23/03/2018

Mes voisines concubines (24, à suivre)

Mes voisines concubines, Hank Vogel.jpgJe me frotte les yeux et lui propose:

- Fermez boutique et allons ensemble, la main dans la main, chasser la solitude qui règne dans votre chambrette, sans bruit ni trompette, très chère fillette!

Elle sourit puis elle grimace.

- Si seulement, je pouvais, maugrée-t-elle.

- Mais il n’y pas un chat dans ce troquet.

- Pour le moment.

- Alors asseyez-vous en face de moi.

- Je n’ai pas le droit.

- Consigne du patron?

- De qui d’autre?... Votre café est tout froid.

- Tant que le cœur ne l’est pas, le reste ne compte pas.

- Vous êtes un sacré baratineur...

- A quelle heure vous finissez votre service?...

- Et dragueur, par-dessus le marché!

- L’un ne va pas sans l’autre... A quelle heure?...

Mais à ce moment-là, la porte s’ouvre violemment, deux gendarmes entrent, un grand grassouillet et un petit maigrelet, et tout d’un coup, la salle me semble bizarrement toute occupée.

Quel frisson! Hitchcock en serait tout ravi.

Maladroitement, les deux hommes accrochent leur képi au portemanteau et prennent place près de l’entrée.

Fatalement, je songe à Laurel et Hardy.

Et un tas de scènes de mon enfance refont surface...

12:03 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (8) |  Imprimer |  Facebook | | | |

21/03/2018

Mes voisines concubines (23, à suivre)

Mes voisines concubines, Hank Vogel.jpgJe cadenasse mon quarante-neuf-centimètres-cubes, entre dans un bistro et m’installe tout gaiement dans un coin.

- Bière, rouge ou café? grogne la serveuse qui se trouve derrière le comptoir.

- Un ristrette avec deux crèmes et un verre d’eau, s’il vous plaît, je réponds calmement mais froidement.

- Croissant?

- ...

- Un, deux ou zéro?

- Beurre ou margarine?

- Il faut demander ça au boulanger.

- Alors rien.

- Comme bon te semble, ma chochotte.

Mais chochotte: à peine audible. Tout de même!

Mal assouvie ou mal réglée, me dis-je.

Trois minutes plus tard, en posant le tout sur la table, la rabat-joie me demande à mon grand étonnement:

- Vous aussi vous avez vécu avec les sauvages?

- Les sauvages? je m’exclame... Quels sauvages?

- Ces gens qui vivent à poil et des plumes dans le derrière... comme ceux de Monsieur Paul.

- Paul comment?

- Lambrusco, je crois... L’explorateur qui écrit parfois des pièces...

- C’est Paul Lambert.

- Oui, c’est ça, je me souviens maintenant...

- Il vient souvent ici?

- Pourquoi, vous voulez que je vous le présente?...

- Ah, je vois maintenant! Café et double crème, n’est-ce pas?

- Vous connaissez?

- Un peu, un peu plus mais pas trop... Nous nous sommes souvent rencontrés au Blues Bar. Chez Madame Scarlett, la maman de Bouby.

- Qui ça?

- Bernard Gugelmann, le batteur rock.

- Connais pas.

- Dommage.

- Et maintenant?

- Depuis que je n’habite plus chez mes vieux, je ne fréquente plus personne.

- Personne personne?

Finalement pas si gueuse que ça, je corrige mon jugement. Je me la ferais bien, cette rouquine...

- Personne personne? répète-t-elle.

Je me frotte les yeux et lui propose:

Fascinante Amazonie (1965).jpg

A la mémoire de Paul Lambert...

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19/03/2018

Mes voisines concubines (22, à suivre)

Mes voisines concubines, Hank Vogel.jpgCoup de fil de Sergio Ussario. Mon solex est réparé. Je cours le récupérer.

Avec ma pétrolette, je passe devant le commissariat.

Quel triste hasard! Non, suite à une inconsciente décision de ma part! Sturm sort de son usine à souricières juste à ce moment-là.

Naturellement, comme il n’a personne à mettre au violon dans cette lacustre république balnéaire où ne vivent que de gentils petits musiciens à la croix de bois, excepté moi, il me fait signe de m’arrêter, le vilain prédateur.

Mais comme j’ai envie de jouer au gendarme et au voleur, je lui fais un doigt d’honneur.

Signe pour signe, dent pour dent, je rumine... Pour qui tu te prends, fils de pute? Je peux être plus vache qu’une vache quand je veux. Moi, je n’ai rien à perdre. Rien. Pas comme toi, tête de nœud! Ni grade, ni poste. Ni galons, ni casquette. Strictement rien, espèce de pistonné de père en fils!

Et je poursuis gentiment mon chemin.

Mais voilà! Un flic est un flic et, tel un loup aux aguets, il ne perd jamais de vue sa future proie.

A moins que la politique ne s’en mêle!

Cependant, la plupart du temps, les élus du peuple, ceux qui tiennent les ficelles, sont de mèche avec la police.

«Je te protège, tu me protèges. Tu me protèges, je te protège.» Cette rengaine ne cesse pas de circuler dans l' acide désoxyribonucléique du corps politico-policier.

Quand osera-t-on mettre le feu dans cette fourmilière?

21:24 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (8) |  Imprimer |  Facebook | | | |

18/03/2018

On a voté en Russie!

Vladimir Poutine est presque sur toutes les lèvres. Un Poutine sans parti ni débats. Quant au programme, on verra ça plus tard. C'est fou comme l'homme a confiance en l'homme, en Russie! On se croirait sur une autre planète. Quasi au paradis.

Oui, Poutine est sur toutes les lèvres sauf sur celles du chat de ma concierge et sur celles de Baba Alla, la sœur d'Ali Baba, cet ennemi de la corruption forcé de se camoufler avec ses copains dans les bois.

On est en plein dans la légende!

12:49 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (3) |  Imprimer |  Facebook | | | |

15/03/2018

Mes voisines concubines (21, à suivre)

Mes voisines concubines, Hank Vogel.jpgAvant d’écrire, l’homme a peint. Mais avant de peindre, il a regardé.

Regardé, observé, scruté, contemplé, dévisagé, fixé, estimé, jugé, toisé, admiré, touché, palpé et Dieu sait quoi encore! Pour le pire et le meilleur.

On ne devient pas artiste, on épouse l’art malgré soi pour l’éternité.

- C’est la seule compagne qui a su partager tes pires secrets sans jamais pleurnicher, me fera certainement remarquer le Saint Père, le jour du jugement dernier.

J’ouvre ma boîte de peinture et je caresse les tubes. Mes tubes! Car je les ai personnellement choisis. Avec amour. Avec attention et intension...

J’adore le blanc de titane, le jaune de chrome, le vert émeraude, le bleu de cobalt, le rouge vermillon et le noir d’ivoire.

Aucun problème de racisme dans cet univers-là. Les blancs, qu’ils soient de titane ou de zinc, se marient très bien avec les noirs d’ivoire ou de vigne. Jamais on évoquera par méchanceté le chocolat. Et quand les rouges et verts se mélangent, c’est vraiment marron!

Sur une plaque de carton, je peins mes voisines. Au pinceau et à la spatule. Nues et coquines.

Résultat: mystère et boule de gomme! Nues: c’est certain. Coquines: il faut y mettre du sien.

Je conclus donc que mes outils picturaux sont moins révélateurs que mon stylo.

Merde! Quelle frustration!...

Mes voisines concubines.jpg

Rosetta et Pierrette...

12:34 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (9) |  Imprimer |  Facebook | | | |

14/03/2018

Mes voisines concubines (20, à suivre)

Mes voisines concubines, Hank Vogel.jpg- OK, OK!... Alors allons tous nous coucher. Chacun dans son lit douillet, pour notre sécurité et empêcher toute ambigüité. Car demain, Rosetta et moi, nous avons un cours avec Piaget.

- L’homme à la bicyclette et au béret basque?

- Tu connais?

- De vu et de loin. Comme une hirondelle qui essaye de ne pas trop zigzaguer.

Le temps passe, les doutes s’entassent et les mensonges nous lassent. L’autre est souvent un piège bien camouflé.

Que veulent-elles réellement de moi, ces deux concubines? je me demande au réveil, le lendemain matin.

Et des scènes, les unes plus extravagantes que les autres, se déroulent dans ma cervelle. Tel un film réalisé par un auteur provocateur, méprisant logique et censure. Pour qui seul le frisson compte.

Je vois ainsi mes voisines en train de faire l’amour sous le regard méditatif de leur professeur tant apprécié.

Pourquoi les lesbiennes n’excitent autant?

Rupture de stock! Pas de carabine ni de cartouches pour tuer les ennemis de la compréhension!

Je suis sur un terrain hostile. Au moindre toussotement, je risque d’être pris pour cible et fusillé sur-le-champ.

Au diable donc toute investigation courageuse! L’ignorance préservera ma vertu...

12:48 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (3) |  Imprimer |  Facebook | | | |

12/03/2018

Mes voisines concubines (19, à suivre)

Mes voisines concubines, Hank Vogel.jpg- Hvorfor?

- Pardon?

- Hvorfor, c’est pourquoi en norvégien... Alors?

- Pour rien. Ou par pulsion ontogénétique, plausiblement... Ai-je l’air d’un iceberg pour toi?

- Ne psychanalyse pas tout, bon sang!

- Je ne peux pas m’en empêcher.

- Je te comprends. C’est le défaut de toute personne obsédée par sa profession. Le curé voit le mal partout, le banquier nulle part et le flic suspecte même son chef. C’est pour cela que je m’abandonne tantôt à l’écriture, tantôt à la peinture, en passant brièvement par la photographie et le cinéma. Pour n’être prisonnier qu’aucun art, d’aucun style...

- Tu peins aussi?

- Oui... A l'huile et à l’acrylique.

- Des nus surtout, je m’imagine. Non?

Soudainement, j’ai l’impression d’avoir déjà vécu ce moment-là. Ici, dans cette chambre mais il y a très longtemps.

- Prodigieux, je murmure.

Pierrette reprend le flambeau de leur étrange interrogatoire:

- Ce qualificatif exagéré concerne qui? Elle ou moi?

Je dodeline la tête comme un Indien.

Elle hausse les sourcils.

- Ni l’une, ni l’autre, je réponds finalement, en dodelinant de nouveau ma tirelire... Je viens d’avoir une sensation de déjà-vu. C’était vraiment prodigieux...

- Cela est dû à...

- Non merci! Je ne veux rien savoir. Comme dit souvent mon père, je préfère la lune du poète à la lune du scientifique...

12:53 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (9) |  Imprimer |  Facebook | | | |

10/03/2018

Mes voisines concubines (18, à suivre)

Mes voisines concubines, Hank Vogel.jpg- Malheureusement, vu mon profil, je ne mérite pas pareille mission. Je plane quand il faut nager et je nage quand il faut planer.

- En somme, tu es un éternel naufragé qui hésite entre deux rives?

- Quelles rives?

- La gauche et la droite.

Je me gratte la tête et je libère ouvertement ma pensée:

- Un jour peut-être, j’irai gouter la sauce tomate et le cervelas des communistes mais pour l’instant, grâce ou à cause de mon statut de connard et de fils à papa, je me contente de la cuisine parfaite de ma maman car elle me permet de faire joujou avec mes plumes, mes pinceaux et mon appareil de photo tout en mangeant.

- Tu dois forcément avoir un problème avec l’univers du travail ou ton travail, déduit Rosetta.

- Qu’est-ce qui te fait dire ça?

- Statut, profil, précision, rationalité, information, activité... et ta langue a failli fourcher avant que tu ne prononces ces mots-là.

- Serais-tu psychologue?

- Étudiante en psycholinguistique pour l’instant... Toutes les deux.

- Fabuleux!... Hélas! Tu as fait chou blanc.

- Vraiment?

- Même la plus maligne des sciences n’arrivera jamais d’une seule jambée à la cheville de la vérité.

- Tu ne bosses pas?

- Sérieusement: non... C’est fou comme les gens n’étendent que ce qu’ils veulent entendre! Combien de fois encore dois-je me foutre à poil pour que vous me croyez?

- C’est bon! Je constate que tu n’es pas un menteur.

- C’est si important pour toi, pour vous?

- Très!

- Hvorfor?

- Pardon?...

21:33 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (3) |  Imprimer |  Facebook | | | |

09/03/2018

Mes voisines concubines (17, à suivre)

Mes voisines concubines, Hank Vogel.jpgHeureusement pour moi, je n’ai nullement besoin de marie-jeanne ou l’une de ses sœurs pour voyager dans les sphères de l’imaginaire, deux ou trois pages vierges d’un cahier d’écolier et une cartouche d’encre me suffisent largement pour me shooter.

L’imagination est une arme qui combat toutes les influences. Elle est juge et bourreau à la fois.

- Tu fumes? m’interroge sèchement l’aînée de ces deux taxones, tel un médecin militaire anti-tabac.

- Très peu, je réponds un peu refroidi. La pipe de temps à autre, après une satisfaisante inspiration.

- Tu écris alors?

- Tous les jours.

- Tu es journaliste? Tu travailles pour un journal? Lequel? Tu fais donc partie de cette bande de rigolos qui préfèrent la fesse à la confesse...

- Spot! Repos! Cesse de me mitrailler avec de fausses accusations! Je ne suis qu’un indépendant stylophile.

- Un quoi?

- Quelqu’un qui s’exprime librement avec son stylo... Le journalisme, surtout d’investigation, est probablement l’activité la plus salvatrice au monde pour notre société. Car, sans elle, nous serions tous sous la botte d’une confrérie de dictateurs. Divulguer une information, avec précision et rationalité, toute crue, sans la moindre amputation ni critique, c’est préserver le public de toute fausse interprétation et lui permettre ainsi de prendre sainement conscience de la réalité des faits. Mal...

- Mal?

- Malheureusement, vu mon profil, je ne mérite pas pareille mission. Je plane quand il faut nager et je nage quand il faut planer.

- En somme, tu es un éternel naufragé qui hésite entre deux rives?

- Quelles rives?...

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07/03/2018

Mes voisines concubines (16, à suivre)

Mes voisines concubines, Hank Vogel.jpg- Petite Pierre, sur toi je bâtirai ma première liberté.

- Chut! Pas d’ironie ni de blasphème, l’heure est l’amour. Voici donc notre histoire: nos parents se fréquentaient quand ils étaient jeunes. Ils se voyaient souvent à la Société des amis de l’Égypte, une sorte club privé où tous les admirateurs et adorateurs de Champollion, Lord Carnarvon, Toutânkhamon, Néfertiti, Cléopâtre et de falafels se réussissaient une fois par mois pour manger à l’égyptienne, sans couteau ni fourchette, avec les doigts et non pas avec les mains, des plats pimentés à faire pleurer l’ange Gabriel... et participer aux palabres des éminents professeurs d’histoire et d’archéologie de passage. Un soir, ivres de discours et de pinot noir assurément, après une de ces conférences interminables sur la fameuse pierre de Rosette découverte par le camarade Jean-François, mes futures géniteurs promirent à leurs amis fidèles de nommer leur premier enfant Pierre ou Pierrette...

- Et dans le délire général, poursuit sa copine, les miens promirent à leur tour de baptiser leur prochaine progéniture Rosette ou Ross.

- Et nous naquîmes, nues et dépourvues de tout hymne! reprend la blonde, gaiement. A quarante-deux jours et six heures d’écart. Moi d’abord. Et, bien entendu, nos adorables lascars à toute épreuve tinrent leur promesse. Mais, juste après la naissance de Rosetta, ils se perdirent malheureusement de vue... Mais, comme les malheurs, les mais n’arrivent pas obligatoirement pour conclure définitivement tout, seize années plus tard, toujours aussi fans des pharaons et de leur momie, pendant que nous étions certainement en train de rêvasser en écoutant des chansons de Brenda Lee, Del Shannon ou Ricky Nelson, émises par Radio Veronika, nos chers cocos se croisèrent par hasard aux musée des antiquités et, de fil en aiguille, de plaisanterie ahurissante en déclaration pompeuse, de oui mais en non si et vice versa, finirent par décider de passer des vacances ensemble, au bord de la mer méditerranée. En Égypte naturellement. Entre parenthèses, nos paternels, contrairement aux élus de notre merdeuse république, n’attendent pas des siècles avant d’accomplir leurs rêves, aussi fous soient-ils. Ce sont de vrais mecs, eux! Pas des couilles molles! L’été qui suivit donc cette rencontre hasardeuse, pour des raisons de calendrier, ma famille partit la première...

- Et c’est à l’aéroport d’Alexandrie que notre vie amoureuse débuta! avoue Rosetta, avec fierté et joie. Par de petits regards malicieux... N’est-ce pas, Pierrot?

Cette narration vaut plus qu’un pétard, me dis-je...

13:22 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (6) |  Imprimer |  Facebook | | | |

05/03/2018

Mes voisines concubines (15, à suivre)

Mes voisines concubines, Hank Vogel.jpgL’alcool à forte dose est un couteau sans manche. Je blesse et je me blesse. Suis-je vraiment ce monstre avide de bestialité?

- Z zuis dézolé, je zozote, à moitié par exprès.

- C’est nous qui le sommes et tout est de ma faute, s’accuse Pierrette. Je n’aurais jamais dû monter ce bourgogne de la cave...

- Non, c’est moi le fautif. J’étais sur le bon chemin mais au lieu de marcher droit devant moi, je me suis amusé à marcher sur les plates-bandes.

- En moins poétique? Si possible.

- Je ne sais pas ce qui m’a pris de vous manquer de respect. Je suis allé un peu trop loin dans mes propos.

- Juste un peu? Pas davantage?...

- Ce peu cachetait-il quelque chose? intervient Rosetta.

- Quoi par exemple?

- Un désir inévitable engendré par un préjugé ou un fantasme, peut-être?

- J’opterais pour le moins violent... mais changeons de disque, s’il vous plaît! Parce que ni vous ni moi avons les compétences adéquates pour analyser les paysages les plus obscurs de ma libido. Et tant mieux! Car il n’y a plus déprimant que de jouer au sexologue.

- Comment le sais-tu?

- Je le sais par expérience, ma chère Rosetta.

- Alors raconte!

- Pour que je devienne ton esclave par la suite? Non merci. Me dénuder le premier, cela te permettra de mieux t'attaquer.

- Tu as raison, ça devient chiant, m’avoue Pierrette. Passons donc à notre fabuleuse rencontre, de Rosetta et moi. Si cela t’intéresse toujours?

- Oui, bien sur.

- Cela t’aidera à mieux nous localiser dans ton esprit et, qui sait, à nous ranger dans un coin privilégié de ton jardin secret.

- Petite Pierre, sur toi je bâtirai ma première liberté.

- Chut! Pas d’ironie ni de blasphème, l’heure est l’amour. Voici donc notre histoire:...

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04/03/2018

Mes voisines concubines (14, à suivre)

Mes voisines concubines, Hank Vogel.jpg- Oui, déroule-nous toutes tes activités... passées, présentes, futures, études, réussites, échecs, projets d’avenir, hobbies...

- Mes attirances sexuelles également?

Une expression mitigée se dessine aussitôt sur leur visage. Indescriptible, pour être honnête. Du jamais vu, en d’autres termes.

Je suis totalement déstabilisé.

Ai-je prononcé un mot tabou ou le vocable inespéré, tant attendu?

Mais heureusement, au top des circonstances les plus troubles, au bord de la faillite mentale, les anges de mon enfance se précipitent au portillon de mon encéphale et me forcent de me mettre à nu.

- Au diable le cévé! dis-je. J’ai une envie folle de vous baiser toutes les deux.

Et les masques tombent. Ève renaît de ses cendres et le serpent glisse sous le tapis.

- Mais, bêle Rosetta.

- Mais, béguète Pierrette.

- Êtes-vous vierges ou lesbiennes?...

09:57 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (6) |  Imprimer |  Facebook | | | |

02/03/2018

Mes voisines concubines (13, à suivre)

Mes voisines concubines, Hank Vogel.jpgUne silence extraordinaire s’installe entre nous. Est-ce la minute de silence avant l’indifférence totale ou la minute d’angoisse avant le peloton d'exécution?

Tout à coup, j’ai l’impression d’être sur le tournage d’un film surréaliste. En train de jouer ou d’essayer d’interpréter le rôle d’un berger perdu au sommet d’une montagne des Alpes ou de l’Himalaya face à deux brebis égarées ou celui de Tarzan face à Jane et Chita juste avant d’aller se coucher. Qui choisir, elle ou elle? Ou en plein dans une production bollywoodienne dont le metteur en scène ne n’exprime qu’en japonais ou en chinois.

Que de ou dans ma carafe! me dis-je. C’est sans aucun doute à cause du pinot noir.

- Et encore de ce divin breuvage pour l’épilogue? me suggère Rosetta, malicieusement en remplissant presque à raz bord mon verre de vin.

- Tu veux, vous voulez que je déroule la fine bouche de mon curriculum vitae? je bafouille.

- Oui, déroule-nous toutes tes activités... passées, présentes, futures, études, réussites, échecs, projets d’avenir, hobbies...

- Mes attirances sexuelles également?...

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28/02/2018

Mes voisines concubines (12, à suivre)

Mes voisines concubines, Hank Vogel.jpg- Et si on faisait meilleure connaissance, propose Pierrette entre la poire et le fromage. Rosetta et moi-même, nous sommes farouchement curieuses de savoir qui tu es réellement. De A à Z. Selon toi. Car selon nous... très yeux bleus ne cessent de brouiller nos jugements. Tu es à la fois ange et démon.

- Comme tout individu, j’avoue.

- Non, tout le monde n’est pas comme toi. Il y a chez toi... quelque chose de très envoûtant.

- Se laisse envouter celui qui le souhaite...

- Qui es-tu Charly? De Z à A, si tu préfères. Pour l’amour du ciel, libère-nous de ce poids qui nous a été curieusement infligé et nous te dirons tout.

Et, tel un libérateur de tout supplice, pour satisfaire l’étrange désir de mes voisines, je me déshabille intellectuellement avec beaucoup de prudence:

- Charles-Antoine Christian Erik Ødegård. Je suis né quelque part en Afrique, entre un dattier et un figuier, juste après la guerre. C’est sans doute pour cela que je raffole les dattes et les figues. Mon père est norvégien et ma mère italienne. Ils se seraient rencontrés à Venise à l’époque du fascisme, sur le vaporetto, et m’auraient conçu sur une gondole. Ou l’inverse. D’où j’ai souvent le mal de mer. Ce qui expliquerait aussi pourquoi je suis souvent dans la lune. Voire parfois vraiment sur, là où l’eau est absente. Donc point d’eau bénite, par la même occasion. Ce qui signifie que je n’ai nullement besoin d’une religion pour me désaltérer. Pour moi, Dieu passe sans cesse par nos poumons et quand il en a marre, il nous expédie direct, sans le moindre scrupule, en enfer. Les termes patrie, armée et autorité me chatouillent plus le trou de balle que l’esprit. Actuellement, je suis amoureux d’une fille qui aurait honte de moi à cause de son père, membre du parti libéral qui put plus le crottin que la liberté. On me dit souvent que je suis de gauche ou d’extrême-gauche. Du fond de mon âme, j’estime que je ne suis de nulle part. Pourtant, si on me forçait à me positionner, je coudrais sur les revers de mon paletot toutes les étoiles de la misère et sur le dos, je peindrais: pour la veuve et l’orphelin. Je suis prêt à aider ou à défendre la pire des ordures si elle est véritablement loyale envers moi. Tout être a droit au pardon à condition qu’il reconnaisse ses erreurs et promet et se promet de ne plus les répéter. Et...

- Et?

- Non, rien, je commence à déraper... A vous maintenant, mes demoiselles...

14:35 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (11) |  Imprimer |  Facebook | | | |

26/02/2018

Mes voisines concubines (11, à suivre)

Mes voisines concubines, Hank Vogel.jpg- Et la deuxième fois, poursuit Pierrette, il offre une rose à la belle odalisque puis l’aide à s’allonger.

Pas connes ces gonzesses! me dis-je, tout caqueux. Elles sont peut-être plus instruites que moi.

- Ça t’étonne? dit-elle.

- Concernant quoi?

- Tout et rien.

- Je ne comprends pas.

- Tu es sérieux ou tu plaisantes?

- Ne fais pas attention à elle, intervient Rosetta. Elle est de mauvaise humeur à cause d’une histoire bête et méchante qui ne mérite pas d’être racontée.

Elle s’adresse à sa copine:

- S’il te plaît, ma chérie, oublie tout ça et vas chercher plutôt la pasta al forno e la bragiola que j’ai préparées...

- La bragiola! je m’exclame en faisant les yeux ronds.

- Tu aimes?

- J’adore! C’est mon plat préféré.

J’ai l’impression de manger chez mes vieux mais en meilleur compagnie. Forcément, ils ne sont pas là avec leurs éternelles questions et remarques. Comme: est-ce que tu suis régulièrement tes cours? Tu bricoles toujours chez ton Juif écossais deux fois par semaine? Quand est-ce que tu trouveras un boulot mieux rémunéré? Pourquoi tu t’accroches toujours à elle? Ce n’est pas une fille pour toi. Tiens-toi droit! Mange moins vite, tu n’as pas un train à prendre, que nous sachions! Tu t’es lavé les mains au moins? Les coudes, pour l'amour du ciel! Og så videre e ancora e ancora.

Quel régal! On bouffe, on boit et on divague. Les soucis partent en fumée et les rêves arrivent au galop. Adieu tabous et marabouts, tous les jardins sont libres d’accès...

22:36 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (3) |  Imprimer |  Facebook | | | |

25/02/2018

Mes voisines concubines (10, à suivre)

Mes voisines concubines, Hank Vogel.jpgL’heure H moins dix sonne et me frappe la cervelle. Telle la bombe à hydrogène. Anéantissant tout. Tout est à reconstruire, à réinventer. Passé comme avenir. Je tremble comme une feuille morte, l’inquiétude m’a envahie.

Que dois-je apporter à ces concubines? Une bouteille de vin ou une boite de bonbons? Je n’ai ni l’une ni l’autre en réserve et je suis terriblement fauché.

Tans pis, je me présenterai les mains vides mais le cœur gros comme une maison. Je leur proposerai donc de laver la vaisselle après le festin, si repas il y aura. Et j’insisterai en cas de refus de leur part. Si les plats ne sont en carton et les verres en plastique, bien entendu.

Que de si et de pensées folles pour un simple rendez-vous!

Tel un zombie, revenant de nulle part, je m’extirpe de chez moi, je traverse la ruelle, je monte un étage et je sonne à une porte. Heureusement, c’est la bonne!

On m’accueille comme un grand frère parti explorer des terres lointaines. C’est-à-dire, en m’embrassant ardemment plusieurs fois et partout sauf sur la bouche.

Dommage! Ça viendra peut-être avec le temps.

Et comme un prince plus que charmant, on m’installe à table.

- Mais qui suis-je pour mériter tant égards? je demande à mes voisines, rayonnantes de joie... Je débarque chez vous comme un pingre et vous me recevez comme si j’étais Jean-Auguste-Dominique Ingres. Poésie oblige!

- C’est ainsi qu’agit tout bon peintre, m’explique Rosetta. La première fois, il ne fait que d’observer...

- Et la deuxième fois, poursuit Pierrette, il offre une rose à la belle odalisque puis l'aide à s’allonger.

Pas connes ces gonzesses! me dis-je, tout caqueux. Elles sont peut-être plus instruites que moi...

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23/02/2018

Mes voisines concubines (9, à suivre)

Mes voisines concubines, Hank Vogel.jpgN’en déplaise à certains, quand on est jeune et en bonne santé, on n’a rien à foutre des spécialistes du corps et encore moins de ceux de la psyché. Car on est prêt à mourir pour une bonne cause. Mais faut-il encore la trouver...

Pourris jusqu’à l’os! Politiciens, élus, avocats, juges, magistrats, fonctionnaires, banquiers, patrons, directeurs, chefs, contre-maîtres, ils sont tous corrompus dans cette cité.

Corruption, débauche, dépravation, perversion, dérèglement, décomposition, putréfaction, pourriture...

Je ne me battrai jamais pour les riches et les trop bien installés mais toujours pour les pauvres et les misérables.

Mais comment faire? Je me sens tellement impuissant face cette injustice sociale. Et je n’ai qu’un solex et sept stylos pour lutter. Bien qu’un tantinet conformistes.

Un Cross, un Montblanc, un Shaeffer, un Parker, un Waterman et deux Pelikan. Tous des cadeaux d’anniversaire.

Mais faciles et pratiques pour mes géniteurs depuis qu’ils savent que leur rejeton ne pense qu’à écrire. Entre autres. Comme la drague ou la baise. Mais là c’est zone interdite pour eux et secret défense pour moi.

Comme vive les Belges et les Suisses pour le chocolat, vive l’encre noire, la bleue, la verte, la rouge, la bordeaux et la violette pour l’écriture!

20:52 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (7) |  Imprimer |  Facebook | | | |

22/02/2018

Mes voisines concubines (8, à suivre)

Mes voisines concubines, Hank Vogel.jpgMais comme tout mal ne vient pas forcément pour nuire, je saute sur mon plus beau stylo et j’écris sur le dos vierge d’un papillon publicitaire:

Passe l'animal avec son général

On s'agite
On agite
Les autres
On met en branle
Ses cordes vocales
Et tout s'ébranle
Surtout les autres
Et on a peur
Très, très peur
Car arrive le général
Sur son animal
Ou sur son vélo
Ou sur son pédalo
On s'agite
On s'agite
Intérieurement
Comme dans un enterrement
On veut rire
On veut sourire
Au mort qui sourit
Comme une souris
Mais on n'ose pas
On est tous au même pas
Pas à la même enseigne
Puisque le général est là
Et tous ceux qui nous enseignent
Tout le tralala
On s'agite
On s'agite
Comme des sardines
En conserve
Immobiles dans l'huile
C'est triste une sardine
En conserve
Immobile dans l'huile
Ça ne bouge pas
Le général passe
Pas au pas
Lui, il a tous les droits
Attention, il repasse
Il regarde sans regarder
Et on ne le regarde pas
Comme il est petit
Sans son cheval
Il a l'air d'un petit animal
Qui a mangé ses petits
Quel animal!
Ce général!
Il mange tout le monde
Même ses ennemis

Soyons sérieux! Trop plaisanter finit par donner le vertige, répétait souvent Sœur Graziella, la cousine de ma mère. Quand j’étais gamin et qu’elle était encore vivante, la sainte femme, je ne savais jamais comment l’appeler. C’est pourquoi, je me contentais de lui sauter au cou chaque fois qu’elle venait rendre visite à mes parents.

Ach, mes parents! L’eau et le vin. La lumière et l’obscurité. Le calme et la tempête. Le ciel et l’enfer. Le mâle adouci et la femelle endurcie.

Que de caresses par mon père! Que de gifles par ma mère! Heureusement, l’inverse n’aurait conduit vers les hommes. Paroles d’un expert en psychologie comportementale et, peut-être, cognitive...

21:00 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (7) |  Imprimer |  Facebook | | | |

21/02/2018

Mes voisines concubines (7, à suivre)

Mes voisines concubines, Hank Vogel.jpgDring, dring, dring!...

Je décroche et, par plaisanterie ou par prudence imprévue, je décide de prendre l’accent d’une vieille Anglaise:

- Oui, allô! C’est qui? C’est toi mon petit fiston?

Et une voix au bout du fil me répond:

- Non, c’est Annette, l’assistante du commissaire Sturm...

- Mes hommages, Madame.

- Idem.

- Plaît-il?

- J’ai dit pareil.

- Parlez plus fort, je suis à moitié sourde de cette oreille.

- Alors écoutez par l’autre.

- L’autre ne fonctionne plus du tout.

- Je suis désolée...

- Êtes-vous en train de faire un sondage sur les durs de la feuille?

- Non, j’aimerais parler à votre fils ou petit-fils.

- Il n’est pas là, il est allé faire du cheval avec le général.

- Quel général?

- Le général Guisan, pardi!

- Mais ça fait plus de sept ans qu’il est mort.

- Qui ça?

- Le général, bon Dieu!

- Pourquoi, quelqu’un l’a assassiné? Encore un coup des communistes sûrement...

- Personne n’a assassiné personne, nous cherchons un trousseau de clés.

- Un trousseau de quoi?

- De clés.

- Elles sont là, bien au chaud...

- Dieu soit loué!

- Venez donc les chercher.

- C’est que nous sommes très débordés...

- A cause des Ritals et des Tapas?

- R...

- Alors envoyez-moi le couillon qui a eu hâte de s’en débarrasser.

- S...

- Bon! Dans ce cas, je dirai à Charly de vous rappeler.

Et je raccroche. Sans attendre le moindre remerciement. Il faudrait être fou pour l’espérer.

Mais comme tout mal ne vient pas forcément pour nuire, je saute sur mon plus beau stylo et j’écris sur le dos vierge d’un papillon publicitaire:...

20:09 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (3) |  Imprimer |  Facebook | | | |

20/02/2018

Mes voisines concubines (6, à suivre)

Mes voisines concubines, Hank Vogel.jpgJe guigne par la fenêtre. Rideau!

Je n’ai donc rien perdu jusqu’à maintenant, je me rassure.

Le savoir engendre la curiosité, l’ignorance l’incompétence. Ou la tranquillité.

Elles m’ont mis la puce à l’oreille, ces drôles de voisines. Moi qui a tendance à m’endormir au moindre soupçon. Non pas par indifférence mais par négligence. Je m’en fous de tout.

Vraiment?

L’amour est la cause de tous mes échecs et la source de toutes mes réussites, m’a déclaré un soir un vieux clochard. Il était assis par terre agrippant une bouteille de pinard.

Pour le moment, je ne peux qu’additionner mes dégringolades. Mais les paroles de ce vieillard me donnent parfois espoir.

Sans espoir, la vie n’est qu’un pissoir! Autre rengaine de ce vétéran des trottoirs.

Je pense à Denise. A la fois ma prochaine conquête et mon ex petite amie. Les relations humaines, c’est parfois terriblement compliqué. Surtout quand le père de la fille en question est un bourgeois jaloux. Du type sicilien à la puissance x.

- Mais je l’aime! je hurle.

Bien sûr! Mais il ne m’entend pas. Et il ne m’entendra jamais. Tu nais bourge et con, tu meurs con et bourge.

Je me m’éloigne de la fenêtre, range le trousseau de clés dans un tiroir, je plonge sur mon lit et je ferme les yeux.

Dring, dring, dring!...

19:55 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (4) |  Imprimer |  Facebook | | | |