12/02/2018

Au pied de mon père (12, à suivre)

Hank Vogel, Au pied de mon père.jpg- Rien n’a vraiment changé en somme, dis-je avec un petit sourire au bout des lèvres. Une poule a pris la place du coq mais le poulailler est resté intact. Et forcément avec de nombreux artifices tout fonctionne. Mais comme rien n’est constant, le retour ou le repassage aux sources est fort probable. Ainsi va le monde. Une bizarroïde sinusoïde des événements et des comportements que le Grand Barbu a dessinée sur son tableau noir. Une nébuleuse, un brouillon, une esquisse que même lui n’est plus en mesure d’effacer...

- Mais tu dénigres notre Seigneur! réagit Juliette avec violence.

- Tu vois! Même là vous avez échoué.

- Mais de qui parles-tu?

- De toi et de toutes celles qui ont lutté pour la même cause.

- Où exactement avons-nous échoué?

- Presque partout mais principalement dans l’univers de la liberté. Car sans liberté, il ne peut y avoir de véritable nouveauté. Votre révolution n’a été, comme toutes les révolutions d’ailleurs, qu’une simple prise de pouvoir après que vous ayez longuement comploté. Un parfait copier-coller de l’histoire!... Ils coupèrent des têtes, vous coupâtes des couilles. Moralement ou physiquement, c’est le même crime.

- Pour vous messieurs, pas pour nous.

- Des mots, rien que des mots!

- Nous avons transformé la société.

- Foutaise! Mensonge! Illusion!

- Explique!

- Les fabriques d’armements sont toujours là. Les camps de réfugiés sont toujours là. Les prisons sont toujours là. Les écoles sont toujours là. Les temples et les églises sont toujours. Les chômeurs qui font la queue derrière les guichets de l’office de l’emploie sont toujours là. Les misérables qui mendient dans la rue et les passants bourrés aux as qui les regardent de haut sont toujours là. Les mauvais médecins et les charlatans sont toujours là. Les infirmières proches du diable sont toujours là. Les mal soignés, les maltraités, les mal-aimés, les violés et les volés sont toujours là...

- Il y en a de moins en moins, d’après les statistiques.

- Elles ont toujours été truquées.

- C’est faux! Tout va dans le bon sens...

- Alors pourquoi cette manif?

- Quelle manif?

- Là où tu m’as peloté les fesses.

- Ce n’était pas moi et ce n’était pas une manif.

- C’était quoi alors?

- Une manifestation pacifique.

- Tu joues avec les mots.

- Pacifique, je répète.

- Cet adjectif est un ajout ridicule. Il ne sert qu’ à berner soit le public soit les autorités.

- Tu sais tout toi, évidemment!

- Je n’ai jamais prétendu cela.

- Pourtant, c’est ce que tu cherches à me faire croire, perroquet égarée!

- Qu’est-ce qui t’incite à me traiter ainsi?

- Ton assurance sur tant de connaissances dont tu ignores tout d’elles.

- Je ne comprends rien à ton charabia.

- Alors, explique-moi, comment un type qui a atterri, il y a à peine quelques heures, dans un zoo et qui a failli...

- Là aussi, vous avez échoué! Les zoos, les animaux...

- ... se faire bouffer par les crocodiles, puisse s’estimer capable d’analyser notre situation politique et oser nous en délivrer un aperçu. As-tu une explication à cela?

- Oui, les bouses.

- Le caca des vaches?

- Entre autres.

- Tu déconnes?

Mais, heureusement, à cet instant précis, mon ange gardien secoue l’arbre de tous les dangers et me chuchote à l’oreille:

- Pas un mot! La réponse, elle l’aura dans...

Et ni un, ni deux, ni trois, la porte du bar vole en éclats et une foule, composée de bras cassés, de têtes brûlées, de casseurs, de prostituées, de pépés, de mémés, de journalistes, de secouristes, d’enfants de cœur et Dieu sait quoi encore, tous ensanglantés, envahit l’établissement...

21:09 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (6) |  Imprimer |  Facebook | | | |

Commentaires

Bien le bonjour Cher Monsieur Hank Le chapitre d'aujourd'hui devrait être lu par ma gérante /rire
Ne dit on pas qu'une femme sans homme est comme un poisson sans bicyclette C'est la remise en cause des théories essentialistes sans la complémentarité des sexes ?
En tous cas depuis 1968 on ne peut pas dire que le féminisme ait réussi à améliorer le système bien au contraire
Il fallait les voir réagir face aux couples se bécotant dans les bars !!!!
L''écran leur offre toutes les facilités pour mieux rabaisser l'homme et manifester juste pour s'exciter et par là même en encourager d'autres à les imiter
C'est à se demander si l'écran et les réseaux sociaux n'ont pas été inventés juste pour les encourager à se rebeller
Seul domaine ou elles excellent vraiment
Le vrai féminisme n'est il pas représenté par la règle du trois ,c'est à dire ,épouse. maitresse et mère
Savoir jongler entre ces trois rôles représente à mon avis la complète féminité ,le reste n'est que blablas pour ajouter des problèmes là ou il y en avait déjà !!!!
Et c'est pas maintenant avec la journée de la Femme qui pointe son nez qu'elles vont moins faire parler d'elles
Dynamisant début de journée pour Vous Cher Monsieur

Écrit par : lovejoie | 13/02/2018

Pour le ou la fanatique qui lutte à mort pour l'égalité des sexes, la mère, l'épouse et la maîtresse doivent avoir les mêmes droits que le père, le fils et le saint-esprit.

Bon mardi, chère Lovejoie.

Écrit par : Hank Vogel | 13/02/2018

Je Vous remercie Cher Monsieur Hank oui mais sachons relativiser tout de même /rire
on dit souvent qu'un homme marié déteste afficher ses maux Très souvent il les cache par pudeur ou grâce à cette satanée expression ,un homme ne doit jamais pleurer Chose exigées aussi de la part des filles
Mais le jour ou il nomme sa femme maman c'est qu'il est temps de l'observer attentivement car le plus souvent cela cachera quelque chose de grave
Ce qui est ennuyeux c'est que dans la plupart des cas il ne l'admettra jamais ,appelle le médecin sera sa seule réponse
Avec les hommes il faut aussi savoir agir avec doigté et finesse /rire
Toute belle suite de journée pour Vous Cher Monsieur

Écrit par : lovejoie | 13/02/2018

Jeune, il retenait ses larmes; vieux, il cherche son mouchoir.

Jeune, on lui offrait de beaux mouchoirs brodés; vielle, elle se contente d'un mouchoir en papier.

Bon appétit, chère Lovejoie.

Écrit par : Hank Vogel | 13/02/2018

Jeune, il retenait ses larmes; vieux, il cherche son mouchoir.

Jeune, on lui offrait de beaux mouchoirs brodés; vielle, elle se contente d'un mouchoir en papier.

Bon appétit, chère Lovejoie.

Écrit par : Hank Vogel | 13/02/2018

Je Vous remercie Cher Monsieur Hank c'est tellement vrai mais le mouchoir en papier ne se laisse pas nouer !!!!
Très bonne soirée pour Vous Cher Monsieur

Écrit par : lovejoie | 13/02/2018

Les commentaires sont fermés.