Pondichéry un jour d'automne (14, à suivre)

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Pondichéry un jour d'automne, Hank Vogel.jpgJe me gratte la tête et je poursuis la lecture:

Parfum d’Asie

Un visage d’enfant
Elle pince mon sexe
Des larmes coulent de mes yeux

Méo, me dit-elle
Ou presque
Et je caresse son squelette

Chemisettes blanches, pantalons noirs
Légères, légers comme le vent
La nudité flotte comme un drapeau

Le bol vide
Elle m’offre
Tous ses grains de beauté

Vierges encore
Elles dévorent des œufs
Fécondés

Sexe
Après un repas piquant
Il refuse de faire la sieste

Je me couche
Elle se glisse dans mes draps
Comme un serpent

Je me lève à peine
Accroupie déjà
Elle me verse du thé

Les ruines d’un temple
Peut-être
Elle écarte ses jambes et pisse

Rouge de colère
Un bouddha me sourit
Blanc

Femme voilée
Elle traverse le village
Comme un ange de la mort

Cimetière abandonné
Un mort entre en voiture
Un ange sort en courant

Femme pudique
Dans une église désaffectée
Elle me montre ses cuisses
toutes bleues

Bouddha, en peluche
Shiva, en pluche
Un touriste se perd dans le dictionnaire

Brahma, Vishnou, Shiva
Créer, conserver, détruire
Ils traversent l’Himalaya, pieds nus

Moralité
Il cherche une page blanche
Dans un livre noir de préjugés

On frappe à la porte, j’éteins aussitôt mon ordinateur, tel un collégien qui se sent coupable de regarder en cachette des images pornographiques, et je crie:

- J’arrive, une minute, il faut que je m’habille!

La culpabilité engendre inévitablement le mensonge, je réalise. Quand deviendrons-nous des hommes?...

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