• Flash-back (2, à suivre)

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    Flash-back, Hank Vogel.jpgUn jour un ami m’a dit:

    - A part quelques rares exceptions, seuls les pédés, les pistonnés et les fils à papa ont droit à la réussite dans le septième art.

    J’ai souri, j’avais bien souri à l’époque.

    Aujourd’hui, je ne bronche pas d’une oreille lorsque je m’imagine entendre la voix de ce camarade éclairé.

    - Quelle idée de commencer ce récit sur une note négative voire très pessimiste? dirait ma concierge. Tout de même! Surtout que la jeunesse croit dur comme fer aux racontars chargés d’espoir. Et jeunes, nous le sommes tous jusqu’à la dernière seconde...

    - Silence! On tourne!...

    - Dernier soupir...

    - Vos gueules les intellos! Pas de philosophie sur le plateau. Que de l’action. Rien que de l’action.

    - Mais!... Mais!...

    - Il n’y a pas de mais qui fasse!

    - Qui fasse quoi?

    - Tu la boucles ou tu préfères que je t’en colle une?

    - Tes acteurs sont nuls. Ils ne sont pas crédibles.

    - Pour qui tu te prends, la vieille? Pour un critique de films ou pour un prof de cinéma?

    Conception éclate de rire. Conchita pour les intimes, entre parenthèses.

    - Pourquoi ris-tu comme une bécasse? je lui demande...

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  • Flash-back (1, à suivre)

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    Flash-back, Hank Vogel.jpgJe m’appelle Hanzouli Tsoulakia. Je suis originaire d’un pays qui n’existe plus. Comme la Prusse ou le Biafra. Ou plutôt d’une nation à venir où la justice sociale prouvera à la face du monde que la démocratie n’était qu’un leurre.

    Pourquoi? Explication, bordel!

    Parce que dans une cité où les cons sont majoritaires, la connerie dominera toujours. La personne sensée n’a aucune chance d’être élue. Un chien n’acceptera jamais un chat pour chef.

    Toute ma vie, j’ai voté et je suis toujours du côté des perdants.

    Que faire alors? Plonger tout nu dans la marre aux connards et jouer à cache-cache avec Donald? Donald Duck, bien entendu.

    C’est ce que j’ai pourtant fait toute ma jeunesse en travaillant dans le cinéma.

    Voici donc mon histoire:

    Un jour un ami m’a dit:

    - A part quelques rares exceptions, seuls les pédés, les pistonnés et les fils à papa ont droit à la réussite dans le septième art.

    J’ai souri, j’avais bien souri à l’époque.

    Aujourd’hui, je ne bronche pas d’une oreille lorsque je m’imagine entendre la voix de ce camarade éclairé...

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  • Stockholm (26, fin)

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    Stockholm, Hank Vogel.jpgAdieu Karin! Au revoir ou à bientôt!

    Je reprends le large, je quitte la terre ferme pour un autre voyage vers l’infini.

    La mer tranquillise mon esprit.

    Bien que!

    Par expérience, je sais que ses horizons sont multiples et cachent bien des rêves insensés. Que les enfants de nulle part, tels que moi, se plaisent souvent à réaliser.

    Mais!

    Comme il y a toujours un mais qui ose se glisser à tout moment dans notre mémoire, je suis prêt à rebrousser chemin.

    J’attends donc que tu m’attendes, ma douce rencontre de Stockholm.


    A deux, à trois, à quatre... les heures semblent moins longues.

                                                  A Annita, Arne et Pintus, ces formidables Suédois que j’ai croisés sur ma route.

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  • Joyeux Noël!

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    Joyeux Noël et bonnes fêtes à tous! D'avance, milles excuses pour mes erreurs langagières comme mobile à la place d'immobile ou Irina à la place d'Arina...

    Certainement, un bon psychologue ou psychanalyste n'hésitera pas à me les expliquer! 

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  • Stockholm (25, à suivre)

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    Stockholm, Hank Vogel.jpgL’objet de curiosité se transforme vite en objet de consommation. Une fois les mystères percés.

    Et! Source de désir un jour, source de plaisir toujours. Quand ça dure, bien entendu.

    Nous ne sommes finalement que des machines faites de chair et de sang. Les uns pour les autres. Nous produisons des émotions, du bien-être et de la sécurité. En temps de paix. Et des emmerdes à n’en plus finir en temps de conflits. N’oublions jamais la face cachée de la lune!

    Que de femmes pauvres ont épousé un homme riche uniquement pour son argent! Ou inversement.

    Que d’hommes laids ont épousé une belle femme uniquement pour sa beauté! L’inverse est également vrai.

    Que de crétins, de bobettes, de salauds, de salopes... Stop! Halt! Sluta! Mon mécontentement risque de se transformer en rage, en haine.

    Les cités aux charmes merveilleux, tôt ou tard, sous contrôle ou pas, finissent toutes par devenir des lieux de perdition, de débauche. Stockholm échappe-t-elle à cette règle? Pourquoi une telle attirance de ma part vis-à-vis de cette ville où ses habitants n’ont rien d’exceptionnel si ce n’est qu’un profond désir de le devenir, d’évoluer sublimement.

    Mâles et femelles sur la même marche du podium!

    Une fois la guerre des sexes totalement finie, m’aimera-t-on enfin pour ce que suis, au pays des Vikings? C’est-à-dire un être à venir et non pas un individu chargé de vieilles poussières...

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  • Stockholm (24, à suivre)

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    Stockholm, Hank Vogel.jpg- C’est qui? murmure Karin.

    - Mon père spirituel. Mon guide. Celui qui a jugé bon de m’extraire tel une épave de ma propre misère intellectuelle. De ce désert sans horizon, sans espoir qui m’a été attribué quelques heures après ma naissance...

    - Tu parles de ton père adoptif?

    - Non, de celui que j’ai croisé sur la route de mon destin lors d’une embauche... Il a rempli le vide qui était en moi. Par pure sympathie. J’espère que cela dure et ne dégénère pas un jour en une sorte d’abus de pouvoir.

    - Pourquoi ça devrait dégénérer?

    - On ne sait jamais, nous sommes si imprévisibles. C’est probablement mon instinct qui me pousse à penser ainsi... Un enfant sans éducation parentale garde en lui tardivement les réflexes de l’animal qui gît en lui.

    - Bizarre, très bizarre! ricane-t-elle.

    - Pourquoi bizarre? je sursaute un tantinet offusqué.

    - Non, pour rien. Désolée...

    - Non, c’est moi qui le suis. Je n’aurais pas dû...

    - Le terme gît m’a fait penser à la mort, à un cimetière, à une tombe... sur laquelle on a gravé: ci-gît un artiste plein de vie... Le défunt était-il un humoriste?

    - Je pense plutôt que cette absurde ou énigmatique épitaphe cherche à nous faire croire que l’âme, notre caractère une fois forgé demeure à jamais.

    - Tu as sans doute raison.

    - Et si on s’activait un peu?...

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  • Stockholm (23, à suivre)

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    Stockholm, Hank Vogel.jpgJe me frotte le front et je m’avance:

    - La plupart des gens, si ce n’est pas la totalité, portent facilement des jugements, bons ou mauvais, sur les autres sans jamais bien les connaître. La critique est facile et engendre souvent plus de mal que de bien. Pour juger un peuple, son roi ou son président, il faut vivre avec ou au pire le fréquenter. Qui suis-je moi pour m’attribuer un tel pouvoir? J’admire ton pays comme un enfant qui croit encore au Père Noël. Ni plus, ni moins. L’aiguille aimanté d’une boussole indique toujours le nord. Mon aiguille à moi, enfuie au fond de mes entrailles, se dirige toujours vers la Suède et ses voisins scandinaves. Pourquoi? Mystère et boule de gomme. Est-ce le fait que je sois orphelin? Mes origines, mes racines sont-elles des aimants puissants? Tout cela n’est certainement que le fruit de mon imagination. A cause de mes cheveux et de mes yeux. Blonds et bleus. Bleu et jaune, les couleurs du drapeau suédois. Mais aussi parce qu’à l’école primaire, on m’appelait souvent le Viking... Causes et effets, dirait le capitaine, mon capitaine. Nous sommes tous victimes de nos propres mécanismes mentaux...

    - C’est qui? murmure Karin...

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  • Stockholm (22, à suivre)

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    Stockholm, Hank Vogel.jpg- Tu comprends quoi?

    - L’intensité de ton de regard. Cette force incroyable et hors du commun qu’il y a en toi d’observer les êtres et les choses. On dirait que le fer, le bronze, la pierre, le marbre... la statue se transforme en une créature vivante dans ton esprit à un tel point que tu pourrais lui faire confiance, en quelque sorte... Cherchais-tu à travers elle les traces qu’une quelconque parenté?

    - ...

    - Face à la sculpture de Bejemark, Evert Taube était de chair. J’ai eu cette impression.

    - Toutes les statues me fascinent, m’inspirent, dis-je d’un air rêveur. En particulier celles qui se trouvent devant l’entrée du théâtre dramatique royal. Elles sont en or ou toutes dorées. Pareilles aux valeurs humaines. L’homme debout, la femme assisse par terre. La femme debout, l’homme assis par terre. Elles reflètent bien que le peuple suédois donne beaucoup d’importance à l’égalité des sexes. La pédagogie du neutre avec son pronom hen. Bien que tout cela n’exclut pas ni les abus sexuels ni les viols commis envers les vulnérables, les faibles, les sans défense...

    - Du devrais écrire, me conseille-t-elle.

    - Je crayonne, je griffonne déjà.

    - Non, sérieusement. Avec tes tripes, avec rage! Un roman ou un essai.

    - Sur quoi?

    - Sur Stockholm.Tes impressions sur cette ville et ses habitants... Vu que tu es totalement étranger à notre mode de vie, tes critiques sur nos faits et gestes nous aideraient peut-être à mieux nous comporter...

    Le théâtre dramatique royal, Stockholm.jpg

    Une des statues à l'entrée du Théâtre dramatique royal de Stockholm 

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