29/08/2018

Waterprof (19, à suivre)

Waterprof, Hank Vogel.jpgTout à coup, mon regard s’égare sur un petit tas de sandalettes et d’anciennes bottines au fond de l’atelier, toutes poussiéreuses et abîmées, et aussitôt des images atroces d’un documentaire sur les camps de concentrations nazis surgissent du tréfonds de ma mémoire et troublent mon esprit.

- Quelle barbarie! je murmure, quasi pétrifié.

- Ça va? Tu es blanc comme une paire de tennis jamais utilisée, me dit Gregory, avec un attention toute particulière. Par déformation professionnelle sûrement.

- C’est l’odeur du cuire, je fabule.

Et je poursuis, requinqué malgré moi:

- Dans quelque temps, tu recevras par la poste plusieurs enveloppes contenant des billets pour ta collection.

- Par la poste de chez nous?

- Peu fiable et trop lente... Par DHL ou DPD.

- Ça me rassure.

- Le dernier chiffre de chaque coupure a une signification bien spécifique. Le un, nous indiquera la date, le deux l’heure précise et le trois la position exacte du débarquement.

- Mais à qui dois-je transmettre ces messages codés? A toi qui n’a pas de portable?

- Pour l’amour du ciel, ne parle plus jamais de ça!

- Je ne te comprends pas, c’est pourtant un outil pratique, non?

- Certes, mais pas dans ma situation. Cet engin de malheur permettrait aux services secrets français en mèche avec bien d’autres de me localiser. Éteint ou allumé!

- Pourquoi, tu es l’ennemi de la France?

- Entre autres... Depuis j’ai participé aux manifs de 68, quand j’étudiais à la Sorbonne, les Gaulois m’ont à l’oeil.

- Mais c’est du délire!

- Je ne te le fais pas dire...

- Alors à qui?

- A personne.

- Comment ça à personne, j’avale ces nombres et je pète un bon coup? s’énerve Gregory en se rongeant les ongles.

- Tu brûles, je réplique en souriant... Le premier représente le petroselinum, le deuxième l’anethum graveolens et le troisième une gousse d’allium sativum ou un piment rouge ou vert.

- Est-ce que je bosse pour waterprof ou pour la faculté des sciences naturelles?...

- Presque! Non, soyons!... Tu te rends le plus vite possible auprès de Baba Alla...

- La vieille qui vend ses herbes?

- Oui, la vieille dame qui... Madame Alla Rosa Abrahamian...

- Et?

- Tu lui propose simplement de préparer un bouquet de persil pour Suuri Jano. Elle comprendra... Coup de bigophone de sa part et un coursier se dépêchera pour me l’apporter. Idem pour la suite...

- C’est qui?

- Youri Gladkov... tu le rencontreras après le jour J.

- OK... Par sécurité, je répète: persil, aneth et ail ou piment. Persil, aneth, ail... Et si elle est malade ou absente, l’Arménienne?

- Tu vas au magasin de fruits et légumes situé à l’angle de la rue Ostrovskogo et de l’avenue Pionnerskaya et tu demandes Vladimir Chlionski. Il n’espère que ça.

- Eh bien, il y en a du monde! La liste des Guelendjikois mouillés dans cette affaire doit être vachement longue...

- Détrompe-toi, elle est courte.

- Peux-tu alors me l’énumérer? Entre démocrates à cent pour cent, toute cachotterie relève de l’insulte voire de la trahison. Non?

Et, tel un garde suisse fidèle au divin pouvoir, je lui dévoile tous les pions de cette sainte et saine opération...

Youri Gladkov.png

Youri Gladkov

Vladimir Chlionski.png

Vladimir Chlionski

 

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27/08/2018

Waterprof (18, à suivre)

Waterprof, Hank Vogel.jpgUne semaine plus tard. Valeri et Vladimir débarquent un peu intimidés dans un hôtel de la Rome protestante. Au quartier des Pâquis plus exactement. Où se trouve le logiciel de l’opération, pour ne rien vous dissimuler...

Après avoir reçu, bien entendu, leur faux passeport helvétique et une carte bancaire chargée à bloc. Car, comme tout le monde le sait, la Suisse est terriblement chère excepté pour les médecins, les avocats, les pleins aux as et les conseillers tous azimuts. C’est-à-dire: administratifs, d’état et fédéraux.

- Mais pourquoi l’avez-vous installé là, ce foutu robot de mes deux? s’affolerait ma concierge. Au quartier le plus chaud de la ville!

Ma réponse rassure même les ânes:

- Parce que dans cette endroit glauque la police ne s’intéresse qu’aux fesses des putes et aux dealers africains.

Tout roule sur des roulettes. Pensées à la russe et organisations à la suisse. Quoi de mieux dans le meilleur des mondes futurs?

Je vais chez Gregory, mon cordonnier attitré. Prétexte: j’ai perdu un lacet.

- A part ça, tes semelles sont toujours waterproooof.

- Il y a quelques o de trop, camarade. Mais ça va.

Gregory Kotanidi est un réparateur de vieilles godasses, plus par enthousiasme que par nécessité. Il n’ouvre son magasin-atelier que les après-midis sauf le dimanche, en bon père de famille. Mais sa grande passion, c’est collectionner les anciennes pièces de monnaie et les billets périmés.

Comme il déteste tous les régimes totalitaires parce que sa mère fut torturée par le KGB en Sibérie à cause de ses origines grecques, je lui ai confié le poste d’ agent de transmission.

- Tu as vérifié, pas de micros dans une paire de baskets ni à l’horizon?

- Que dalle! Par contre mon voisin m’inquiète. Il prie trop souvent et fréquente les religieux.

- Méfie-toi de lui. D’après mon expérience personnelle, les accros à la prière sont de sacrés mouchards.

- Merci de ton conseil. Autre message?...

Gregory Kotanidi.png

Gregory Kotanidi dans son atelier.

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26/08/2018

Waterprof (17, à suivre)

Waterprof, Hank Vogel.jpgEt, avec un courage digne d’un héros libéré de toute crainte, je divulgue:

- Alla Rosa Abrahamian et Olga Senchikova... Mais recommençons par le commencement afin que tout soit très limpide entre nous. Si toutefois un détail préliminaire m’a échappé... Waterprof est un concept polico-philosophique qui a germé au sein d’une société secrète, à la quelle j’adhère, composée d’hommes et femmes de bonne volonté. Des progressistes. Des avant-gardistes. Des Suisses et des Russes qui ont le sens inné du partage... Nous pensons que la propriété étatique mérite une sérieuse correction et que les montagnards doivent pouvoir jouir des mêmes plaisirs existentiels que ceux des habitants des cités balnéaires et vive versa. L’air, l’eau, douce et salée, la neige et le soleil sont des dons du ciel. Offerts à chacun d’entre nous. Un pays sans mer mérite donc un port quelque part hors de ses frontières. Et un pays sans montagne mérite également une station ou un sommet quelque part ailleurs. Nous devons nous entraider et non pas nous entre-tuer pour des bagatelles, des richesses qui n’appartiennent finalement à personne. Et les chefs d’état doivent cesser de faire semblant de se comporter comme des lions féroces ou des chiens de garde au service de leur peuple. Nous le savons tous au fond de nous-mêmes, les rois de la jungle sont affamés de chair et ne protègent que leurs petits... Prochainement, tu recevras, ainsi que Valodia, de faux papiers pour te rendre d’abord à Genève ensuite dans une bourgade isolée turque, proche de Rize, à environ sept cents kilomètres d’ici et ce afin d’initier un régiment de volontaires aux activités sous-marines. Et à un moment très précis, que seul notre logiciel connait pour l’instant, vous envahirez Guelendjik en tuba et en caleçon de bain rose, couleur de l’amour et non de la guerre, en proclament haut et fort: cette localité sera désormais une enclave suisse si vous le souhaitez profondément. Courez vite aux urnes!... Qui vote obtient ou n’obtient pas. Mais celui qui ne vote jamais ferait mieux de la fermer sérieusement, sa grande gueule de prétentieux, au lieu de prétendre souvent qu’il prévoyait les résultats... A toi d’attendre avec sagesse et d’agir à l’heure voulu!

- C’est très courageux et encourageant tout cela mais totalement utopique, me dit mon ami.

- Comme l’électricité, le train, les avions, les fusées... comme toute chose extraordinaire avant de voir le jour. Mais qui ne tente rien n’aura forcément rien. Il vit médiocrement tel un mollusque enfermé dans sa coquille. Il ne verra jamais l’immensité de l’océan... Et j’ajoute hors de propos: face à Dieu et à son éternité, nous méritons tous de choisir librement notre moitié, notre religion et notre patrie. Cependant cela, c’est encore du sperme congelé.

- Verstanden! Mais pourquoi le mot mérite, qui sort souvent de ta bouche, humecte-t-il tes lèvres?

- Pour que je n’oublie pas mon premier baiser.

Et nous nous tordons de rire.

L’amitié, une fois de plus, sacré nom d’une pipe!...

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25/08/2018

Waterprof (16, à suivre)

Waterprof, Hank Vogel.jpgJe me gratte la tête. Dans l’espoir que les meilleurs neurones de ma cervelle sortent enfin de leur silence caverneux et décident ensemble de m’aider à dissiper toute incertitude. Car certaines lignes du projet sont encore floues. J’avouerais même qu’elles stagnent dans le flou le plus total...

- Alors, ça vient ou quoi? m’attaque l’ex commandant. C’est pour aujourd’hui ou pour demain?

- Pour après demain ou jamais! je contre-attaque. Pourquoi, tu as le feu au cul?

- Ta combine, c’est du bidon.

- Du bidon, tu as dit?

- Oui, du bidon, j’ai dit et je le redis.

Alors, fâché à en devenir fou, je cours aux toilettes, je ressors presque aussitôt et, en branlant une liasse de billets de banque, je lui crie:

- Et ça aussi c’est du bidon?

L’argent n’a pas d’odeur. Même conservé aux pires endroits.

Les fauchés se plaisent à le maudire et à lui cracher dessus. Les fortunés à le bénir et à garder leur salive pour mieux le recompter.

Mais riches et pauvres se font régulièrement déplumer par l’état, escroc et dépensier anonyme.

- Tiens! C’est ton cachet pour tes futurs exploits, je signale à Valeri, en fourrant la pile de plusieurs mille francs dans sa chemise à moitié ouverte... Ce n’est du belge, c’est du pur suisse. Ça pète souvent plus haut que le dollar.

- C’est sans doute trop! s’exclame mon complice en retirant les Auguste Forel fourmillants de son vêtement.

- Ce n'est jamais trop. Surtout pour les risques que tu vas prendre. Compte!

- Non, je ferais ça tranquillement... à la maison.

- Aux chiottes!

- Pourquoi aux chiottes?

- Parce que ta chère moitié ne doit toujours pas être au courant de quoi que ce soit. C’est une affaire strictement entre hommes, pour le moment. Bien que deux femmes nous accompagnent dans cette aventure. Une vieille et une jeune.

- Alors déballe-moi tout!

Et, avec un courage digne d’un héros libéré de toute crainte, je divulgue:

- Alla Rosa Abrahamian et Olga Senchikova...

Alla Rosa Abrahamian.png

Alla Rosa Abrahamian.

Olga Senchikova.png

Olga Senchikova.

A droite, buvant son café, probablement l'épouse de l'auteur ou une ex du KGB.

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24/08/2018

Waterprof (15, à suivre)

Waterprof, Hank Vogel.jpg- Qu’est-ce que tu as raconté à Valodia? me demande Valeri d’un air très préoccupé.

- Le minimum du minimum, je lui réponds tout étonné... Pourquoi?

- Parce que hier soir, je l’ai croisé dans la rue et il m’a à peine salué.

- Est-ce qu’ il était seul ou accompagné?

- Il était avec sa chérie et moi avec la mienne...

- Sais-tu que sa chérie n’est pas toujours aussi chérie que ça avec lui? Et lui non plus avec elle, soyons correctes!

- Comment ça?

- N’as-tu jamais rien remarqué de spécial chez eux?

- Chez eux à la maison?

- Non, dans leur comportement, en général...

- Tamara parle trop et trop vite. C’est un vrai malin à prières...

- Comme la plupart des épouses vieillissantes d’ailleurs... Mais encore?

- Je ne vois pas.

- Le couple! Entre eux?

- Rien qui puisse faire l’objet d’une enquête.

- Parfait! Je constate que le métier commence à rentrer, dis-je en me frottant les mains.

Et j’ergote:

- Quand Tamara et Vladimir, c’est aussi Vladimir et Tamara, tout va à merveille. On peut boire sans souci l’eau de la fontaine. Mais quand Tamara et Vladimir, ce sont Tamara et Vladimir, le robinet collectif est fermé à bloc. Tu passes pour un indésirable, je passe pour un indésirable, nous passons pour un bataillon d’indésirables... Tu t’imagines le tableau?

- Affirmatif! tonitrue-t-il... Bien que mal brossé à mon humble avis.

- Tu as tout-à-fait raison.

- Explique alors!

- Notre ami te fait la gueule parce que je t’ai engagé avant lui.

- Non!

- Si!

- Il te l’a dit?

- Négatif... mais je le pense.

- Tu penses trop et tu t’imagines trop de choses, camarade! Un de ces quatre, tu te retrouveras en Sibérie.

- Probablement. Et toi avec, si tu te comportes comme une vulgaire tocante waterproof et non pas comme un parfait waterprof.

- Toujours des mots bizarres pour nous séduire ou nous foutre la pression. Sois clair une fois pour toutes, bon sang! C’est quoi pour un terme ce foutu waterprof?

Je hausse le ton:

- Je te dévoile tout le projet, de A à Z, à condition que tu veuilles bien transmettre toutes les informations à Valodia et ce pour te faire pardonner.

- P... p...

- Car tu as fauté, malgré toi ou volontairement.

- N’importe quoi!...

- En essayant de me faire croire qu’un mineur de fond et excellent nageur, tel que lui, aurait plus de peine à se reconvertir en scaphandrier qu’un petit soldat cantonné dans un bureau...

 - Accouche, Bon Dieu! J’ai l’impression parfois que tous les mani korlo réunis du Tibet ne t’arrivent pas à la cheville...

Tamara, l'épouse de Vladimir.png

Tamara, la chérie de Vladimir.

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22/08/2018

Waterprof (14, à suivre)

Waterprof, Hank Vogel.jpgJ’ai connu Valeri grâce Vladimir. Il me l’a présenté à la plage, l’été dernier. Nous avons sympathisé sur le champ. Question d’aura, vraisemblablement. Mais la sienne doit être plus dorée ou plus blanche que la mienne. Certainement vu mes nombreux moments d’égarement.

- Les rencontres rapprochent les montagnes et font fondre les glaciers, me disait souvent ma concierge valaisanne, morte malheureusement en escaladant le Mont Rose, côté italien.

Je n’ai jamais compris vraiment ce qu’elle voulait insinuer. Qui ou quoi cherchait-elle à protéger? Et jamais su vraiment de quel bord elle était, la grimpeuse multidisciplinaire.

Il faut dire qu’à cette époque, en tant que fils de diplomate et pensionnaire d’une école internationale privée, je draguais comme un beauf...

Bref, restons dans le présent et parmi les vivants et les gens normaux!

Qu’il vente ou qu’il pleuve, Valeri crawle et papillonne au moins deux heures chaque matin. Sous le regard admiratif de sa chère épouse. Ou inquiet, vu que la mer n’est pas toujours aussi maternelle qu’une mère.

Ce sportif aux poumons d’acier, non-fumeur forcément, aurait pu devenir général dans l’Armée rouge. Mais comme il est trop intelligent et très sensible, il a préféré se contenter d’une carrière militaire moins honorable mais à l’abri des embrouilles et des éternels reproches.

Allergique également aux armes à feu et aux masques à gaz, il a failli se faire tuer à deux reprises. En Tchécoslovaquie, lors de l’enterrement de Jan Palach, martyre du printemps de Prague, par un groupe d’étudiants en colère. Et à Tchernobyl, en essayant de sauver des camarades irradiés à la centrale nucléaire Lénine, par un atomiste déprimé.

Suite à ces deux tristes évènements, bien que très éloignés l’un de l’autre dans le temps, ses collègues de travail l’on baptisé Docteur Tché le jour de sa quille tardive.

Ce médecin-secouriste, officier à la retraite et de réserve, artiste modeste à ses heures perdues, prend souvent plaisir à photographier les fleurs des lieux publiques, avec son téléphone portable. En particulier les roses...

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Valeri Ogorodnik en train de photographier une rose

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21/08/2018

Waterprof (13, à suivre)

Waterprof, Hank Vogel.jpgLe lendemain. Jour ensoleillé comme la plupart des autres jours à Guelendjik. La mer est calme et le plus énervant des vents est absent.

Drelin! Drelin!

Autre son de cloche, de sonnette plus précisément.

Les natifs de ce gigantesque pays adorent bricoler, surtout le gardien de mon immeuble qui, à part cela, n’arrête pas de tripoter son chronographe chinois, la montre suisse n’étant réservée qu’aux riches, nouveaux et anciens, aux snobs et aux proches du pouvoir.

Drelin! Drelin!

- Ça va, j’arrive! J’ai ouï, bordel!

La redondance s’infiltre partout. Et c’est reparti:

- C’est qui?

- C’est moi.

- Moi qui?

- Valeri.

- Le...

Mais aussitôt, face cette complice de la banalité et rivale du renouveau, j’abrège, je modifie:

- La... la porte est ouverte...

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La montre (la mienne) que le gardien de mon immeuble aimerait avoir...

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20/08/2018

Waterprof (12, à suivre)

Waterprof, Hank Vogel.jpgAprès les tempêtes spirituelles inutiles dues à l’ego de chacun voici le calme dans toute sa splendeur où les conversations ressemblent quasi à des prières.

Dommage trop courtes!

- Que le Ciel me bénisse! Quelle sera ma mission et quel sera mon salaire? me demande l’ami Vladi.

- Fabuleux et incroyable ou l’inverse et sans pépin si le Seigneur le voudra, je lui réponds. Il te suffira de suivre à la lettre les instructions.

- Acceptables?

- Un jeu d’enfant. Tout le contraire d’un casse-tête imposé par un casse-pieds.

- Je me réjouis déjà.

- Chaque chose en son temps. Tu verras la Suisse, ses vaches à lait et ses trésors à l’air libre...

- La Suisse en chair et en os?

- A poil ou presque serait plus proche de la réalité mais je n’ai pas le droit de t’en dire plus sans la présence de Valeri.

- Valeri, Valeri?

- Oui, Valeri Ogorodnik, notre copain et champion aquatique.

- Lui aussi est dans la combine?

- Fait partie du projet.

- Excuse-moi chef!

- Pas besoin de t’excuser... Et puis sache aussi qu’il n’y aura pas de chefs, de sous-chefs... ni de larbins, pour cette opération.

- Qui commandera alors, qui me donnera des ordres?

- Personne. Un logiciel nous guidera personnellement.

- Encore une invention helvétique?

- Non, démocratique.

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Valeri Ogorodnik, photographié par la longue-vue sophistiquée de Suuri Jano.

07:13 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (6) |  Imprimer |  Facebook | | | |

18/08/2018

Waterprof (11, à suivre)

Waterprof, Hank Vogel.jpgSoudainement, Vladimir Vladimirovitch me dit:

- Depuis que je plonge dans la mer, je ne mange plus de poisson.

- Bonne décision, je lui chuchote à l’oreille gauche, sachant que la droite est sujette aux acouphènes...

Et, en m’éloignant de son haliotide en bonne santé:

- Autrement, elle serait rouge de sang et les Ottomans perdraient le nord.

- Tu es aussi au courant de ça?

- Au courant de quoi?

- Que la Mer Rouge est hachurée en rouge sur leurs cartes géographiques parce qu’elle se trouve au sud de leur empire et que la Mer Noire...

- Hachurée en noir parce qu’au nord...

- C’est exact!...

- Comme la plupart de nos robinets indiquant l’eau chaude et l’eau froide qui proviennent de Turquie. D’ailleurs, je me demande si ce n’est pas eux qui ont inventé la douche...

- Ah, non! Les chiottes turques, je veux bien mais pas ça, tout sauf ça!... Et puis, ne serais-tu pas un tantinet daltonien?

- Pourquoi tu dis ça?

- J’ai l’impression que tu confonds le bleu et le noir.

- C’est grave, docteur?

Et nous éclatons de rire.

C’est ça l’amitié! Lorsque le torchon commence à brûler, on l’éteint aussitôt. En pissant dessus si l’on ne peut pas agir autrement. Sans vergogne et sans la moindre hésitation. Au péril de sa vie, si c’est nécessaire.

L’amitié, la vraie amitié, entre deux personnes est plus sacrée que l’amour. Car elle ne demande rien, ne réclame, n’attend rien en échange...

L’autre devient ma chaire et je deviens son ombre...

13:37 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (4) |  Imprimer |  Facebook | | | |

17/08/2018

Waterprof (10, à suivre)

Waterprof, Hank Vogel.jpgQuand le soleil se lève, il se lève. Quand il se couche, il se couche. L’homme décidé, convaincu ou têtu est pareil à lui, il ne fait jamais marche arrière.

Pourquoi continuer donc à nous regarder comme des chiens de faïence?

Le silence n’est autre d’une multitude de points de fuite, l’attente d’une porte de sortie.

Et c’est dans le silence que le vide nous attend pour nous conduire ailleurs. Un ailleurs tout différent du moment présent. Mais faut-il aussi que le destin le veuille, peut-être!

Ce fameux vide que j’ai ressenti sur un sentier escarpé dans l’Himalaya!

Rien n’était important, la vie n’était autre qu’un fleuve d’événements banals, largement surmontables.

Je nageais, je planais dans les airs, à des milliers de lieues de toute civilisation.

Quelle impression! Quelle sensation! Quelle émotion! Quelle perception! Quel sentiment! Ciel que c’était divin!

Soudainement, Vladimir Vladimirovitch me dit:

- Depuis que je plonge dans la mer, je ne mange plus de poisson...

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Vladimir Vladimirovitch...

 

17:21 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (7) |  Imprimer |  Facebook | | | |

16/08/2018

Waterprof (9, à suivre)

Waterprof, Hank Vogel.jpgTrop, c’est trop! Je me lève alors et je gueule:

- Xénophobe! Raciste! Négationniste!

Il s’éjecte de sa chaise, à croire presque que c’est un siège éjectable et, nez à nez, il riposte:

- Analphabète! Illettré!... Tu fulmines pour fulminer comme le plus cinglé des caporaux. Sais-tu au moins ce que c’est un négationniste?

- Ce n’est pas de ma faute si le terme approprié n’existe pas.

- Quel terme approprié?

- Le nom commun relatif à un malpropre tel que toi.

- C’est-à-dire?

- Un type qui est négatif à propos de tout.

- Tu te trompes carrément, l’ami!

- Politiquement, je reconnais que la Suisse n’ a pas toujours été aussi transparente que les Suisses le prétendent. Mais historiquement, cette mère patrie a engendré deux héros hors du commun. Guillaume Tell et Maurice Bavaud. Le premier vit toujours grâce à Schiller, un Allemand de bonne famille. Malheureusement, le second fut exécuté par les boches pour avoir tenté de supprimer leur connard de chef et de modifier ainsi, en bien peut-être, le cours de l’histoire... Il aurait pu être sauvé le malchanceux si l’ambassadeur suisse à Berlin et quelques conseilleurs fédéraux véreux de l’époque, sympathisants patentés de cette bande de voyous, ne l’avaient pas eux aussi condamné...

- J’ai donc raison! Les Suisses ne sont pas tous de bons chrétiens.

- Je n’ai jamais prétendu le contraire. Mais tous les Russes le sont-ils?...

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14/08/2018

Waterprof (8, à suivre)

Waterprof, Hank Vogel.jpgAussitôt le dieu illusionniste du bonheur me foudroie et je crache:

- Les Chinois ont inventé les feux d’artifice et la poudre à canon, les femmes la poudrière, le poudrier et forcément la poudre talc et les Suisses les assurances et la paix.

- Les assurances? s’étonne mon copain. Ça sert à quoi?

- Que je suis bête! J’avais oublié! Ce genre d’affaire n’existe pas encore chez nous à cause ou grâce au communisme, mais ça viendra... Quand tout appartient à l’état, le gouvernement peut-il se retourner contre lui?...

- Oui! Non! J’ai compris! Mais ça sert à quoi?

- A deux choses essentielles. La première: à te protéger contre la poisse, le manque de pot, les soucis inutiles, la misère, le mal...

- Quelle sorte de mal?

- Le vol, la maladie, les accidents, le mauvais sang... par exemple: on t’autorise à dormir sur tes deux oreilles lorsque ta baraque est en train de brûler. La deuxième: à... à... à...

- Ne te fatigue pas trop! Ça doit certainement permettre aux responsables de ces soi-disant boîtes bienfaitrices de se faire des couilles en or et ce en toute égalité. N’est-ce pas?... Bravo les moutons! Continuez comme ça!...

- Tu n’es pas chic, tu dénigres un peuple avant même de le connaître. Tu agis exactement comme ces couillons qui imaginent déjà une nuit ténébreuse au premier rayon de soleil.

- Que possède-il de plus que moi, un sbire des Waldstätten? Un cerveau de rechange en cas de panique ou de crise d’identité?

- Il a la démocratie. Pas parfaite mais probablement la meilleure. Le maire de son village n’est pas imposé par la capitale.

- Cela me fait une belle jambe!

- Sa retraite est dix fois plus élevée que la tienne...

- En entendant, il contemple les superbes villas au bord du lac et les luxueux palaces strictement réservés aux riches étrangers, en bouffant des cacahuètes achetées pour trois fois rien aux Africains.

Trop, c’est trop! Je me lève alors et je gueule:...

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13/08/2018

Waterprof (7, à suivre)

Waterprof, Hank Vogel.jpgPar la gauche, par la droite ou tout droit? De toute façon, l’obstacle sera là et il faudra le contourner ou foncer dessus, à pleins tubes, plein son tuba. Bon! Heureusement, ce n’est pas la Grande Muraille ni les dizaines autres murs, de sable, en ciment, en tôle ou en fil de fer barbelé, créés par la peur et toute sa propagande. C’est pire et meilleur à la fois...

Vladimir se lève d’un bond et, furieux, me dit:

- Tu commences sérieusement à me les gonfler avec tes silences à la gomme!

- Assis tronche de Tatar! je hurle.

Il obéit, étonnamment.

- Je réfléchissais, je poursuis. Tu n’es pas devant la télé en train de regarder un mauvais match, que je sache! Nous sommes entre nous. Entre copains, bordel!... Les deux principales vertus d’un agent, double ou pas, doivent être la patience et la prudence. Prudent, tu l’es. Patient, tu l’es seulement lorsque tu vas chez ton médecin. Et j’ai besoin de soldats solides, forts, prêts à tout...

- Mais... mais...

- Il n’y a de mais qui tienne! Tu es maintenant sous mes ordres...

- Comment ça?

- J’ai une mission à accomplir et j’ai décidé de t’engager. Non, tu es engagé!... De gré écriront demain les historiens...

- Ça alors!

- Parfaitement!

- Comme espion?

- Comme agent d’une mission secrète.

- Pour moi, c’est du pareil au même.

- Waterprof n’a rien à voir avec l’espionnage proprement dit...

- Waterprof? Encore une entourloupette américaine?

- Helvétique, mon cher!

- Suisse? Purement, entièrement suisse? C’est encore possible de nos jours?

- Les autochtones ou, si préfères, ceux qui ont le sang pur, ont utilisé toutes leurs cartouches, ce projet provient et ne pouvez provenir que d’un sang mélangé ou d’un naturalisé. Celui qui a vu le nègre voit en principe plus blanc.

- C’est quoi pour une sale combine?...

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11/08/2018

Waterprof (6, à suivre)

Waterprof, Hank Vogel.jpgVladimir hésite. Il attend cinq, dix, quinze, vingt...

Il attend sans doute que les qualificatifs me concernant tombent du ciel. Un ciel clément et clairvoyant. Car je sais qu’il sait qu’entre la vraie vérité et la vérité imaginée, sa vérité, le chemin est terriblement long. Nous jugeons, nous classons, nous condamnons top et trop vite... A force de nous presser partout et pour n’importe quoi, nous sommes devenus des êtres mathématisés, synthétisés, à cheval entre l’animal et le robot.

- Je donne ma langue au chat, murmure-t-il, au bout de la trente-troisième seconde.

- Ose! je crie... Je ne suis pas un iceberg, je ne risque pas de fondre...

- Jamais! Mais d’exploser comme un volcan, souvent, me précise-t-il ironiquement et calmement.

- Voilà qui est clair comme l’eau de roche... Merci tout de même de m’avoir rappelé que je suis quelqu’un d’ impulsif, de colérique. Mais malgré ce défaut phylogénétique, je suis capable de me comporter comme le plus doux des agneaux. Question de maîtrise de soi! Parce que nous tous, nous préférons plutôt que notre voisin nous épate qu’il nous stupéfie...

- Suuri, est-ce tu es allé à selle ce matin?

- Tu penses au cheval d’en-bas?

- As-tu fait caca?...

- Tant pis! Je me lance... Je travaille pour le gouvernement.

- A ton âge et avec ton intelligence, je trouve cela totalement déplacé.

- Pour les Services secrets!

- Vu ton deux-pièces luxueux et ton train de vie, cela ne m’étonne pas du tout.

- C’est tout ce que ça te fait?

- Pourquoi, je devrais pleurer ou sauter par-dessus le balcon?

- Tu t’en doutais?

- Vaguement... mais je songeais plutôt à une affaire d’argent sale.

- Tant mieux! Tant mieux!

- Et maintenant?...

Appart de Suuri.jpg

Flèche = le balcon de Suuri Jano. Sauf erreur, bien entendu!

 

16:50 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (12) |  Imprimer |  Facebook | | | |

10/08/2018

Waterprof (5, à suivre)

Waterprof, Hank Vogel.jpgJe me gratte le ciboulot.

Vais-je ou ne vais-je pas? Je ne sais pas comment et par quoi commencer pour lui annoncer la bonne nouvelle, si l’on peut nommer cela ainsi. Le terme de folie historique serait plus adéquat... L’amitié ne garantit ni la complicité ni la fidélité les plus absolues. Que d’amis, de proches, d’intimes m’ont trahi! A l’école, au travail et ailleurs. Pour un misérable bakchich ou une ridicule paire de fesses à la dérive. Les accros au sexe et à l’argent sont des êtres fourbes, cruels, sans scrupules...

- Qu’a-t-elle de si particulier? répète Vladimir... Si je te dérange déjà, n’hésite pas à me chasser...

- Excuse-moi, j’étais dans mes sombres souvenirs, dis-je avec regret.

- Eh bien, à quoi il te fait penser cet animal en bois ou en pierre?

- A Troie... Les histoires vécues ou racontées laissent toujours des traces. Des traces qui ressemblent étrangement à des semences.

- Arroser le poulailler ne fera pas repousser le gazon.

- Tu as raison et tort à la fois.

- C’est-à-dire?

- Sais-tu qui je suis?

- Drôle de question subite...

- Qui suis-je d’après toi?

- Tu es un illuminé qui se fait appeler Suuri Jano.

- Non, sois sérieux! Décris-moi avec toutes tes tripes...

Hank Vogel, waterprof.jpg

Suuri Jano d'après son ami Vladimir.

05:38 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (7) |  Imprimer |  Facebook | | | |

09/08/2018

Waterprof (4, à suivre)

Waterprof, Hank Vogel.jpg- Pour qu’elle raison veux-tu me voir? me demande-t-il d’un air très étonné... Pourquoi spécialement chez toi et non pas au Lady Marmelade comme d’habitude? On t’a coupé les vivres? Ou c’est plus grave que ça?

- Mon pays ne me laissera jamais tomber, je lui réponds avec beaucoup de sérieux.

- Lequel?

- Devine!

- ...

- Un pour tous, tous pour un et les vaches sont bien gardées, c’est sa devise... Tant que le lait coulera à flots, nul n’osera brûler la ferme. A moins que...

- Que quoi?

- Des abrutis, par ignorance ou vandalisme, décident d’y foutre le feu. Les fauteurs de troubles rodent partout.

- Et alors?

- Alors rien.

- C’est pour ça tu m’as demandé de venir?...

- Non, il faut les abattre avant qu’ils se manifestent.

- Tu...

- Oui, il s’agit bien d’eux. De ces charognards de la pire espèce qui se plaisent dans les égouts, le bas peuple...

- Sois explicite, camarade Suuri! J’ai souvent tendance à me perdre avec tes salades...

- Mille excuses! Allons nous installer au balcon!... Du thé, un café ou une bière bien fraîche?

- A toi de décider.

- Surprise alors!

Et je disparaît.

Les Suisses vous disent facilement bonjour dans la rue mais quand ils vous invitent chez eux, au chalet comme à la maison, ils ont de la peine à ouvrir leur frigo. Les Russes, c’est tout le contraire. Culture ou mentalité?

Être à la fois russe et suisse, c’est un atout majeur pour entrer dans la grande civilisation de demain.

Un quart d’heure plus tard, peut-être plus, je réapparait auprès de Volodia, diminutif de Vladimir, avec un plateau d’argent chargé d’une carafe de vin blanc, de deux verres en cristal et d’une assiette remplie de petits canapés de saumon fumé.

Les yeux de mon invité se font tout ronds.

Je dépose le tout sur une tablette qui se trouve plus proche de lui que de ma chaise.

- Je comprends maintenant! s’exclame-t-il... Vu ton standing, tu devrais envisager d’engager une bonniche pour t’aider à accomplir les tâches les plus disgracieuses, ne crois-tu pas?

Je ne réponds pas, je sers à boire et tout le tralala.

Nous trinquons.

- Ce n’est pas de la merde! s’extériorise mon ami, après avoir avalé une gorgée de la boisson des dieux... Ça vient d’où? De Crimée ou d’Arménie?

- Beaucoup plus loin, très loin, à des milliers kilomètres de ces lieux-là, je lui explique... Si toutefois personne ne l’a pas traficoté en passant...

- D’où, bon sang?

- De chez les Fransozen... C’est un chablis premier cru.

- Il ne sont pas cons les Français.

- Juste hâbleurs et râleurs... La France mérite tout de même d’être aimer ne serait-ce que pour ses vins, ses fromages et son pain... Ils ont énormément de chance, ces ingrats. Ils ont la mer, les océans, les îles et la montagne.

- Nous aussi.

- Mais pas les Suisses. Et c’est une injustice vitale... Même les Palestiniens ont leurs stations balnéaires.

- Oui mais à quelles conditions?

- Ne m’en parle pas! C’est archi scandaleux!

- A quoi veux-tu en venir?

- Regarde en bas! Est-ce que tu vois le cheval?

- La statue blanche et noire?... Qu’a-t-elle de si particulier?...

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06:37 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (8) |  Imprimer |  Facebook | | | |

07/08/2018

Waterprof (3, à suivre)

Waterprof, Hank Vogel.jpg- C’est qui?

- C’est moi.

- Moi qui?

- Vladimir.

- Vladimir comment?

- Vladimir Vladimirovitch.

- Lequel?

- Kolesnikov.

- C’est bon!... Monte!

J’ai connu ce nageur hors du commun au bord de la mer. Sur une plage presque déserte. Assis le cul et les pieds dans l’eau, un masque de plongée sur le front, il lisait un livre sur la vie et le comportement des dauphins.

Certains de ces mammifères aquatiques chercheraient à avoir des relations sexuelles avec les plongeurs. Mâles ou femelles, d’après l’auteur de cet ouvrage.

Il m’a fait sourire. Nous avons sympathisé. Et à force de nous raconter des histoires incroyables, des anecdotes à trembler de peur et des sornettes à rire aux larmes, nous sommes devenus les meilleurs amis de la planète Terre. Si chère à nous deux.

- Pour qu’elle raison veux-tu me voir? me demande-t-il d’un air très étonné... Pourquoi spécialement chez toi et non pas au Lady Marmelade comme d’habitude? On t’a coupé les vivres? Ou c’est plus grave que ça?...

 

Vladimir Vladimirovitch Kolesnikov.gif

Vladimir Vladimirovitch Kolesnikov

Comme un poisson dans l'eau...

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17:47 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (1) |  Imprimer |  Facebook | | | |

05/08/2018

Waterprof (2, à suivre)

Waterprof, Hank Vogel.jpgL’autre doit marcher tout droit, moi je suis autorisé à zigzaguer, ainsi raisonnons-nous.

Autorisés par qui? Dieu seul le sait.

Bref! Nous vivons dans un monde de plus en tordu. Que voulez-vous, la machine du temps commence à grincer. Il faillait s’y attendre.

Chacun possède la sienne malgré lui, cette saleté d’horloge!

Pour moi, c’est le seul véritable boulet que le Grand fabriquant de farces et attrapes m’a accroché au pied. Le Sacré farceur!

Hier, j’étais beau et égoïste. Aujourd’hui, je suis laid et altruiste.

Ou l’inverse. Ou rien de cela. Tout dépend du moment, du milieu ou des amis.

Je m’appelle Suuri Jano. A vrai dire, c’est mon nom de guerre. Ce qui veut dire grande soif en finnois.

Mais les Services secrets français préfèrent m’appeler Souris Jeannot. C’est plus facile à se rappeler d’après eux, paraît-il. Ou tout simplement par moquerie. Mentalité parisienne oblige! Les même ton cul mérite une médaille, connard!

Je n’ai rien contre ce peuple de vantards. Rien. Strictement rien. Au contraire. Surtout depuis que la France est devenue une province nord-africaine.

A chacun son tour!

- La roue tourne, l’amie Marianne, n’est-ce pas? A force de te foutre à poil, ils ont fini par t’engrosser, les descendants des chameliers. En plein soleil! En pleine rue! Et personne n’a bronché. Ni les Huit ni les Vingt-huit. Enfin, si le compte est encore bon.

Eh oui! La caravane passe, les chiens aboient et les crottes s’accumulent sur le tas.

Mais heureusement, la France n’a jamais été mon pays et ne le sera jamais. Ma double nationalité me suffit largement pour vivre bien dans ma peau. Comme l’auteur de ce récit, d’ailleurs.

Le concernant: il a obtenu gracieusement la russe pour des raisons sentimentales, à l’époque où la Russie s’ouvrait naïvement à l’occident.

Par contre, me concernant: la suisse, pour des raisons stratégiques et économiques, m’a coûté les yeux de la tête, à l’époque où le grand banditisme bancaire était à son apogée. Je l’espère, du moins!

Et pour ne rien te cacher, Ducon, je loge dans un luxueux appartement de l’Akvatoria de Guelendjik, aux frais du contribuable.

J’adore me parler en me rasant. C’est une façon plus rationnelle de se confesser. A mon avis, bien entendu.

Drin! Drin!

On sonne à l’interphone...

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Suuri Jano alias Souris Jeannot!

06:09 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (24) |  Imprimer |  Facebook | | | |

04/08/2018

Waterprof (1, à suivre)

Waterprof, Hank Vogel.jpgToute faute d’orthographe, comme toute autre faute ou lapsus, cache souvent une vérité plus profonde que celle que l’on aperçoit ou que l’on doit apercevoir.

Rien n’est totalement vrai. Rien n’est totalement faux. Notre esprit nage constamment dans des eaux troubles.

- Celui qui remarque trop vite une erreur raisonne tel un marchand de cacahuètes et non pas tel un bon penseur soucieux de son prochain, déclara un jour ma concierge à un locataire pédant.

Il y a donc fort longtemps ou dans un lointain avenir, une petite ville balnéaire où tout le monde aimerait vivre. Aussi bien ceux qui détestent la mer que ceux qui n’adorent que la montagne. Car cette cité, déclaré officiellement miraculeuse, donne des ailes aux déplumés et des certitudes aux songes-creux...

Lieu de l'intrigue:

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Akvatoria ou Zone d'eau...

07:37 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (9) |  Imprimer |  Facebook | | | |

02/08/2018

Un maral nommé Vova (19, fin)

Un maral nommé Vova, Hank Vogel.jpgUne vieille infirmière entre dans la chambre et me déclare joyeusement:

- Eh bien, il vous a fallu du temps pour enfin naître à nouveau! Dieu sois loué!

- N...

- Chut! Pas un mot, pas geste pour le moment, m’ordonne-t-elle aussitôt en posant son index gauche sur mes lèvres.

- À... de? je bafouille en repoussant sa main osseuse.

- Mais de quoi parles-tu, mon garçon?

- Naître... de ou à nouveau?

- Quelle importance? L’essentiel, c’est que tu... vous soyez en vie, non?

- Sûrement.

- Vous avez soif?

- Non.

- Faim?

- Non plus.

- Vous vous souvenez au moins de votre nom?...

- Où est-elle?

- Qui ça?

- Mademoiselle Emile.

- C’est votre copine?

- Non... mais j’espère que rien ne lui soit arrivé.

- Vous parlez trop, pensez trop et vous vous tracassez pour rien.

- Où est-elle?

- En lieu sûr.

- Comment ça en lieu sûr?

- Après avoir volé une voiture pour vous ramener ici, elle s’est livrée à la police.

- Elle a fait ça?

- Elle ne pouvait pas faire autrement...

- Mais où sommes-nous exactement?

- Au Centre de ranimation de Biysk... à deux cents kilomètres environ du lieu de votre accident.

Et je me mémorise en pensant à Alia:

Un civilisé respecte la nature, les animaux et les hommes... Il est prêt à perdre sa liberté pour conserver la vie de quelqu’un d’autre. Rien à voir avec tous ceux qui nous gouvernent.

 

Prochainement:

 

07:23 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (8) |  Imprimer |  Facebook | | | |