne vieille infirmière entre dans la chambre et me déclare joyeusement:

- Eh bien, il vous a fallu du temps pour enfin naître à nouveau! Dieu sois loué!

- N...

- Chut! Pas un mot, pas geste pour le moment, m’ordonne-t-elle aussitôt en posant son index gauche sur mes lèvres.

- À... de? je bafouille en repoussant sa main osseuse.

- Mais de quoi parles-tu, mon garçon?

- Naître... de ou à nouveau?

- Quelle importance? L’essentiel, c’est que tu... vous soyez en vie, non?

- Sûrement.

- Vous avez soif?

- Non.

- Faim?

- Non plus.

- Vous vous souvenez au moins de votre nom?...

- Où est-elle?

- Qui ça?

- Mademoiselle Emile.

- C’est votre copine?

- Non... mais j’espère que rien ne lui soit arrivé.

- Vous parlez trop, pensez trop et vous vous tracassez pour rien.

- Où est-elle?

- En lieu sûr.

- Comment ça en lieu sûr?

- Après avoir volé une voiture pour vous ramener ici, elle s’est livrée à la police.

- Elle a fait ça?

- Elle ne pouvait pas faire autrement...

- Mais où sommes-nous exactement?

- Au Centre de ranimation de Biysk... à deux cents kilomètres environ du lieu de votre accident.

Et je me mémorise en pensant à Alia:

Un civilisé respecte la nature, les animaux et les hommes... Il est prêt à perdre sa liberté pour conserver la vie de quelqu’un d’autre. Rien à voir avec tous ceux qui nous gouvernent.

 

Prochainement:

 

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31/07/2018

Un maral nommé Vova (18, à suivre)

Un maral nommé Vova, Hank Vogel.jpgLa vie est un perpétuel éveil, chaque jour nous réserve son lot de surprises. Bonnes ou mauvaises. Ou les deux à la fois. Sans cela, nous agirions comme des robots. Sans souci. Ne craignant rien.

Si la peur est la pire de nos rivales, elle est aussi une conseillère mal appréciée qui nous incite pourtant souvent à la prudence.

Elle vit en nous tel un démon à moitié repenti. Seuls les héros savent très bien l’apprivoiser ou l’ignorer. Ne serait-ce qu’un bref instant, à juste titre.

Mais moi, qui nage et qui plane dans mes chimères, je prends la fuite à la moindre de ses ombres.

Où suis-je? Qui suis-je à l’instant présent?

Je constate niaisement que je suis allongé sur un lit d’hôpital. Certainement: à demi à poil, l’odeur de l’éther et les murs verts.

Un vieille infirmière entre dans la chambre et me déclare joyeusement:...

 

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29/07/2018

Un maral nommé Vova (17, à suivre)

Un maral nommé Vova, Hank Vogel.jpg

Alia se gratte la tête puis elle me dit:

- Tout compte fait, tes paroles sont pleines de bon sens mais, comme les évangiles, ne cherchent nullement à protéger ni la faune ni la flore des folies humaines. Tandis que moi, j’essaye de sauver ce que peux sauver. Pendant qu’il est encore temps.

Je respire profondément, m’apprêtant ainsi à mieux répliquer mais voilà qu’une grosse bestiole, Vova probablement, me fonce dessus... Et patatras, c’est...

Des étoiles et des chiffres. Deux... mille... dix-huit... un... deux... trois...

Postquam lux tenebris! Une fraction de seconde de vérité...

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27/07/2018

Un maral nommé Vova (16, à suivre)

Un maral nommé Vova, Hank Vogel.jpg- Tu n’es pas d’ici, toi. N’est-ce pas?

- Oui et non.

- Ce n’est pas une réponse.

- Oui et non.

- Tu cherches à me faire rire ou quoi?

- Peut-être.

- Tu es un drôle de type... Vraiment un drôle de type... Je m’appelle Alia Gennadievna Emile et toi?

- Håkon Ødegård, je suis norvégien.

- Cela explique tout.

- C’est faux! Cela n’explique rien.

- Et pourquoi donc?

- Parce que je suis né ici.

- Mais l’essence même de ton esprit vient d’ailleurs.

- Et ton nom de famille alors? Emile, c’est bien français ou belge, non?

- C’est à cause de Napoléon. Mon arrière-arrière-arrière grand-père, fantassin de fortune, n’avait jamais pu rentrer chez lui...

- En somme, toi aussi, tu as quelque chose d’ailleurs. Les Russes pur sang n’existent plus. On est russe de cœur ou on ne l’est pas.

- Sur ça, je suis de ton avis.

- C’est comme avec ton maral.

- Vova? Mais il n’est pas à moi! Quel rapport?

- C’est toi qui l’a nommé ainsi?

- Non, les gens de la ferme, ceux qui scient les cornes des cerfs...

- Vova, c’est bien le diminutif de Vladimir, non?

- Jusqu’au jugement dernier, paraît-il!

- Qui nomme compare, juge, limite, anéantit et se rassure. L’autre, rapidement rangé, hâtivement classé, aussi divin fût-il, n’est plus qu'un objet mort ou un être sans avenir.

Alia se gratte la tête puis elle me dit:...

13:06 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (42) |  Imprimer |  Facebook | | | |

23/07/2018

Un maral nommé Vova (15, à suivre)

Un maral nommé Vova, Hank Vogel.jpg- Quelle presse? Quels journaux? Ceux qui soutiennent le gouvernement actuel ou les indépendants, les vrais?... Sais-tu combien de soi-disant traîtres à la patrie rodent dans nos forêts?

- Des centaines, je suppose.

- Des dizaines de milliers.

- Autant que ça?

- Un agent des Services spéciaux m’a chuchoté à l’oreille, il n’y pas si longtemps, le chiffre de cent mille. Je n’ai pas osé le croire et pourtant c’est quelqu’un de très sérieux...

- Eh bien! C’est fou comme la jeunesse adore son pays!

- Pourquoi les jeunes devraient mourir pour des causes perdues?... Il n’ y a que les marchands d’armes et le vieilles pétasses qui n’ont pas d’enfants qui crient au scandale... Tout est plus facile lorsqu’on n’a rien à perdre.

- Je sais!

- Tu n’es pas d’ici, toi. N’est-ce pas?...

16:30 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (12) |  Imprimer |  Facebook | | | |

20/07/2018

Un maral nommé Vova (14, à suivre)

Un maral nommé Vova, Hank Vogel.jpgLe serpent qui est en elle se transforme illico presto en licorne, pareil à tout individu sensible à la minute de silence, et elle ajoute avec complaisance:

- Cessons de nous comporter comme ces ignobles soldats drogués au paracétamol qui, pour une minuscule égratignure au genou, exigent qu’on leur badigeonne la jambe toute entière au mercuribromfluorescéine de potassium ou à peu près cela.

Je n’en crois pas mes oreilles!

- M... q... qui... qui es-tu? je bégaye.

- Une rescapée de l’enfer, me répond-t-elle.

- C’est-à-dire?

- J’ai fui... j'ai quitté ma caserne où je passais mon temps à soigner les petits bobos.

- Tu es infirmière?

- Non, médecin, médecin-officier... J’étais!

- Et.... et...

- Oui, j’ai osé foutre le camp... d’où l’on ne parle que de cul, de guerre et de chasse... Mais ce sont surtout leurs histoires de chasse qui m’ont donné la nausée.

- A ce point-là?

- Je ne sais ce qui m’a pris de m’engager dans l’armée. J’ai sans doute trop écouté ma famille, mes amis...

- Tu es une désertrice, tu risques la prison...

- Non, j’ai déserté pour une bonne cause.

- Tous les déserteurs racontent ça.

- Pourquoi... tu en connais beaucoup?

- Aucun mais d’après la presse...

- Quelle presse? Quels journaux? Ceux qui soutiennent le gouvernement actuel ou les indépendants, les vrais?... Sais-tu combien de soi-disant traîtres à la patrie rodent dans nos forêts?...

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18/07/2018

Un maral nommé Vova (13, à suivre)

Un maral nommé Vova, Hank Vogel.jpgElle rabaisse aussitôt son triste et sale chiton et me dit avec rage:

- Tu n’est qu’un pauvre parmi les pauvres.

- Non, un misérable parmi les misérables, je corrige. Intellectuellement, je patauge dans la misère. Et cette misère est peut-être due à mon éducation... Pourquoi devrais-je sauter sur tout ce qui bouge quand mes appétits sont au plus bas?...

- Dommage pour toi, l’intello! Tu as raté une occasion en or. Il paraît que je baise comme personne.

- Tu te contredis, ma belle!

- Jamais!

 - Alors explique-moi comment une vierge peut être une championne en amour...

- Devine!

- ...

- Il y a une limite à tout... Tu as compris ou il faut que je te fasse un dessin?

- Sais-tu au moins dessiner?

- Non... mais tu peux m’apprendre les bases.

- Tu joues à quoi?

- A quoi jouons-nous?...

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16/07/2018

Un maral nommé Vova (12, à suivre)

Un maral nommé Vova, Hank Vogel.jpgJe tousse, je m’étouffe presque.

- C’est compréhensible, souligne-t-elle. Tu viens de la cité. Les bonnes manières t’ont ramolli la cervelle.

- Merde, Vova a disparu! je m’exclame pour changer de conversation.

- Tous les mêmes, ces bonhommes, murmure-t-elle... Soit ils violent soit ils mendient. L’échange cordial, en toute simplicité, ils ne connaissent pas ça...

- Mais où est-il l’animal?

- Ne te fatigue pas trop, j’ai compris ton manège... Je te déplais à ce point-là?

- Il ne s’agit pas de ça.

- De quoi alors? Tu as peur d’attraper une maladie vénérienne?

- Peut-être. Je ne sais pas...

- Je suis encore vierge, si ça te rassure. Aucun homme ne m’a encore pénétrée...

- C’est toi qui le dis.

Brusquement, elle soulève sa robe me dévoilant ainsi son entre-cuisse.

- Vérifie alors! m’ordonne-t-elle.

Je baisse la tête. Ma moralité est à deux doigts de voler en éclats.

- Sois zen, fiston! me soufflerait mon vieux s’il était présent et encore vivant. L’œil gauche ne trahit jamais l’œil droit et vis versa. C’est pourquoi le sage attend toujours silencieusement que la tempête passe. Sans la moindre critique, le moindre jugement. A moins que...

- A moins que quoi, Père?

- Que tes fondements sur l’amour se soient subitement effrités.

La sauvageonne me toise bizarrement.

- C’est un piège? je lui demande...

16:32 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (7) |  Imprimer |  Facebook | | | |

14/07/2018

Un maral nommé Vova (11, à suivre)

Un maral nommé Vova, Hank Vogel.jpgMalgré ses vêtements en lambeaux et son langage peu soigné voire brutal, la belle indigène me fait étrangement penser à un ange.

- Cesse de me dévorer des yeux comme si j’étais une truffe! me somme-t-elle.

- Une truffe? je m’étonne.

- Les ours en raffolent, toi aussi?

- Il y en a par là?

- Quoi ça?

- Des truffes et des ours.

- A perte de vue.

- Je ne vous crois pas.

- La Sibérie a changé, elle n’est plus ce qu’elle était il y a cent ans.

- Malheureusement, il y a cent ans, je n’étais pas là...

- C’est faux! Tu mens!

- Comment ça?

- Tu étais dans les couilles de ton grand-père. Pas décidé du tout à affronter la vie...

- A ce tarif...

- D’après le professeur, c’est un problème de climat.

- Quel professeur?

- Secret d’état.

- Vous vous moquez de moi ou quoi?

Elle me sourit.

Puis, d’un air un peu déçu, elle me dit:

- Tu n’es pas fatigué de me tutoyer et de jouer au gendarme du monde? Si tu as envie de tirer un coup, propose-le moi gentiment au lieu de remuer la poussière de tes échecs...

15:23 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (3) |  Imprimer |  Facebook | | | |

11/07/2018

Un maral nommé Vova (10, à suivre)

Un maral nommé Vova, Hank Vogel.jpgLe raisonnement n’est qu'une forme d’ivresse. Les choses arrivent parce qu’elles doivent arriver, un point c’est tout! Et nul n’est sensé les prévenir ni les expliquer.

Le pôle sud rejoindra le pôle nord un jour peut-être, qui sait! Comme deux amants séparés par la guerre depuis trop longtemps. La terre sera alors toute plate et les ignorants auront enfin droit au chapitre.

Mais qu’est-ce que je raconte-là?

La solitude, la solitude! Toujours elle!

Les montagnes de l’Altaï sont belles à regarder. Mais elles me saoulent parfois. Non, souvent. Telle une pimbêche frigide qui rêve d’entrer dans les ordres et qui ruminent à longueur de journée des prières à dormir debout.

- La ferme! je murmure entre les dents.

Et je poursuis mon chemin. Vers nulle part car personne ne m’attend.

Miracle!

Au bout d’une demi-heure de marche à travers bois, je me trouve nez à nez avec un maral.

- Que fais-tu là dans ces parages? je lui demande instinctivement, le cœur secoué forcément. Tu n’as peur que les chasseurs du coin te fassent la peau?

- Vova n’a peur que du loup, manifeste une jeune femme, en sortant brusquement d’un buisson.

- Désolé de...

- Pas grave, je pissais uniquement.

- Vova, c’est lui?

- Non, sa sœur.

Malgré ses vêtements en lambeaux et son langage peu soigné voire brutal, la belle indigène me fait étrangement penser à un ange...

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09/07/2018

Un maral nommé Vova (9, à suivre)

Un maral nommé Vova, Hank Vogel.jpg- Mais le monde est monde partout.

- C’est ce que l’on dit! Mais... mais...

- Mais?

- Non, rien. L’avenir t’apportera la réponse.

Que de fois j’ai entendu cette phrase! Surtout dans mon enfance. Où la moindre interrogation méritait une explication. Franche et précise. Et non pas avortée ou manipulée comme la plupart des évangiles.

L’homme est un falsificateur né. Il modifie les textes trop sacrés aux goûts du jour. Pour ne pas se frotter à la mortalité de ses croyances.

Il ouvre sa grande gueule pour des faits mineurs et ferme les yeux sur des faits majeurs. L’odieux!

Merde à lui et merde à mon esprit! L’humain n’est qu’une crotte lâchée par un dieu semeur de fiente.

- Ça suffit, jeune puceau! me crie une voix lointaine. La critique n’est point la clé de la raison.

Est-ce la fée de la toundra qui a couru à mon secours? je me demande, dix secondes plus tard. Ou l’horloger de mon âme qui a mis les pendules à l’heure?...

11:51 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (9) |  Imprimer |  Facebook | | | |

06/07/2018

Un maral nommé Vova (8, à suivre)

Un maral nommé Vova, Hank Vogel.jpgAu pays du mensonge*, la femme qui ne ment jamais, ou presque, est une sainte.

J’ai meilleur temps de jouer à la loterie, me dis-je. Ma perle rare n’est pas pour demain. On mérite le fruit de son arbre.

- Quelle arbre? me demanderait mon inoubliable bignole.

- L’arbre de ma vie, je lui répondrais.

- Lequel?

- Celui que j’arrose tous les matins avec l’eau pure de ma conscience.

- Poète un jour, pouette pouette toujours.

- Vous êtes vache avec moi.

- Alors cesse d’interpréter un rôle qui ne convient pas!

- Toi... vous aussi qui croyez à ça?

- Je ne crois pas à ça, je le sais pour l’avoir constaté dès que j’ai franchi la frontière de ce pays.

- Mais le monde est monde partout.

- C’est ce que l’on dit! Mais... mais...

- Mais?...

* Une canalisation pète ou pire... et les autorités interdisent la baignade

en vous expliquant que l'eau est trop froide.

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05/07/2018

Un maral nommé Vova (7, à suivre)

Un maral nommé Vova, Hank Vogel.jpgNous ne sommes pas ce que nous croyons être. Nous pensons être ceci ou cela pour nous donner tout simplement de l’importance face aux autres. Nous jouons un rôle. Constamment. Jour et nuit. Même dans nos rêves quand nous croisons nos fantômes.

J’ai l’impression de me répéter...

Non, je me répète. Autrement. Peut-être plus élégamment.

Est-ce ma gymnastique cérébrale? La redondance m’est-elle nécessaire?

Dieu que tu m’as fabriqué compliqué!

Que dois-je accomplir aujourd’hui pour mériter ma part du gâteau?

Rien n’est gratuit sur terre, la société a tout réquisitionné. Au profit du bien collectif soi-disant. Même l’air finira bientôt par être taxé.

- Tu payes ou tu crèves, fils de chien!...

Est-ce la solitude qui me rend si aigri?

Il est donc temps que je me trouve une femelle afin que mon esprit cesse de voyager dans les nuages et d’éclater ainsi des orages inutiles.

L’amour, le sexe fait pousser des ailettes aux timides mais arrache souvent les grosses ailes aux démons comme moi.

Alors:

- En avant, marche! Tu n’es qu’un coq surévalué, dirait la poule du quartier...

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01/07/2018

Un maral nommé Vova (6, à suivre)

Un maral nommé Vova, Hank Vogel.jpgBref! Coupure! Morsure de l’esprit!

Stagner dans des eaux tièdes et parfumées pour le plaisir du corps, comme se baigner dans un bouillon de bois de maral, c’est donner trop d’importance à sa minable personne.

Dieu qu’elles souffrent ces pauvres bêtes quand on leur scie les cornes!

Certaines tombent parfois en syncope et ne se réveillent plus. Crise cardiaque! Elles finissent alors dans les assiettes des curistes. Midi et soir.

Tout est pour l’homme civilisé. Rien pour l’animal sauvage.

Quant au végétal, il se laisse dominer et bouffer par le roi des singes pour mieux l’abattre un jour.

Malheureusement, mes cartouches d’encre ne suffiront pas à maîtriser la situation. Ou plutôt à mettre en garde cette race de montre, dont je fais partie, contre les dangers d’un élément naturel terriblement vexé...

- Alors retourne dans ta coquille et à tes coquillettes, faux Saint Jacques! me dirait celle que vous connaissez très bien.

- Je ne suis ni un mollusque ni un cuisinier, je réagirais.

- Non?

- Non.

- Pauvre type! Tu divagues de plus en plus.

- C’est la vodka...

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29/06/2018

Un maral nommé Vova (5, à suivre)

Un maral nommé Vova, Hank Vogel.jpgComme c’est bon d’être saoul! Et de pouvoir déconner ainsi sur le chéri du Bon Dieu et sur les profiteurs de son enseignement.

Va-t-on m’accuser de blasphème ou d’apologie à la débauche?

Ils commencent sérieusement à me les gonfler ces soi-disant protecteurs de l’ordre moral. Qu’ils aillent tous au diable!

Je ne crains nullement ces bœufs de l’histoire.

Le Père céleste m’a pardonné une fois pour toutes pour mon insolence. Passée et future. À la seconde où j’ai renoncé aux armes. Quand j’ai tout compris.

- Compris quoi? me demanderait ma concierge ressuscitée d'entre les morts.

- Que tuer tout être de sa création est un crime contre l’humanité, je lui répondrais. Et encore plus!

- Plus quoi?

- Mes lecteurs ne sont pas prêts à entendre la suite.

- Prétentieux!

- Ferme ta gueule ou retourne dans ta tombe, vieille sorcière! La vie et la mort n’ont pas la même notion du temps. Ni la même logique d’ailleurs. As-tu déjà oublié la première leçon du Maître?

- Foutaise! Tu es en plein dans le délire, mon garçon.

Ma concierge! Ma concierge?

Que de fois, j’ai eu envie de la sauter, la salope!

Vulgairement. Sans prudence. Quasi avec violence. A la limite du viol.

Par derrière. Par devant. A l’envers. Tel un objet.

A la cave. Au grenier. Dans les escaliers. Dans le garage à vélos. Sur la barre d’une bécane ou sur le porte-bagages d’un solex. Dans la voiture de son vieux. Avec et sans capote. Pour le plaisir et pour le risque.

A minuit, en me couchant. A l’aube, en me levant. A l’heure du repas, entre la poire et le fromage ou entre le tiramisu et le limoncello.

Quelle énergie! Quelle folie!

Malheureusement pour ma libido et heureusement pour les ailes de mon âme, à part bavarder, je n’ai jamais osé trop m’approcher d’elle, physiquement.

Par respect de l’autre? Par timidité? Ou par crainte de recevoir un coup de balai en pleine figure?

Les actes et les pensées sont souvent séparées par une multitude de frontières, pire qu’à l’époque soviétique.

Difficile de s’imaginer ce tableau quand on a vécu toute son enfance ailleurs que dans un orphelinat...

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26/06/2018

Un maral nommé Vova (4, à suivre)

Un maral nommé Vova, Hank Vogel.jpgLes princes avec les princes. Les riches avec les riches. Les pauvres avec les pauvres. Les vaches avec les vaches. Les moutons avec les moutons. Seules les poules se promènent librement dans la basse-cour.

Jésus! Tu a marché sur les eaux, tu aurais dû marcher sur la tête des hommes pour qu’ils comprennent la lourdeur de ton message.

Rien ne va plus dans les églises, camarade de l’au-delà!

Même le plus sympathique de tes papes perd pied dans cette marre aux connards...

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25/06/2018

Un maral nommé Vova (3, à suivre)

Un maral nommé Vova, Hank Vogel.jpgJe me réveille.

En face de moi, contre le mur: des ours en train de s’amuser.

Cette toile, bien qu’assombrie par le temps ou je ne sais quoi, me fait penser à... à...

Un matin dans une forêt de pins d’Ivan Chichkine.

Curieux comme un collectionneur qui collectionne tout et n’importe quoi, je me lève d’un bond, l’examine de près et, avec mes plus performantes lunettes, je déchiffre la signature tel un décrypteur de hiéroglyphes.

Merde, c’est l’œuvre du grand maître! me dis-je, le front en sueur et le coeur en folie.

Mais... mais... mais réalisée en 1835!

Il y a un véritable problème. Car Ivan Ivanovitch est né en 1832.

Son père en serait alors l’auteur? Et le fiston qu’un usurpateur?

Le champ est libre pour toutes les spéculations. L’histoire connait fort bien la chanson...

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24/06/2018

Un maral nommé Vova (2, à suivre)

Un maral nommé Vova, Hank Vogel.jpgSi tout est politique, la vie n’est autre qu’un pot de chambre.

Mieux donc s’écarter du monde politique si l’on souhaite observer les êtres et les choses tels qu’ils sont.

Erreur!

Les choses sont ce qu’elles sont mais les êtres varient constamment. Ils se transforment en telle ou telle autre chose pour sucer au maximum le nectar du moment.

Exemple: Paul, un chef de famille et d’entreprise honnête rongé par le souci équité, ne se comporte pas toujours avec la même générosité envers ses enfants qu’envers ses employés. Surtout à Noël.

Pour cause: les siens, ce sont les siens. Les autres, ce sont les autres. Non, c’est les autres!

Vous me diriez: c’est normal. Du moins un certain nombre d’entre vous...

Donc: Popol joue constamment la comédie pour justifier le rôle qu’il s’est inventé. Un rôle à densité variable.

Je, tu, il, nous jouons tous la comédie.

Face à une femme d’une beauté monstrueuse, le pédé baisse les yeux et pense aussitôt aux fesses de son petit copain, l’obsédé, lui, les ouvre tout grand, à tourner parfois de l’œil faute de pouvoir s’approcher de la créature divine.

Ainsi va la société!

A la tête de ce terrible cortège social: les hommes avec leur impitoyable soif de paraître, de se positionner et de posséder.

Être et avoir!

Être pour avoir. Avoir pour être. Tout tourne autour de cela.

L’homme est une grosse merde qui flotte dans un océan de croyances, disait ma concierge, crucifiée par des fanatiques crétins...

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21/06/2018

Un maral nommé Vova (1, à suivre)

Un maral nommé Vova, Hank Vogel.jpgUn civilisé respecte la nature, les animaux et les hommes.

Celui qui ordonne que l’on sépare les enfants de leurs parents, ne respecte rien. C’est un prédateur de la pire espèce.

Face à ce dangereux individu, les gardiens de la moral dans toute sa splendeur n’agissent nullement. Ou à peine. Ils ferment les yeux et chuchotent entre eux, telles de vieilles commères des villages isolés, des histoires à dormir debout.

Bien sûr! Ils préfèrent s’attaquer aux faibles, aux affaiblis, aux perdants, aux combattants des causes perdues...

Il est triste de constater que ces gens-là font ainsi leur beurre.

Bref! Dieu que le monde me désespère!

J’étais un minable chasseur, avide de sang et de cruauté. Mais un jour, les larmes d’un cheval condamné à l’abattoir m’ont poussé à échanger mon fusil et mon poignard contre une caméra et stylo.

Ciel que cet échange me fut bénéfique!...

00:47 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (13) |  Imprimer |  Facebook | | | |