16/10/2017

Maneki-neko adore le porto (45, à suivre)

Maneki-neko adore le porto, Hank Vogel.jpgChez elle, nous mangeons comme promis et buvons comme des trous.

Et, bien entendu, nous parlons de tout et de rien. Superficiellement. Sans le moindre signe d’une quelconque préoccupation. Pareillement à deux individus bien embourgeoisés et heureux de l’être, à moitié engagés dans les sphères irréversibles du nirvana.

Mais, à un moment donné, quand la queue du diable s’apprête à frémir, peut-être, la somptueuse «Deutschland über alles» me demande:

- Tu ne trouves pas que je suis aussi féminine qu’elles?

- Elles qui? je lui réponds en baillant.

- Tu as sommeil ou tu es saoul?

- Bientôt les deux.

- Finalement, tu ne t’intéresses pas à moi. Ni à mon corps, ni à mon âme. N’est-ce pas?

- Nous venons tout juste de faire connaissance... et à un des vestibules de l’enfer, par-dessus le marché. Comment pourrais-je... pourrais-je...

- Tu n’as pas envie de coucher avec moi?

- Quelle stupide question! J’en crève d’envie, bordel! Pourtant...

- Pourtant?...

15:59 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (2) |  Imprimer |  Facebook | | | |

14/10/2017

Maneki-neko adore le porto (44, à suivre)

Maneki-neko adore le porto, Hank Vogel.jpgDans la rue, je fais les cent pas. Ma cervelle bouillonne comme une vieille marmite prête à se fondre en deux. Le mal reproche au bien de jouer à la sainte-nitouche et vice versa ou presque. Tout est tantôt noir, tantôt blanc. Pas de zones grises. C’est la guerre des vieux neurones saturés.

Pourquoi faut-il que je pense instantanément à la baise quand une gonzesse me propose d’aller manger un morceau et que je culpabilise trois secondes plus tard? me dis-je. Suis-je la réincarnation d’un rescapé de Sodome et Gomorrhe, une sale crapule qui aurait mourir dans les flammes? Ou celle d'un moine malin qui aa failli défroquer des centaines de fois?

Après ce laps d’éternité, perdu dans ma sombre caverne intellectuelle, Maneki-neko bis, élégamment habillée d’une robe de soie bleue, se pointe tel un flambeau, me prend par le bras et me suggère:

- Et si on allait chez moi? Ça te dirait un bon steak-frites-salade fabrication maison, made in Germany?...

16:37 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (6) |  Imprimer |  Facebook | | | |

12/10/2017

Maneki-neko adore le porto (43, à suivre)

Maneki-neko adore le porto, Hank Vogel.jpg

- Pourquoi, tu n’est pas heureuse?

Pas un mot, pas un geste mais un long silence. Permettant ainsi, contre toute attente, à mon ventre de gronder.

- Si c’est un horrible gaz qui désire s’échapper, libère-le tout de suite avant qu’il ne te plie en deux, j’ai les narines bouchées, me conseille-t-elle en souriant... Mais si c’est un gargouillement du tonnerre de Dieu, alors invite-moi au restaurant.

- Ce n’est pas... c’est une bonne idée, je bafouille.

- File-moi mille bahts et attends-moi dehors. Il faut que je règle ma sortie...

16:34 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (6) |  Imprimer |  Facebook | | | |

11/10/2017

Maneki-neko adore le porto (42, à suivre)

Maneki-neko adore le porto, Hank Vogel.jpgEt j’éclate de rire.

Elle est toute interloquée.

- Je suis Allemande... née au Japon de parents diplomates mais malheureusement fumeurs d’opium, m’explique-t-elle. J’ai choisi ce nom d’artiste, nullement risible pour moi, pour une raison bien précise, très précise...

- Laquelle?...

- Au fait pour deux raisons...

- Lesquelles?

- Zuerst: en souvenir de mon pays natal. Dan: parce que celui qui m’a dévirginisé pour la seconde fois était vietnamien.

- Je ne saisis pas.

- Il y a deux, c’était l’année du lièvre selon l’horoscope chinois...

- Quel rapport avec Maneki-neko?...

- Le lièvre, c’est le chat pour les Vietnamiens.

- Je comprends maintenant pourquoi les habitants d'Hanoï préfèrent bouffer du chien. C’est moins problématique... En somme, tu es une romantique.

- Comme la plupart des filles dans ce paradis perdu.

- Pourquoi, tu n’est pas heureuse?...

12:12 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (4) |  Imprimer |  Facebook | | | |

09/10/2017

Maneki-neko adore le porto (41, à suivre)

Maneki-neko adore le porto, Hank Vogel.jpgBizarrement, sortie de je ne sais où, une blonde de race blanche en habit d’Ève se colle à moi et me miaule à l’oreille:

- Miaou... Serais-tu mon gros matou pour la nuit?

- Vous... ici... dans... cet... endroit? dis-je en toussant et en essayant de chasser le chat que j’ai au fond de la gorge.

- Cela t’irrite autant? Sache que je suis un vieux de la vieille malgré mon apparence de minette désinvolte, riposte-t-elle en me foudroyant du regard.

- Ce n’était pas un reproche mais une constatation... Une belle lactée parmi les safranées, c’est unique.

- Alors d’accord!

- D’accord quoi?

- Tu peux touchez mon cul ou ma chatte, si ça te tente.

- Devant tout le monde?

- Personnellement, je ne vois personne. Autrement, je me serais chichement vêtue. Les clients de ce commerce bavent tellement qu’ils n’arrêtent de surveiller leur braguette...

- Je t’offre un verre?

- Pas tout de suite. J’ai envie d’emmerder le patron.

- C’est ton mac.

- Pas lui, son frère.

- Je comprends.

- Tu ne peux pas comprendre.

- Alors explique-moi!

- Non merci, ça t’exciterait trop.

- Comment t’appelles-tu?

- Maneki-neko.

- Non, ce n’est pas vrai!

Et j’éclate de rire...

12:49 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (3) |  Imprimer |  Facebook | | | |

07/10/2017

Maneki-neko adore le porto (40, à suivre)

Maneki-neko adore le porto, Hank Vogel.jpgJe n’assiste pas à la suite de cette évènement. Je m’éclipse de ce lieu maudit et j’entre dans un bar.

C’est plutôt un dancing. Où personne ne danse. Mais au milieu duquel se trouve un podium où des filles entièrement nues se dandinent nonchalamment au rythme d’une musique débile et assourdissante, en s’accrochant ou en se frottant contre une barre métallique. Chacune la sienne ou une perche pour deux pour les lesbiennes.

Que voulez-vous, elles ne savent pas danser, les pauvrettes, elles viennent toutes du grenier de la Thaïlande et de la campagne des pays voisins. Le professionnalisme dans ce genre d’exercice provient principalement des grandes ville où le superflu et le vice sont monnaie courante.

La nudité n’est pas forcément source d’excitation, je pense. Une Asiatique à poil me fait moins bander qu’une Européenne vulgairement habillée.

Je commande un mékong-coke, un mélange de coca et de whisky thaï, et je m’installe à une sorte de table-pupitre face au pseudo spectacle. Inévitablement.

Aussitôt assis, aussitôt convoité!

Bizarrement, sortie de je ne sais où, une blonde de race blanche en habit d’Ève se colle à moi et me miaule à l’oreille:

- Miaou... Serais-tu mon gros matou pour la nuit?...

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06/10/2017

Maneki-neko adore le porto (39, à suivre)

Maneki-neko adore le porto, Hank Vogel.jpgBangkok est la cité de tous les dieux et de tous les péchés. Où le ciel et la terre ne cessent pas de se contredire, de s’affronter sans pour autant se déchirer violemment.

La tête dans les étoiles et les pieds dans ses pantoufles, l’homme de la rue attend jour et nuit que la déesse de la fortune vienne à son secours.

Pourtant!

- Mais bosse comme moi, fainéant, au lieu d’espérer! crie un jeune homme aux cheveux teintés à un monsieur distingué, prosterné face à une statue dorée.

Un problème entre un père top croyant et un fils rationaliste mais dénué de compassion, manifestement.

Le monde va de travers, me dis-je. Le pouvoir est aux mains des petits voyous maintenant. A ces enfants gâtés qui ont été chouchoutés comme des princes. L’ingratitude est en pleine gloire!

- Mais pour qui se prend-t-il, cette raclure? je murmure. Et le respect de l’âge et des croyances, ce n’est plus que pour les chiens?

Merde alors! J’aurais tout vu dans ma vie.

Je n’assiste pas à la suite de cette évènement. Je m’éclipse de ce lieu maudit et j’entre dans un bar...

21:15 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (3) |  Imprimer |  Facebook | | | |

04/10/2017

Maneki-neko adore le porto (38, à suivre)

Maneki-neko adore le porto, Hank Vogel.jpgDonc! Donc? Donc:

Il faut que je cesse de déconner à plein tube, de passer constamment d’un champ de bataille à un champ de mine, d’une croyance à une autre, dans l’espoir de trouver la paix, le salut.

Mais quelle paix, quel salut?

Mon éducation religieuse a fait de moi un être hésitant, refoulant régulièrement mes instincts les plus primitifs. Sans jugement. Sans discernement.

Diktat après diktat, blabla après blabla, les religieux frustrés ont essayé de me transformer mentalement en un parfait et sympathique eunuque. Mais ils n’ont pas totalement réussi. Ils ont fait de moi peut-être une couille molle mais point une paire de couilles perdues.

Dieu, le vrai, celui qui n’attend de l’homme ni prières ni remerciements mais qu’il se comporte envers ses semblables comme il se comporte envers lui-même, voire parfois mieux, m’a préservé de l’ignorance totalitaire, de la pensée unique, du copier-coller collectif en secouant de temps en temps mon organe de satisfaction et de reproduction. Par le biais des rencontres hasardeuses et des repas pimentés.

Adieu fantasmes et pensées nébuleuses! Adieu misère mentale! Je suis avant tout un chasseur et la chasse est ouverte...

17:13 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (7) |  Imprimer |  Facebook | | | |

03/10/2017

Maneki-neko adore le porto (37, à suivre)

Maneki-neko adore le porto, Hank Vogel.jpgPar charité chrétienne ou par fantasme?

Un mot en rappelle un autre. Une femme en cache une autre.

Je songe aussitôt à l’épouse du pasteur de mon école du dimanche. À cette hypocrite, cette menteuse, cette voleuse qui m’a pourtant donné goût au récit en me déballant fabuleusement, ainsi qu’à petits copains, des centaines d’histoires bibliques.

- Pensez aux pauvres! insistait-elle en branlant sa tirelire africaine après chacune de ses histoires soigneusement censurées...

Puis, avec nos sincères et enfantines offrandes, elle courait vite au magasin d’en face acheter des bombons mous pour ses filles grosses comme des patates.

Ah, la tirelire africaine! Typiquement africaine ou plutôt coloniale?

Un nègre, vêtu d’un drap blanc, accroupi, les mains jointes, hochait la tête en signe de remerciement chaque fois que l’on introduisait une pièce de monnaie dans son ventre.

Comme on adorait ça!

Je souriais, je riais, je jubilais... jusqu’au jour où je me suis rendu compte de la supercherie.

Donc! Donc? Donc:...

15:50 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (5) |  Imprimer |  Facebook | | | |

02/10/2017

Maneki-neko adore le porto (36, à suivre)

Maneki-neko adore le porto, Hank Vogel.jpgPas de nouvelle d’une pute, trop mauvaise nouvelle, me dis-je. Maneki-neki n’a certainement pas envie de retrouver le droit chemin. Soit la voie de l’amour à deux et qu’à deux, des repas réguliers et des soirées tranquilles devant la télé...

Mais que lui faut-il d’autre de moins stressant, bon sang?

Celle qui a pris goût à l’argent grâce à son sexe, peut-elle se contenter d’une simple robe blanche et d’un petit buffet froid le jour du mariage?

Je ne possède rien. Strictement rien. Et je ne posséderai jamais rien. Moi qui rêvait tant d’un chalet à Zermatt, face au Cervin, et d’une villa à Cannes, tout au bord de la mer.

Pourquoi donc lui ai-je proposé de l’épouser?

Par charité chrétienne ou par fantasme?...

17:25 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (7) |  Imprimer |  Facebook | | | |

01/10/2017

Maneki-neko adore le porto (35, à suivre)

Maneki-neko adore le porto, Hank Vogel.jpg- Maneki-neko.

- Celle qui adore le porto?

- C’est ce qu’elle prétend.

Une montagne d’images s’agitent dans ma tronche de cocu, à une vitesse incroyable et dans tous les sens. Je suis à la fois le héros, l’antihéros et la victime de scènes de torture et de meurtre. Que de contradictions naissent dans la blessure, dans cette souffrance que l’on s’afflige!

La bête qui m’habite est terriblement blessée. Quasi anéanti. Soit elle se laisse mourir, soit elle essaie de sortir ses griffes pour remédier à cet injuste combat. Mais quelles griffes?

Rien n’est jamais totalement perdu. Face à la défaite, pour sauver son honneur et son moral, l’homme a encore deux armes devant lui, deux armes invincibles: l’indifférence et l’humour.

Alors, le sourire au bec, je dis à Li:

- Et si on lui proposait de le goûter ensemble? À trois. Ou, mieux encore, à quatre?

Elle fronce les sourcils.

Je m’exprime plus clairement:

- Maneki-neko, vous, moi et mon ersatz. Ainsi vous finirez par le savoir.

- ...

- Si elle adore vraiment ou pas du tout le porto... Car celle, qui jouit en buvant du vin doux, ça se voit et ça s’entend à plusieurs kilomètres à la ronde.

- Vous dites n’importe quoi.

Je change de ton, de style. Mon artillerie était de mauvaise qualité, sûrement. Comme souvent.

Alors! Alors? Alors:

- Ma très charmante Li, un bon conseil, cessez de semer vos chinoiseries auprès de vos clients! Compris?...

10:30 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (3) |  Imprimer |  Facebook | | | |