17/03/2019

Flash-back (22, à suivre)

Flash-back, Hank Vogel.jpgMon prochain n’est mon prochain que lorsqu’il est proche de moi. A mes côtes ou en face de moi. Physiquement. Alors ainsi, je suis prêt à le secourir de toutes mes forces quand le malheur s’abat sur lui. Au péril de ma vie si nécessaire. Peut-être! Oui, peut-être, car la lâcheté est un serpent qui sommeille en chacun nous jour et nuit. Mais aider pour aider, en carte postale comme dirait la plus sainte des saintes, est un concept qui me donne l’envie de vomir.

- Ça va? J’ai dit quelque chose qu’il ne fallait pas dire? me demande Alfred.

- Pas du tout, je lui répond d’un air vaseux.

Sur terre et rêveur à la fois:

- J’étais sur une autre planète... Ça m’arrive souvent. Très souvent. Peut-être trop...

- C’est ce qu’il te reproche.

- Qui ça?

- Mais notre chef! Qui d’autre à part lui... Il... il....

- Il?

- Il croit que tu fais exprès.

- Exprès?

- Juste pour l’emmerder.

- Eh bien! Il n’est pas chef pour des prunes.

- Que veux-tu insinuer?

- Que certaines fonctions finissent par déformer le sens des réalités chez certains individus. Surtout... d’intelligence moyenne et propulsés sur un podium immérité.

- C’est trop compliqué tout ça pour moi.

- Alors contente-toi de te boucher les oreilles régulièrement...

 Extrait Mémoires d'un philosophe

Un film différent

09:14 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (7) |  Imprimer |  Facebook | | | |

13/03/2019

Flash-back (21, à suivre)

Flash-back, Hank Vogel.jpg- C’est qui qui t’a parlé de mes activités privées? Le dirlo ou le chef?

- Les deux. Le premier, en des termes élogieux. Le second, narquoisement.

- Cela ne m’étonne pas de lui.

- Question de jalousie, probablement.

- Va savoir!

Il n’y a pas plus dangereux qu’un être jaloux, me dis-je. Il est capable de commettre les pires atrocités. Coups tordus à l’extrême, tortures, crimes...

La jalousie est une maladie très contagieuse, qui ignore totalement le temps et l’espace. Il suffit pour cela de la cultiver régulièrement avec rage et conviction. De père en fils, de mère en fille, de cousin en cousine, d’ami en ami, de couple en couple, de cercle en cercle, de chapelle en chapelle, au-delà des montagnes, des mers et des océans!

Nos inoubliables dictateurs disparus et leurs chers complices étaient-ils tous porteurs de ce virus mental?

Seuls les indifférents aux idées et au bonheur des autres et les paresseux de naissance échappent à ce type de contamination.

Certainement!

J’en ai rien à foutre de mon voisin! Qu’il soit plus grand, plus beau, plus riche ou plus bronzé que moi. Il est ce qu’il est et je suis ce que je suis. Il a ce qu’il a et j’ai ce que j’ai. Chacun a sa propre vision des choses et sa part de responsabilité sur cette terre. Responsabilité! Si l’on peut appeler cela ainsi! La mienne est peut-être de ne m’inquiéter et de ne prendre soin que de ma misérable personne.

Mon prochain n’est mon prochain que lorsqu’il est proche de moi. A mes côtes ou en face de moi. Physiquement. Alors ainsi, je suis prêt à le secourir de toutes mes forces quand le malheur s’abat sur lui. Au péril de ma vie si nécessaire. Peut-être! Oui, peut-être, car la lâcheté est un serpent qui sommeille en chacun de nous jour et nuit. Mais aider pour aider, en carte postale comme dirait la plus sainte des saintes, est un concept qui me donne l’envie de vomir...

Extrait de L'horloge sauvage

Extrait de Rêve russe

06:26 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (16) |  Imprimer |  Facebook | | | |

11/03/2019

Flash-back (20, à suivre)

Flash-back, Hank Vogel.jpgA la mine, comme dirait le mari de ma concierge, là où je travaille la semaine pour gagner ma croûte, mon chef me regarde souvent bizarrement.

Que voulez-vous, c’est un calviniste pur sang qui est persuadé que tous les artistes sont habités par le démon! est la seule réponse plausible que je puisse vous donner, chers amis aux idées sans frontière.

Les accros aux livres sacrés bavent comme des crapauds face à la réalité toute nue mais n’osent jamais l’affronter en toute liberté. De peur, sans doute, de frire en enfer.

On obéit à la lettre aux diktats du dimanche matin. A l’église, au temple ou par la radio.

Pourtant, Dieu et ses complices n’ont pas encore offert la moindre parcelle de leur soi-disant parfaite terre promise à qui que ce soit.

Mais heureusement, c’est l’heure de la pause où les sourires sont un peu plus sincères et les pensées moins refoulées.

Au réfectoire, Alfred, un jeune collaborateur récemment embauché, s’assied à côté de moi et me demande:

- C’est vrai que tu fais du cinéma?

- Non, c’est faux, je tourne des films seulement, je lui réponds d’un air désabusé... Des longs métrages de fiction en couleur ou en noir et blanc quand je suis très fauché.

- En huit ou en super huit?

- En seize et en trente-cinq millimètres.

- Non!

- Si. Et si possible avec de la pellicule Eastmancolor!

- C’est du sérieux alors?

- Si l’on veut.

- Quoi comme genre?...

- A propos... non, rien.

- ...

- C’est qui qui t’a parlé de mes activités privées? Le dirlo ou le chef?

- Les deux. Le premier, en des termes élogieux. Le second, narquoisement.

- Cela ne m’étonne pas de lui...

08:17 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (7) |  Imprimer |  Facebook | | | |

06/03/2019

Flash-back (19, à suivre)

Flash-back, Hank Vogel.jpgFlash-black! Retour en arrière dans le temps!

Comme Paul, je contemple le plafond.

Les traitres et les bourreaux, on ne les oublie jamais, me dis-je. A condition d’être vivant, bien entendu. On se souvient d’eux comme de la dernière tempête. Pire que ça, ils nous collent au cul, quasi jour et nuit. Plus souvent la nuit que le jour.

Les amis, les vrais amis, ça n’existe pas. Nous avons toujours affaire à des concurrents. Et à ces gens-là, il est préférable de ne rien confier. Ni projets, ni désirs, ni douleurs, ni forces, ni faiblesses... rien, strictement rien.

Nos malheurs feront leurs bonheurs!

J’ai sans doute trop parlé à Paul de mon premier amour, de la femme de tous mes rêves. Et c’est lui qui l’a épousée.

Maintenant, tous les Paul sont des salauds à mes yeux. Ainsi fonctionne la cervelle d’un homme blessé. Blessé par sa propre naïveté.

Oui, je fus confiant et naïf tel un soldat prêt à mourir pour sa patrie.

Patrie? Foutaise! Foutaises!

Mon pays ne m’a jamais rien donné. Rien de particulier. Rien de plus que les autres. Aucun soutient financier extraordinaires, ni moral. Au contraire, il m’a insulté à chacune de mes œuvres réalisées, à chacune de mes demandes de subvention.

Sans doute, j’étais un enfant de nulle part et le fils de personne. Car je ne portais sur le revers de mon veston pas le moindre signe distinctif, politique ou religieux.

Aujourd’hui, je suis mentalement encore plus nu. Libre mais méfiant. Est-ce la crainte d’une nouvelle félonie?

Et aussitôt s’inscrit dans ma mémoire:

La peur et le doute coulent dans nos veines. Le courage et la certitude ne font que traverser notre esprit...

Le soleil des pauvres (extrait)

06:25 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (10) |  Imprimer |  Facebook | | | |

04/03/2019

Flash-back (18, à suivre)

Flash-back, Hank Vogel.jpg- Toute plaisanterie cache toujours un désir de vengeance, qu’on le veuille ou pas. Vrai ou faux?

- Mon ignorance matinale m’empêche de prendre position, de voir clair! Mais je préfère tout de même foutre le camp.

Je rentre chez moi. Je plonge sur mon lit. Heureusement, c’est samedi. Jour de repos. Pas de travail. Aucune distraction. L’âme récupère ce que l’esprit a consommé, consumé.

Ma vie, bien que sentimentalement chaotique, est organisée à la perfection comme un défilé militaire. Pas le moindre geste asynchrone, ni la moindre pensée anachronique. Aux yeux des bourges du quartier, je suis un con fini comme les autres. Ou un peu plus, depuis que j’ai contracté le virus du cinéma.

C’est-à-dire: la semaine, je travaille pour enrichir mon patron. Le vendredi soir, je tourne mes films pour apaiser ma colère due aux nombreuses injustices. Et le weekend, je recharge mes batteries pour être frais et dispos le lundi à l’aube.

Finalement, je ne suis qu’un parfait robot, fait de chair usée et de mauvais sang, au service de la société.

Flash-black! Retour en arrière dans le temps!

Comme Paul, je contemple le plafond.

Les traitres et les bourreaux, on ne les oublie jamais, me dis-je. A condition d’être vivant, bien entendu...

07:37 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (5) |  Imprimer |  Facebook | | | |

01/03/2019

Flash-back (17, à suivre)

Flash-back, Hank Vogel.jpgUn moment de silence. Permettant ainsi à nos sourires et à nos grimaces de révéler secrètement nos intentions. Les miennes sont confuses. Je dirais même qu’elles manquent de maturité.

Faire l’amour à long terme avec une ouvrière, vendeuse de magasin ou serveuse de café, me semble plus rassurant qu’avec une universitaire, étudiante ou enseignante. Car la première finira un jour par devenir une casse-pieds. La seconde, une casse-tête.

Cela n’est peut-être qu’un vulgaire préjugé dû à ma maigre expérience!

Ma belle assistante, en fixant mes mains, me dit:

- Tu as des paluches de gonzesse.

- Pourtant, cela ne t’as nullement dérangé cette nuit, je lui réponds sèchement.

- Je t’ai vexé?

- Pas du tout.

- Alors pourquoi cette réaction de macho?

- Mille excuses! Au fait, en parlant de macho, vu l’heure, ton père ne risque pas de se pointer?

- Un flic n’est pas forcément une brute par excellence.

- Je le croyais.

- Tu es sérieux?

- Mais non, je plaisante!

- Toute plaisanterie cache toujours un désir de vengeance, qu’on le veuille ou pas. Vrai ou faux?...

13:19 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (10) |  Imprimer |  Facebook | | | |