El Pirata (20, à suivre)

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El Pirata, Hank Vogel.jpgNous nous installons au salon. Elle sur son éternel divan, vu l’usure du velours. Moi dans un des deux fauteuils qui se trouvent face à elle.

Le Japonais moyen ou non fortuné en serait terriblement jaloux. Espace et simplicité. Je me crois presque dans une salle d’attente d’un musée.

- C’est vraiment très beau chez vous, je lui dis en panotant du regard.

Pas de tapis. Très peu d’objets, forcément. Deux immenses vases en porcelaine de Satsuma ou de Chine et trois sculptures africaines à hauteur d’un Pygmée, à faire fuir le plus blasé des chats. Et au milieu, au millimètre près, de la parois centrale, posé à l’équerre: le portrait d’un bel homme moustachu, à l’huile certainement, entouré d’une superbe corniche dorée. Ni plus ni moins.

- C’est vraiment très beau chez vous, je répète.

- Vous ne trouvez pas que c’est tout de même un peu trop... trop misérable tout ça? réagit-elle, toute irritée.

- Misérable? je m’étonne. Je ne vous comprends pas.

Elle se lève et, comme si de rien n’était, me propose:

- Porto, vodka, russe, finlandaise ou tout simplement un petit verre de schnaps pour ne pas vous différencier de vos amis du coin?

- Non merci, les alcools forts ce n’est pas dans mes habitudes, je lui réponds en prenant un air dégoûté.

- Pas nécessaire de faire une tête pareille!

- Désolé mais c’est plus fort que moi.

- Tant pis pour toi! Malheureusement, je n’ai que ça. Le coca fait grossir et la bière fait gonfler le ventre.

Et elle se rassied.

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