Staline et le dinosaure (11, à suivre)

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Staline et le dinosaure, Hank Vogel.jpg- Moi aussi, j’adore me laisser emporter dans les sphères vaporeuses du vrai et du faux, m’avoue-t-elle. C’est quoi pour une intrigue?

- Plaît-il?

- Le livre de poche que vous tenez entre vos mains...

- Ah ça?

- C’est difficile de s’en séparer lorsque il nous tient en haleine, n’est-ce pas?

- On peut dire ça. Mais c’est surtout parce que l’auteur de ce roman réaliste fait partie de mes meilleurs amis.

- Un Suisse béni des Suisses comme vous!

- Qu’est-ce qui pousse à confirmer cela?

- En règle générale, le Suisse n’aime que les Suisses. Mais, question sexuelle, la Suissesse mariée préfère tromper son adoré époux avec un étranger de passage.

- Pourquoi de passage?

- Mieux servie, vite fait sur le gaz donc...

- Donc?

- Ni vu ni connu. Ou plutôt: ni revu ni reconnu.

- Je vois... Vous vous trompez sérieusement, ma chère demoiselle. Il y a autant de chiennes que de chiens dans tous les pays. Au fait, c’est qui cette fameuse Madame Abouhadjar?

- Buhagiar! S’il vous plaît, n’estropiez pas mon nom de famille. Même si ce patronyme maltais est d’origine arabe...

- Vous êtes la fille de la concierge! J’y suis maintenant!

- De mieux en mieux...

- Je suis vraiment, vraiment désolé!

- Que voulez vous, un bourge raisonne toujours comme un bourge et jamais autrement. Pour lui, les bignoles, les femmes de ménage, les domestiques... voire même les chauffeurs personnels sont tous et toutes des êtres anonymes, insignifiants, ordinaires, quelconques...

- Vous avez sans doute raison.

Elle se lève d’un bond et crie:

- Esclavagiste!

Je tombe des nus.

Je m’apprête à remuer bras et jambes mais elle se rassied aussitôt.

Puis, comme si de rien n’était, elle me confesse sans la moindre vergogne:

- Je suis dévorée par l’amour. Tel un animal possédé par un démon. Des pieds à la tête. Les parties les plus intimes de mon corps ne cessent pas de pleurer misère. Je me trouve dans un drôle d’état. Vraiment insupportable. Il faut absolument que je déniche quelqu’un qui puisse m’aider à m’en sortir.

Elle arrête brusquement de se lamenter.

Ma cervelle profite pour ruminer:

Dans chaque homme sensible sommeille soit un bon samaritain aux mains parfois trop baladeuses soit un excellent psychologue aux talons éternellement cloués au sol.

Elle reprend ses jérémiades:

- Je sens que vous êtes ailleurs. Dieu sait où! Les mâles ne sont jamais là lorsqu’on a vraiment besoin d’eux. A quoi pensiez-vous?

- A rien, je mens pour éviter une salade de complications.

- Je ne vous crois pas.

Instantanément, comme par miracle, l’ange des pauvres, des ratés et des émigrés vient à mon secours.

- Voulez-vous être la première à vous exprimer dans mon musée? je lui propose...

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Commentaires

  • Bien le bonjour Cher Hank je Vous remercie Ce que vous écrivez on ne peut mieux
    Mais le climat n'a pas besoin de jouer sur les apparences pour exister
    Il n'invente pas mille excuses pour s'exprimer /rire
    toute belle fin de journée et beaux rêves pour Vous Cher Hank

  • Le poète s'exprime pour tuer le temps; le fou, lui, préfère tuer le poète pour s'approprier le temps.

    Bonne nuit, chère Lovejoie.

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