Pondichéry un jour d'automne (12, à suivre)

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Pondichéry un jour d'automne, Hank Vogel.jpgPlace au présent!

Finalement, nous nous rendons à pied au restaurant, Le Club, en flânant par le bord de mer, le golf du Bengale plus exactement.

Elle commande une salade de laitue, concombres et tomates. Et moi: un steak et des frites. Et, bien entendu, une grande bouteille d’eau plate pour les deux.

Tout juste après mon dernier coup de fourchette désenchanté, vu la dureté de mon morceau de viande, elle me quémande presque, fébrilement:

- Puis-je enfin parler de mon projet ou faut-il que j’aille me plaindre auprès du chef...

- J’aurais dû la frire moi-même cette tranche de bidoche, je lui réponds.

- Mais...

- Non, je sais! Tout est de ma faute, je n’ai pas précisé la cuisson. Bien que bleu, saignant, à point et bien cuit, c’est de l’art abstrait dans de nombreuses régions loin de Paris. Je vous écoute.

Elle se frotte la nuque puis elle se lance timidement:

- Voilà! Il s’agit d’un établissement particulier, une sorte d’orphelinat pas comme les autres géré par des éducatrices, des éducateurs, des psychologues et des médecins spécialistes de la petite...

- Combien voulez-vous? je lui demande sèchement en lui coupant la parole.

Elle s’approche de moi, m’embrasse sur la joue gauche et me dévoile secrètement un chiffre exorbitant à l’oreille droite.

Je bondis en arrière.

- Autant que ça? Des dollars à perte de vue! je m’exclame tout affolé.

- Non, des roupies, corrige-t-elle.

Un ouf sort de ma bouche. Suivi d’un ça va mitigé.

- C’est-à-dire?

- Je vous fais confiance. J’accepte de financer votre aventure charitable.

Elle saute au plafond. Elle est aux anges.

- Elle ne se sent plus pisser, la pauvre! hurlerait Carla... Toi, c’est tout le contraire, tu jubiles quand tu donnes. On dirait presque que tu jouis.

C’est vrai, depuis mioche, comme ma mère, je préfère donner que recevoir, offrir que me servir, distribuer qu’amasser, capitaliser... C’est plus une question de mentalité congénitale que d’éducation, à mon avis.

- Et le reste? dit Krishna.

- Quel reste? je m’étonne.

- Pardon, la suite... le fond, le pourquoi d’une telle initiative...

- Pas aujourd’hui, si vous le voulez bien, OK?

- D'accord.

- Excusez-moi mais j’ai un coup de barre, le décalage horaire sans doute. On se revoit demain pour concrétiser l’affaire...

Lien permanent 2 commentaires

Commentaires

  • Bien le bonjour Cher Hank Je Vous remercie
    Vous devez avoir une armée d'anges gardiennes anciennes comédiennes qui sait ? rire
    C'tait l''époque ou le maternage des légumes n'existait pas encore !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
    Je pensais avoir tout vu et quand on sati le nombre d'infos carrément disjonctes diffusées par les TJ de suisse et de Navarre on se demande vraiment pourquoi on paie une redevance!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
    Toute belle journée pour Vous Cher Hank
    EP je prends un peu de recul ayant fait un malaise cardiaque

  • J'y ai pensé... Prenez bien soin de vous!

    Celui ou celle qui a trop souvent le coeur sur la main, comme vous, risque plus de faire des malaises cardiaques que celui ou celle qui a le coeur dans sa poche.

    Dieu n'est pas toujours cohérent!

    Très belle journée, chère Lovejoie.

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