01/07/2018

Un maral nommé Vova (6, à suivre)

Un maral nommé Vova, Hank Vogel.jpgBref! Coupure! Morsure de l’esprit!

Stagner dans des eaux tièdes et parfumées pour le plaisir du corps, comme se baigner dans un bouillon de bois de maral, c’est donner trop d’importance à sa minable personne.

Dieu qu’elles souffrent ces pauvres bêtes quand on leur scie les cornes!

Certaines tombent parfois en syncope et ne se réveillent plus. Crise cardiaque! Elles finissent alors dans les assiettes des curistes. Midi et soir.

Tout est pour l’homme civilisé. Rien pour l’animal sauvage.

Quant au végétal, il se laisse dominer et bouffer par le roi des singes pour mieux l’abattre un jour.

Malheureusement, mes cartouches d’encre ne suffiront pas à maîtriser la situation. Ou plutôt à mettre en garde cette race de montre, dont je fais partie, contre les dangers d’un élément naturel terriblement vexé...

- Alors retourne dans ta coquille et à tes coquillettes, faux Saint Jacques! me dirait celle que vous connaissez très bien.

- Je ne suis ni un mollusque ni un cuisinier, je réagirais.

- Non?

- Non.

- Pauvre type! Tu divagues de plus en plus.

- C’est la vodka...

08:13 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (13) |  Imprimer |  Facebook | | | |

29/06/2018

Un maral nommé Vova (5, à suivre)

Un maral nommé Vova, Hank Vogel.jpgComme c’est bon d’être saoul! Et de pouvoir déconner ainsi sur le chéri du Bon Dieu et sur les profiteurs de son enseignement.

Va-t-on m’accuser de blasphème ou d’apologie à la débauche?

Ils commencent sérieusement à me les gonfler ces soi-disant protecteurs de l’ordre moral. Qu’ils aillent tous au diable!

Je ne crains nullement ces bœufs de l’histoire.

Le Père céleste m’a pardonné une fois pour toutes pour mon insolence. Passée et future. À la seconde où j’ai renoncé aux armes. Quand j’ai tout compris.

- Compris quoi? me demanderait ma concierge ressuscitée d'entre les morts.

- Que tuer tout être de sa création est un crime contre l’humanité, je lui répondrais. Et encore plus!

- Plus quoi?

- Mes lecteurs ne sont pas prêts à entendre la suite.

- Prétentieux!

- Ferme ta gueule ou retourne dans ta tombe, vieille sorcière! La vie et la mort n’ont pas la même notion du temps. Ni la même logique d’ailleurs. As-tu déjà oublié la première leçon du Maître?

- Foutaise! Tu es en plein dans le délire, mon garçon.

Ma concierge! Ma concierge?

Que de fois, j’ai eu envie de la sauter, la salope!

Vulgairement. Sans prudence. Quasi avec violence. A la limite du viol.

Par derrière. Par devant. A l’envers. Tel un objet.

A la cave. Au grenier. Dans les escaliers. Dans le garage à vélos. Sur la barre d’une bécane ou sur le porte-bagages d’un solex. Dans la voiture de son vieux. Avec et sans capote. Pour le plaisir et pour le risque.

A minuit, en me couchant. A l’aube, en me levant. A l’heure du repas, entre la poire et le fromage ou entre le tiramisu et le limoncello.

Quelle énergie! Quelle folie!

Malheureusement pour ma libido et heureusement pour les ailes de mon âme, à part bavarder, je n’ai jamais osé trop m’approcher d’elle, physiquement.

Par respect de l’autre? Par timidité? Ou par crainte de recevoir un coup de balai en pleine figure?

Les actes et les pensées sont souvent séparées par une multitude de frontières, pire qu’à l’époque soviétique.

Difficile de s’imaginer ce tableau quand on a vécu toute son enfance ailleurs que dans un orphelinat...

17:32 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (5) |  Imprimer |  Facebook | | | |

26/06/2018

Un maral nommé Vova (4, à suivre)

Un maral nommé Vova, Hank Vogel.jpgLes princes avec les princes. Les riches avec les riches. Les pauvres avec les pauvres. Les vaches avec les vaches. Les moutons avec les moutons. Seules les poules se promènent librement dans la basse-cour.

Jésus! Tu a marché sur les eaux, tu aurais dû marcher sur la tête des hommes pour qu’ils comprennent la lourdeur de ton message.

Rien ne va plus dans les églises, camarade de l’au-delà!

Même le plus sympathique de tes papes perd pied dans cette marre aux connards...

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25/06/2018

Un maral nommé Vova (3, à suivre)

Un maral nommé Vova, Hank Vogel.jpgJe me réveille.

En face de moi, contre le mur: des ours en train de s’amuser.

Cette toile, bien qu’assombrie par le temps ou je ne sais quoi, me fait penser à... à...

Un matin dans une forêt de pins d’Ivan Chichkine.

Curieux comme un collectionneur qui collectionne tout et n’importe quoi, je me lève d’un bond, l’examine de près et, avec mes plus performantes lunettes, je déchiffre la signature tel un décrypteur de hiéroglyphes.

Merde, c’est l’œuvre du grand maître! me dis-je, le front en sueur et le coeur en folie.

Mais... mais... mais réalisée en 1835!

Il y a un véritable problème. Car Ivan Ivanovitch est né en 1832.

Son père en serait alors l’auteur? Et le fiston qu’un usurpateur?

Le champ est libre pour toutes les spéculations. L’histoire connait fort bien la chanson...

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24/06/2018

Un maral nommé Vova (2, à suivre)

Un maral nommé Vova, Hank Vogel.jpgSi tout est politique, la vie n’est autre qu’un pot de chambre.

Mieux donc s’écarter du monde politique si l’on souhaite observer les êtres et les choses tels qu’ils sont.

Erreur!

Les choses sont ce qu’elles sont mais les êtres varient constamment. Ils se transforment en telle ou telle autre chose pour sucer au maximum le nectar du moment.

Exemple: Paul, un chef de famille et d’entreprise honnête rongé par le souci équité, ne se comporte pas toujours avec la même générosité envers ses enfants qu’envers ses employés. Surtout à Noël.

Pour cause: les siens, ce sont les siens. Les autres, ce sont les autres. Non, c’est les autres!

Vous me diriez: c’est normal. Du moins un certain nombre d’entre vous...

Donc: Popol joue constamment la comédie pour justifier le rôle qu’il s’est inventé. Un rôle à densité variable.

Je, tu, il, nous jouons tous la comédie.

Face à une femme d’une beauté monstrueuse, le pédé baisse les yeux et pense aussitôt aux fesses de son petit copain, l’obsédé, lui, les ouvre tout grand, à tourner parfois de l’œil faute de pouvoir s’approcher de la créature divine.

Ainsi va la société!

A la tête de ce terrible cortège social: les hommes avec leur impitoyable soif de paraître, de se positionner et de posséder.

Être et avoir!

Être pour avoir. Avoir pour être. Tout tourne autour de cela.

L’homme est une grosse merde qui flotte dans un océan de croyances, disait ma concierge, crucifiée par des fanatiques crétins...

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21/06/2018

Un maral nommé Vova (1, à suivre)

Un maral nommé Vova, Hank Vogel.jpgUn civilisé respecte la nature, les animaux et les hommes.

Celui qui ordonne que l’on sépare les enfants de leurs parents, ne respecte rien. C’est un prédateur de la pire espèce.

Face à ce dangereux individu, les gardiens de la moral dans toute sa splendeur n’agissent nullement. Ou à peine. Ils ferment les yeux et chuchotent entre eux, telles de vieilles commères des villages isolés, des histoires à dormir debout.

Bien sûr! Ils préfèrent s’attaquer aux faibles, aux affaiblis, aux perdants, aux combattants des causes perdues...

Il est triste de constater que ces gens-là font ainsi leur beurre.

Bref! Dieu que le monde me désespère!

J’étais un minable chasseur, avide de sang et de cruauté. Mais un jour, les larmes d’un cheval condamné à l’abattoir m’ont poussé à échanger mon fusil et mon poignard contre une caméra et stylo.

Ciel que cet échange me fut bénéfique!...

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20/06/2018

Mariage blanc (24, fin)

Mariage blanc, Hank Vogel.jpgLa douceur de sa voix et la beauté de ses sourires encouragent respect et obéissance.

Tout est une question de panache dans la vie.

Le couple se construit grâce à cela. Et celui qui perd ce peu est voué à l’échec.

Le sexe n’est que provisoire. Attirance, miroir aux alouettes au service de la conservation de l’espèce. Et le créateur, rusé comme personne, semble avoir un faible pour les automates.

Rares sont les mariages qui se terminent en apothéose. Les différences et les conflits ne font que commencer.

Ella revient toute décontractée, une bouteille de Veuve Clicquot dans une main et deux flûtes dans l’autre.

- Avant le repas? je m’exclame.

- C’est jour de relâche aujourd’hui, m’explique-t-elle en posant le tout sur la table. C’est noté sur la vitrine...

- Mais la porte était... est ouverte...

- Pour les fournisseurs uniquement.

Et d’une gestuelle très professionnelle, elle sabre le champagne.

Tel bouchon, tel amant? je me questionne bêtement.

- A notre amitié! dit-elle en levant son verre.

- A plus si le terrain est libre, je riposte en surélevant le mien.

Elle sourit légèrement.

Rictus ou sourire timide?

Nous buvons, nous parlons de tout et de rien, nous nous entendons comme deux larrons en foire et forcément nous nous tutoyons.

A un moment donné, Ella me demande avec une pointe de violence, dû sans doute à la boisson des dieux:

- Ça t’intéresse que j’éclaire ta lanterne ou tu souhaites végéter le restant de ton existence?

- Si cela a de l’importance pour toi, je veux bien t’écouter attentivement, je lui réponds.

- C’est important pour tous les deux.

- Je suis tout ouï.

- Marions-nous!

- Se marier?

- Épouse-moi, si tu préfères.

- Mais... mais...

- Je sais qui tu es. Les gens d’ici adorent les commérages, ce sont de parfaites pipelettes...

- Mais nous ne nous aimons pas.

- L’amour n’en est pas la raison.

- Quoi alors?

- C’est une simple question arrangement.

- Quel arrangement?

- Tu me rends service, je te rends service.

- Sois plus explicite!

- Mes parents rêvent de me voir mariée et mon père m’a promis de me céder la moitié de sa fortune le jour de mon mariage...

- D’où les qualificatifs que le flic t’a attribués...

- Qu’il aille au diable celui-là! Je le déteste ce pistonné des hautes sphères. Il ne pense qu’à mon argent.

- En es-tu certaine?

- Ça se voit, ça se sent... Et puis, je n’aime pas les hommes. Pour l’instant. Ni les femmes, d’ailleurs... Je veux surtout que ce con et mes vieux me foutent la paix une fois pour toutes... Tu ne peux pas t’imaginer à quel point ils me rendent malade.

- En somme, tu me proposes un mariage blanc.

- Dans ton intérêt aussi... Permis de séjour assuré, droit au travail, au chômage, aux assurances tous azimuts et la possibilité de te refaire des racines.

- J’accepte juste pour ce mot.

- Quel mot?

- Racine.

Et nous éclatons de rire.

Un mois tard, loin de la foule déchaînée, Ella me chuchote à l’oreille:

- Maintenant que tu m’as épousée illégalement, fais de moi ta maîtresse légale.

L’amour dans son indisciplinée sagesse peut éclore telle une rose sur un tas de fumier, me dis-je.


                                                                                                Nokolskoe (Altaï), le 20 juin 2018.

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17/06/2018

Mariage blanc (23, à suivre)

Mariage blanc, Hank Vogel.jpgElla me reçoit les bras grands ouverts.

- Ma cuisine et mon spectacle vous ont donc plus à ce point-là? me demande-t-elle, toute rayonnante de joie.

- Si ce n’était que ça! je lui réponds d’un air charmeur.

- Ah, bon?

- Il paraît que vous êtes une mine d’or.

- Rien que ça?

- Je ne fais que de répéter ce que j’ai entendu...

- Qui a osé ou qui ont osé imaginer une telle ânerie?

- Un flic, un seul.

- Je vois de qui il s’agit.

- Un ami ou un ennemi?

- Pire, un soupirant.

- Je comprends tout maintenant.

- Installez-vous, je reviens tout de suite. Votre lanterne mérite un meilleur éclairage...

15:59 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (7) |  Imprimer |  Facebook | | | |

14/06/2018

Mariage blanc (22, à suivre)

Mariage blanc, Hank Vogel.jpgPrenez ce chemin et non pas celui-là! La voix est plus sûre.

Mais qui est-il pour me proposer une telle directive? A-t-il rencontré le diable en chair et en os et a-t-il évité les flammes de l’enfer?

Je suis un homme libre. Je n’est besoin de personne. Mon amertume et ma méfiance dues à mes nombreuses mauvaises expériences me suffisent largement pour affronter à nouveau le pire.

Fais-ceci et pas cela!

Vas te faire foutre, flic à la con! Enfant de seconde zone! Faussaire et fossoyeur des libertés individuelles et intellectuelles!

Et par esprit de contradiction voire de révolte, le lendemain, je retourne à la Belle époque.

Ella me reçoit les bras grands ouverts.

- Ma cuisine et mon spectacle vous ont donc plus à ce point-là? me demande-t-elle, toute rayonnante de joie.

- Si ce n’était que ça! je lui réponds d’un air charmeur.

- Ah, bon?...

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11/06/2018

Mariage blanc (21, à suivre)

Mariage blanc, Hank Vogel.jpgDieu que des mots anodins peuvent être terriblement blessants!

Que suis-je pour lui? je m’interroge. Un simple pion, noir ou blanc, qui fait désordre sur l’échiquier? Ou qui n’obéit pas aux règles du jeu? Quel échiquier? Quel jeu? Ses arrangements et ceux de son incollable tribu, inéluctablement... Je suis étonné qu’il ne m'a pas encore tutoyé. Et pas le moindre signe d’empathie de sa part, sur son visage. Rien. Je ne vois rien. Je ne ressens rien.

Le gardien des mesures à jamais établies me toise puis conclut avec fierté et sévérité, comme s’il avait inventé les feux d’artifice avant les Chinois:

- Un homme averti en vaut deux et le pain béni ce n’est pas pour les cochons. Et... et... et...

Il crache finalement le morceau:

- Une mine d’or telle qu' Ella ne mérite pas d’être découverte par un illustre inconnu... Vous pouvez vous en aller, maintenant! Aucune charge n’est retenue contre vous. Pour le moment!

Et, la queue entre les jambes, comme un chien battu et abandonné, je m’éloigne du commissariat. Lieu poussiéreux et glacial où seul survit le mathématisé...

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08/06/2018

Mariage blanc (20, à suivre)

Mariage blanc, Hank Vogel.jpg- Le syndrome de Pinocchio, ça vous dit quelque chose?

Il éclate de rire.

Je conclus donc que les cours de psychologie comportementale qu’il a eu ou qu’il aurait dû avoir lors de sa formation de limier ne sont que des foutaises.

- Je vois, je mâchonne.

- Hâtive conclusion! s’exclame-t-il tout sourire.

Est-ce un pur hasard ou serait-il un barbouze doté d’un sixième sens?

- Finalement, je vous aime bien, m’avoue-t-il... Non, soyons sérions! Je vous ai convié à me rendre visite, un peu brusquement j’en conviens mais institution oblige, pour vous signaler que les gens d’ici n’aiment pas que les gens d’ailleurs gaspillent leur argent. Donc... donc... la prochaine fois, si une folle envie de bouffer autre chose que du surgelé vous traverse l’esprit, buvez vite un verre d’eau du robinet...

- Afin que ce démon disparaisse à jamais de mes entrailles, j’anticipe.

- C’est presque ça. La gourmandise, on peut la contrôler...

- Donc... donc... d’après vous et vos sympathiques compatriotes qui vous payent avec largesse, un réfugié n’a pas le droit à toutes les jouissance de la vie. L’abstinence: oui! L’abondance: jamais!... Non, je refuse que l’on me prenne pour un esclave des temps actuels. Je ne suis qu’une victime de l’actualité...

- Alors, agissez comme vos semblables! Envoyez votre argent à votre famille ou à vos frères et sœurs! Mais ne le dépensez stupidement en allant dans des restaurants hyper chers.

Dieu que des mots anodins peuvent être terriblement blessants!...

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06/06/2018

Mariage blanc (19, à suivre)

Mariage blanc, Hank Vogel.jpg- Taisez-vous! Je crois entendre mon chef.

Seules les statues ne dévoilent pas leurs sentiments. Il faut donc que je contrôle à fond ma mimique, je rumine. Un abruti a plus de chance de se faire innocenter qu’un exalté face à jury spécialisé dans les tics et les mouvements du visage.

- A-t-il étudié dans la même école de police que vous? je lui demande.

L’inspecteur n’en revient pas.

- Vous êtes un drôle de coco, vous! me lance-t-il après une brève hésitation. J’en suis maintenant convaincu...

- Je suis également curieux de nature.

- Je n’en doute pas... D’habitude, c’est moi qui pose les questions...

- Le contraire m’étonnerait énormément...

- Que voulez-vous savoir exactement?

J’ai subitement une envie folle de me caresser le bout du nez. Mais je résiste à cette tentation.

- Le syndrome de Pinocchio, ça vous dit quelque chose?

Il éclate de rire...

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04/06/2018

Mariage blanc (18, à suivre)

Mariage blanc, Hank Vogel.jpgDans ma jeunesse, j’ai lu un jour, peint en grand et en rouge sur la façade d’un immeuble administratif, Le mensonge est une vérité dans un monde inconnu.

Alors, si un révolté contre le système a osé barbouillé cela, pourquoi agirais-je plus gentiment, moi qui ai subi les pires humiliations de la part de ce même système?

Œil pour œil, dent pour dent!

Jusqu’à la preuve du contraire, je t’approuve donc Hammourabi, roi de Babylone!

- Alors! Ça vient ou quoi? gronde-t-il de nouveau, le cocu de père en fils certainement.

- Ella a l’intention se de marier, j’invente.

- Avec qui et quand? crie-t-il comme un fou furieux, en s’éjectant presque de son fauteuil.

- Calmos, calmos, enquêteur de mes deux! Il ne faut pas confondre le rêve et la réalité...

- Vous m’insultez maintenant?

- Non, je vous explique.

- Vous m’expliquez quoi?

- L’intention n’a jamais été un fait accompli, que je sache! Non? A moins que dans la sphère policière tout se passe autrement... on préconise la chute pour éviter la cascade...

- Taisez-vous! Je crois entendre mon chef...

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03/06/2018

Mariage blanc (17, à suivre)

Mariage blanc, Hank Vogel.jpgQuand quotidiennement une patronne se déguise en négresse et un flic flippe pour des cacahuètes, c’est la fin du cinéma, me dis-je.

- Vous a-t-elle balancé quelques vérités me concernant? reformule l’homme de l’ordre.

- Pourquoi, elle vous intéresse autant que ça? je lui demande avec un petit sourire au coin des lèvres.

- Ne jouez pas au malin avec moi. Bien des marabouts de votre espèce se sont tous retrouvés à l’hôpital pour moins que ça.

- Navré pour eux... C’est une menace?

- Non, un simple avertissement.

- Un bon zoologiste n’enferme jamais tous les singes dans la même cage, vous saviez?

- Que voulez-vous insinuer par là?

Fait-il exprès de ne pas bien me comprendre? Ou attend-t-il que je m’égare dans mes propos, hautement mal considérés par les bien-pensants de son bled, afin de me neutraliser? Tel un tireur d’élite prêt à m’abattre pour la bonne cause. Non, la sienne et celle de ses pairs. Malheureux conditionné!...

- Alors! Ça vient ou quoi? gronde-t-il.

Tu nais flic et tu meurs flic! Les seuls policiers qui s’en sortent sont ceux qui passent à la télé. La casquette doit certainement empêchait le cerveau d’évoluer.

Le pauvre homme se ronge les doigts. L’amour est souvent un casse-tête insoluble.

Et si je changeais mon fusil d’épaule? Je commence à avoir pitié de lui.

- Jamais de la vie! aurait réagit ma concierge catalane, morte dans une prison espagnole, condamnée à vie pour avoir soi-disant empoisonné des chorizos. Ressaisis-toi, mon garçon! La flicaille... ces gens-là ne méritent aucune de nos larmes. Ni au mariage, ni aux funérailles. Ils ont le mépris et la suspicion dans le sang.

Tant pis pour moi! Au point où j’en suis socialement, qu’ est-ce que je risque?...

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31/05/2018

Mariage blanc (16, à suivre)

Mariage blanc, Hank Vogel.jpgTout est bien qui finit bien! dit-on. Ce qui s’est déroulé avant, voire la pire des catastrophes, n’a plus d’importance, n’est plus qu’une banalité, un grain de poussière, une insignifiante parenthèse. A quoi bon donc en faire tout un fromage? Ainsi raisonne l’homme pressé qui veut tourner la page.

Et tant de pages ont été si vite tournées! Dans l’intérêt général, soi-disant.

- Combien? me demanderait ma concierge qui compte et qui ramasse à longueur de journée les mégots et les chewing-gums crachés dans les escaliers.

- Une infinité et j’oublie celles qui ont été arrachées et détruites, je lui répondrais.

Oui, une infinité. Ciel que l’ingratitude humaine rivalise avec l’éternité!

Le livre de notre existence passée est un roman impersonnel à moitié escamoté par nos précepteurs. Où, systématiquement, les points d’interrogations ont été remplacés par des points de suspension et les verbes aimer et adorer par des verbes moins corrosifs tels qu’estimer ou apprécier.

La faute à qui?

- De qui! corrigeraient à haute voix et avec fierté les puristes.

Mais ces gens-là n’ont que la critique facile. Le reste du temps, ils trébuchent à toute nouveauté.

Sur quel navire de guerre ai-je apponté? Suis-je moi aussi une parenthèse, une parenthèse historique?

- Nom, prénom, date et lieu de naissance, nationalité, profession, sexe actuel, état matrimonial légal et adresse de l’établissement qui vous héberge? me déballe l’inspecteur de police d’une voix monocorde pareille à celle d’un robot.

- On m’a déjà demandé tout ça la semaine dernière, je lui fais remarquer gentiment.

- Qui ça?

- Le monsieur chargé de l’immigration.

- Nom, prénom...

- Zumberstrum, je crois.

- Connais pas.

- Comment est-ce possible? Il était pourtant assis à votre place...

- Nom, prénom....

- Je m’appelle Hour Ben, je suis né le 10 mars 1982 à... à...

- À?

- Je suis vraiment navré, mais il m’est formellement déconseillé par mon psychiatre de prononcer la moindre syllabe de ma ville natale ni de l’endroit où elle se trouve ou plutôt où elle se trouvait.

- Est-ce une plaisanterie?

- C’est noté noir sur blanc et en lettres grasses dans mon dossier.

- Mais je n’ai pas votre dossier!

- Allumez alors votre ordinateur.

- Il est en panne comme tous ceux de la maison d’ailleurs. Mon... mon...

- Mon?

- Mon plus grand souci, ce n’est pas ça mais vous.

- Donc vous me connaissez...

- Avez-vous une idée pourquoi je vous ai convoqué?

- Vous ne m’avez pas convoqué, deux gendarmes sont venus me chercher de force. Autrement, j’aurais pris avec moi mon autorisation de séjour et les carottes seraient cuites depuis longtemps...

- Pas si sûr, pas si sûr!

- Et pour quelle raison?

- Hier, qu’est-ce qui vous a pris d’aller jouer à la fine bouche au lieu de déjeuner sagement à la cantine comme tout bon réfugié? Et pourquoi spécialement à la Belle époque où la tenancière dissimule son identité? Bien qu’ à juste titre selon elle...

- J’ignorais tout ça, cher monsieur.

- Que vous a-t-elle raconté à mon sujet?

- Qui ça?

- Ella.

Je tombe des nues...

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30/05/2018

Mariage blanc (15, à suivre)

Mariage blanc, Hank Vogel.jpgNous nous regardons les uns les autres tels des imbéciles heureux.

La réponse la plus précise, la plus percutante viendra de l’autre. Cet autre, ce sage, cet ange qui a su traverser ces flammes infailliblement destructrices sans se faire brûler les ailes.

Mais où est-elle bon sang, cette créature hors normes au destin unique?

Au fond de nous et nulle part à la fois? Ce n’est finalement qu’une chimère?

Il n’y a donc point de véritable héros prêt à s’en prendre plein la gueule dans cette basse-cour...

- Résultat? répète le cabotin.

- Ça va, ça va! s’énerve Ella... Votre drame est une comédie sans fin. Qui se produit dès que les rotules commencent à grincer et les portes tout autant. Question d’usure. Ou trop de plaisir tue le plaisir. La répétition à outrance n’est bonne que pour la mitrailleuse. Et puis quand on ne peut plus on ne peut plus! Pourquoi voulez-vous empêcher les jeunes de jouir de leur propre jeunesse sous prétexte qu’au bout du compte l’impuissance et la mort nous attendent tous.

- Résultat? persiste-t-il.

- On s’en fout totalement de ton résultat, camarade! je hurle... On se croirait à la chambre des lords ou les sourds donnent l’impression d’être de grands penseurs. Qu’attends-tu de nous? Un kein boche ou un niet à la soviétique?

- Personne ne veut nous écouter, nous les gens ordinaires, pleure-t-il. Personne, personne...

- Désolée, réagit Ella. Tout est de ma faute. J’ai compris. La prochaine fois, le vulgaire n’aura plus droit au chapitre... Retournez tous à vos places, à vos tables respectives, s’il vous plaît, mesdames et messieurs! Les digestifs sont offerts!...

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28/05/2018

Mariage blanc (14, à suivre)

Mariage blanc, Hank Vogel.jpg

- Tous les mêmes, dès qu’ on leur donne le pouvoir, ils prennent la grosse tête, je murmure.

- Plus fort!

- Si je veux, connard!

- Cessez de vous chamailler comme deux coqs empâtés! intervient Ella.

- Belle expression! je souligne d’un ton très étonné. La poésie finit toujours par sauver le monde...

- C’est justement à cela où je voulais en venir, m’interrompt le petit cabot de madame. Ma moitié et moi, pendant des décennies, nous avons connu les maisons de tolérance les plus tolérables qui soient, les maisons closes les plus closes qui soient... les salons privés, les boxons à ciel ouvert, les caves des châteaux, les pissoirs des grands restaurants, la forêt, les champs élysées ou presque, la rue, le trottoir, le sexe par téléphone puis, Dieu soit loué, par skype et nous avons subi ainsi les pires tempêtes de la luxure. Résultat?...

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26/05/2018

Mariage blanc (13, à suivre)

Mariage blanc, Hank Vogel.jpg- Nous en avons marre du bas dans tous ses états et dans tous les sens soit dans toutes les sauces.

- Quelles sauces, mes sauces?

- Mais non! Tu es à côté de la plaque, ma gargotière! Ta cuisine commence sérieusement à te monter au ciboulot...

- Soyez donc plus explicite! Au lieu de jouer à la méchante maîtresse d’école entre autres.

La plantureuse semble tout à coup bloquée, paralysée, pétrifiée...

Son toutou de chérie vient à son secours, indirectement, par crainte de se ramasser une baffe, bien entendu:

- Ma bien aimée voulait insinuer tout ce qui est et s’approche de la bassesse.

- Ose enfin, camarade! je lance. C’est maintenant ou jamais. A toi tout seul, tu vaux plus qu’une armée. Quand le maréchal tombe aux oubliettes le caporal peut sonner sa trompette.

Alors, rassuré par mes encouragements inattendus, le petit bonhomme redresse sa jolie cravate et, tel un président fraichement élu, affirme avec fierté et fermeté:

- La grossièreté, la trivialité, l’obscénité, l’exhibitionnisme, le voyeurisme, la pornographie... tout ce qui dévoile nos instincts les plus primitifs, voire les plus incertains, n’améliore nullement notre existence au contraire... au contraire...

- Le couvent te conviendrait à merveille, lui dis-je.

- D’où tu sors toi pour te permettre une telle remarque? me demande-t-il avec arrogance.

- Tous les mêmes, dès qu'on leur donne le pouvoir, ils prennent la grosse tête, je murmure.

- Plus fort!...

09:47 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (14) |  Imprimer |  Facebook | | | |

24/05/2018

Mariage blanc (12, à suivre)

Mariage blanc, Hank Vogel.jpg- Alors pourquoi vouliez-vous me quitter, m’abandonner?

- Nous n’avions pas le choix.

- Quel choix?

Son compagnon ou son Pense à ta louloute ou je te balance une torgnole!, le petit bonhomme joliment cravaté, se gratte la tête puis déclare, la queue entre les jambes:

- Ce sont toujours les grandes gueules qui décident de tout. A nous, les vrais gens simples, les ignorés des médias, bourges ou travailleurs... jamais, on nous donne la parole. Publiquement. Afin que nous puissions nous exprimer franchement, à fond.

- Comment ça? rétorque Ella. Il y a les votations, les manifestations, les grèves... et puis maintenant il y a internet et les réseaux sociaux...

- Où même les chattes s’en prennent aux chiennes, mon merci!

- Que faire alors?

- L’action.

- C’est-à-dire?

- Agir, partir, s'en aller, sortir, se casser, déguerpir, s'échapper, se sauver, foutre le camp, s’éloigner, disparaître, mourir peut-être...

- J’ai compris, j’ai compris! Ce n’est parce que je suis à moitié noire que je dois être à moitié sotte.

Elle souffre de racisme, me dis-je.

- C’était pourtant ça qui bouillonnait dans nos cafetières... Désolé, je n’avais nullement l’intention de... de vous...

- Pas un mot de plus, Raoul! crie la matriarche.

Puis elle s’adresse à Ella:

- Au lieu de tourner autour du pot comme des charognards autour d’un cadavre tout déchiqueté, il serait préférable que je t’arrache le mal par la racine. D’accord?

- Je vous écoute.

- Le pet de monsieur ton copain...

Quel sorte de crime ai-je donc commis?

- Ce n’est pas mon copain. Pas encore...

Est-ce une invitation au rêve ou à la débauche?

- Le pet de monsieur tout court, se rattrape l’ex prostituée, probablement... Mes amis et moi, nous l’avons trouvé forcé et vulgaire.

- Forcé et vulgaire?

- Oui, forcé et vulgaire.

- Et alors?...

13:50 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (6) |  Imprimer |  Facebook | | | |

22/05/2018

Mariage blanc (11, à suivre)

Mariage blanc, Hank Vogel.jpgLa basanée les retient en leur disant:

- C’était pourtant le but recherché, non?...

Des oui mais se succèdent comme des queues sans tête. Permettez-moi cette expression.

- Mes chers amis, je ne vous comprends plus, poursuit-elle. Vraiment plus. On dirait que le bruit d’un vent qui se sauve spontanément des entrailles d’un corps en émoi heurte davantage votre sensibilité que celui d’une rafale de mitraillette au sein d’une école étasunienne. Serriez-vous tous tombés dans les pièges de la contradiction. Ce matin encore, au petit déjeuner, vous me disiez... que le théâtre, la radio, la télévision et le cinéma ne vous apportent plus rien, n’enrichissent plus vos vies. Ni sentimentalement, ni socialement. Que les discours, les actualités, les chansons, les œuvres dramatiques, les films, les séries télévisées, policières et autres, ne vous emballent plus. Que c’est presque toujours le même scénario, la même histoire, la même machination. Du chiqué dans l’espoir de vous faire vibrer. Du réchauffé à outrance. Mais en vain. Et voilà qu’un gaz intestinal, anodin, inodore mais assourdissant, au lieu de vous propulser dans l’univers merveilleux de l’inattendu, vous a plongés dans un océan glacial noyant toute belle attente. Cette flatulence aurait-t-elle agi dans vos cervelles telle la goutte d’eau qui fait déborder le vase? Est-cela? Ou est-ce que je me trompe? Exprimez-vous, expliquez-moi, je suis perdue.

- Oui mais, mais oui, répète la femme aux lèvres bien charnues.

- Cessez avec vos oui mais, bon sang! s’énerve la belle métisse... Vous n’avez pas meilleur bêlement que ceux-ci?

- Ne t’énerve pas comme ça, Ella! lui dit la pulpeuse. Nous sommes tous dans le même bain. Toi comme nous.

Enfin du nouveau dans ce chaos verbal! La belle s’appelle Ella. Sans doute un diminutif d’Emmanuelle. Que c’est excitant!

- Alors pourquoi vouliez-vous me quitter, m’abandonner?

- Nous n’avions pas le choix.

- Quel choix?...

08:38 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (9) |  Imprimer |  Facebook | | | |