14/07/2018

Un maral nommé Vova (11, à suivre)

Un maral nommé Vova, Hank Vogel.jpgMalgré ses vêtements en lambeaux et son langage peu soigné voire brutal, la belle indigène me fait étrangement penser à un ange.

- Cesse de me dévorer des yeux comme si j’étais une truffe! me somme-t-elle.

- Une truffe? je m’étonne.

- Les ours en raffolent, toi aussi?

- Il y en a par là?

- Quoi ça?

- Des truffes et des ours.

- A perte de vue.

- Je ne vous crois pas.

- La Sibérie a changé, elle n’est plus ce qu’elle était il y a cent ans.

- Malheureusement, il y a cent ans, je n’étais pas là...

- C’est faux! Tu mens!

- Comment ça?

- Tu étais dans les couilles de ton grand-père. Pas décidé du tout à affronter la vie...

- A ce tarif...

- D’après le professeur, c’est un problème de climat.

- Quel professeur?

- Secret d’état.

- Vous vous moquez de moi ou quoi?

Elle me sourit.

Puis, d’un air un peu déçu, elle me dit:

- Tu n’es pas fatigué de me tutoyer et de jouer au gendarme du monde? Si tu as envie de tirer un coup, propose-le moi gentiment au lieu de remuer la poussière de tes échecs...

15:23 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | | | |

11/07/2018

Un maral nommé Vova (10, à suivre)

Un maral nommé Vova, Hank Vogel.jpgLe raisonnement n’est qu'une forme d’ivresse. Les choses arrivent parce qu’elles doivent arriver, un point c’est tout! Et nul n’est sensé les prévenir ni les expliquer.

Le pôle sud rejoindra le pôle nord un jour peut-être, qui sait! Comme deux amants séparés par la guerre depuis trop longtemps. La terre sera alors toute plate et les ignorants auront enfin droit au chapitre.

Mais qu’est-ce que je raconte-là?

La solitude, la solitude! Toujours elle!

Les montagnes de l’Altaï sont belles à regarder. Mais elles me saoulent parfois. Non, souvent. Telle une pimbêche frigide qui rêve d’entrer dans les ordres et qui ruminent à longueur de journée des prières à dormir debout.

- La ferme! je murmure entre les dents.

Et je poursuis mon chemin. Vers nulle part car personne ne m’attend.

Miracle!

Au bout d’une demi-heure de marche à travers bois, je me trouve nez à nez avec un maral.

- Que fais-tu là dans ces parages? je lui demande instinctivement, le cœur secoué forcément. Tu n’as peur que les chasseurs du coin te fassent la peau?

- Vova n’a peur que du loup, manifeste une jeune femme, en sortant brusquement d’un buisson.

- Désolé de...

- Pas grave, je pissais uniquement.

- Vova, c’est lui?

- Non, sa sœur.

Malgré ses vêtements en lambeaux et son langage peu soigné voire brutal, la belle indigène me fait étrangement penser à un ange...

07:53 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (11) |  Imprimer |  Facebook | | | |

09/07/2018

Un maral nommé Vova (9, à suivre)

Un maral nommé Vova, Hank Vogel.jpg- Mais le monde est monde partout.

- C’est ce que l’on dit! Mais... mais...

- Mais?

- Non, rien. L’avenir t’apportera la réponse.

Que de fois j’ai entendu cette phrase! Surtout dans mon enfance. Où la moindre interrogation méritait une explication. Franche et précise. Et non pas avortée ou manipulée comme la plupart des évangiles.

L’homme est un falsificateur né. Il modifie les textes trop sacrés aux goûts du jour. Pour ne pas se frotter à la mortalité de ses croyances.

Il ouvre sa grande gueule pour des faits mineurs et ferme les yeux sur des faits majeurs. L’odieux!

Merde à lui et merde à mon esprit! L’humain n’est qu’une crotte lâchée par un dieu semeur de fiente.

- Ça suffit, jeune puceau! me crie une voix lointaine. La critique n’est point la clé de la raison.

Est-ce la fée de la toundra qui a couru à mon secours? je me demande, dix secondes plus tard. Ou l’horloger de mon âme qui a mis les pendules à l’heure?...

11:51 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (9) |  Imprimer |  Facebook | | | |

06/07/2018

Un maral nommé Vova (8, à suivre)

Un maral nommé Vova, Hank Vogel.jpgAu pays du mensonge*, la femme qui ne ment jamais, ou presque, est une sainte.

J’ai meilleur temps de jouer à la loterie, me dis-je. Ma perle rare n’est pas pour demain. On mérite le fruit de son arbre.

- Quelle arbre? me demanderait mon inoubliable bignole.

- L’arbre de ma vie, je lui répondrais.

- Lequel?

- Celui que j’arrose tous les matins avec l’eau pure de ma conscience.

- Poète un jour, pouette pouette toujours.

- Vous êtes vache avec moi.

- Alors cesse d’interpréter un rôle qui ne convient pas!

- Toi... vous aussi qui croyez à ça?

- Je ne crois pas à ça, je le sais pour l’avoir constaté dès que j’ai franchi la frontière de ce pays.

- Mais le monde est monde partout.

- C’est ce que l’on dit! Mais... mais...

- Mais?...

* Une canalisation pète ou pire... et les autorités interdisent la baignade

en vous expliquant que l'eau est trop froide.

15:56 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (12) |  Imprimer |  Facebook | | | |

05/07/2018

Un maral nommé Vova (7, à suivre)

Un maral nommé Vova, Hank Vogel.jpgNous ne sommes pas ce que nous croyons être. Nous pensons être ceci ou cela pour nous donner tout simplement de l’importance face aux autres. Nous jouons un rôle. Constamment. Jour et nuit. Même dans nos rêves quand nous croisons nos fantômes.

J’ai l’impression de me répéter...

Non, je me répète. Autrement. Peut-être plus élégamment.

Est-ce ma gymnastique cérébrale? La redondance m’est-elle nécessaire?

Dieu que tu m’as fabriqué compliqué!

Que dois-je accomplir aujourd’hui pour mériter ma part du gâteau?

Rien n’est gratuit sur terre, la société a tout réquisitionné. Au profit du bien collectif soi-disant. Même l’air finira bientôt par être taxé.

- Tu payes ou tu crèves, fils de chien!...

Est-ce la solitude qui me rend si aigri?

Il est donc temps que je me trouve une femelle afin que mon esprit cesse de voyager dans les nuages et d’éclater ainsi des orages inutiles.

L’amour, le sexe fait pousser des ailettes aux timides mais arrache souvent les grosses ailes aux démons comme moi.

Alors:

- En avant, marche! Tu n’es qu’un coq surévalué, dirait la poule du quartier...

04:20 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (5) |  Imprimer |  Facebook | | | |

01/07/2018

Un maral nommé Vova (6, à suivre)

Un maral nommé Vova, Hank Vogel.jpgBref! Coupure! Morsure de l’esprit!

Stagner dans des eaux tièdes et parfumées pour le plaisir du corps, comme se baigner dans un bouillon de bois de maral, c’est donner trop d’importance à sa minable personne.

Dieu qu’elles souffrent ces pauvres bêtes quand on leur scie les cornes!

Certaines tombent parfois en syncope et ne se réveillent plus. Crise cardiaque! Elles finissent alors dans les assiettes des curistes. Midi et soir.

Tout est pour l’homme civilisé. Rien pour l’animal sauvage.

Quant au végétal, il se laisse dominer et bouffer par le roi des singes pour mieux l’abattre un jour.

Malheureusement, mes cartouches d’encre ne suffiront pas à maîtriser la situation. Ou plutôt à mettre en garde cette race de montre, dont je fais partie, contre les dangers d’un élément naturel terriblement vexé...

- Alors retourne dans ta coquille et à tes coquillettes, faux Saint Jacques! me dirait celle que vous connaissez très bien.

- Je ne suis ni un mollusque ni un cuisinier, je réagirais.

- Non?

- Non.

- Pauvre type! Tu divagues de plus en plus.

- C’est la vodka...

08:13 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (13) |  Imprimer |  Facebook | | | |