31/10/2018

Stockholm (17, à suivre)

Stockholm, Hank Vogel.jpgDans quelle embrouille intellectuelle me suis-je fourré? J’aurais mieux fait de parler de la pluie et du beau temps surtout que le soleil est si souvent réclamé par ici...

- Alors? Tu refuses de me répondre, beau mâle? me souffle-t-elle à l’oreille en se penchant vers moi.

Alors, alors, alors! Digne d’un défenseur de l’espèce masculine en péril, je me lève énergiquement et je hurle:

- Si le viol est en augmentation chez vous, c’est qu’il y a bien une raison, non?

Elle se lève également mais langoureusement et me crache à la figure:

- Si tu désires me baiser, propose-le moi simplement au lieu de tourner autour du pot comme un vieux constipé!

- Mais qui sont-ils ces constipés? Des étrangers ou des autochtones?

- Je n’en sais rien. Ce sont peut-être des personnes qui ont complément perdu le sens du respect envers les autres.

- En faisant quoi?

- En regardant trop la télé ou en jouant trop avec leur smartphone. Ou les deux à la fois.

- Tu as sans aucun doute raison, le trop ne mène qu’au pire... Et maintenant?

- Et maintenant quoi?

- J’ai déjà entendu ça. Pas toi?

- Aussi.

Et ni une, ni deux, inévitablement, tels deux aimants attirés l’un vers l’autre, nous nous enlaçons.

Dieu que la femme sent bon à ces moments-là! Surtout quand elle ne se parfume pas. Ou pas trop, soyons tout de même un peu tolérants!...

07:47 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (9) |  Imprimer |  Facebook | | | |

28/10/2018

Stockholm (16, à suivre)

Stockholm, Hank Vogel.jpgElle éclate de rire.

Zut! Mince! Merde! Ciel! Il ne faudrait pas que j’aie affaire à une psychologue géniale ou à une super agente de police capable de lire dans mes pensées.

- Si tu es flic, je n’en vais illico presto, je lui cris dessus.

Vive réaction de sa part. Difficile à définir exactement. Va-t-elle pleurer? Va-t-elle me foutre à la porte? La situation me semble si étrange, si irréelle. J’ai l’impression de vivre dans un rêve, un mauvais rêve. A deux doigts de se transformer en cauchemar.

- Désolée, je n’aurais pas dû m’esclaffer, me dit-elle.

- Non, tout est de ma faute, je réplique... Pourquoi les Scandinaves, et en particulier les Suédoises, se sentent-elles plus facilement coupables d’un acte insensé qu’elles n’ont pas commis que les autres femmes?

- C’est la première fois que j’entends ça...

- Cherchent-elles à se comporter comme leurs homologues, les hommes? Ou n’est-ce qu'à cause ou grâce à votre éducation dite neutre?

- Je vois où tu veux en venir...

- Je me pose simplement la question.

- D’après ton raisonnement, le sentiment de culpabilité est un sentiment typiquement masculin...

- Je me pose simplement la question!

- J’ai entendu, je ne suis pas sourde... En Suède, il n’y a point de piédestal. Ni au travail, ni à la maison. L’égalité entre les femmes et les hommes... pardon, entre les hommes et les femmes pour être plus polie... règne dans toute sa splendeur dans ce pays. Ça te dérange?

- Non. Au contraire.

- Alors pourquoi as-tu essayé de jeter de l’huile sur le feu?

- Quelques gouttes seulement!...

- Ou plutôt tenté de réveiller de vieux démons?...

09:40 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (16) |  Imprimer |  Facebook | | | |

25/10/2018

Stockholm (15, à suivre)

Stockholm, Hank Vogel.jpg- Au contraire, ce qui nous semble parfois anodin est plus important que tout le reste.

- Par exemple?

- Et si j’attaquais d’abord la première question?

- La première question?

- Mon voyage entre l’iceberg et le volcan.

- Raconte! Comment c’était?

Je grimace et je secoue violemment la tête.

- Ça va? s’inquiète-t-elle. Ce n’était pas bien? Je n’aurais pas dû? Ça te rappelle de mauvais souvenirs?

Je croise mes mains et j’avoue:

- A part rougir, la timidité m’incite parfois à répondre par de belles phrases reliées à aucun contexte. D’où... d’où...

- D’où?

- L’iceberg et le volcan... Je tenais à ce que tu le saches...

- Je ne te crois pas.

- C’est la pure vérité.

- Timide toi? Tout sauf ça!

- Oui, je suis timide. Horriblement timide.

Elle éclate de rire... 

11:37 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (6) |  Imprimer |  Facebook | | | |

23/10/2018

Stockholm (14, à suivre)

Stockholm, Hank Vogel.jpg- Place aux bonnes choses d’abord!

Nous buvons, nous mangeons. Quasi comme deux goinfres.

Attitude normale pour moi mais interdite pour elle. Car là où j’ai passé mon enfance et ma jeunesse, la mère, l’épouse, la fille, la sœur et l’amie n’ont strictement pas le droit de faire du bruit en mastiquant.

Tout jugement est le fruit du conditionnement! traverse rapidement mon esprit, tel un flash d’un tableau publicitaire lumineux.

Et, aussitôt et en dépit de toute attente, un sourire chargé de sagesse s’invite sur mon visage.

Ce qui pousse forcément Karin à me toiser du regard et à m’interroger:

- Qui es-tu réellement? D’où viens-tu? Qui ou quoi cherches-tu à Stockholm?... Tu as l’air si étrange. On dirait qu’un... que...

- Que quoi?

- Non, rien... ce n’était rien... cela n’a aucune importance.

- Au contraire, ce qui nous semble parfois anodin est plus important que tout le reste.

- Par exemple?...

08:40 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (9) |  Imprimer |  Facebook | | | |

20/10/2018

Stockholm (13, à suivre)

Stockholm, Hank Vogel.jpgElle me tend une bouteille et m’explique avec désinvolture:

- C’est une ålö ale, je n’ai plus que celle-ci... C’est ma bière préférée... Le décapsuleur se trouve dans le tiroir en face de toi... à moins que tu préfères l’ouvrir avec les dents... comme mes copains hier soir.

Pourquoi tant informations en si peu de temps? Que cherche-t-elle à me faire comprendre?

- Tu aurais deux verres? je bafouille.

Elle me sourit.

Puis elle murmure en me regardant droit dans les yeux:

- Tu as raison, nous ne nous sommes pas encore embrassés.

Drôles de femmes, ces Suédoises, me dis-je. L’homme complexé n’a sans doute aucun souci à se faire dans ce royaume. L’égalité a dû ouvrir bien des portes et fermé bien des failles. Pourvu que cela dure. Mais attention tout de même! La presse a parfois tendance à manipuler l’opinion public. Si ce n’est pas trop souvent dans certains cas.

- Tu as l’air bien rêveur, me signale Karin en préparant des räksmörgås. Plus précisément: deux sandwichs aux crevettes.

- Pardon, j’étais ailleurs, je m’excuse.

- Peut-on savoir où?

- Je voyageais entre un iceberg et un volcan.

- C’est-à-dire?...

Bière Ålö Ale.jpg

Cliquez sur la bouteille!

14:34 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (11) |  Imprimer |  Facebook | | | |

18/10/2018

Stockholm (12, à suivre)

Stockholm, Hank Vogel.jpg- Tu as soif, tu as faim? me demande-t-elle après mon rapide et rassurant coup d’œil.

Un fort et convaincant oui s’échappe de ma bouche.

- Alors allons à la cuisine, me propose-t-elle. Car moi aussi j’ai l’estomac vide.

Je la suis timidement.

Subitement, mes mains se mette à trembloter.

Que m’arrive-t-il? De qui ai-je peur? D’elle ou de moi?

- Assieds-toi sur ma belle chaise ou sur l’horrible tabouret! m’ordonne-t-elle gentiment.

Après une très brève hésitation, je choisis le siège le moins confortable. Plus par sympathie voire de la tendresse pour elle que par courtoisie à l’égard de la gent féminine.

J’espère qu’elle le remarquera!

- C’est bien, c’est parfait! dit-elle en ouvrant le frigo... Tu préfères les brunes ou les blondes?

- Cheu... je, je bégaie...

17:57 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (6) |  Imprimer |  Facebook | | | |

16/10/2018

Stockholm (11, à suivre)

Stockholm, Hank Vogel.jpgJe ne suis pas un homme pur. C’est-à-dire: sans désirs sexuels démesurés. Mais, malgré moi, je préfère la femme pure. C’est-à-dire: la femelle qui n’achète pas une boite de préservatifs avant de connaître son partenaire ou sa proie.

Celles qui font l’amour par hygiène me rappellent ceux qui prêchent par principe ou par conviction. Le monastère ou le célibat les attend.

Tout doit venir du cœur et non pas de la cervelle.

Suis-je un romantique? Un ange parachuté au pays des Vikings?

Les préjugés faussent toute beauté du moment. Alors prudence à chaque instant!

L’appartement de Karin est digne des légendes japonaises. Pas un objet de trop. Pas une image, une photo ou une peinture, qui puisse la trahir. Tout est zen. Et pas un grain de poussière sur les meubles.

Je conclus donc que mon hôtesse est ordonnée, propre et bien dans peau...

15:54 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (17) |  Imprimer |  Facebook | | | |

12/10/2018

Stockholm (10, à suivre)

Stockholm, Hank Vogel.jpgRetour donc au Sundberg!

Sans la moindre hésitation, en deux mots et trois gestes, je remets à la serveuse qui nous a servis un petit bout de papier sur lequel j’ai noté mon adresse e-mail.

Comme le chien, l’homme laisse ses traces, me dis-je. Mais d’une façon plus subtile, plus romantique, moins physique. Au début. Qu’au début souvent. J’aurais dû y penser automatiquement.

En sortant du café, je me retrouve nez à nez avec Karin.

- Tu es resté là tout ce temps? me demande-t-elle d’un air surpris.

- Non, je suis revenu pour t’apporter... je n’ai pas de bigophone... je travaille sur un navire, je lui réponds tout ému, confus...

- Tu es marin?

- Simple barman sur un bateau de croisière... c’est provisoire.

- Ça ne me dérange pas...

- C’est un longue histoire...

- Et maintenant?

- Maintenant quoi?

- Tu es pressé, des achats à faire...?

- Libre comme l’air.

- Ça te dirait de venir chez moi? C’est à deux pas d’ici.

Un timide hochement de tête de ma part, quelques légers sourires réciproques et nous voilà partis pour des moments plus palpitants. Espérons-le!

Talllinn, navises de croisières.png

Navires de croisière amarrés à Tallinn (Estonie)

08:19 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (28) |  Imprimer |  Facebook | | | |

08/10/2018

Stockholm (9, à suivre)

Stockholm, Hank Vogel.jpgTant de questions sont sans réponse en ce bas monde! Notre vie n’est finalement qu’une suite de tâtonnements.

Je tâtonne, tu tâtonnes et nous pataugeons ensemble dans une boue faite d’incertitudes et de contradictions. Des vérités qui puent le mensonge et des mensonges qui sentent bon la vérité.

Mais heureusement notre imagination, notre pensée nous empêche constamment de nous enliser.

État! Aussi puissant sois-tu, tu ne pourras jamais me contrôler!

Impulsivement, je décide de revenir sur mes pas.

Une adresse électronique peut bien remplacer un numéro de téléphone, non? me dis-je.

Retour donc au Sundberg!

Stockholm, la pâtisserie Sundberg.png

Stockholm, la pâtisserie Sundberg

07:00 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (14) |  Imprimer |  Facebook | | | |

06/10/2018

Tout le monde a droit à l'erreur

Voici une lettre, qui m'a été adressée il y a fort longtemps, pour rassurer les distraits, les faibles en orthographe... et fermer le bec aux vaniteux qui prétendent ne jamais faire de faute. Du moins, je l'espère! 

Académie Française, cherchez l'erreur.jpg

Académie Française, cherchez l'erreur!

14:31 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (19) |  Imprimer |  Facebook | | | |

03/10/2018

Stockholm (8, à suivre)

Stockholm, Hank Vogel.jpgJe rôde dans la vieille ville.

J’aime ses anciennes maisons. Aux parois colorées. Et ses ruelles pavées.

Suis-je un adepte du passé? Quelqu’un qui flirte avec la mort? Un éternel amoureux du temps écoulé?

L’avenir m’effraye. M’empêche de dormir sur mes deux oreilles.

On ma forgé ainsi. La société m’a rendu ainsi. Avec ses nombreuses institutions chargées de fonctionnaires désenchantés et corrompus.

J’adore me promener dans Stockholm. Pas de mendiants dans les rues. Que des gens propres et en bonne santé! Quelques crapules notables forcément, mais invisibles aux yeux du public comme partout ailleurs. Et, en fin d’année, les ramasseurs des prix Nobel et leurs nobles invités qui rotent et qui pètent en douceur après leur fameux dîner de gala.

Au loin, derrière le musée d’Alfred, une drôle de cabine m’interpelle. Je m’approche d’elle. C’est un urinoir!

J’entre et je pisse un bon coup en pensant bizarrement à Hemingway et à Einstein.

Ils s’y sont peut-être soulagés aussi, me dis-je. Le chasseur et le pacifique. L’un qui appréciait les armes, l’autre qui les détestait. A quand la paix dans le monde finalement?...

Stockholm, vieille ville.png

Stockholm, vieille ville

Stockholm, urinoir de Gamla stan.png

Stockholm, urinoir de Gamla stan

12:08 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (13) |  Imprimer |  Facebook | | | |

01/10/2018

Stockholm (7, à suivre)

Stockholm, Hank Vogel.jpg

Malheureusement, le rugissement d’un lion ou d’un tigre met fin à notre discussion.

Karin ouvre aussitôt son sac à main. C’est son portable. Et elle répond:

- Oui... oui... oui... oui...

A quand un non? je me demande bêtement... Un robot ferait mieux.

Puis la conversation, entre elle et sa ou son interlocuteur se poursuit normalement. Avec de longues et petites phrases bien précises telle que deux fois deux font quatre. Mais impossible d’imaginer, de supposer quoi que ce soit.

Je me sens de trop. Pas à ma place. Retour donc à la case départ, celle de l’être abandonné, de l’enfant de nulle part. C’est plus fort que moi. Plus fort que tout.

Tout à coup, la belle Suédoise se lève d’un bond et me dit, toute affolée en rangeant son téléphone:

- Il faut absolument que je te quitte, on a vraiment besoin de moi. On se rappelle!

- Mais...

- Laisse ton numéro à la caisse!

Et elle s’ en va en courant.

- Comment? je marmonne. Je n’ai pas de mobile... je n’ai qu’un macbook...

06:56 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (53) |  Imprimer |  Facebook | | | |