Soyons Net - Page 2

  • Flash-back (14, à suivre)

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    Flash-back, Hank Vogel.jpgCe crachat mental n’est autre qu’un assemblage de flash-back, me dis-je. A l’avenir, la Latino-scandinave n’aura pas besoin de faire appel à un scénariste pour fabriquer ses films, elle n’aura qu’à puiser dans son passé, dans ses propres souvenirs bien à elle, si prometteur en embrouilles.

    Mais soyons plus terre-à-terre!

    Qui a en horreur les déjeuners sur l’herbe et les parties de jambes en l’air?

    En tout cas pas moi!

    Ne soyez donc pas hypocrites comme je le suis parfois ou souvent quand je philosophe!

    Les plaisirs du sexe, mutuellement consentis, même absurdes, nous libèrent momentanément du poids de toutes nos chaines, nos attachements et nos croyances. Et durant ces messes sauvages, l’homme et la femme se comportent comme des animaux.

    Avec des plumes dans le dos pour certains et je suis polie, ajourerait ma concierge lors d’un face-à-face télévisé.

    Alors tous à poil pour le plaisir et pour le bien de l’humanité!

    Tous? Non! Elle et moi pour le moment...

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  • Flash-back (13, à suivre)

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    Flash-back, Hank Vogel.jpgLa chair est faible! Mais quand il s’agit de chaire et d’esprit tout est hors circuit. Le maître a tous les droits, jusqu’au bout de l’enfer. Rien n’est proscrit.

    Ce raisonnement est digne de l’infâme prétentieux qui se permet de franchir les limites du raisonnable pour arriver à ses fins.

    Mais voilà je suis double! Une montagne de contradictions. Un roc en papier-mâché. Tantôt le fils du Bon Dieu, tantôt le rejeton du diable.

    - Eh! Ho! Reviens sur terre! me lance Conchita. J’ai l’impression que tu planes souvent au-dessus des nuages. Je ne suis pas un ange, tu sais...

    - Tu as raison, je confirme. Je cherche souvent midi à quatorze heures pour rien. Mais avant de passer...

    - Chut! Pas la peine de mendier une fois de plus.

    Et elle me dévoile tout, ou presque, ce que j’ai envie d’entendre, soit:

    - Comme tu sais et tu ne sais pas, je m’appelle Conception Melzinha Kirsten Sørensen. Je porte le nom de famille de ma mère car mes parents qui se déclarent souvent divorcés ne se sont jamais mariés. Mon paternel est un individu local d’origine italo-espagnole bourré de préjugés bourgeois, d’où sa passion pour les armes à feu et son engagement dans la police. Il croit dur comme fer que le Pape est un cadeau du ciel et fait totalement confiance à la justice des hommes. De qui la faute? La faute à quoi? A cause de sa maudite éducation, stricte et pro-fasciste. Probablement mais rien n’est certain. Malgré cela, j’adore mon gros Papa. Quant à chère mère, c’est tout le contraire... c’est une athée convaincue qui se méfie même de ses soeurs. Elles sont trois les pauvres, bien qu’elles nagent dans la richesse, à subir ses violentes critiques. Tante Helle et Tante Inge habitent à Copenhague et Tante Pia, la plus sympa à Stockholm. Et...

    - Et?

    - J’ai la moitié de ton âge, si mes calculs sont bons... Suis-je bonne pour la casserole maintenant?...

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  • Flash-back (12, à suivre)

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    Flash-back, Hank Vogel.jpgLa belle aux origines douteuses, étant donné que je la connais à peine, m’embrasse gentiment sur la joue en signe de remerciement et me dit:

    - Je prends note mais rien ne m’oblige à suivre le même chemin que toi. Philosophiquement parlant. Apprends-moi à avoir et non pas à être. Car ce que je suis est déjà un foutoir chargé de multiples contradictions. Oui, apprends-moi la technique, seulement elle et rien d’autre... Je ne suis pas aussi pure que toi pour m’engager dans une telle aventure les mains dernière le dos mais plutôt derrière la tête. Voir plus.
    Je suis donc prête à tout, au pire comme au meilleur. Compris, beau gosse?

    Et, avant même que je ne m’apprête à lui répondre, elle se colle subitement à moi et me dévore de baisers.

    Puis sans la moindre pudeur, elle m’ordonne:

    - Ouvre ta braguette et montre-moi de quoi tu es capable.

    - OK... mais avant tout... déballe toute... ta vraie identité, je bafouille.

    - Elle est bien bonne! réagit-elle, toute étonnée. On ne l’a jamais faite celle-là. Serais-tu du genre papa-gendarme comme mon vieux? Bien que lui...

    - Pas du tout. Mais je ne couche jamais avec une inconnue.

    - Depuis quand suis-je une inconnue pour toi?

    - J’aimerais en savoir plus sur ton passé.

    - Pourquoi? Ça te permettrais de fantasmer davantage? De mieux bander?

    - Peut-être, qui sait!

    - Je vois.

    - Non, impossible, tu ne peux pas voir. Tu peux seulement imaginer.

    - Quelle mémoire!...

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  • Flash-back (11, à suivre)

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    Flash-back, Hank Vogel.jpgA vingt-deux ans, on a tendance à avoir les flics au cul. A trente-trois, on est prêt à se sacrifier pour l’humanité toute entière. Finalement, ce n’est qu’après quarante-deux printemps d’existence que l’on commence à être vraiment bien dans ses baskets surtout si l’on chausse du 42 fillette.

    Je suis donc en parfaite position de force pour donner des leçons.

    Première leçon ou la leçon des leçons:...

    Attention! Soyons attentifs! Moi y compris.

    Je m’adresse à Conchita:

    - L’aventure artistique est un voyage sans fin et le cinéma, cet art si complexe et si compliqué, en fait partie. Si tu décides de t’y lancer dans le but, principal ou pas, de devenir riche ou célèbre, je te conseille sans la moindre hésitation de te diriger illico presto vers l’univers des séries télévisées, des réclames publicitaires et des cartes postales. La masse courante raffole éperdument de ces choses-là. Et c’est parmi elle et grâce à elle que tu trouveras peut-être ton bonheur. Car c’est elle qui fait fonctionner le marché. Ou au pire vers celui de la finance et de ses prodigieux escrocs. Mais! Comme il y a toujours un mais qui défraye la chronique, nécessaire à toute réflexion un peu trop rassurante voire douteuse, si tu te persuades que le jeu ne vaudra jamais la chandelle, alors tu découvriras au fil du temps l’autre toi-même, rien n’est certain, cet être éclairé capable de réaliser bien plus qu’un film. Adieu gloires et défaites! Une œuvre cinématographique n’est que l’aboutissement d’une longue méditation. Et elle seule, réussie ou ratée, projetée ou rejetée, vaut de l’or...

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  • Flash-back (10, à suivre)

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    Flash-back, Hank Vogel.jpgDécouvrant sur son visage quelques rides de tristesse dues à de nombreuses déceptions certainement, je propose à la belle ingénue parfois un peu vulgaire:

    - Si tu acceptes de fonctionner comme ma chose, mon objet à tout faire et à tout subir, tu as une forte chance de trouver une place au chaud au fond de mon cœur et de mon esprit... Pour éviter toute ambiguïté, mon objet à tout faire et à tout subir veut dire: être à la fois mon toutou, mon chien de garde et de chasse, ma complice, ma confidente, mon souffre-douleur, ma sœur, ma mère, ma conjointe et ma pute. Es-tu prête et capable de subir une telle soumission?

    -...

    - Au risque même de te faire détester de tous? C’est-à-dire: des tiens et des autres.

    Conchita hoche timidement la tête.

    - Est-ce un oui ou un non? je grogne.

    - C’est oui, bordel! me répond-t-elle en criant.

    Marché conclu! Le maître a trouvé son élève idéale. Le professeur, son assistante parfaite. Le chasseur et le prêtre, leur proie facile.

    Maintenant que le contrat est signé, entre Conchita et moi, émotionnellement si je puis employer ce terme, j’ai la lourde tâche d’aller au bout de toutes mes pensées, de me dire la vérité, rien que la vérité... et de lui dévoiler ainsi tous mes secrets...

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  • Flash-back (9, à suivre)

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    Flash-back, Hank Vogel.jpgTous les chemins mènent à Rome. Mais tous les langoureux baisers, debout ou confortablement assis sur un canapé, ne mènent pas inéluctablement au lit.

    Après ce sublime épisode prometteur, je conseille pourtant à la belle Conception, d’un ton presque fraternel:

    - Sois du tonnerre et non point la foudre.

    - Que veux-tu insinuer? me demande-t-elle en fronçant les sourcils. Tes phrases me font souvent penser aux messages des tamtameurs africains...

    - Je n’ai pas besoin de récompense pour t’offrir mon savoir.

    - Alors pourquoi m’as-tu invitée à ton tournage.

    - Mais... c’est-toi qui m’a supplié de pouvoir y assister...

    -Supplié! Supplié? Tu exagères un peu...

    - C’est vrai ou non?

    - C’est vrai... Car... car j’aimerais...

    - Il y a de la confusion dans l’air, je crois.

    - Sans doute... Tu es déconcertant, ma parole!

    - Tu aimerais faire partie de mon équipe, n’est-ce pas? Comme assistante?

    - Non, être ton assistante personnelle.

    - Tu veux dire la première assistante du film?

    - Oui, entre autres...

    - Impossible!

    - Pour quelle raison?

    - Il y en a deux.

    - Lesquelles.

    - La première: c’est que j’improvise beaucoup et que mon scénario n’est qu’un indéchiffrable assemblage de notes. Un vrai casse-tête donc pour un collaborateur de ce type. Il perdrait vite les pédales si j’en avait un.

    - Et la seconde?

    - Tu réaliserais le ou mon film à ma place... Comme cela arrive régulièrement dans de nombreuses productions quand le réalisateur est un vrai trou de balle... et...

    - Et?

    - Et que le premier assistant le remplace souvent à bien des étapes et fasse en sorte que l’œuvre en gestation ne parte pas en couille.

    - Tu... tu...

    - Oui, ma chère, les palmes et les oscars ne sont pas toujours attribués à justice titre aux bonnes personnes.

    - Tu exagères!...

    - Le néophyte n’y voit que du feu, l’expert... non, le parfait connaisseur remarque tous les défauts, toutes les failles.

    - Alors?

    - Alors quoi?

    - C’est foutu pour moi?

    Découvrant sur son visage quelques rides de tristesse dues à de nombreuses déceptions certainement, je propose à la belle ingénue parfois un peu vulgaire:...

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  • Flash-back (8, à suivre)

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    Flash-back, Hank Vogel.jpgDieu qu’elle est cinglée cette adepte du scooter!

    Après quelques zigzags à une vitesse folle, effleurant l’asphalte à chaque virage, à travers la ville, heureusement déserte vu l’heure tardive, Conchitta freine brusquement et me dit:

    - J’adore rouler comme une dingue quand je sais que les flics sont au chaud.

    - Au... au ch... chaud? je bégaye, forcément suite à ces acrobaties inattendues.

    - Au quartier chaud.

    - Je vois.

    - Non, impossible, tu ne peux pas voir. Tu peux seulement imaginer. Bref! Tu montes ou tu préfères faire le reste à pied?

    - Tu habites ici?

    Pratique n’est-ce pas? Ce n’est pas loin de chez toi, me souffle un petit démon de passage.

    - Non, je n’habite pas ici, j’y viens seulement quand j’ai envie de me faire sauter par un type sympa et que mon paternel est de service, me déclare-t-elle sans vergogne... On monte ou merde?

    - On monte, on monte!

    - Alors ôte ton cul osseux de mon cheval!

    La femme est bicéphale voire multicéphale, l’homme tout juste monocéphale.

    La joliment confectionnée, par une divinité calme, artiste et savante, est capable de tricoter et de compter les mailles de son tricot tout en faisant l’amour.

    Quant au premier jet de la création humaine, sorti trop tôt de l’esprit d’un dieu pressé, n’est bon qu’à se vanter de sa plus belle victoire ou de désavouer sa dernière défaite.

    Une chose à la fois. Deux choses en même temps serait trop lui demander. Contre-productif pour son avenir, selon lui bien entendu.

    A force d’observer, de regarder attentivement sans parti pris devient-on sévère envers soi-même et juste entre les autres?

    Ô caméra! Pourquoi cherches-tu sans cesse à m’accompagner?

    Conchita me tire par la main.Visite rapide de son logement secondaire. Je comprends aussitôt que son père, divorcé de sa mère forcément, travaille dans la police et qu’il est très désordonné. Menottes par-ci et pistolets par-là. N’importe où comme les jouets d’un enfant très mal éduqué.

    Pourvu qu’il n’est pas chargé, me dis-je en caressant du bout des doigts un SIG-Sauer SP 2022.

    - Il est collectionneur ton vieux? je demande à ma future probable concubine.

    - Superflue question pour un cinéaste, me répond-t-elle en se collant à moi.

    Et nous nous embrassons...

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  • Flash-back (7, à suivre)

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    Flash-back, Hank Vogel.jpgAu bout d’un certain temps, par irritation ou par nervosité ou les deux à la fois, difficile de jouer au fin psychologue face à une telle situation, je lance à Conchita:

    - J’ai de belles mains mais de vilains pieds, qui sentent l’époisses de Bourgogne par-dessus le marché. Une tentative de nuit de noces, ça te dirait quand même?

    - Tu n’auras qu’à garder tes souliers, me répond-t-elle en souriant.

    - OK!... OK?

    - OK.

    Que recherche-t-elle auprès de moi? Souhait-t-elle vraiment subir avec moi quelques heures torrides pour ensuite m’arracher du cerveau quelques-uns de mes secrets cinématographiques, si peut-on les nommer ainsi? Ou tout simplement passer un agréable moment ensemble, plein de douceur et de tendres sensations, sous un drap immaculé, l’esprit libéré de tout?

    L’autre est toujours une source pour apaiser notre soif de quelque chose. Non?

    M’épouserait-elle uniquement pour mes beaux yeux ou plus cruellement pour satisfaire son horloge biologique?

    Que de questions en moins de dix secondes!

    - Ça va? Tu as l’air ailleurs, me dit-elle.

    - Je pensais aux horaires du bus, je mens.

    - J’ai une vespa.

    - Oui, c’est vrai, j’avais oublié.

    Et hop, nous voilà en marche mollement sous les regards chargés d’interrogations des copains...

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  • Flash-back (6, à suivre)

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    Flash-back, Hank Vogel.jpgLe café du commerce!

    - Dans chaque cité magique, il en existe un, dirait Conchitta.

    Où les artistes se mélangent aux ivrognes. Où les idées les plus farfelues naissent et meurent quasi instantanément. Où la bière et la piquette coulent à flots.

    Nous nous asseyons tous autour d’une table en bois. Actrices, acteurs, techniciens et techniciennes, unis comme des frères et sœurs de la même famille ou presque.

    Les conversations se multiplient comme des petits pains et finissent toutes en queue de poisson.

    Prudemment appuyée contre l’épaule d’André, l’ingénieur du son, Ursula, la scripte, fait semblant de mettre au net ses notes. Mais, malheureusement pour elle, le jeune homme à l’oreille fine a un faible pour les Asiatiques.

    Jules, l’assistant du caméraman, dévisage régulièrement Paulette, la maquilleuse, et Germaine, l’habilleuse. Tantôt l’une, tantôt l’autre. Malgré qu’il soit marié et que les deux ingénues partagent souvent le même lit.

    Et Conchita ne cesse pas de me faire du pied.

    Dans quel jardin de la perdition ai-je atterri? je me questionne... La nuit sera-t-elle fabuleuse? Bonne ou mauvaise conseillère?

    Mon esprit se dilate dans tous les sens.

    Un film ou un roman de plus dans mon palmarès, probablement, me dis-je. Toute expérience, aussi indigne soit-elle, mérite de voir le jour. Ou plus cruellement: mérite une belle mise à mort.

    La liberté d'expression? Penser par soi-même et oser dire par n'importe quel moyen!

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  • Flash-back (5, à suivre)

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    Flash-back, Hank Vogel.jpg- Tu t’excites trop pendant les tournages. On dirait que tu prends ton pied dès que le clapman annonce la scène.

    J’en ai trop dit ou pas assez. L’homme de l’éclairage et des images en mouvement se fige à mes yeux tel un arrêt sur image, un laps de temps. C’est un individu à part qui se contente d’admirer les autres, surtout les acteurs en en pleine action, pour jouir, seul dans son coin, à l’abri de toute lumière.

    - Allons au bistrot! C’est moi qui raque, voulez-vous? je propose à haute voix.

    Tout le monde est forcément d’accord!

    La production est pauvre mais le réalisateur est très généreux. Voire parfois trop. Il vide ses poches et promet un avenir certain.

    Ainsi fonctionne le cinéma d’auteur. On est prêt à vendre son âme au diable pour quelques heures de gloire dans un ciné-club. Universitaire si possible, où l’intelligence semble être encore fraîche et riche en pardons.

    Les vieux cons, eux, préfèrent s’endormir devant leur téléviseur. Après avoir avalé en bavant quelques spots publicitaires.

    D’où la jeunesse d’un côté et la vieillesse de l’autre. La rupture entre générations commence-t-elle à vingt ans et à la maison?...

    Quand Christian s'exprimait!

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  • Flash-back (4, à suivre)

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    Flash-back, Hank Vogel.jpg- C’est sans doute son parfum qui a déclenché en moi le goût de l’aventure. Miraculeusement...

    - Quel parfum?

    Je me frotte les yeux et je lui réponds:

    - Les odeurs des choses et... l’odeur due au moment, aux instants. Un amalgame d’étranges émanations. Chimiques et organiques à la fois. Révélateur, fixateur, bain d’arrêt, transpiration...

    Christian, mon directeur de la photographie, ou chef photo pour les sbires de la télé, réagit:

    - A quoi tu joues, Hanzouli? Nous ne sommes pas là pour entendre tes âneries mais pour tourner, bon Dieu!

    - On ne fait que de répéter, je l’informe gentiment. On filme à blanc.

    - A blanc?

    - La caméra n’est pas chargée.

    - C’est impossible! C’est moi qui l’ai chargée hier soir, avant de partir...

    - C’est bon! Coupez! je hurle. On arrête tout pour aujourd’hui.

    - Vous avez osé tourner sans moi? me demande Christian, tout déçu. En secret, en cachette, après que je sois parti?...

    - Tu aurais dû t’en rendre compte, je lui fais remarquer

    - Comment ça?

    - Tu sais bien que qu'une arriflex chargée ne ronronne pas de la même façon qu’une arri non chargée, non?

    - En effet! Où avais-je la tête?

    - Tu t’excites trop pendant les tournages. On dirait que tu prends ton pied dès que le clapman annonce la scène...

    Christian Gloeckler et son arri 35mm.jpg

    Christian Gloeckler et son arriflex 35mm

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  • Flash-back (3, à suivre)

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    Flash-back, Hank Vogel.jpgConception éclate de rire. Conchita pour les intimes, entre parenthèses.

    - Pourquoi ris-tu comme une bécasse? je lui demande.

    Pas de réponse. Bonne réponse! Voire plus?

    Je souris alors.

    Alors, alors, alors! Elle rumine, elle mâche, elle remâche, elle repense, elle revient sur elle, elle médite...

    Elle n’a pas fait d’études pour ouvrir sa grande gueule, pour contre-attaquer. Moi si mais à contre-courant. Je profite donc de lui balancer:

    - Les experts du cinoche ne valent pas un clou... J’attendais au moins ça de toi. Mais voilà! La péloche ce n’est pas ton domaine.

    - La pé... loche? elle murmure.

    - La pellicule, je lui explique. C’est elle qui a engendré le cinéma et non le contraire comme le croiront un jour les enfants d’une plus subtile technologie. Dans un film, il y en a trois. Trois films! La trinité cinématographique! L’œuvre écrite ou pensée, l’œuvre tournée et l’œuvre montée. Scénario, réalisation et montage. Mais...

    - Mais?

    - C’est sans doute son parfum qui a déclenché en moi le goût de l’aventure. Miraculeusement...

    - Quel parfum?...

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  • Bonne année 2019 !

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    On s'éclate à Saint-Pète! Bonne année 2019 à tous! La vie est un feu d'artifice quasi invisible!...

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  • Flash-back (2, à suivre)

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    Flash-back, Hank Vogel.jpgUn jour un ami m’a dit:

    - A part quelques rares exceptions, seuls les pédés, les pistonnés et les fils à papa ont droit à la réussite dans le septième art.

    J’ai souri, j’avais bien souri à l’époque.

    Aujourd’hui, je ne bronche pas d’une oreille lorsque je m’imagine entendre la voix de ce camarade éclairé.

    - Quelle idée de commencer ce récit sur une note négative voire très pessimiste? dirait ma concierge. Tout de même! Surtout que la jeunesse croit dur comme fer aux racontars chargés d’espoir. Et jeunes, nous le sommes tous jusqu’à la dernière seconde...

    - Silence! On tourne!...

    - Dernier soupir...

    - Vos gueules les intellos! Pas de philosophie sur le plateau. Que de l’action. Rien que de l’action.

    - Mais!... Mais!...

    - Il n’y a pas de mais qui fasse!

    - Qui fasse quoi?

    - Tu la boucles ou tu préfères que je t’en colle une?

    - Tes acteurs sont nuls. Ils ne sont pas crédibles.

    - Pour qui tu te prends, la vieille? Pour un critique de films ou pour un prof de cinéma?

    Conception éclate de rire. Conchita pour les intimes, entre parenthèses.

    - Pourquoi ris-tu comme une bécasse? je lui demande...

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  • Flash-back (1, à suivre)

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    Flash-back, Hank Vogel.jpgJe m’appelle Hanzouli Tsoulakia. Je suis originaire d’un pays qui n’existe plus. Comme la Prusse ou le Biafra. Ou plutôt d’une nation à venir où la justice sociale prouvera à la face du monde que la démocratie n’était qu’un leurre.

    Pourquoi? Explication, bordel!

    Parce que dans une cité où les cons sont majoritaires, la connerie dominera toujours. La personne sensée n’a aucune chance d’être élue. Un chien n’acceptera jamais un chat pour chef.

    Toute ma vie, j’ai voté et je suis toujours du côté des perdants.

    Que faire alors? Plonger tout nu dans la marre aux connards et jouer à cache-cache avec Donald? Donald Duck, bien entendu.

    C’est ce que j’ai pourtant fait toute ma jeunesse en travaillant dans le cinéma.

    Voici donc mon histoire:

    Un jour un ami m’a dit:

    - A part quelques rares exceptions, seuls les pédés, les pistonnés et les fils à papa ont droit à la réussite dans le septième art.

    J’ai souri, j’avais bien souri à l’époque.

    Aujourd’hui, je ne bronche pas d’une oreille lorsque je m’imagine entendre la voix de ce camarade éclairé...

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  • Stockholm (26, fin)

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    Stockholm, Hank Vogel.jpgAdieu Karin! Au revoir ou à bientôt!

    Je reprends le large, je quitte la terre ferme pour un autre voyage vers l’infini.

    La mer tranquillise mon esprit.

    Bien que!

    Par expérience, je sais que ses horizons sont multiples et cachent bien des rêves insensés. Que les enfants de nulle part, tels que moi, se plaisent souvent à réaliser.

    Mais!

    Comme il y a toujours un mais qui ose se glisser à tout moment dans notre mémoire, je suis prêt à rebrousser chemin.

    J’attends donc que tu m’attendes, ma douce rencontre de Stockholm.


    A deux, à trois, à quatre... les heures semblent moins longues.

                                                  A Annita, Arne et Pintus, ces formidables Suédois que j’ai croisés sur ma route.

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  • Joyeux Noël!

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    Joyeux Noël et bonnes fêtes à tous! D'avance, milles excuses pour mes erreurs langagières comme mobile à la place d'immobile ou Irina à la place d'Arina...

    Certainement, un bon psychologue ou psychanalyste n'hésitera pas à me les expliquer! 

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  • Stockholm (25, à suivre)

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    Stockholm, Hank Vogel.jpgL’objet de curiosité se transforme vite en objet de consommation. Une fois les mystères percés.

    Et! Source de désir un jour, source de plaisir toujours. Quand ça dure, bien entendu.

    Nous ne sommes finalement que des machines faites de chair et de sang. Les uns pour les autres. Nous produisons des émotions, du bien-être et de la sécurité. En temps de paix. Et des emmerdes à n’en plus finir en temps de conflits. N’oublions jamais la face cachée de la lune!

    Que de femmes pauvres ont épousé un homme riche uniquement pour son argent! Ou inversement.

    Que d’hommes laids ont épousé une belle femme uniquement pour sa beauté! L’inverse est également vrai.

    Que de crétins, de bobettes, de salauds, de salopes... Stop! Halt! Sluta! Mon mécontentement risque de se transformer en rage, en haine.

    Les cités aux charmes merveilleux, tôt ou tard, sous contrôle ou pas, finissent toutes par devenir des lieux de perdition, de débauche. Stockholm échappe-t-elle à cette règle? Pourquoi une telle attirance de ma part vis-à-vis de cette ville où ses habitants n’ont rien d’exceptionnel si ce n’est qu’un profond désir de le devenir, d’évoluer sublimement.

    Mâles et femelles sur la même marche du podium!

    Une fois la guerre des sexes totalement finie, m’aimera-t-on enfin pour ce que suis, au pays des Vikings? C’est-à-dire un être à venir et non pas un individu chargé de vieilles poussières...

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  • Stockholm (24, à suivre)

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    Stockholm, Hank Vogel.jpg- C’est qui? murmure Karin.

    - Mon père spirituel. Mon guide. Celui qui a jugé bon de m’extraire tel une épave de ma propre misère intellectuelle. De ce désert sans horizon, sans espoir qui m’a été attribué quelques heures après ma naissance...

    - Tu parles de ton père adoptif?

    - Non, de celui que j’ai croisé sur la route de mon destin lors d’une embauche... Il a rempli le vide qui était en moi. Par pure sympathie. J’espère que cela dure et ne dégénère pas un jour en une sorte d’abus de pouvoir.

    - Pourquoi ça devrait dégénérer?

    - On ne sait jamais, nous sommes si imprévisibles. C’est probablement mon instinct qui me pousse à penser ainsi... Un enfant sans éducation parentale garde en lui tardivement les réflexes de l’animal qui gît en lui.

    - Bizarre, très bizarre! ricane-t-elle.

    - Pourquoi bizarre? je sursaute un tantinet offusqué.

    - Non, pour rien. Désolée...

    - Non, c’est moi qui le suis. Je n’aurais pas dû...

    - Le terme gît m’a fait penser à la mort, à un cimetière, à une tombe... sur laquelle on a gravé: ci-gît un artiste plein de vie... Le défunt était-il un humoriste?

    - Je pense plutôt que cette absurde ou énigmatique épitaphe cherche à nous faire croire que l’âme, notre caractère une fois forgé demeure à jamais.

    - Tu as sans doute raison.

    - Et si on s’activait un peu?...

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  • Stockholm (23, à suivre)

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    Stockholm, Hank Vogel.jpgJe me frotte le front et je m’avance:

    - La plupart des gens, si ce n’est pas la totalité, portent facilement des jugements, bons ou mauvais, sur les autres sans jamais bien les connaître. La critique est facile et engendre souvent plus de mal que de bien. Pour juger un peuple, son roi ou son président, il faut vivre avec ou au pire le fréquenter. Qui suis-je moi pour m’attribuer un tel pouvoir? J’admire ton pays comme un enfant qui croit encore au Père Noël. Ni plus, ni moins. L’aiguille aimanté d’une boussole indique toujours le nord. Mon aiguille à moi, enfuie au fond de mes entrailles, se dirige toujours vers la Suède et ses voisins scandinaves. Pourquoi? Mystère et boule de gomme. Est-ce le fait que je sois orphelin? Mes origines, mes racines sont-elles des aimants puissants? Tout cela n’est certainement que le fruit de mon imagination. A cause de mes cheveux et de mes yeux. Blonds et bleus. Bleu et jaune, les couleurs du drapeau suédois. Mais aussi parce qu’à l’école primaire, on m’appelait souvent le Viking... Causes et effets, dirait le capitaine, mon capitaine. Nous sommes tous victimes de nos propres mécanismes mentaux...

    - C’est qui? murmure Karin...

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