18/10/2018

Stockholm (12, à suivre)

Stockholm, Hank Vogel.jpg- Tu as soif, tu as faim? me demande-t-elle après mon rapide et rassurant coup d’œil.

Un fort et convaincant oui s’échappe de ma bouche.

- Alors allons à la cuisine, me propose-t-elle. Car moi aussi j’ai l’estomac vide.

Je la suis timidement.

Subitement, mes mains se mette à trembloter.

Que m’arrive-t-il? De qui ai-je peur? D’elle ou de moi?

- Assieds-toi sur ma belle chaise ou sur l’horrible tabouret! m’ordonne-t-elle gentiment.

Après une très brève hésitation, je choisis le siège le moins confortable. Plus par sympathie voire de la tendresse pour elle que par courtoisie à l’égard de la gent féminine.

J’espère qu’elle le remarquera!

- C’est bien, c’est parfait! dit-elle en ouvrant le frigo... Tu préfères les brunes ou les blondes?

- Cheu... je, je bégaie...

17:57 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | | | |

16/10/2018

Stockholm (11, à suivre)

Stockholm, Hank Vogel.jpgJe ne suis pas un homme pur. C’est-à-dire: sans désirs sexuels démesurés. Mais, malgré moi, je préfère la femme pure. C’est-à-dire: la femelle qui n’achète pas une boite de préservatifs avant de connaître son partenaire ou sa proie.

Celles qui font l’amour par hygiène me rappellent ceux qui prêchent par principe ou par conviction. Le monastère ou le célibat les attend.

Tout doit venir du cœur et non pas de la cervelle.

Suis-je un romantique? Un ange parachuté au pays des Vikings?

Les préjugés faussent toute beauté du moment. Alors prudence à chaque instant!

L’appartement de Karin est digne des légendes japonaises. Pas un objet de trop. Pas une image, une photo ou une peinture, qui puisse la trahir. Tout est zen. Et pas un grain de poussière sur les meubles.

Je conclus donc que mon hôtesse est ordonnée, propre et bien dans peau...

15:54 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (17) |  Imprimer |  Facebook | | | |

12/10/2018

Stockholm (10, à suivre)

Stockholm, Hank Vogel.jpgRetour donc au Sundberg!

Sans la moindre hésitation, en deux mots et trois gestes, je remets à la serveuse qui nous a servis un petit bout de papier sur lequel j’ai noté mon adresse e-mail.

Comme le chien, l’homme laisse ses traces, me dis-je. Mais d’une façon plus subtile, plus romantique, moins physique. Au début. Qu’au début souvent. J’aurais dû y penser automatiquement.

En sortant du café, je me retrouve nez à nez avec Karin.

- Tu es resté là tout ce temps? me demande-t-elle d’un air surpris.

- Non, je suis revenu pour t’apporter... je n’ai pas de bigophone... je travaille sur un navire, je lui réponds tout ému, confus...

- Tu es marin?

- Simple barman sur un bateau de croisière... c’est provisoire.

- Ça ne me dérange pas...

- C’est un longue histoire...

- Et maintenant?

- Maintenant quoi?

- Tu es pressé, des achats à faire...?

- Libre comme l’air.

- Ça te dirait de venir chez moi? C’est à deux pas d’ici.

Un timide hochement de tête de ma part, quelques légers sourires réciproques et nous voilà partis pour des moments plus palpitants. Espérons-le!

Talllinn, navises de croisières.png

Navires de croisière amarrés à Tallinn (Estonie)

08:19 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (28) |  Imprimer |  Facebook | | | |

08/10/2018

Stockholm (9, à suivre)

Stockholm, Hank Vogel.jpgTant de questions sont sans réponse en ce bas monde! Notre vie n’est finalement qu’une suite de tâtonnements.

Je tâtonne, tu tâtonnes et nous pataugeons ensemble dans une boue faite d’incertitudes et de contradictions. Des vérités qui puent le mensonge et des mensonges qui sentent bon la vérité.

Mais heureusement notre imagination, notre pensée nous empêche constamment de nous enliser.

État! Aussi puissant sois-tu, tu ne pourras jamais me contrôler!

Impulsivement, je décide de revenir sur mes pas.

Une adresse électronique peut bien remplacer un numéro de téléphone, non? me dis-je.

Retour donc au Sundberg!

Stockholm, la pâtisserie Sundberg.png

Stockholm, la pâtisserie Sundberg

07:00 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (14) |  Imprimer |  Facebook | | | |

06/10/2018

Tout le monde a droit à l'erreur

Voici une lettre, qui m'a été adressée il y a fort longtemps, pour rassurer les distraits, les faibles en orthographe... et fermer le bec aux vaniteux qui prétendent ne jamais faire de faute. Du moins, je l'espère! 

Académie Française, cherchez l'erreur.jpg

Académie Française, cherchez l'erreur!

14:31 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (19) |  Imprimer |  Facebook | | | |

03/10/2018

Stockholm (8, à suivre)

Stockholm, Hank Vogel.jpgJe rôde dans la vieille ville.

J’aime ses anciennes maisons. Aux parois colorées. Et ses ruelles pavées.

Suis-je un adepte du passé? Quelqu’un qui flirte avec la mort? Un éternel amoureux du temps écoulé?

L’avenir m’effraye. M’empêche de dormir sur mes deux oreilles.

On ma forgé ainsi. La société m’a rendu ainsi. Avec ses nombreuses institutions chargées de fonctionnaires désenchantés et corrompus.

J’adore me promener dans Stockholm. Pas de mendiants dans les rues. Que des gens propres et en bonne santé! Quelques crapules notables forcément, mais invisibles aux yeux du public comme partout ailleurs. Et, en fin d’année, les ramasseurs des prix Nobel et leurs nobles invités qui rotent et qui pètent en douceur après leur fameux dîner de gala.

Au loin, derrière le musée d’Alfred, une drôle de cabine m’interpelle. Je m’approche d’elle. C’est un urinoir!

J’entre et je pisse un bon coup en pensant bizarrement à Hemingway et à Einstein.

Ils s’y sont peut-être soulagés aussi, me dis-je. Le chasseur et le pacifique. L’un qui appréciait les armes, l’autre qui les détestait. A quand la paix dans le monde finalement?...

Stockholm, vieille ville.png

Stockholm, vieille ville

Stockholm, urinoir de Gamla stan.png

Stockholm, urinoir de Gamla stan

12:08 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (13) |  Imprimer |  Facebook | | | |

01/10/2018

Stockholm (7, à suivre)

Stockholm, Hank Vogel.jpg

Malheureusement, le rugissement d’un lion ou d’un tigre met fin à notre discussion.

Karin ouvre aussitôt son sac à main. C’est son portable. Et elle répond:

- Oui... oui... oui... oui...

A quand un non? je me demande bêtement... Un robot ferait mieux.

Puis la conversation, entre elle et sa ou son interlocuteur se poursuit normalement. Avec de longues et petites phrases bien précises telle que deux fois deux font quatre. Mais impossible d’imaginer, de supposer quoi que ce soit.

Je me sens de trop. Pas à ma place. Retour donc à la case départ, celle de l’être abandonné, de l’enfant de nulle part. C’est plus fort que moi. Plus fort que tout.

Tout à coup, la belle Suédoise se lève d’un bond et me dit, toute affolée en rangeant son téléphone:

- Il faut absolument que je te quitte, on a vraiment besoin de moi. On se rappelle!

- Mais...

- Laisse ton numéro à la caisse!

Et elle s’ en va en courant.

- Comment? je marmonne. Je n’ai pas de mobile... je n’ai qu’un macbook...

06:56 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (53) |  Imprimer |  Facebook | | | |