Flash-back (28, fin)

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Flash-back, Hank Vogel.jpgJ’ai menti, elle a menti, nous avons menti...

Du jour au lendemain, je me retrouve au chômage. La crise! Selon mon patron... pardon, mon ex exploiteur. Il fallait bien qu’il trouve une excuse, le pauvre bougre.

Je suis donc obligé de cesser toute activité cinématographique. Car le cinéma, c’est avant tout de l’argent. Bien ou mal acquis. Surtout mal acquis par ceux qui flirtent comme des femmes indignes avec les donateurs gouvernementaux, patriotes aux idées bien établies.

Je tire finalement un trait sur un art qui aurait pu être celui de liberté.

Hélas, hélas! Il a choisi, on a choisi... celui de la facilité, de la conclusion.

Mais heureusement tout est remplaçable en ce triste et bas monde. Patrie, épouse, époux, métier, passion et art.

Je dégaine alors mon stylo et j’entre dans le saloon de la littérature où...

Où?

Vérités et mensonges se côtoient comme des poissons rouges dans un minuscule bocal. Ils s’embrassent souvent faute d’espace. L’océan, ce n’est pas pour demain.

Alors! Forcément!

Nous nous inventons des histoires pour expier nos péchés, nous rassurer... Peut-être pour nous faire pardonner par un dieu invisible plein de miséricorde.

Et nous fabriquons des récits, en mots ou en images pour ceux qui le peuvent, afin que le public nous accorde son pardon à son tour.

Je vous demande donc pardon, cher lecteur, chère lectrice.

±

Dix ans plus tard, je lis par hasard dans une revue de cinéma:

Flash-back, un film réalisé par la talentueuse Conchita...

L’élève a réussi là où le maître a échoué, me dis-je en souriant.

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