30/08/2017

Maneki-neko adore le porto (15, à suivre)

Maneki-neko adore le porto, Hank Vogel.jpgPuis la belle Bangkokienne poursuit:

- Tous les bouddhas au nirvana seraient forcément ravis mais je n’aurais pas choisi la bonne voie. Et mes grands-parents me bouderaient jusqu’à la fin de leurs jours...

- Êtes-vous bouddhiste?

- Taoïste.

- Je comprends mieux le sens de la voie.

- Pour en comprendre le sens, il faut connaître la chose. Et cette chose-là vous échappe totalement.

- Qu’est-ce qui vous permet de penser ça de moi?

- Votre comportement.

- Mon comportement?

- Oui, votre comportement.

- Qu’a-t-il de si particulier?

- Justement, rien au contraire.

- C’est-à-dire?

- Raconter des histoires extravagantes ou des sottises est à la portée de n'importe qui.

- Par exemple?

- Par exemple que vous vous appelez Nick Byrd.

- C’est... c’est... c’est Maneki...

- Oui, c’est votre copine qui nous a rapporté ça...

- Ce n’est pas ma copine, bref! A nous qui?

- A moi et à l’attaché d’ambassade.

- Pourquoi aurait-elle fait ça?

- Parce qu’elle vous cherchait, pardi!

- A vous, je peux comprendre mais à l’excité d’amerloque pas du tout.

- Je n’en sais rien, allez le lui demander vous-même!... Tout ce que je sais c’est que ce fameux Nick est recherché, paraît-il.

- Recherché par qui?...

16:16 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (8) |  Imprimer |  Facebook | | | |

29/08/2017

Maneki-neko adore le porto (14, à suivre)

Maneki-neko adore le porto, Hank Vogel.jpg- J’ai l’impression que vous ne m’aimez pas.

- Pourquoi devrais-je vous aimer?

- Vous avez raison, je ne n’ai rien à vous offrir.

Elle me regarde avec insistance de la tête aux pieds.

Je sens alors une certaine chaleur me monter au visage. Rarissime à mon âge et pour un blasé de mon espèce.

Mais brusquement et heureusement, le regard suspendu dans les nuages, elle me sort toute souriante:

- Ils auraient les yeux moins bridés et le nez moins plat.

Que dois-je comprendre?

En conséquence une myriade de réponses, tels des chômeurs désespérés, accourent au portillon de ma raison et je me trouve forcément dans l’embarras. Car le tri, ce n’est pas mon fort, c’est au contraire ma bête noire.

Puis la belle Bangkokienne poursuit:...

10:25 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (7) |  Imprimer |  Facebook | | | |

27/08/2017

Maneki-neko adore le porto (13, à suivre)

Maneki-neko adore le porto, Hank Vogel.jpg- C’est oui ou c’est non?

Elle hausse les épaules et me dit:

- Je m’appelle Wen et Wen en chinois signifie nuage. Soit mes parents, qui sont chinois, ont vu juste, soit mon prénom a eu et a une grande influence sur moi.

Je secoue la tête en signe d’incompréhension.

- Vous ne comprenez pas ou vous trouvez cela absurde? me demande-t-elle d’un air légèrement inquiet.

- C’est du chinois tout ça pour moi, je réponds machinalement

- Vous plaisantez ou vous êtes sérieux?

- Désolé, ce n’est pas ce que je voulais dire...

- Non, bien sûr. Ce n’est pas de votre faute. Vous êtes un Occidental. A l’image de vos chefs. Ils balancent des bombes sans délibérer puis ils réfléchissent, regrettent parfois et s’excusent à la vas te faire foutre. A l’avenir, pensez à votre langue.

- Quelle langue? Je suis polyglotte...

- A celle que vous avez dans votre bouche.

- ...

- Tournez-la au moins sept fois avant de zézayer.

- J’ai zézayé, moi?

- Oui, vous avez zézayé.

- C’est impossible.

- Vous avez prononcé sinoi au lieu de chinoi.

- Je pensais probablement à siamois. Ce n’était qu’un lapsus linguae...

- Probablement, en effet. Le contraire m’aurait étonné.

- Plaît-il?

- Non, rien. Ça concerne mon travail...

- J’ai l’impression que vous ne m’aimez pas.

- Pourquoi devrais-je vous aimer?...

23:37 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (4) |  Imprimer |  Facebook | | | |

26/08/2017

Maneki-neko adore le porto (12, à suivre)

Maneki-neko adore le porto, Hank Vogel.jpgHeureusement, le téléphone sonne et la réalité m’appelle ainsi à l’ordre.

- Pas de petit-déjeuner ni de massage pour l’instant? je réponds aussitôt au bigophone... Quoi?... Un attaché d’ambassade m’attend?... Il faut que je me dépêche?... J’arrive tout de suite.

- Il attendra ce planqué de mes deux, je murmure.

Et d’une lenteur similaire à celle d’un bradypus, paresseux pour monsieur et madame Tout-le-monde, je sors du lit, enfile vêtements et mocassins, me rase de près, m’hydrate la peau avec un gel à base d’aloe vera, me tapote les joues, deux fois la gauche, trois fois la droite, me coiffe, me décoiffe et me recoiffe d’une main exceptionnellement virtuose, m’admire vingt secondes à travers le miroir tel un politicien avant d’enter en scène, oui un politicard et non pas un théâtreux, ferme ma chambre à clé, m’assure à plusieurs reprises que la serrure est bien verrouillée et, au lieu de prendre l’ascenseur qui traîne par hasard à l’étage, j’emprunte l’escalier de service.

- Eh bien! Si c’est ça tout de suite chez vous? me lance la réceptionniste, mi-figue mi raisin.

- Il s’est envolé! je m’exclame avec satisfaction, n’apercevant personne, à part mon interlocutrice derrière son comptoir, bien entendu.

- Il est parti comme une flèche, il avait d’autres chats à fouetter d’après lui, m’explique-t-elle. Mais à mon avis, il a pris la tangente parce que c’est le genre de bonhomme qui déteste qu’on le fasse attendre.

- Et moi, j’ai horreur de me dépêcher pour ce type d’individu... Au fait... attaché de quelle ambassade?

- Des États-Unis.

- Des États-Unis d’Amérique?

- Oui d’Amérique, je n’en connais pas d’autres...

- Que voulait-il?

- Exactement, je l’ignore. Vous protéger peut-être.

- Mais je ne suis pas américain!

- Je sais, nous avons votre passeport.

- Il vous a parlé de moi?

- Oui et non.

- C’est oui ou c’est non?...

17:09 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (3) |  Imprimer |  Facebook | | | |

25/08/2017

Maneki-neko adore le porto (11, à suivre)

Maneki-neko adore le porto, Hank Vogel.jpgIllico presto, les conseils parfois troublants voire absurdes de mon ami Abdoul, marabout de ces dames, psychiatre et médecin-chef dans une clinique privée en Suisse, se mettent à sonner dans ma cervelle comme les cloches de la cathédrale Saint-Pierre de Genève, le jour du seigneur.

Bing, bong, banque! Bing, bong, banque!

Et j’entends avec précision, tel un discours prophétique:

- N’essaye jamais de rattraper une femelle en fuite, laisse cette guignolerie aux gendarmes, ils ont l’habitude de courir pour des prunes... Tout est caprice chez la femme. Les crises, les larmes, les reproches, les désirs, en particulier ceux de donner et de recevoir... des fleurs, des parfums, des bijoux, un cabanon sur une plage déserte, un chalet dans les Alpes... même celui d’enfanter. La soi-disant sacrée horloge biologique passe toujours avant toi. Ton fils aura certainement ta bouche, ton nez, ton visage! Et tes couilles, pour les plus détraquées d’entre elles. Ce ne sont que des paroles en l’air. De la poudre aux yeux. De la poésie purement féminine à tendance raciste. Des mots pièges. Des menottes pour te garder bien au chaud, bien à elle, à elle seule. Laisse-la filer, elle ne tardera pas à venir t’emmerder si elle tient vraiment à toi. Les possessives et les castratrices ne se lassent jamais de leur proie, au singulier comme au pluriel.

Je me gratte la tête.

Quel con, cet Abdoul! je pense. Et dire qu’il suivait à la lettre les diktats de Piaget lorsqu’il était étudiant. Et qu’il a fait du vélo avec lui, comme tout bon lèche-cul. Dans les rues grises et chewing-gumées de la cité de Calvin... Calvin! Encore un Français qui a su semer sa zizanie à Genève... Pauvre Miguel Serveto! Tu l’as payé cher ton séjour au pays des ayatollahs de la réforme, mon ami. Un max par rapport à tous les espingouins et les ritals qui se sont échappés de chez eux. Misère et tortures obligent! Mais voilà, toi tu as débarqué dans cette nouvelle Rome avec trop de science et des idées et non pas avec une simple pelle et une truelle. Et les bourges soumis n’aiment pas ça...

Heureusement, le téléphone sonne et la réalité m’appelle ainsi à l’ordre...

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24/08/2017

Maneki-neko adore le porto (10, à suivre)

Maneki-neko adore le porto, Hank Vogel.jpg- Quel foutoir! hurle-t-elle, tout à coup.

Je tombe presque du lit.

- Qu’est-ce que vous avez tous à vouloir secouer des soldats à moitié morts pour gagner une bataille perdue d’avance? poursuit-elle décemment... Qu’est-ce qu’elles t’ont fait tes copines occidentales pour que tu sois aussi débridé? On va aux fesses comme on va à confesse pour se libérer de ses péchés. Les mains jointes et le regard émerveillé. Et non pas le pistolet au poing et les yeux hagards. Vous êtes tous des nuls, les hommes. Trop souvent pressés pour une misérable récompense. Par contre, les femmes savent attendre pour recevoir au mieux le cadeau tant espéré du septième ciel. Finalement, faire l’amour avec une femme m’apporterait plus de satisfaction... Contemple la beauté des collines avant de t’envoler pour le sommet de la plus haute montagne! Regarde-moi! Caresse-moi! Apprécie la douceur de mes vallées! Prends tout ton temps avant de te laisser séduire par l’obscurité mystique de mes cavernes! Le jour où tu sauras faire ce peu, alors tu seras quelqu’un pour moi. Un vrai jules! Et je te respecterai. Mais pour l’instant, tu ne vaux guère plus que le prix d’une bouteille de porto.

Elle se lève brusquement, ramasse ses habits et quitte la chambre en toute hâte...

16:42 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (3) |  Imprimer |  Facebook | | | |

23/08/2017

Maneki-neko adore le porto (9, à suivre)

Maneki-neko adore le porto, Hank Vogel.jpgIl faut être crétin, fou ou déformé psychiquement par les conseils débiles du curé du village pour rester de marbre face à un corps fébrile prêt à se perdre dans les sphères de l’amour.

Et ni une, ni deux, ni Dieu, ni personne, je me jette sur Maneki-neko comme un démon assoiffé de chair et de sexe et j’abuse d’elle sans la moindre décence.

Elle se laisse faire. Tantôt souriante, tantôt à moitié absente, quasi inconsciente.

On dirait qu’elle se force à visualiser, à feuilleter mentalement son carnet de rendez-vous, me dis-je. C’est décourageant, frustrant, paralysant...

Courage! La jouissance avant tout.

Mes ex viennent alors à mon secours. Jane, Monique, Danielle, Marie, Mariette, Françoise, Francise, Florence, Stéphanie, Carole, Corinne, Denise...

Dans le désordre, forcément. La cervelle ressemblerait plus à une tirelire qu’à une étagère de documents rangés chronologiquement.

Et les autres! Les blondes anonymes, les brunes anonymes et les rousses anonymes.

Toutes: plus que des fantômes! Mais utiles en cas de... De quoi au fait?

- Quel foutoir! hurle-t-elle, tout à coup.

Je tombe presque du lit...

12:21 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (7) |  Imprimer |  Facebook | | | |

22/08/2017

Maneki-neko adore le porto (8, à suivre)

Maneki-neko adore le porto, Hank Vogel.jpgElle disparaît totalement décomplexée en tenue d’Ève et, cinq minutes plus tard, après s’être rafraîchie et lavé rapidement les cheveux, elle réapparaît toute timide recouverte d’un linge blanc.

Par pudeur subite ou par pure stratégie? je m’interroge.

Elle me regarde curieusement.

- On dirait que je te fais peur, lui dis-je.

Elle accourt tête baissée, s’allonge à côté de moi et s’accroche aussitôt à mon cou.

- Vraiment, tu ne veux pas de moi? me chuchote-t-elle à l’oreille.

- Qu’est-ce qui te fait dire ça? je lui demande tout déconcerté.

- Ton jeans.

- Mon jeans? Qu’est-ce qu’il a de si particulier?

- Rien... Pourquoi tu n'as pas retiré ton pantalon pendant que j’étais dans la salle de bain?

- Parce que je suis un fainéant et que ça fait plusieurs jours que j’endors tout habillé.

- Je ne te crois pas.

- Ce n’est pas à cause d’un petit mensonge que l’on mérite d’être catalogué pour l’éternité.

- J’ai le droit de ne pas te croire.

- Comme moi t’attendre que tu me déshabilles.

- C’est vrai? Tu veux bien alors?

- Pourquoi, tu pensais que j’étais pédé?...

06:56 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (4) |  Imprimer |  Facebook | | | |

20/08/2017

Maneki-neko adore le porto (7, à suivre)

Maneki-neko adore le porto, Hank Vogel.jpgOn frappe à la porte.

- Entrez, c’est ouvert! je gueule.

Maneki-neko fait irruption et me crie dessus:

- Tu es un salaud et un menteur!

- Similaire à la plupart des touristes, j’approuve d’un air calme mais mitigé.

- Et pas entièrement convaincu par-dessus le marché!

- Salaud pourquoi?

- Parce que si tu m’avais pas raconté des salades, je t’aurais plus facilement, plus rapidement retrouvé.

- Mais était-ce nécessaire?

- J’ai horreur des dettes.

Et, comme par magie, sa robe et son slip tombent à ses pieds et je découvre à ma plus grande stupéfaction un corps nu d’une féminité et d’une régularité inégalées.

- Où est la salle de bain? me demande-elle sèchement, en balançant vêtements et chaussures à travers la pièce.

- Question inutile, tu dois connaître la maison mieux que personne, je lui réponds d’un air narquois.

- Tu les préfères propres ou sales comme les rois de France?

- Tu n’est pas Madame de Pompadour et moi, je ne suis pas Louis XV.

- Merci de me le rappeler... N’oublie pas que le Laos a été un colonie française...

- Le robinet de l’eau chaude est défectueux.

- Comme d’habitude... Alors?

- Alors quoi?

- Puis-je prendre une douche ou tu me l’interdis?

- Fais comme bon te semble, tu ne m’appartiens pas.

- Pas encore...

17:36 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (3) |  Imprimer |  Facebook | | | |

19/08/2017

Maneki-neko adore le porto (6, à suivre)

Maneki-neko adore le porto, Hank Vogel.jpgA mon réveil, il me vient à l’esprit une étrange vision, envoyée par je ne sais quelle sublime divinité et pour quelle raison. Aucune probablement. Pas forcément.

Le monde serait composé de trois types d’individus. Les affidés de l’avoir, les inconditionnels de l’être et les sympathisants du partage.

Avoir, posséder, s’enrichir le plus possible.

Être, paraître, acquérir un maximum de connaissances.

Partager, s’oublier, prêt à mourir pour un plus démuni que soi.

Les derniers ou les troisièmes seraient rarissimes. Les deuxièmes assez nombreux. Et les premiers exploseraient en nombre.

Nul ne comprendrait un élu issu d’une minorité. Tout s’explique alors.

On frappe à la porte...

 

15:05 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (5) |  Imprimer |  Facebook | | | |

18/08/2017

Maneki-neko adore le porto (5, à suivre)

Maneki-neko adore le porto, Hank Vogel.jpgJe coupe la climatisation et je plonge sur mon lit.

Bizarres ces nanas, je marmonne en pensant aux femmes de chambre. On dirait qu’elles adorent la clim et elles travaillent presque toutes un bâton de menthol dans le nez.

Chaud, froid, chaud, froid... Rhume et toux assurés après chaque passage, chaque séjour dans cette cité.

Quand tout va bien, quand la bouche et le sexe ne se sont pas trop aventurés dans des cavernes aux orifices morbides, par mégarde et sans précaution.

Car l’antre de nos sauvages et ancestrales retraites ne cessent de nous réclamer. La tentation est grande et le diable puissant.

L’heure est grave à tout instant dans la nouvelle Babylone.

On risque de trébucher au moindre sourire, au moindre signe d’allégresse, à la moindre invitation dans cette gigantesque caverne d’Ali Baba, chargée de trésors humains aux facettes multiples.

Merde après tout! Les mortels se préoccupent trop de leur douteuse conscience. Constamment à cheval entre le bien et le mal, le probable et l’improbable, le rassurant et le déstabilisant...

Je ferme les yeux et je m’endors...

13:13 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (3) |  Imprimer |  Facebook | | | |

17/08/2017

Maneki-neko adore le porto (4, à suivre)

Maneki-neko adore le porto, Hank Vogel.jpg- J’ai dit: je rentre. C’est-à-dire: seul. A pieds, en taxi, éventuellement en moto-taxi, mais pas en tuk-tuk...

- Vraiment seul et à l’hôtel?... Tu n’as pas envie de faire l’amour avec moi?

- Non, pas particulièrement...

- Un peu tout de même? Je ne te plais pas? Tu préfères les grosses comme les Arabes?

- Surtout pas.

- Je masse très bien, tu sais. Avant et après...

- Non merci.

- Sincèrement, tu ne veux pas essayer?

- Pourquoi tu insistes, tu as besoin d’argent?

- On en a toujours besoin. Comme l’air et l’eau.

- Pour moi, ce n’est pas une chose essentielle.

- Facile de penser ça quand on est bien installé dans la société.

Alors, ne sachant plus comment me débarrasser d’elle par les mots, je sors de mes poches deux billets de cinq cents bahts et les lui tends.

Elle me les arrache aussitôt du bout des doigts et me dit:

- C’est un prêt, je te dois ça.

- Tu ne me dois rien, c’est un cadeau, je précise.

- Que des échanges entre nous, pour l’instant! lance-t-elle en souriant.

Et elle disparaît de ma vue...

 

 

17:30 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (3) |  Imprimer |  Facebook | | | |

16/08/2017

Maneki-neko adore le porto (3, à suivre)

Maneki-neko adore le porto, Hank Vogel.jpgAprès avoir crapahuté à travers toute la ville, façon de parler, durant des heures comme des zombies, à cause d’une chaleur moite à couper le souffle, à la recherche de son élixir adoré et, heureusement, après l’avoir trouvé enfin à Chinatown, je dis à Maneki-neko:

- Je paye, je te l’offre mais je rentre à l’hôtel. Je suis totalement lessivé.

- C’est de ta faute, tu aurais dû m’écouter, me reproche-t-elle. Qu’est-ce tu as contre les conducteurs de tuk-tuk? Pour toi, leur tarif, c’est trois fois rien.

- Là n’est pas la question. Ce sont des connards. Ils ne t’amènent jamais directement là où tu veux aller, ils prennent toujours le parcours le plus futé possible afin de te faire visiter un maximum de boutiques dont ils sont amis ou complices avec le patron... et je n’aime pas ça...

- Pas toujours.

- Presque toujours.

Elle regarde la bouteille de porto qu'elle tient dans ses mains.

- J'espère que c'est du vrai, je lui dis.

- Je le goûterais d’abord avant d'insinuer le moindre jugement, réplique-t-elle quasi religieusement.

- Bien entendu.

- Je t’accompagne ou tu m’abandonnes?

- J’ai dit: je rentre. C’est-à-dire: seul. A pieds, en taxi, éventuellement en moto-taxi, mais pas en tuk-tuk...

- Vraiment seul et à l’hôtel?... Tu n’as pas envie de faire l’amour avec moi?...

 

17:31 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (10) |  Imprimer |  Facebook | | | |

15/08/2017

Maneki-neko adore le porto (2, à suivre)

Maneki-neko adore le porto, Hank Vogel.jpgJe croise un travelo, tout souriant, en train de compter ses billets de mille.

Encore un qui a préféré louer son popotin que d’étudier... L’intelligence est un crime de lèse-majesté, la soumission un signe de respect envers la divine royauté, d’après lui ou son odieuse éducation certainement. Je divague, probablement.

Misérable monde! Mentalement délabré. L’esclavagisme cérébral est monnaie courante en tout temps.

Je m’arrête, machinalement ou peut-être pas, devant une vitrine.

Un maneki-neko me fait signe d’entrer. C’est ce que je crois.

J’obéis. L’irréalisme me séduit toujours.

C’est un petit resto. Trois tables et quelques chaises biscornues. On y sert des soupes et du riz.

Toutes les places sont prises, occupées par des filles au visage fatigué. Une d’entre elle se lève et me fait signe de m’asseoir.

- Vous n’êtes pas forcée, dis-je.

- Si, si, insiste-t-elle... Honneur à nos sauveurs!

Je m’installe timidement et commande un tom kha kai, sans rien.

Un minute plus tard, tout au plus, un bol contenant la fameuse soupe de poulet et de lait de coco est sous yeux.

Je me régale comme jamais puis je rote sans retenue comme un Chinois.

Salve de sourires et de ricanements!

Tout à coup, la généreuse demoiselle, se colle à moi.

Ses copines se mettent à rire.

Durant une fraction de seconde, la gêne et la fierté se disputent le premier rôle. Allez comprendre la psyché humaine dans certaines circonstances!

Instinctivement, je lui propose de poser ses fesses sur mes genoux. Je sens alors la chaleur et la légèreté de son corps osseux.

- Comment tu t’appelles? me demande-t-elle.

- Wolfgang Amadeus Mozart, je lui réponds d’un ton vaseux, préservant ainsi mon identité.

- J’ai déjà entendu ce nom quelque part. Tu es musicien?

- Si seulement! Non, je travaille pour une firme pharmaceutique.

- Cela ne m’étonne pas, tu es pâle comme une aspirine.

- Et toi?

- Call-girl, quand c’est nécessaire...

- Non, comment te prénommes-tu?

- Maneki-neko.

- Comme le chat dans la vitrine?

- Pareil.

- Mais tu n’es pas japonaise!

- En effet. Je suis laotienne, de Vientiane. Mais j’ai le droit de porter ce sobriquet comme toi avec Wolfgang et tout le reste.

- Je suis désolé. Je m’appelle Nick Byrd et je bosse pour une maison de production cinématographique aux USA. Je fais des repérages dans la région... Puis-je t’offrir à boire pour me faire pardonner?

- Impossible!

- Impossible n’est pas américain.

- Même ça vous avez volé à la France!...

- Pourquoi ne puis-je pas?

- Parce que Maneki-neko adore le porto et qu’ici il n’y en a pas... Et je ne bois que ça.

- Alors allons en acheter une bouteille à la Villa Market ou ailleurs.

- Pourquoi pas!...

11:57 Écrit par Hank Vogel | Lien permanent | Commentaires (4) |  Imprimer |  Facebook | | | |

14/08/2017

Maneki-neko adore le porto (1, à suivre)

Maneki-neko adore le porto, Hank Vogel.jpgCelui qui n’a pas vécu dans le désespoir, ne peut pas connaître le désespoir. Il fantasme sur une justice d’enfants gâtés.

BKK! Elle me suit partout. Nuit et jour. Il suffit pour cela qu’il fasse tropicalement chaud.

Bangkok est une ou la ville qui ne dort jamais, dit-on. C’est vrai. Car à tout heure, on a la possibilité de boire, de manger et de passer un moment très agréable avec une fille. En payant, bien entendu. En bahts ou en dollars.

BKK, Bangkok, Sukhumvit, Soi 11, le President Inn, le Nana... des vocables qui viennent souvent me rappeler que je fais partie de la race des trop charnels.

Merde alors! Moi qui rêve de poser mon oreiller à la droite du Seigneur.

Tant pis pour cette fois-ci, ça serra pour une prochaine vie, me dirait mon ami bouddhiste.

Il est six heures du matin. Je marche dans la rue. Elle est quasi déserte. C’est rare.

Un Thaï, pieds nus et à moitié à poil, crache sur un portrait du roi.

L'homme me foudroie du regard et s’éclipse sans tarder.

Encore un qui déteste la monarchie, me dis-je... Ce n’est sans doute pas son premier crachat. Que Dieu le protège de ses actes insensés, gratuits, sans aucune conséquence pour l’avenir du royaume mais terriblement fâcheux pour le sien.

Je croise un travelo, tout souriant, en train de compter ses billets de mille...

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13/08/2017

Sexbierum (37, fin)

Sexbierum jours tranquils, Hank Vogel.jpgElle arrête de tourner comme une lionne en cage et m’explique:

- Je fermais les yeux et répétais régulièrement, spécialement la nuit avant de m’endormir: je t’aime et il faut absolument que tu m’aimes, je t’aime et il faut absolument que tu m’aimes... Le pouvoir de la pensée fait des miracles, agit sur le comportement d’autrui...

- Mais c’est du viol psychologique! je m’exclame.

- Qu’importe! C’est le résultat qui compte, pour autant qu’il soit supportable et, éventuellement, profitable au ciblé...

- Mais c’est tout de même un viol malgré tout.

- Quand femme veut, femme peut. La moralité n’a plus de culotte.

- J’ai constaté cela... avec mon ex.

- Laisse Denise de côté! C’est une fille perturbée...

- Tu connais Denise?

- Oui.

- Denise van Erpecum?

- C’est ma cousine. Elle ne s’appelle pas van Erpecum mais van Gils comme moi. Erpecum c’est le nom de son premier amour, mort noyé.

Je tombe des nues.

- C’est toi qui as glissé dans ma poche la fameuse carte de visite qui m’a pris la tête durant des semaines? je lui demande en me levant, tout confus.

- Ce n’était qu’un bout de papier avec le numéro de téléphone de ma grand-mère, me répond-t-elle placidement... Tu clamais partout que tu cherchais provisoirement une chambre à Sexbierum. Alors je me suis pressée de te filer un tuyau, non sans grand intérêt. Je ne pouvais pas mieux espérer. C’était un cadeau de la providence, un miracle en quelque sorte... Bien sûr, tout cela ne te dit rien, tu étais si ailleurs, si saoul ce soir-là au Crapaud.

Elle s’approche de moi et me chuchote à l’oreille, avec une extrême douceur:

- Je t’aime, Alfred. Je t’aime vraiment.

Je prends alors son visage entre mes mains et je lui avoue en souriant:

- Nous sommes objets, machins, trucs, trucmuches, poupées gonflables, bonnes à tout faire, esclaves... O.K. Mais, pour ta santé mentale, cesse de me violer! D’autant plus que je ne ressens rien, strictement rien. Du moins physiquement.

Et nous nous embrassons langoureusement.

Et je crois entendre dans le lointain, venant du ciel probablement:

- Allez à Sexbierum, des jours tranquilles vous attendent.

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12/08/2017

Sexbierum (36, à suivre)

Sexbierum jours tranquils, Hank Vogel.jpg- Mais?

- Que de mais construisent ou détruisent notre avenir! Seul suite à une suite acceptable. Bref! Je disais? Ah oui... Mais vu que je suis méfiante et curieuse de nature, j’ai décidé de partir à la recherche de la victime ou du coupable de cette fâcheuse et ridicule séparation et j’ai découvert de loin la huitième merveille du monde, le colosse de tous mes rêves.

- Rien que ça?

- Pire que ça. Je suis tombée amoureuse de lui. Follement. A en perdre la raison. J’étais incapable de m’approcher de lui, de lui adresser la parole. A la moindre tentative, je paniquais, c’était la cata... Alors... alors...

- Alors?

- J’ai fait appel à une bonne ami et nous sommes allées le voir ensemble. Ou plutôt l’observer, le surveiller, le scruter à distance, l’épier, l’espionner...

- Ce n’est pas très catholique comme approche.

- Je ne pratique aucune religion, je suis agnostique...

- Et?

- Les forces profondes du désir et de la volonté ont partiellement agit en ma faveur. Par le truchement de la télépathie et de l’hypnose.

- Comment ça?...

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10/08/2017

Sexbierum (35, à suivre)

Sexbierum jours tranquils, Hank Vogel.jpgElle se lève, se met à marcher de long en large et me raconte en se frottant les mains:

- Il y a deux ans, peut-être trois, je n’ai pas la notion du temps, une cousine germaine m’a rendu visite et m’a parlé d’un beau jeune homme qu’elle venait de rencontrer... Elle semblait amoureuse, joyeuse, heureuse, pleine d’enthousiasme, le cœur et l’esprit remplis de merveilleux projets. Elle se réjouissait de connaître les joie et les plaisirs de l’amour et de la vie en couple. Mais au fil des mois, petit à petit, son rêve se transforma en cauchemar. En réalité, en de multiples casse-têtes chinois à la vitesse v. Non pas, selon elle, par la faute de son godelureau mais à cause du destin, de ses imprévisibles caprices et ses insondables raisons... Elle se serait brusquement rendu compte qu’elle n’était pas faite pour vivre avec un mâle mais plutôt avec une femelle. Alors un matin ou un soir, elle quitta son soupirant avec larmes et fracas. Mais...

- Mais?

- Que de mais construisent ou détruisent notre avenir! Seul suite à une suite acceptable. Bref! Je disais? Ah oui...

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09/08/2017

Sexbierum (34, à suivre)

Sexbierum jours tranquils, Hank Vogel.jpgElle me caresse la main. Je reste de marbre, ou presque.

- Tu es fâché? me demande-t-elle, d’un ton nullement coupable.

- Il y a de quoi, je réponds froidement.

- Fierté masculine mal placée!...

- A quoi ça sert de faire de remarquables études, afin de sauver l’homme du chaos, pour ensuite se comporter comme un bourreau vis-à-vis de ses amis, peux-tu me l’expliquer?

- Mais tu n’es pas mon ami.

- Non?

- Non.

- Je suis quoi alors? Un animal de cirque tombé d’une autre planète par hasard?...

- Tu es ma chose, mon objet, mon machin, mon truc, mon trucmuche...

- Arrête de te comporter comme une perverse!

- Bourreau ou perverse?

- Les deux.

- Les deux? En es-tu certain?

- Pour l’amour du ciel, cesse de me persécuter avec tes questions à la mords-moi le nœud. C’est chiant une intello pour finir. Vivement que j’épouse une femme à plateau ou une femme girafe!...

- Je suis vraiment désolée... Mais il faut que je te dise la vérité.

- Quelle vérité? Quoi encore?...

- Toute la vérité, nous concernant. De A à Z. Depuis que je te connais.

- Mais nous nous connaissons à peine.

- Toi mais pas moi.

- Je t’écoute...

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08/08/2017

Sexbierum (33, à suivre)

Sexbierum jours tranquils, Hank Vogel.jpgCokkie s’écroule sur la plage et se couche sur le dos.

- C’est crevant d’avancer sur un terrain archi mou, n’est-ce pas? je lui demande vaguement, en m’asseyant près d’elle.

- Oui, crevant, m’approuve-t-elle...

- Ça me rappelle une expédition dans le désert du Néfoud.

- Le quoi?

- Le Néfoud. En Arabie Saoudite...

- Qu’est-ce que tu es allé faire là-bas?

- Étudier.

- Tu te fous de moi?...

- Ou, au plus juste, essayer de comprendre la vie des Bédouins et, si possible, de croiser les éternels marchands d’esclaves.

Elle se redresse aussitôt.

- Tu racontes des histoires, me lance-t-elle.

- Comme toi avec tes fameux nudistes entre Ballum et Hollum, je riposte.

- C’est la vérité! Ils existent! Peut-être, nous ne y sommes pas encore. Pourquoi mentirais-je?

- Et moi donc?

- Parce que tu es un homme.

- Tu me déçois...

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