El Pirata (6, à suivre)

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El Pirata, Hank Vogel.jpgLe lendemain. Ou trois jours, quatre mois ou cinq ans plus tard. Une histoire émouvante ne vieillit jamais plus de quelques heures dans la cervelle d’un poète ébranlé. A six heures du matin.

Dring! On sonne à ma porte. Timidement.

Sur la pointe des pieds, je m’approche de l’entrée et je guigne par le judas.

Et que vois-je à ma plus grande stupéfaction? Un bonhomme déguisé en pirate branlant un pistolet de flibustier.

C’est quoi pour un poisson d’avril, surtout qu’on est en juillet? je me demande, les oreilles plus larges que les épaules.

Deuxième coup de sonnette. Insistant celui-ci.

- C’est qui? je crie, les mains tremblantes.

- C’est moi? me répond l’individu d’une voix fluette.

- Moi qui?

- Moi... Adolf Hiller, votre ami.

Furax, j’ouvre brusquement la porte, force ce farceur de mauvais goût d’en franchir le seuil en le tirant par le bras, et la referme aussitôt en la claquant.

- Eh du calme fiston! s’exclame-t-il. Nous avons tout notre temps.

- Quel temps, celui de bouffer des cerises par la queue? je lui demande près à lui foutre mon poing sur la gueule.

- Les cerises par la queue? Ça veut dire quoi?

- Je n’en sais rien, j’ai dû mal retenir une expression, bref. Qu’est-ce qui vous amène de si bonne heure... et dans un tel accoutrement?

- Et vous alors?

- Moi, je suis chez moi et je ne suis pas déguisé. A moi que...

- En effet, pendant une fraction de seconde, je vous ai pris pour un voleur.

- A moitié à poil?

- Pour le cambrioleur expérimenté, la moins soignée des ruses est parfois le meilleur moyen pour tromper le brave peuple.

- Moi, je remplacerais ruses par uniforme et la moins soignée par le plus soigné.

Adolf Hiller se gratte la tête, réfléchis un instant puis me supplie presque:

- Pour l’amour du Ciel, tutoyons-nous! J’ai quelque chose de très fraternel à vous... à te dévoiler dans ton intérêt. Nous pouvons nous asseoir quelque part?

- Au salon pour boire un verre également ou à la cuisine pour manger un morceau? je lui propose.

L’amitié est une équation impossible à résoudre, pleurnichait souvent ma concierge, en caressant la célèbre photo d’Albert Einstein tirant la langue, une reproduction bien entendu.

Je précise que la tristounette confondait mathématiques et physique. Et ignorait totalement que le Grand Adalbert était moins doué en calcul que sa première épouse Mileva...

Lien permanent 2 commentaires

Commentaires

  • Bien le bonjour Cher Hank ,je vous remercie mais Votre esprit semble aussi rapide qu'un volcan
    On dirait que Vos textes sont reliés aux volcans et sortent aussi rapidement que des coulées de lave
    Il faut admettre qu'une éruption volcanique est plus agréable à regarder qu'un furoncle arrivé à maturité!!!!!!!!!!!¨
    Y'a comme un air de Ted Robert caché derrière El Pirata C'est du moins ce que mon esprit devine
    Vivement le 1er Aout qu'on puise voir des vésuves nous coutant la peau des fesses et renâcler leurs poussières tout aussi polluantes que celles d'une assemblée de fumeurs /rire
    Toute belle soirée pour Vous Cher Hank

  • Mes amis et mes ennemis, m'inspirent beaucoup. Sans eux, je passerais mon temps à lécher des sucettes et à m'empiffrer de cacahouètes.

    Belle soirée, chère Lovejoie.

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